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" Non, je ne crois pas, je n'ai jamais cru, je ne croirai pas en ma mort "
ou billet d'humeur anti-heideggérien (1995)


Je crois en votre mort, je crois que tous allez mourir. J'y crois parce que je désire votre mort à tout instant parce que vous me frustrez, parce que vous vivants, je ne peux pas être tout-puissant. Je crois en la mort des autres parce que je vis dans le deuil de personnes mortes, bel et bien mortes, incontestablement mortes. Mais moi, mourir ? Savoir abstrait, en aucune façon conviction. J'ai cru un jour désirer mourir : je voulais ne plus souffrir. La mort propre est idéologique. L'" être-pour-la-mort " est un être-contre-la-mort, un être-sans-la-mort. Le rapport à la " possibilité de l'impossibilité " est truqué, tronqué par la psyché inconsciente. L'angoisse n'est pas saisie authentique de son être fini comme " être-jeté ", mais production psychique résultant de la conflagration contradictoire entre deux désirs, dont la racine est au moins pour l'un deux inconsciente et aliénée. L'angoisse n'est pas une expérience que l'on porte au revers de sa boutonnière mais une passivité qu'on peut cesser de subir en devenant autonome. La psychanalyse est évidemment un chemin d'accès vers cette autonomie.


 
(c) Stéphane Barbery