Stéphane Barbery, été 2016

J’ai 7 ans,
17 ans,
70 ans.
J’ai 7-17-70 ans.
Depuis mes 7-17-70.

A 7 ans de mes 7-17-70
Le monde est mien
comme un prince de 17 ans
un vaniteux de 70
Tout est facile

A 17 ans de mes 7-17-70
Je dois sauver le monde
comme un candide de 7 ans
un arrogant de 70
Tout est facile

A 23 ans de mes 7-17-70
Je découvre l’ex-nihilo
comme un étonné de 7 ans
un sincère de 17 ans
un cardiaque de 70
Tout s’abîme

A 30 ans de mes 7-17-70
Je dois sauver les âmes
comme un angélique de 7 ans
un militant de 17
un rigide de 70
Tout est facile

A 35 ans de mes 7-17-70
Je saisis l’influence et la transe
comme un stupéfait de 7 ans
un giflé de 17
un désabusé de 70
Tout conglutine

A 38 ans de mes 7-17-70
Je dois sauver la beauté
comme un angélique de 7 ans
un ému de 17
un suffisant de 70
Tout est facile

A 43 ans de mes 7-17-70
Je saisis l’intransmissible
comme un triste de 7 ans
un solitaire de 17
un fatigué de 70
Tout se décime

A x de mes 7-17-70
Je rêve encore d’aimer
comme un cœur pur de 7 ans
un amoureux de 17
un célibataire de 70
Rien n’est facile

7-17-70