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Une rose sur la table rouge, blanche, ombrant la tranche d'un livre vieux comme du bon pain. Mes doigts qui frappent. Lieu, temps, humeur fluide et colorée, physiologique : médicale. Et sur la trace des doigts, la lettre suivie d'une autre. Météorologie du poème. Baromètre et son problème : ne pas subir le "temps qu'il fait". Des paupières, une fenêtre froide, noire. Ecrire aux éclats. Mon frère. * Entre dans le chapitre, ce livre infini de la solitude. Tu y entres seul. Tu en sors seul. Et tu en créves. C'est avec un fil d'or, dans la grande procession, que d'un coup sec, ton sexe est tombé sanglant dans la tourbe. Tes cheveux font de très beaux vêtements. De tes dents, une plage. Du plomb liquide a cautérisé le beau rouge-cercle de tes deux seins coupés. Leur peau, cousue délicatement sur tes cuisses, recouvrent tes lèvres et ton pubis. Tes yeux sont d'un blanc de neige mais coulent et puent comme l'oeuf pourri. Immense, ta bouche-cicatrice. Tes tympans battent aux vents. Douleur solitude Finitude. Tu n'es pas Dieu, faux frère, et je moins que toi. Mais sur ton visage, misérable détritus de fausse couche, mon ombre t'abrutit et te tue, car, en ce moment même, là, maintenant, tu me lis. * Mensonge éveillé. Tu n'es plus que le masque africain, le masque aux yeux bridées, à la bouche souffleuse de vent, de ce grand vent amérindien, océanien, N’es plus que ce masque supportant tous les masques, Jouant seul, en esprit, au cache-cache interminable de l'absent-présent qui n'est pas là lui-même. L'autre pour ne pas être toi. L'autre, cet immense autre, ce toi-même refuge sur le névé de la folie. Tu t'y fuis pour t'y perdre en reniflant d'angoisse - et de plaisir - le fait de n'être que Toi, gémissant, pleurnichard. T'épuiser sur la terreur trempée qui traverse tes vertèbres, de l'anus au palais, en labourant le trottoir: n'être qu'un charolaid, un charogniais, un corps à l'unique chromosome. |