CAMBRURE

Statue,
là,
en jouir,

Amante, mon amante,
je te parle d'une Statue,
là,
en jouir.

Je ferme les yeux,
et,
son ici-maintenant éternel,
est,
plus fort,
plus fort en moi
quand tes reins se cambrent.

Femme-amante,
la Statue,
là,
en jouir,
qui s'étire et se tend
comme crystal chaud dans l'eau froide

Statue infinie,
défaitrice de ce que tu ne gagneras jamais,
Amante, mon Amante,
aux courbes elliptiques,
aux seins de caresses :

la mort dans l'orgasme,
l'Eternité.
Mais je triche.

Ta cambrure n'est pas le jouir là,
comme un roseau de désir.

C'est l'étirement
de la pureté dont j'ai peur,
de ta pureté de femme-vague-feu à jamais suspendue

du flux de miel lissé,
au sourire mimant l'éclat

- comment veux-tu qu'un homme,
son torse-équerre,
ses angles aigus
son sexe droit,
ne pleure d'y participer,
Amante, mon amante,

en t'offrant son plaisir
en y souhaitant ton décés.

Je t'aime.