Wheels addiction is a serious condition

2020. Trente-quatre ans plus tard, je m’autorise à nouveau le plaisir du roller.
Souvenirs de joie sans réserve dans les aller-retours entre la place Jeanne d’Arc et le parvis de la cathédrale d’Orléans sur des quads de supermarché aux couleurs de drapeau américain qui allaient curieusement vite et dont je n’ai jamais changé les roues.
J’avais peur des inline. « Pas stables, sans freins, trop techniques ».
En souhaitant acheter une nouvelle paire de bons rollers, c’est d’abord pour des quads que j’ai opté cette année. Mais le marché est inexistant en France et le temps de commande pour le matériel que je souhaitais assembler, trop long.
Alors défier ma trouille.
Le plaisir que je prends tous les jours en inline est si grand que je souhaite le partager. Puisse cette page inspirer d’autres à franchir le pas.
Comme pour toute activité, le nombre d’informations à rassembler pour faire les bons choix est colossal.
Je partagerai ici celles que j’aurai aimé connaître à mes débuts.

Settings utilisés

  1. WIzard V2, NR90, Undercover Mushroomblading V3 90mm/86a : s’amuser en ville (confort, agilité mais lourd)
  2. Boot Powerslide Hardcore Evo Pro, frame Powerslide Katana 3×90 rockered, roulement catbearing jaguar, roues 90mm Matter G13 86A : s’entraîner facilement en figures (maintien, agilité). Votre budget ne vous autorise qu’une paire ? C’est celle-là.
  3. Boot Adapt GTO, frame Adapt 3x110mm, Undercover « by matter »  110mm : se déplacer (rigidité, vitesse du chaussage, puissance)

Boots

Ne pas

Ne pas acheter une paire « souple », sans coque, pas cher. Il n’y avait qu’une paire de Rollerblade Macroblade 90 (CM 29 / EU 44.5 / UK 10 / US 11) à ma taille (29cm, pied large) pendant une liquidation à Annecy avant mon retour à Kyôto. Je ne voulais pas acheter en-ligne sans essayer au moins une fois une paire pour avoir une idée de ma pointure. Je n’utiliserai jamais cette paire. L’absence de maintien (de coque) est à la fois dangereux, mais surtout rend impossible toute forme de progression élémentaire (à commencer par l’entrainement aux freinages et aux arrêts). Les roues sont trop molles, les roulements, cheap. Par ailleurs, les magasins en-ligne donnent de très bons conseils et si l’on suit les consignes de mesures et les tableaux de correspondances de tailles pour chaque modèle, on peut commander en confiance une première paire ad hoc pour son budget.

Fr3 310

Fr Skates Fr3 310 Black – (MP  28.5 / EU 45 / UK 10 / US 11.5 /) : super confortable mais instable quand on a testé des coques plus rigides. Coque plastique vraiment trop souple (slalom dangereux pour les chevilles ?). Silencieux. Mais les roues (street king 88A)  s’usent très rapidement. M’a immédiatement donné le goût du triskate et du 110mm. Les fixations en plastique font jouet. L’absence de cliquet sur celle du haut est un problème (après de longues minutes perplexes, et des tentatives infructueuses de chimpanzé, j’ai dû chercher sur internet comment ouvrir celle du bas la première fois). Les enfiler est un plaisir. On dirait des chaussons – des chaussons chauds. Mais l’absence de ventilation et de maintien relègue l’usage a de petites sessions et uniquement pour du déplacement.
Test avec des lacets « cirés canadiens » (pour affermir le maintien) : aucune différence.
Test avec des 100mm : confirmation du caractère franchement trop souple de cette boot. Impossible de prendre des quarts tenus. L’absence de maintien m’a donné le sentiment qu’ils pouvaient même être dangereux pour qui veut faire autre chose que de la ligne droite sur une surface parfaite. Ne recommande pas donc car c’est un budget perdu pour qui décide de se mettre au skate.

Poids avec 3×110 : 2kg
Longueur des lacets : 2m30

Adapt GTO

Hésitation pour ma « vraie » première paire entre un assemblage Wizard (les vidéos de Shaun Unwin de Shop Task sont exceptionnelles et inspirantes) et une Adapt GTO (les vidéos de Bill Stoppard idem). L’interview de Pieter Wijnant pour la ligne 2020 par Ricardo Lino m’a convaincu. Mais plus encore ses conseils et explications de qualité immédiates par mail (la réponse de Shop Task est venu plusieurs jours après). Adapt est capable de produire des demi-pointure. 44.5 dans mon cas. Presqu’un poil trop grand mais très confortable. Rigidité du maintien, réactivité. Sensation de luxe et de minimalisme pensé dans chaque détail. Ces boots sont les plus faciles, les plus rapides, les plus agréables à chausser et déchausser.

Mais… même en tentant vraiment d’apprécier ces boots parce qu’elles sont chères et recommandées, dès le départ, je n’y ai trouvé aucun plaisir. Sensation d’un outil pour artisan allemand. Un outil qui impose une vue du monde, une pratique. « Ça fait trente ans que je skate donc le skate, c’est ça et les autres n’y comprennent rien » est le motto explicite de Pieter. Le rockering du quattro S (2x 90mm + 2x84mm) ne produit aucune agilité, aucun jeu. Le transfert de puissance et l’aération sont les seules obsessions du dispositif. Pas le confort, pas la souplesse. Je n’ai jamais souri avec. Alors que j’ai immédiatement souri avec l’evo pro (agilité) et le wizard 2 (confort et jeu urbain). Peut-être aurai-je dû essayer les GT (avec un liner plus épais). Peut-être est-ce juste une question de niveau et que je serai à même d’apprécier les GTO dans quelques mois ?

Le montage 2 points pour les tri-frames leur fait perdre beaucoup d’attrait comparé au trinity de powerslide. Et aucun des triframes n’est rockered (alors que les katana trinity le sont).

Attention, pendant le printemps 2020, lors de ma commande, les roulements livrés par l’usine à Adapt étaient défectueux et étaient à l’origine du bruit épouvantable (un rattle perçu à 50m de distance sur de l’asphalt non lisse). En cas de commande, je recommenderai d’acheter boots et frame chez Adapt mais – pour ce niveau de produit – roues et roulements de qualité supérieure ailleurs. Les roues d’Adapt semblent inusables mais pas agréables car trop dures (90A).

Sensation générale compte tenu du prix et de toutes mes tentatives (trois frames, quatre settings) : déception. Ne recommande pas ce système pour un débutant qui a besoin d’acquérir des techniques requérant l’agilité. Mot-clé : rigidité.

Poids avec quattro S et 3×110 : 1.8kg
Poids avec 3×90 : 1.6kg

Longueur des lacets : 1m80

Powerslide Hardcore Evo Pro

Comme j’aurai naturellement un jeu de skates à Kyôto et un à Manigod, je souhaitais faire un test avec une paire carbone moins chère que l’Adapt. Le Seba était indiqué pour des pieds plutôt étroits et incompatibles avec des frames trinity (je voulais essayer plusieurs combinaisons de frames sur la même boot).
Même en 45, la taille est limite (calvaire pour les mettre et les enlever lors des premières séances). Seules des chaussettes les plus fines rentrent (les North Face en cordura glissent alors que toute chaussette à base coton n’arrive presque pas à entrer). J’ai thermoformé un peu (en laissant en plein soleil et non via four ou pistolet à chaleur) mais comparés aux Adapt GTO, sensation de pieds serrés et macérant. En revanche la sensation générale de maintien et le talon élevé me correspond.
Poids et volume sensiblement inférieurs aux autres settings.
Après plusieurs jours, le liner s’est adapté à mon pied et j’ai trouvé comment les mettre et les retirer plus facilement (implique de retirer le dernier rang de laçage).
Après plusieurs semaines, un point de frottement sur la cheville gauche (sous la malléole externe) a créé une croute qui me conduit à les éviter. On n’a pas envie tous les matins de mettre un compeed avant d’enfiler ses skates.

Après les avoir testé en 3×110, 3×100 et 3×90, c’est vraiment le 3×90 frame katana rockered qui permet l’entrainement au slalom et à l’agilité qui me procure le plus de plaisir avec cette boot.
Mon souhait est de la tester avec des katana 4×80 mais impossible de les trouver (nulle part sur la planète) en 2020. Pour mon entrainement freestyle quotidien, un 4x banana est définitivement plus adapté qu’un triskate.

Poids avec 3x90mm : 1.5kg

 

Wizard V2

Montage wizard (task shop) : boot seba (SX2 84 ? – V2 avec un avant du pied plus large), liner intuition skate V2, frame « natural rockered » 90mm, semelle Superfeet Carbon. Réactivité lente des messages mais très bons conseils (envois de photos pour le choix de la semelle). Heureuse surprise : je m’attendais à un pied à l’étroit et c’est la boot la plus confortable. Pas de sensation d’être à l’étroit comme dans le hardcore evo pro. Mais pas de sensation de dureté sans confort comme dans le GTO. Et pourtant maintien de la coque carbone.

Sensation du chausson des FR3, de maintien des GTO, d’agilité des evo pro (peut-être même plus agiles encore !) mais surtout le liner intuition 2 absorbe toutes les vibrations de la route et le support sous le talon rend agréable les sauts !
Voici le seul vrai test : est-ce que vous souriez immédiatement en testant une paire de skates ? est-ce que vous avez mal quelque part au bout de 10mn ? est-ce que vous avez la sensation de pouvoir faire aisément ce que vous ne pouviez pas faire dans d’autres dispositifs ? Vraie joie, zéro douleurs (attention à ce que la languette du liner ne descende pas en faisant compression) avec le wizard 2 que je recommande donc !

Attention pourtant : ce skate manque de finesse. Il n’est pas fait pour le slalom et la sensation des quarts (est-ce l’effet du profil des roues mushroom ?) est moins aiguë que sur l’evopro). Le talon sur-élevé du GTO et notamment de l’evopro me manque. Le skate donne du plaisir en descente urbaine et dans les zones où la gravité joue pour vous. Mais son poids et son volume font qu’on fatigue plus vite si l’on a besoin de patiner longtemps ou en côte.

Poids avec NR90 : 2.1 kg !

Frames

  • Adapt Quattro S (2x 90mm + 2x84mm) : pas convaincu. Pas très agile, pas rockered au centre (juste inclinaison vers l’avant), sensation d’effort. Stupeur à la découverte qu’il est impossible de modifier le rockering vers un full banana en mettant mettant une 90mm sur la deuxième roue (et une 84mm à l’arrière) : l’espace n’est pas suffisant : la deuxième roue touche la première et la troisième. À chaque nouvel essai, nouvelle déception (pour le type de skate que je pratique). Ne recommande vraiment pas ce frame.
  • Adapt 3x110mm : juste deux vis donc moins d’avantages que les trinity. Solides mais lourds. Essayé avec 3×100, m’a semblé (nocebo ?) inefficace.
  • Adapt 3×90-100mm : quand on a essayé les katana rockered trinity, ce frame plat deux-points n’est vraiment pas drôle. Pas de pivot, agilité donc réduite. Pas de personnalité ni en 90 ni en 100. Le présenter comme un double 90-100mm est à la limite du mensonge car il faut un kit « big wheel » surélevant de 5mm les 4 points de fixation pour monter les roues en 100mm. Autant alors les monter sur le frame 3×110 ! Double déception. Ne recommande pas.
  • Powerslide Katana 3x90mm : la meilleure sensation d’agilité et de plaisir
  • Powerslide Katana 3x110mm : chouette en 3x100mm rockered mais le 3×90 (certes un chouilla moins rapide) est plus agréable car plus bas et plus agile.
  • Powerslide 3x125mm blanc (elite casted) : semblait lourd jusqu’à ce que je pèse et compare à des frames de compet’.
  • Fr3 3x110mm : agréable mais probablement pas très solides
  • Wizard NR90 : plus polyvalent et stable que le katana 3×90, plus « urbain », vraiment surprise heureuse. Mon frame préféré (mais n’ai pas pu tester d’autres 4×90 ou 4×80)

Autres équipements

Liner

  • Intuition Skate V2 : incroyablement confortable. La languette gauche descend et compresse : je dois la réajuster régulièrement. Je n’ai pas trouvé de solution

Protection

  • Ennui Shock Sleeve Knee Gaskets Pads L-XL: confortables et ne bougent pas
  • Ennui Shock Sleeve Pro Elbow Gaskets Pads L-XL : trop petits et trop longs pour moi. Des coudières d’un set rollerblade me conviennent mieux. C’était ce que je pensais avant de les laisser se faire pendant une semaine.
  • Ennui City Brace Wristguards L : trop petits. Il me faut du XL. Mais même le XL semble petit et non réglable les premières fois. Mais comme semble-t-il pour tous les produits powerslide, ils se détendent après quelques séances. L’ergonomie en revanche est franchement mauvaise : le double scratch est mal positionné.
    Attention : produit dangereux : c’est une attelle, pas une protection. Quand on tombe sur les mains, il faut une protection rebombée qui prend le choc avant les paumes et les doigts. Les protections plastiques en kit peu onéreux sont plus efficaces.
  • Ennui BLVD Protective Shorts Large/XL : trop grands impression de flotter. Dommage car Mesh confortable et possibilité de retirer des coques. le Powerslide Shorts Pro – (Taille : L ) me convient. J’ai apprécié à plusieurs reprises de porter cette gaine de protection. La version 2020 est plus légère et plus courte.
  • Casque HS 108 Firefly (« Intersport ») (L : 58-61cm / 410g) : sobre mais peu respirant, lourd et les mousses se sont détériorées en un rien de temps.
  • Casque Triple-8 Gotham noir : confortable, sensation de protection, mais vraiment massif. Pour le saisons fraiches.
  • Casque de vélo de course acheté chez Asahi-cycle. Avoir un deuxième jeu de mousses internes : on transpire vite dedans et les laver devient rapidement requis.

Roues

  • Toutes les roues symetrics vendues par Adapt sont vraiment trop dures pour mon utilisation.
  • Undercover bullet 90mm 88A, noire, un peu dure (par défaut avec l’evopro).
  • Undercover « by matter »  110mm : blanche, très agréable
  • Matter 90mm 86A : orange, intérieur fluo : premiers tests avec la marque de luxe. Les roues rebondissent vraiment comparées à toutes les autres. Sensation agréable d’amorti et de confort (notamment sur l’asphalt abîmé de Kyôto).
  • Bont Highroller Inline 100mm : rapide et super amorti
  • FR3 Street King 88A : agréables, souples mais s’usent incroyablement vite.
  • Undercover Mushroomblading V3 90mm/85a (wizard) : heureuse surprise

Roulements

  • Cats Jaguar (il n’y avait plus de Leopard) : je me pose la question de savoir s’il s’agit d’un scam. La grosse boite (made in Mumbai) sous blister était montée n’importe comment (la base sensée supportée tout le contenu, au dessus ! les étiquettes mal collées avec de grosses bulles d’air) comme le contenu des boites internes. Certes de l’huile (foncée que même un restaurant n’en vaudrait pas pour des beignets premiers prix) et un flacon de rinçage (façon DIY par le bricolo du coin) : l’apparence générale sonne faux. Et au montage, les roulements se sont arrêtés comme tous mes autres roulements après moins de 15s. Après une première session sur les evo pro 3x90mm avec des roues matters, je confirme ma suspicion. Aucune différence avec les « wicked pro classic » et peut-être même inférieur en qualité (bruit). L’Inde ne me semble pas particulièrement reconnu pour la qualité de ses roulements. Au prix demandé, il semble plus prudent d’acheter des roulements de marque plus solide.
  • Hi-lo (un marque spécialisée dans le hockey ?) trouvé au Japon (sous un blister avec des explications en français) : rien de particulier. Pas de bruit. Pas de modification sensible de vitesse. Le jeu vient avec des spacers. Bruyants. Mais plus rapides que les FR Twincam
  • Bont Jesa 608 Steel Inline Bearings : les plus rapides de tous mes roulements : donne une sensation de facilité et de vitesse incroyable (mais impose donc une maitrise de cette dernière, donc probablement à éviter pour des tout débutants).
  • Les wicked pro classics de l’evo pro sont silencieux et  rapides.
  • FR Twincam Freeride MW7 (ceux montés sur le FR3) : super silencieux et suffisamment rapides (moins que les hi-lo). Je me demande si l’une des origines du silence ne vient pas d’avoir légèrement graissé l’intérieur des spacers et/ou du revêtement de la vis qui maintient la roue (ou d’un fit vraiment bien conçu et intégré entre frame/axe/spacer/roulement).
  • Seba Abec 9 (wizard) : rapides !

Divers

  • J’aimerai trouver un ensemble de clés allen repliables pour ne pas craindre de me transpercer le corps si je tombe dessus. Après une chute consécutive à la perte d’une roue (vis desserrée), je place une clé entre les deux tongs (la solution la plus légère si je devais revenir à pied) que j’emporte dans ma banane (avec les cones et le tout-venant).
  • Huile roulement (ne pas utiliser de WD40)
  • Séchoir à chaussures (de ski ou de randonnée) : essentiel pour que les liner (notamment ceux qu’on ne peut retirer comme l’evopro) ne puent pas rapidement.
  • Paracorde fine de 120cm avec un noeud à 80cm : pour placer ses marques de slalom.
  • Cercles de marquage pour entrainement de sports collectifs sur gazon (plastique épais à picots) dans lesquels j’ai découpé des cercles de la taille des cones de slalom : tiens dans la poche (pas besoin de sac), discrets, et on peut rouler dessus sans avoir à les remettre en place
  • Attention les lacets cirés d’Adapt (1m80) sont trop courts pour les Fr et Seba. Les lacets FR/seba non cirés par défaut font 2m30 !. 2m10 au minimum sont requis. Les tailles standards pour lacets « cirés canadiens » sont en pouce : 84 (213cm) ou 96 (244cm !) – cela monte à 108 (274cm), 120 (305) pour des boots de hockey en taille 9-11 et même 130 (330cm !) pour du 11-13. Les lacets CCM (Reebok, Sweden ! « fait au Canada ») sont de meilleure qualité que les Tex Style.

Audio

Le skate est une danse qui requiert de la musique.

  • Les écouteurs intra (façon airpod) ne conviennent pas pour des surfaces imparfaites : les vibrations de l’écouteur dans l’oreille s’entendent et ne sont pas agréables.
  • les écouteurs façon casque : ils doivent être légers, suffisamment grands pour se mettre au-dessus du casque (de vélo, c’est moche), bluetooth. Les Sony WH-CH510 semblaient idéals mais le bouton on/off n’a pas supporté la sueur après quelques semaines.
  • Le vrai problème avec les écouteurs c’est l’isolation du bruit extérieur et donc le risque démultiplié. La solution idéale, c’est le casque à conduction osseuse. Et je recommande vraiment les Aftershocks Aeropex.
  • le casque est connecté par bluetooth au smartphone porté dans une ceinture élastique avec le minimum de papiers et d’argent. Les sacs brassards portés au bras glissent ou créent une sensation dissymétrique.

Techniques

Liste de quelques moments de révélation :

  • « stay low » : implique d’avoir mal aux cuisses (plus des abdos et des dorsaux) pendant les premiers temps.
  • impossible d’éviter les entrainements aux freinages et arrêts. Enlever le frein s’il existe dès le départ.
  • En pente, comme au ski, remonter vers le haut de la pente pour maîtriser sa vitesse.
  • forcer l’entraînement sur son côté faible
  • les bras en V vers l’avant et leur balancement comme des ailes pour tourner est le truc qui permet de comprendre les virages.
  • le magic-slide avec le départ « UFO » expliqué par Shaun Unwin.
  • les cones sont essentiels pour entraîner son agilité
  • appui extérieur sur un pied puis transition avec arrivée sur le même ou l’autre pied (180) en intérieur
  • afin de libérer ses hanches, utiliser son nombril et ses fesses comme des flèches indicateur de direction pour les slaloms
  • détendre ses mains (et bien sûr son pied dans le skate)
  • Ne pas avoir peur de se mettre sur ses appuis internes/externes sur une roue implique : d’avoir le pied totalement tenu dans une coque rigide mais surtout de pouvoir se libérer de la peur où l’on se représente une roue de inline comme un fil de funambule. Il faut se représenter une roue comme étant en fait … trois roues. Les « roues » intérieures et extérieures sont plus larges que la « roue » du milieu. Avec cette image et le pied tenu, on peut alors avec surprise se mettre en appui sur son talon externe avec amusement et confiance.
  • Pour le slalom un pied arrière, le coup de hanche « modèle arrivant à la fin de son catwalk ». Et effectivement le torse bien droit (pas en avant).
  • Pour s’aider à pivoter dans les transitions, les bras au départ loin du corps puis resserrés contre le tronc au moment du pivot.
  • Quand on chute plusieurs fois, les épaules deviennent rigides en position haute (façon marionnette). Pour retrouver de la souplesse dans ses pivots, il faut identifier cette crispation et la neutraliser, notamment pour travailler ses pivots du côté faible.
  • Les trucs de Pascal Briand :
    • Position générale : comme un réglage de vélo : bras-guidons et bassin-selle
    • l’arrivée des triskates grandes roues (110/125) a diminué le double-push (5×80) au profit du transfert de poids.
    • Double-push (tracer sur le sol S avec partie basse plus petite) : pause du pied légèrement en V, poussée interne étroite (mais très efficace) sans trop de montée de bassin (version 1 fessier) puis push long. Version 2 quadriceps : on sort de la poussée interne en levant sa cuisse jusqu’à ce que la jambe soit presque en extension (crée une pression vers le bas) et donc levée du bassin (le transfert de poids fait faire au bassin une sorte de 8 latéral)
    • Push : prise de quart externe lente au départ; poussée d’abord vers le sol puis latéral avec toutes les roues, pression dans le talon avec les roues le plus possible dans la direction où l’on va
    • Retour du pied : « mcdo inversé » effectué à partir du bassin (pas du genou); avec de grandes roues, en gliding et suffisamment de vitesse, le pied peut monter plus haut
  • Les trucs de Shaun Unwin :
    • Gazelle (back open) : « 2 foot 3 turn » (transition le long d’un arc de cercle en faisant un 3 avec ses pieds). Open (corps penché vers l’extérieur du cercle) / Close (corps penché vers l’intérieur du cercle) : pour ces transitions, on commence comme on finit (open/close). Pour un 4skate, on cherche les roues 2 et 3 en plaçant le poids de son corps contre la languette des skates. Recherche des quarts (avant : push / arrière : pull). Entrainement : Predator Glide away du cercle +half-slalom revenant vers le cercle. Gazelle back open : pull and rotate 90 (les pieds arrivent en V) and rotate and push (passage de la 2ème vers la 3ème roue). L’étape suivante est la forward-open.
  • Crazy (divers tutoriel youtube) :
    • Cross avant, Cross arrière avec des triangles équilatéraux sur les bords des cones, avec un pied leader. Les cones ne doivent pas être espacés de plus de 80cm (vive la ficelle de 120 avec un noeud à 80).
    • Les skates forment un V à l’arrivée du cross avant). V inversé après le backcross. Toujours regarder le prochain cone.
    • Ajouter après avoir compris la mécanique : heel, fall, other heel / back toe fall other toe. La sensation d’enchainer des chutes est ce qui lie le mouvement.
    • cross (outside edge), back cross (inside edge).
  • Wheeling (tuto rool) :
  • 5 routines : statique / stop&go / concours / parcours / longueurs cumulées
    • rester bien droit (bras fermes à l’horizontal, ne pas regarder ses pieds), suffisamment vite, écraser son pire ennemi sous son pied porteur, muscles gainés (contractés), quart neutre
    • talon : le plus tendu possible, les orteils le plus haut possible donc écartés
    • pointe : on ne tend pas totalement la jambe pour être le plus possible sur elle. Orteils recroquevillés.

Réflexions

Le monde du skater, s’il est moins pire que celui du skateboarder, évoque la pose nonchalante ado-urbaine avec des variations :

  • quête surdémonstrative de puissance (sprint, « power » slide / stop)
  • quête appliquée de souplesse des rigides (grande dextérité dans un corps non souple)
  • quête narcissique exhibitionniste (l’insistance perpétuelle sur le look)
  • réponse violente, limite déliquante (rouler sur les murs, vite dans des lieux surpeuplés ou irrespect des lieux à respecter (gare / monument),  au chaos urbain et interne (wizard / sith ?)
  • prise volontaire de danger par addiction à l’adrénaline (survivre au trauma ou le provoquer) : descente, s’accrocher aux véhicules
  • obsessionnalité de la maitrise virtuose répétée en boucle (slalom)
  • endurer (marathon)
  • battre l’autre (courses)
  • écraser la gravité (« agressif » !) ou rêver d’y échapper (saut)
  • se frotter par effraction ou en smooth operator (grind, slides)

Je ne me retrouve pas dans cela.

Ce n’est pas l’addiction au bokeh de vitesse (superbe expression de BSS), grisante, la sensation de se déplacer sur un nuage, comme un oiseau qui ne craindrait pas de s’écraser, un rase-motte filmé au ralenti, mais le flow, la sensation que le réel n’oppose pas de résistance. D’où la sensation de « liberté ».

Rêver d’un skate de taoïste mature. Sérieux dans ses apprentissages de techniques mais soucieux d’élégance, d’efficacité non démonstrative. Là où je m’entraine tous les matins, des vieilles font du taï-chi. Cela. Sans la filiation kung-fu.

Mais au fond qu’importe, le mot qui revient dans la bouche de tous, c’est : joie. Faire du skate, c’est juste éprouver une joie. Simple. D’enfant. La joie de l’enfant qui reçoit ses premiers skates. De façon très étrange, en skate, cette joie revient avec la même intensité tous les jours.