présents 2022

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tous les violons souffrent

mesurer le temps
au seau à cendres

l’abeille
enfoncée dans la neige

l’ombre du chat
de la taille d’un chien

les nuages
quand ils n’habillent
que le sommet

les troupeaux de vieilles
sur les parcours à raquettes

les cygnes à qui l’on casse une aile
pour qu’ils restent sur le lac
– le langage –

le p’tit rocher moussu
qui réapparait après
quelques jours de grand beau

la danse des mains
quand on leur applique
de la crème réparatrice

le ménage de l’ermite
la lessive de l’ermite
le repas de l’ermite

les grosses chaussettes de laine
qu’on a du mal à enfiler

dans la montée
regarder deux pas
devant soi

ces dimanches
où l’on fait doucement

accueillir chez soi
un chiot abandonné dans la rue
mitate

à chaque bol
un kami différent

l’ombre des traces de la biche
quand elles ont fondu

les bleus doux
des grands beaux de janvier

courir
dans la neige
dans la descente

les quelques heures
de la moustache

la joie d’alimenter le bucher
en pensant
aux petits matins froids

moins douze
l’eau ne monte plus revient
puis s’arrête encore

attendre l’heure
où le soleil
rend les pistes plus douces

skier seul
sur des pistes familiales

descendre
juste pour faire la trace
au cas où

le gros mulot non plus
ne s’enfonce pas dans la neige

dix heures grand beau
treize heures grand laid

l’oiseau trop petit
pour laisser ses traces
dans la neige

les arbres lourds de neige
se balancent au vent
comme des autistes

farcir un pruneau
de cacahuètes

une mouche noire sur la fenêtre
quand il neige

l’orage joue de la flute
avec le chalet



marcher sur la neige
au soleil
sous un ciel gris charbon

le son de la feuille sèche sur la neige

dans la gouille découverte
deux feuilles de nénuphar
rouges

la buche qui bascule
quand le petit bois a pris

kanyuter des bols
à l’encre qui sent bon