Dans le ventre de la ville putain

qui résonne les glouglous putrides

de l'outre remplie de bile,

je sais la bave rouge que tu laisses

sur le goudron couleur de ciel,

toi,

le sans-vie, qui me suis.

Pour m'émasculer de peur.

Prenez un gant.

Un gant de plastique épais.

De ces gants que l'on trempe dans l'eau potable,

cette eau claire de ces cuvettes où chaque jour,

rituellement,

nous urinons, nous déféquons.

Ce gant, retournez-le.

Prenez un homme.

Prenez par le cul et,

retournez le comme le gant.

C'est lui. Lui, l'écorché,

lui, le sang-vie qui me suis,

lui l'immonde, lui mon frère,

mon détritus de fausse-couche de frère,

lui mon sexe et mon angoisse.

C'est un os recouvert de viscères rougeoyantes et bleutées.

Un gros vit dressé, dépecé

comme un morceau de barbaque encore tiède,

de cette tièdeur amère, acide et qui reste au palais,

après que l'on a vomi.

Et ce sang-vit me poursuit,

dans la ville putain

laissant sur le sol les traces de son dessein :

Rentrer en moi pour me détruire

me pénétrer pour m'exploser

Moi qui suis le foetus foutu de la putain.

Et son ventre éclatera pour que naisse

l'Univers