Barbery.net

 


L'IMAGINATION CHEZ KANT
Relevé manuel d'occurences


RECUEIL DE CITATIONS

 

Les citations qui suivent ont été choisies pour leur importance dans l'exposition de la notion d'imagination. Nous avons classé les ouvrages par ordre chronologique de leur publication. Les pages indiquées correspondent aux éditions suivantes:

  

1) Rêves d'un Visionnaire expliqués par des Rêves métaphysiques, trad. B. Lortholary, Pléiade, t. II, pp. 525-594.

 

2) Critique de la Raison pure, trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, " Quadrige ", PUF, 1944.

 

3) Prolégomènes à toute Métaphysique future, trad. L. Guillermit, Vrin, 1986.

 

4) Fondements de la Métaphysique des Moeurs, trad. V. Delbos, Delagrave.

 

5) Critique de Raison pratique, trad. F. Picavet, " Quadrige ", PUF, 1943.

 

6) Première Introduction à la Critique de la Faculté de Juger, trad. A. Delamarre, " Folio essais ", Gallimard, 1985.

 

7) Critique de la Faculté de Juger, trad. A. Philonenko, Vrin, 1989.

 

8) A propos de l'Ouvrage de Sommering sur l'Organe de l'Ame, trad. L. Ferry, Pléiade, t. III, pp. 387-392.

 

9) Anthropologie du Point de Vue pragmatique, trad. A. Renaut, GF-Flammarion, 1993.

 

10) Opus postumum, trad. F. Marty, " Epiméthée ", PUF, 1986.

 

 

On trouvera, dans le relevé systématique que nous avons tenté d'établir et qui suit ce recueil, une table de correspondance avec l'édition de la Pléiade, qui renvoie elle-même à l'édition complète allemande.

 

Nous avons, pour les première et troisième Critiques ainsi que pour l'Anthropologie, indiqué les titres des principales divisions du texte afin de permettre de mieux localiser les passages où Kant élabore plus spécifiquement la notion d'imagination.

 

 

 

REVES D'UN VISIONNAIRE
EXPLIQUES PAR DES REVES METAPHYSIQUES

1766

(Trad. B. Lortholary)

  

- pp. 560-562. Pour appliquer cela aux images de l'imagination, qu'on me permette de me fonder sur ce qu'admettait Descartes, et que la plupart des philosophes après lui ont approuvé : à savoir que toutes les représentations de la faculté imaginative s'accompagnent, dans le tissu ou l'esprit nerveux du cerveau, de certains mouvements qu'on appelle ideae materiales; c'est-à-dire s'accompagnent peut-être de l'ébranlement ou de la vibration semblable au mouvement que pourrait faire l'impression sensible dont il est la copie. Or, je demande qu'on m'accorde que la principale différence entre le mouvement des nerfs dans l'imagination et celui de la sensation consiste en ce que les lignes directrices du mouvement se coupent dans celle-là au-dedans du cerveau, et dans celle-ci au-dehors; par suite le focus imaginarius où l'objet est représenté étant situé hors de moi dans les sensations claires de l'état de veille, et celui des fantaisies que je peux avoir au même moment étant situé en moi, je ne peux manquer, tant que je veille, de distinguer les choses imaginées, comme chimères venues de moi, de l'impression des sens.

Si l'on m'accorde cela, je crois que sur cette sorte de dérangement de l'esprit qu'on appelle égarement et, s'il est plus grave, folie, je suis en mesure d'apporter quelque chose d'intelligible qui en indique la cause. Le propre de cette maladie est que l'homme égaré transporte hors de lui de simples objets de son imagination et les regarde comme des choses réellement présentes devant lui. Or, j'ai dit qu'en règle générale les lignes directrices du mouvement, qui accompagnent la fantaisie dans le cerveau en tant qu'adjuvants matériels, doivent se couper à l'intérieur de celui-ci, et que par suite le lieu où l'homme a conscience de son image est conçu à l'état de veille comme se trouvant en lui-même. Si donc je suppose que, par quelque hasard ou quelque maladie, certains organes du cerveau sont à ce point faussés et arrachés à leur équilibre naturel que le mouvement des nerfs, qui vibrent en harmonie avec quelques fantasmes, se produit selon des lignes directrices qui, prolongées, se croiseraient hors du cerveau, le focus imaginarius est alors situé hors du sujet pensant, et l'image, qui est l'oeuvre de la pure imagination, est représentée comme un objet qui serait présent aux sens externes. Le désarroi causé par la pseudo-apparition d'une chose qui, dans l'ordre naturel, ne devrait pas être présente ne tardera pas, bien qu'au début un tel fantôme né de l'imagination ne soit que bien faible, à éveiller l'attention et à donner à la fausse sensation une si grande vivacité qu'elle ne laisse pas à l'homme abusé douter de sa véracité. Cette illusion peut concerner chacun de nos sens externes, car chacun de nous avons dans l'imagination des images-copies, et le dérangement du tissu nerveux peut devenir la cause qui fait que l'on transporte le focus imaginarius à l'endroit d'où viendrait l'impression sensible d'un objet corporel réellement présent.

 

 

 

CRITIQUE DE LA RAISON PURE
1781 et 1787

(Trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud)

  

- p. 15 (B VII). Psychologie, sur les diverses facultés de connaissance (l'imagination, l'esprit).

 

- p. 28 (B XL-XLI). C'est l'expérience, pas la fiction, les sens et non l'imagination qui lient inséparablement l'extérieur à mon sens interne.

 

- p. 28 (B XL-XLI). Mais quant à savoir à quelles intuitions données correspondent réellement des objets extérieurs à moi et qui, par conséquent, appartiennent au sens externe auxquels ils doivent être attribués et non à l'imagination, c'est ce qu'il faut décider, dans chaque cas particulier, suivant les règles qui servent à distinguer une expérience en général (même l'expérience interne) d'une imagination : le principe reste toujours qu'il y a réellement une expérience extérieure.

 

 

ESTHETIQUE TRANSCENDANTALE

 

 

- p. 77 (A 53, B 77). Dans la Logique générale, nous faisons abstraction de toutes les conditions empiriques sous lesquelles s'exerce notre entendement, par exemple, de l'influence des sens, du jeu de l'imagination, des lois de la mémoire, de la force de l'habitude, de l'inclination, etc., par suite, aussi, des sources de préjugés (...).

 

 

ANALYTIQUE DES CONCEPTS

 

 

- p. 93 (A 78-79, B 103-104). La synthèse en général est le simple effet de l'imagination, c'est-à-dire d'une fonction de l'âme (Nachtr n°XLI: de l'entendement), aveugle, mais indispensable, sans laquelle nous ne pourrions jamais et nulle part avoir aucune connaissance, mais dont nous n'avons que très rarement conscience.

 

- p. 93 (A 78-79, B 103-104). La première chose qui doit nous être donnée pour que la connaissance a priori de tous les objets deviennent possible, c'est le divers de l'intuition; la deuxième, c'est la synthèse de ce divers par l'imagination, mais elle ne donne encore aucune connaissance. Les concepts qui fournissent de l'unité à cette synthèse pure et qui consistent uniquement dans la représentation de cette unité synthétique nécessaire sont la troisième chose indispensable pour la connaissance d'un objet qui se présente, et reposent sur l'entendement.

 

Première édition

 

- A, p. 105 (A 94-95). Il y a trois sources primitives (facultés ou pouvoirs de l'âme) qui renferment les conditions de possibilité de toute expérience et qui ne peuvent dériver elles-mêmes d'aucun autre pouvoir de l'esprit: ce sont les sens, l'imagination et l'aperception. Là-dessus se fondent: 1° la synopsis du divers a priori par les sens; 2° la synthèse de ce divers par l'imagination; enfin 3° l'unité de cette synthèse par l'aperception primitive.

 

- A, p. 109 (A 97). Si donc j'attribue au sens une synopsis, parce qu'il contient de la diversité dans son intuition, une synthèse correspond toujours à cette synopsis, et la réceptivité ne peut rendre possibles des connaissances qu'en s'unissant à la spontanéité. Or celle-ci est le principe d'une triple synthèse qui se présente, d'une manière nécessaire, dans toute connaissance et qui comprend: la synthèse de l'appréhension des représentations comme modification de l'esprit dans l'intuition; celle de la reproduction de ces représentations dans l'imagination, et celle de leur recognition dans le concept. Ces trois synthèses conduisent donc aux trois sources subjectives de connaissances qui elles-mêmes rendent possible l'entendement et par lui toute l'expérience considérée comme un produit empirique de l'entendement

 

- A, p. 112 (A 100). De la synthèse de la reproduction dans l'imagination.

 

- A, p. 113 (A 100-101). Si le lourd cinabre était tantôt rouge, tantôt noir, tantôt léger, tantôt lourd, si un homme se transformait tantôt en un animal, tantôt en un autre, si dans un long jour la terre était couverte tantôt de fruits, tantôt de glace et de neige, mon imagination empirique ne pourrait jamais trouver l'occasion de recevoir dans la pensée le lourd cinabre avec la représentation de la couleur rouge.

 

- A, pp. 114-115 (A 101-102). Si donc nous pouvons montrer que même nos plus pures représentations a priori ne nous procurent jamais aucune connaissance qu'à la condition de renfermer une liaison du divers qui rende possible une synthèse universelle de la reproduction, cette synthèse de l'imagination même est donc fondée antérieurement à toute l'expérience sur des principes a priori, et il faut en admettre une synthèse transcendantale pure, servant elle-même de fondement à la possibilité de toute l'expérience (en tant que celle-ci suppose nécessairement aux phénomènes la faculté de se reproduire). Or, il est manifeste que, si je tire une ligne par la pensée ou que je veuille penser le temps d'un midi à un autre, ou même seulement me représenter un certain nombre, il faut d'abord nécessairement que je saisisse une à une dans ma pensée ces diverses représentations. Si je laissais toujours échapper de ma pensée les représentations précédentes (les premières parties de la ligne, les parties antérieures du temps, ou les unités représentées successivement) et si je ne les reproduisais pas à mesure que j'arrive aux suivantes, aucune représentation entière, aucune des pensées susdites, pas même les représentations fondamentales, les plus pures et toutes premières, de l'espace et du temps, ne pourraient jamais se produire.

La synthèse de l'appréhension est donc inséparablement liée à la synthèse de la reproduction. Et, comme cette synthèse constitue le principe transcendantal de la possibilité de toutes les connaissances en général (non seulement des connaissances empiriques, mais aussi des connaissances pures a priori), la synthèse reproductive de l'imagination appartient aux actes transcendantaux de l'esprit, et eu égard à ceci, nous appellerons aussi cette faculté la faculté transcendantale de l'imagination.

 

- A, pp. 129-130 (A 115-116). Il y a trois sources subjectives de connaissances, sur lesquelles reposent la possibilité d'une expérience en général et la connaissance des objets de cette expérience : les sens, l'imagination et l'aperception; chacune d'elles peut être regardée comme empirique - elle l'est dans son application à des phénomènes donnés - mais toutes sont aussi des éléments ou des fondements a priori qui rendent possible cet usage empirique lui-même. Les sens représentent les phénomènes empiriquement dans la perception; l'imagination, dans l'association (la reproduction); l'aperception, dans la conscience empirique de l'identité des représentations reproductives avec les phénomènes qui les donnent, par suite, dans la recognition.

 

- A, pp. 132-133 (A 118-119). Cette unité synthétique suppose une synthèse ou la renferme, et si la première doit être nécessairement a priori, la dernière doit être aussi une synthèse a priori. L'unité transcendantale de l'aperception se rapporte donc à la synthèse pure de l'imagination, comme à une condition a priori de la possibilité de tout l'ensemble du divers dans une connaissance. La synthèse productive de l'imagination peut seule avoir lieu a priori; car la synthèse reproductive repose sur des conditions de l'expérience. Le principe de l'unité nécessaire de la synthèse pure (productive) de l'imagination, antérieurement à l'aperception, est donc le principe de la possibilité de toute connaissance, surtout de l'expérience.

Nous appelons transcendantale la synthèse du divers dans l'imagination quand, dans toutes les intuitions, sans les distinguer les unes des autres, elle ne se rapporte a priori simplement qu'à la liaison du divers, et l'unité de cette synthèse s'appelle transcendantale quand, relativement à l'unité originaire de l'aperception, elle est représentée comme nécessaire a priori. Or, comme cette dernière sert de fondement à la possibilité de toutes les connaissances, l'unité transcendantale de la synthèse de l'imagination est la forme pure de toute connaissance possible, et par elle, par conséquent, tous les objets de l'expérience possible doivent être représentés a priori.

L'unité de l'aperception relativement à la synthèse de l'imagination est l'entendement et, cette même unité, relativement à la synthèse transcendantale de l'imagination, est l'entendement pur. Il y a donc dans l'entendement des connaissances pures a priori qui renferment l'unité nécessaire de la synthèse pure de l'imagination par rapport à tous les phénomènes possibles. Ce sont les catégories, c'est-à-dire les concepts purs de l'entendement.

 

- A, p. 134-135 (A 120-121). Il y a donc en nous un pouvoir actif qui fait la synthèse de ce divers; nous le nommons l'imagination, et son action qui s'exerce immédiatement dans les perceptions, je l'appelle appréhension (*). En effet l'imagination doit former un tableau (ein Bild) du divers fourni par l'intuition: il lui faut donc, auparavant, recevoir les impressions dans son activité, c'est-à-dire les appréhender.

Il est clair que même cette appréhension du divers ne produirait pas par elle seule une image et un ensemble d'impressions, s'il n'y avait pas un principe subjectif capable d'évoquer une perception d'où l'esprit passe à une autre, à la suivante, et ainsi de représenter toute la série de ces perceptions, je veux dire un pouvoir reproducteur de l'imagination, pouvoir qui n'est donc toujours qu'empirique.

 

- A, p. 134 (A 120). (*) Que l'imagination fasse nécessairement partie de la perception, c'est ce que nul psychologue n'avait encore bien vu. Cela vient, en partie, de ce qu'on bornait ce pouvoir à des reproductions, en partie, de ce que l'on croyait que les sens ne nous fournissaient pas seulement des impressions, mais les enchaînaient aussi et en formaient des images des objets, ce qui, sans aucun doute, outre la réceptivité des impressions, exige quelque chose de plus, je veux dire une fonction qui en opère la synthèse.

 

- A, pp. 137-138 (A 123). L'unité objective de toute conscience (empirique) dans une seule conscience (celle de l'aperception originaire) est donc la condition nécessaire de toute perception possible, et l'affinité (prochaine ou éloignée) de tous les phénomènes est une conséquence nécessaire d'une synthèse de l'imagination qui est fondée a priori sur des règles.

L'imagination est donc aussi un pouvoir de synthèse a priori et c'est pour quoi nous lui donnons le nom d'imagination productrice, et, en tant que, par rapport à tout le divers du phénomène, elle n'a pas d'autre but que l'unité nécessaire de la synthèse de ce phénomène, on peut l'appeler la fonction transcendantale de l'imagination. Aussi est-il sans doute étrange, mais pourtant évident d'après ce qui précède, que ce soit seulement au moyen de cette fonction transcendantale de l'imagination que deviennent possibles l'affinité des phénomènes, avec elle, l'association, et, par cette dernière, la reproduction suivant des lois, par conséquent l'expérience elle-même, puisque sans elle il n'y aurait jamais dans l'expérience aucun concept d'objets.

 

 

- A, pp. 138-139 (A 123-124). C'est donc cette aperception qui doit s'ajouter à l'imagination pure pour rendre sa fonction intellectuelle. En effet, en elle-même, la synthèse de l'imagination, bien que pratiquée a priori, est cependant toujours sensible, puisqu'elle en relie le divers que comme il apparaît dans l'intuition, par exemple : la figure du triangle. Mais c'est par le rapport du divers à l'unité de l'aperception que peuvent être effectués des concepts qui appartiennent à l'entendement, mais seulement au moyen de l'imagination relativement à l'intuition sensible.

Nous avons donc une imagination pure, comme pouvoir fondamental de l'âme humaine, qui sert a priori de principe à toute connaissance. Au moyen de ce pouvoir, nous relions d'une part le divers de l'intuition avec d'autre part la condition de l'unité nécessaire de l'aperception pure. Les deux termes extrêmes, c'est-à-dire la sensibilité et l'entendement, doivent nécessairement s'accorder grâce à cette fonction transcendantale de l'imagination, puisque autrement tous deux donneraient sans doute des phénomènes, mais ne donneraient pas d'objets d'une connaissance empirique, ni par suite, d'expérience. L'expérience réelle se compose de l'appréhension, de l'association (de la reproduction), enfin de la recognition des phénomènes.

 

Deuxième édition

 

- B, p. 119 (B 141). Si je recherche plus exactement le rapport qui existe entre les connaissances données dans chaque jugement et si je le distingue comme appartenant à l'entendement, du rapport qu'opèrent des lois de l'imagination reproductrice (et qui n'a qu'une valeur subjective), je trouve alors qu'un jugement n'est pas autre chose que la manière de ramener des connaissances données à l'unité objective de l'aperception.

 

- B, pp. 129-130 (B 151-152). Cette synthèse du divers de l'intuition sensible, qui est possible et nécessaire a priori, on peut l'appeler figurée (synthesis speciosa) pour la distinguer de celle qui serait pensée par rapport au divers d'une intuition en général dans la simple catégorie et qu'on nomme synthèse intellectuelle (synthesis intelectualis); toutes deux sont transcendantales, non seulement parce qu'elles-mêmes précèdent a priori, mais parce qu'elles fondent a priori la possibilité d'autres connaissances.

Mais la synthèse figurée, quand elle se rapporte simplement à l'unité synthétique originaire de l'aperception, c'est-à-dire à cette unité transcendantale qui est pensée dans les catégories, doit, pour se distinguer de la liaison simplement intellectuelle, être appelée la synthèse transcendantale de l'imagination. L'imagination est le pouvoir de se représenter dans l'intuition un objet même en son absence. Or, comme toute notre intuition est sensible, l'imagination en raison de la condition subjective qui, seule, lui permet de donner aux concepts de l'entendement une intuition correspondante, appartient donc à la sensibilité; mais cependant, en tant que sa synthèse est une fonction de la spontanéité, qui est déterminante et non pas simplement déterminable, comme le sens, et que, par suite elle peut déterminer a priori le sens, quant à sa forme, conformément à l'unité de l'aperception, l'imagination est, dans cette mesure, un pouvoir de déterminer la sensibilité a priori et sa synthèse des intuitions conformément aux catégories doit être la synthèse transcendantale de l'imagination. Cette synthèse est un effet de l'entendement sur la sensibilité et une première application de cet entendement (application qui est en même temps le principe de tous les autres) à des objets de l'intuition possible pour nous. Comme figurée, elle se distingue de la synthèse intellectuelle faite simplement par l'entendement sans le secours de l'imagination. Or, en tant que l'imagination est spontanéité, je l'appelle aussi quelquefois, l'imagination productrice et je la distingue par là de l'imagination reproductrice, dont la synthèse est uniquement soumise à des lois empiriques, à celles de l'association, et qui, par conséquent, ne contribue en rien par là à l'explication de la possibilité de la connaissance a priori et, pour cette raison, n'appartient pas à la philosophie transcendantale, mais à la psychologie.

 

- B, p. 132 (B 154). Sous le nom d'une synthèse transcendantale de l'imagination, (l'entendement) exerce donc sur le sujet passif dont il est le pouvoir une action dont nous disons avec raison que le sens interne en est affecté. L'aperception et son unité synthétique sont si peu identiques au sens interne qu'elles atteignent plutôt, comme source de toute liaison, le divers des intuitions en général sous le nom des catégories, antérieurement à toute intuition sensible d'objets en général; le sens interne, au contraire, renferme la simple forme de l'intuition, mais sans liaison du divers qu'elle contient; il ne contient donc pas encore une intuition déterminée, laquelle n'est possible que par la conscience de la détermination du sens interne au moyen de l'acte transcendantal de l'imagination - (c'est-à-dire par l'influence synthétique de l'entendement sur le sens interne) - que j'ai appelée la synthèse figurée.

 

- B, p. 133 (B 155). Le mouvement, comme description d'un espace, est un acte pur de la synthèse successive du divers dans l'intuition externe en général par l'imagination productrice, et appartient non seulement à la géométrie, mais même à la philosophie transcendantale

 

- B, p. 140 (B 162). La synthèse de l'appréhension, qui est empirique, doit être nécessairement conforme à la synthèse de l'aperception, qui est intellectuelle et entièrement contenue a priori dans la catégorie. C'est une seule et même spontanéité qui, là sous le nom d'imagination, ici sous celui d'entendement, introduit la liaison dans le divers de l'intuition.

 

- B, p. 142 (B 164). Or, ce qui relie le divers de l'intuition sensible, c'est l'imagination qui dépend de l'entendement, quant à l'unité de sa synthèse intellectuelle, et de la sensibilité, quant au divers de l'appréhension. Or, comme toute perception possible dépend de la synthèse de l'appréhension, mais que cette synthèse empirique elle-même dépend de la synthèse transcendantale et, par conséquent, des catégories, toutes les perceptions possibles, par suite aussi ce qui peut jamais arriver à la conscience empirique, c'est-à-dire tous les phénomènes de la nature, quant à leur liaison, doivent être soumis aux catégories, et la nature (considérée simplement comme nature en général) dépend de ces catégories comme du fondement originaire de sa conformité nécessaire à la loi (en qualité de natura formaliter spectata).

 

 

ANALYTIQUE DES PRINCIPES

 

 

- pp. 152-153 (A 140-142, B 179-181). Le schème n'est toujours par lui-même qu'un produit de l'imagination, mais comme la synthèse de l'imagination n'a pour but aucune intuition particulière, mais seulement l'unité dans la détermination de la sensibilité, il faut bien distinguer le schème de l'image. Ainsi, quand je dispose cinq points les uns à la suite des autres : ..... , c'est là une image du nombre cinq. Au contraire, quand je ne fais que penser à un nombre en général, qui peut être cinq ou cent, cette pensée est la représentation d'une méthode pour représenter une multitude (par exemple mille) dans une image, conformément à un certain concept, plutôt que cette image même, qu'il me serait difficile, dans le dernier cas, de parcourir des yeux et de comparer au concept. Or, c'est cette représentation d'un procédé général de l'imagination pour procurer à un concept son image que j'appelle le schème de ce concept.

Dans le fait, nos concepts sensibles purs n'ont pas pour fondement des images des objets, mais des schèmes. Il n'y a pas d'image d'un triangle qui puisse être jamais adéquate au concept d'un triangle en général. En effet, aucune image n'atteindrait la généralité du concept en vertu de laquelle celui-ci s'applique à tous les triangles, rectangles ou non, mais elle serait toujours restreinte à une seule partie de cette sphère. Le schème du triangle ne peut jamais exister ailleurs que dans la pensée et il signifie une règle de la synthèse de l'imagination, relativement à des figures pures de l'espace; un objet de l'expérience ou une image de cet objet atteint bien moins encore le concept empirique, mais celui-ci se rapporte toujours immédiatement au schème de l'imagination comme à une règle qui sert à déterminer notre intuition conformément à un certain concept général. Le concept de chien signifie une règle d'après laquelle mon imagination peut exprimer en général la figure d'un quadrupède, sans être astreinte à quelque chose de particulier que m'offre l'expérience, ou mieux à quelque image possible que je puisse représenter in concreto. Ce schématisme de notre entendement, relativement aux phénomènes et à leur simple forme, est un art caché dans les profondeurs de l'âme humaine et dont il sera toujours difficile d'arracher le vrai mécanisme à la nature, pour l'exposer à découvert devant les yeux. Tout ce que nous pouvons dire c'est que l'image est un produit du pouvoir empirique de l'imagination productrice - et que le schème des concepts sensibles, comme des figures dans l'espace, est un produit et en quelque sorte un monogramme de l'imagination pure a priori, au moyen duquel et suivant lequel les images sont tout d'abord possibles - et que ces images ne doivent toujours être liées qu'au moyen du schème qu'elles désignent et auquel elles ne sont pas en soi entièrement adéquates. Au contraire, le schème d'un concept pur de l'entendement est quelque chose qui ne peut être ramené à aucune image, il n'est que la synthèse pure, faite conformément à une règle de l'unité par concepts en général, règle qui exprime la catégorie, et il est un produit transcendantal de l'imagination qui concerne la détermination du sens interne en général d'après les conditions de sa forme (le temps) par rapport à toutes les représentations, en tant qu'elles doivent s'enchaîner a priori dans un concept, conformément à l'unité de l'aperception.

 

- p. 155 (A 145, B 181). D'où il résulte clairement que le schématisme de l'entendement opéré par la synthèse transcendantale de l'imagination, ne tend à rien d'autre qu'à l'unité de tout le divers de l'intuition dans le sens interne, et ainsi indirectement à l'unité de l'aperception comme fonction qui correspond au sens interne (à une réceptivité).

 

- p. 160 (A 155-156, B 194-195). Admettons donc qu'il faut sortir d'un concept donné pour le comparer synthétiquement à un autre; une troisième chose est alors nécessaire, d'où seulement peut naître la synthèse des deux concepts. Or, qu'est-ce que cette troisième chose, ce médium de tous les jugements synthétiques ? Ce ne peut être qu'un ensemble dans lequel toutes nos représentations sont contenues, je veux dire le sens interne et, ce qui en est la forme a priori, le temps. La synthèse des représentations repose sur l'imagination et leur unité synthétique (qui est requise dans le jugement), sur l'unité de l'aperception.

 

- p. 160 (A 155-156, B 194-195). L'espace et le temps mêmes, si purs de tout empirique que puissent être ces concepts et si certain qu'on soit qu'ils sont représentés complètement a priori dans l'esprit, seraient pourtant sans valeur objective et sans aucun sens ni signification, si l'on n'en montrait pas l'application nécessaire aux objets de l'expérience; leur représentation n'est même qu'un simple schème qui se rapporte toujours à l'imagination reproductrice, laquelle y fait entrer les objets de l'expérience sans lesquels ces concepts n'auraient aucune signification; et il en est de même pour tous les concepts sans distinction.

 

- p. 170 (A 170, B 211). Des grandeurs de ce genre (intensives) peuvent s'appeler encore fluentes, parce que dans leur production la synthèse (de l'imagination productrice) est une progression dans le temps dont on a l'habitude de désigner la continuité par l'expression d'écoulement.

 

- pp. 182-183 (A 190, B 233). Je perçois que des phénomènes se succèdent, c'est-à-dire qu'un état des choses existe à un moment et que le contraire existait dans l'état précédent. Je relie donc, à proprement parler, deux perceptions dans le temps. Or, cette liaison n'est pas l'oeuvre du simple sens et de l'intuition, mais le produit d'un pouvoir synthétique de l'imagination qui détermine le sens interne relativement au rapport de temps. Mais il y a deux manières pour l'imagination de relier ces deux états suivant que l'on fait précéder l'un ou l'autre dans le temps, car le temps ne peut être perçu en lui-même, et, c'est par rapport à lui, et pour ainsi dire, empiriquement, que ce qui précède ou ce qui suit peut être déterminé dans l'objet. Je n'ai donc conscience que d'une chose, c'est que mon imagination place l'un avant, l'autre après, mais non que dans l'objet un état précède l'autre; en d'autres termes, la simple perception laisse indéterminé le rapport objectif des phénomènes qui se succèdent.

 

- p. 183 (A 190, B 233). (...) l'appréhension qui est leur admission dans la synthèse de l'imagination (...).

 

- p. 189 (A 201, B 246). Toute connaissance empirique suppose la synthèse du divers qu'opère l'imagination et qui est toujours successive, c'est-à-dire que les représentations s'y succèdent toujours les unes aux autres. Mais la succession n'est pas du tout déterminée dans l'imagination au point de vue de l'ordre par rapport (à ce qui doit précéder et à ce qui doit suivre), et la série des représentations qui se suivent peut être prise en remontant aussi bien qu'en descendant.

 

- p. 190 (A 202, B 247). Si je pose le phénomène précédent et que l'événement ne le suive pas nécessairement, je ne devrais tenir ma perception que pour un jeu subjectif de mon imagination, et si je m'y représentais quelque chose d'objectif, je devrais la nommer un simple rêve.

 

- p. 205 (B 275). La preuve exigée doit donc montrer que nous avons des choses extérieures non pas simplement l'imagination, mais encore l'expérience.

 

- p. 206 (B 276-277). La conscience immédiate de l'existence des choses extérieures n'est pas supposée, mais prouvée dans le présent théorème, que nous puissions ou non d'ailleurs considérer la possibilité de cette conscience. La question touchant cette dernière serait de savoir si nous n'avons que le sens interne, sans en avoir d'externe, avec en plus l'imagination extérieure simplement. Mais il est évident que même seulement pour nous imaginer quelque chose comme extérieur, c'est-à-dire pour le représenter à notre sens dans l'intuition, il faut que nous ayons déjà un sens externe et que nous distinguions ainsi immédiatement la simple réceptivité d'une intuition extérieure de la simple spontanéité qu'a pour caractère toute imagination. Car le seul fait de s'imaginer simplement un sens externe anéantirait même le pouvoir d'intuition qui doit être déterminé par l'imagination.

 

- p. 207 (B 278-279). De ce que l'existence d'objets extérieurs est requise pour la possibilité d'une conscience déterminée de nous-mêmes, il n'en résulte pas que toute représentation intuitive des choses extérieures en contienne en même temps l'existence, car elle peut fort bien être le simple effet de l'imagination (dans le rêve aussi bien que dans la folie); mais, même alors, elle n'a lieu que par la reproduction d'anciennes perceptions externes qui, comme nous l'avons montré, ne sont possibles que par la réalité d'objets extérieurs. Il a donc suffi de prouver ici que l'expérience interne en général n'est possible que par l'expérience externe en général. Quant à savoir si telle ou telle prétendue expérience n'est pas une simple imagination, c'est ce qu'il faudra découvrir au moyen de ses déterminations particulières et de son accord avec les critères de toute expérience réelle.

 

- p. 218 (A 239, B 298). Tous les concepts, et avec eux tous les principes, en tant qu'ils peuvent être a priori, se rapportent donc à des intuitions empiriques, c'est-à-dire à des données pour l'expérience possible. Sans cela ils n'ont pas du tout de valeur objective, mais ils ne sont qu'un simple jeu de l'imagination ou de l'entendement avec leurs représentations respectives.

 

- p. 249 (A 291-292, B 347-348). La simple forme de l'intuition, sans substance, n'est pas un objet en soi, mais la simple condition formelle de cet objet (comme phénomène), comme l'espace pur, le temps pur, qui, tout en étant quelque chose en qualité de formes de l'intuition, ne sont pas eux-mêmes des objets d'intuition (ens imaginarium). (...) le nihil privativum et l'ens imaginarium sont des données vides pour des concepts.

 

 

DIALECTIQUE TRANSCENDANTALE

 

 

- p. 252 (A 295, B 352). Notre objet n'est pas ici de traiter de l'apparence empirique (par exemple des illusions d'optique) que présentent, dans leur usage empirique, des règles d'ailleurs justes de l'entendement et où le jugement est entraîné par l'influence de l'imagination.

 

- A, p. 303 (A 373-374). Ce quelque chose de matériel ou de réel, ce quelque chose qui doit être intuitionné dans l'espace, suppose nécessairement la perception et, indépendamment de cette perception qui montre la réalité de quelque chose dans l'espace, ne peut être ni feint ni produit par aucune imagination. La sensation est donc ce qui désigne une réalité dans l'espace et dans le temps, suivant qu'elle est rapportée à l'une ou à l'autre espèce d'intuition sensible. Une fois qu'est donnée la sensation (elle reçoit le nom de perception, quand elle est appliquée à un objet en général sans le déterminer), on peut, au moyen de sa diversité, se figurer dans l'imagination maint objet qui, en dehors de l'imagination, n'a aucune place empirique dans l'espace ou dans le temps.

 

- A, p. 304 (A 376). La connaissance des objets peut être tirée des perceptions ou par un simple jeu de l'imagination, ou encore au moyen de l'expérience. Cela étant, il peut, sans contredit, en résulter des représentations trompeuses auxquelles les objets ne correspondent pas et où l'illusion peut être attribuée tantôt à un prestige de l'imagination (dans le rêve), tantôt à un vice de jugement (dans ce qu'on nomme les erreurs des sens). Pour échapper à la fausse apparence, on suit cette règle : ce qui s'accorde avec une perception, suivant des lois empiriques, est réel.

 

- p. 351 (A 450, B 478). Qui vous a chargés d'imaginer un état absolument premier du monde, et, par conséquent, un commencement absolu de la série des phénomènes successifs, et d'imposer des bornes à la nature illimitée afin de procurer un point de repos à votre imagination ?

 

- p. 414 (A 570, B 598). Ainsi l'Idéal de la raison pure doit toujours reposer sur des concepts déterminés et servir de règle et de prototype soit pour l'action, soit pour le jugement. Il en est tout autrement des créations de l'imagination sur lesquelles personne ne peut s'expliquer et dont nul ne saurait donner de concept intelligible : comme des monogrammes, composés de traits isolés et que ne détermine aucune règle supposée, elles forment un dessin flottant, pour ainsi dire, au milieu d'expérience diverses, plutôt qu'une image déterminée semblable à celle que les peintres et les physionomistes prétendent avoir dans la tête, et elles doivent être un fantôme incommunicable de leurs productions ou même de leurs jugements. On peut, quoique improprement, les appeler des idéaux de la sensibilité, parce qu'ils doivent être le modèle inimitable des intuitions empiriques possibles et que, pourtant, ils ne donnent aucune règle susceptible de définition et d'examen.

 

- pp. 453-454 (A 644, B 672). Je soutiens donc que les idées transcendantales n'ont jamais d'usage constitutif qui fournisse à lui seul des concepts de certains objets, et que, dans le cas où on les entend ainsi, elles sont simplement des concepts sophistiques (dialectiques). Mais, en revanche, elles ont un usage régulateur excellent et indispensablement nécessaire : celui de diriger l'entendement vers un certain but qui fait converger les lignes de direction que suivent toutes ses règles en un point qui, pour n'être, il est vrai, qu'un idée (focus imaginarius), c'est-à-dire un point d'où les concepts de l'entendement ne partent pas réellement, - puisqu'il est entièrement placé hors des bornes de l'expérience possible, - sert cependant à leur procurer la plus grande unité avec la plus grande extension.

 

- p. 456 (A 649, B 677). Les divers phénomènes d'une même substance montrent, au premier coup d'oeil, tant d'hétérogénéité que l'on doit, dès l'abord, admettre presque autant d'espèces de forces qu'il se présente d'effets, comme, dans l'âme humaine, la sensation, la conscience, l'imagination, la mémoire, l'esprit, la faculté de discernement, le plaisir, le désir, etc. Tout d'abord, une maxime logique veut que l'on diminue, autant que possible, cette diversité apparente, en découvrant, par comparaison, l'identité cachée et en cherchant à voir si l'imagination liée à la conscience n'est pas mémoire, esprit, discernement, peut-être même entendement et raison.

 

 

THEORIE TRANSCENDANTALE DE LA METHODE

 

 

- p. 492 (A 710, B 738). Que le tempérament, ainsi que les dispositions naturelles qui se permettent volontiers un mouvement libre et illimité (comme l'imagination et l'esprit) aient, à beaucoup d'égards besoin d'une discipline, c'est ce que tout le monde accordera facilement. Mais que la raison, qui a pour obligation propre de prescrire une discipline à toutes les autres tendances, ait encore elle-même besoin d'une discipline, c'est ce qui peut paraître assurément étrange, et, dans le fait, elle a échappé jusqu'ici à une pareille humiliation, pour cette raison même qu'en voyant avec quel air solennel et quel maintien imposant elle marche, personne ne pouvait la soupçonner à la légère de substituer, dans un jeu frivole, des images aux concepts et des mots aux choses.

 

- p. 522 (A 766, B 794). (Hume) faisait d'un principe de l'affinité, qui a son siège dans l'entendement et qui exprime une liaison nécessaire, une règle de l'association, qui ne se trouve que dans l'imagination reproductrice et ne peut représenter que des liaisons contingentes et non objectives.

 

- p. 524 (A 770, B 798). Pour que l'imagination ne rêve pas, en quelque sorte, mais puisse imaginer sous l'étroite surveillance de la raison, il faut toujours qu'elle s'appuie auparavant sur quelque chose de parfaitement certain et qui ne soit pas imaginaire ou de simple opinion, et ce quelque chose est la possibilité de l'objet même. Alors, il est permis de recourir à l'opinion pour ce qui est de la réalité de cet objet, mais cette opinion, pour n'être pas sans fondement, doit être reliée, comme principe d'explication, avec ce qui est réellement donné et, par suite, certain, et alors s'appelle une hypothèse.

Or comme nous ne saurions nous faire le moindre concept de la possibilité de la liaison dynamique a priori et que la catégorie de l'entendement pur ne sert pas à la trouver, mais seulement à la comprendre quand elle se rencontre dans l'expérience, nous ne saurions imaginer originairement, conformément à ces catégories, un seul objet d'une nature nouvelle et qui ne puisse pas être empiriquement donné, ni donner cette possibilité de l'objet pour fondement à une hypothèse permise; car ce serait soumettre à la raison de vaines chimères au lieu de concepts de choses.

 

 

PROLEGOMENES A TOUTE METAPHYSIQUE FUTURE
1783

(Trad. L. Guillermit)

 

 

- p. 88. Il est possible de pardonner à l'imagination, s'il lui arrive parfois de divaguer, c'est-à-dire de ne pas se tenir prudemment à l'intérieur des limites de l'expérience; car au moins elle se trouvera animée et fortifiée par la liberté d'un tel élan, et il sera toujours plus facile de modérer son audace que de secourir sa langueur. En revanche, que l'entendement dont le devoir est de penser se mette à divaguer, c'est ce qu'on ne saurait en aucun cas lui pardonner, car il est l'unique recours pour fixer des limites, là où il le faut, aux divagations de l'imagination.

  

 

 

FONDEMENTS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS
1785

(Trad. V. Delbos)

 

 

- p. 113. On ne peut pas non plus rendre à ceux qui se rient de toute moralité, comme d'une chimère de l'imagination humaine qui s'exalte elle-même par présomption, de service plus conforme à leurs désirs, que de leur accorder que les concepts du devoir (avec cette facilité de conviction paresseuse qui fait aisément admettre qu'il en est également ainsi de tous les autres concepts) doivent être dérivés uniquement de l'expérience; c'est, en effet, leur préparer un triomphe certain.

 

- p. 132. (...); le problème qui consiste à déterminer d'une façon sûre et générale quelle action peut favoriser le bonheur d'un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble; il n'y a donc pas à cet égard d'impératif qui puisse commander, au sens strict du mot, de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l'imagination, fondé uniquement sur des principes empiriques, dont on attendrait vainement qu'ils puissent déterminer une action par laquelle serait atteinte la totalité d'une série de conséquences en réalité infinie.

 

 

 

CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE
1788

(Trad. F. Picavet)

 

 

- p. 71. La loi morale n'a aucune autre faculté de connaître que l'entendement (et non l'imagination) qui puisse l'appliquer aux objets de la nature.

 

- p. 170. (...) tout ce dont la considération produit subjectivement une conscience de l'harmonie de nos pouvoirs de représentation et nous fait sentir le développement de tout notre pouvoir de connaître (l'entendement et l'imagination), procure une satisfaction qui peut aussi être communiquée à d'autres, (...).

 

 

 

PREMIERE INTRODUCTION
à la Critique de la Faculté de Juger
1790

(Trad. A. Delamarre)

 

- pp. 48-49. Pour tout concept empirique sont requis précisément trois actes du pouvoir spontané de connaître : 1. La saisie (apprehensio) du divers de l'intuition. 2. L'acte d'embrasser, c'est-à-dire l'unité synthétique de la conscience de ce divers dans le concept d'un objet (aperceptio comprehensiva). 3. La présentation (exhibitio) de l'objet correspondant à ce concept dans l'intuition. Le premier acte exige l'imagination, le second l'entendement, le troisième la faculté de juger, laquelle serait la faculté de juger déterminante, quand il s'agit d'un concept empirique.

Mais parce que, dans la simple réflexion sur une perception, il s'agit de réfléchir en regardant non pas à un concept déterminé, mais en général seulement à la règle touchant une perception au profit de l'entendement comme pouvoir des concepts, on voit bien que, dans un jugement simplement réfléchissant, l'imagination et l'entendement sont considérés dans la relation dans laquelle ils doivent se trouver en général l'un par rapport à l'autre dans la faculté de juger, comparée à la relation dans laquelle ils se trouvent effectivement en une perception donnée.

En effet, si la forme d'un objet donné dans l'intuition empirique est ainsi faite que la saisie du divers de cet objet dans l'imagination vient s'accorder avec la présentation d'un concept de l'entendement (en laissant indéterminée la question de savoir lequel), entendement et imagination s'accordent réciproquement dans la simple réflexion pour avancer leur besogne, et l'objet est perçu comme final pour la faculté de juger uniquement; par conséquent la finalité elle-même est considérée simplement comme subjective; quoi qu'il en soit, aucun concept déterminé de l'objet n'est requis pour cela ni produit par là, et le jugement lui-même n'est aucunement un jugement de connaissance. Pareil jugement s'appelle un jugement esthétique de réflexion.

 

- p. 51. Dans la faculté de juger, entendement et imagination sont considérés dans leur rapport mutuel, et celui-ci peut sans doute d'abord être pris en considération de manière objective, comme appartenant à la connaissance (ainsi que cela arrivait dans le schématisme transcendantal de la faculté de juger); mais, ce même rapport des deux pouvoirs de connaître, on peut aussi le considérer de manière uniquement subjective, en tant que l'un de ces pouvoirs favorise ou entrave l'autre dans cette même représentation, et affecte par là l'état de l'esprit. On considère donc ce rapport comme un rapport qui peut être ressenti (c'est un cas qui ne se produit dans l'usage isolé d'aucun autre pouvoir de connaître).

 

- p. 53. (...). Dans le jugement esthétique de réflexion, c'est la sensation que produit dans le sujet le jeu harmonieux des deux pouvoirs de connaître de la faculté de juger, imagination et entendement, en tant que dans la représentation donnée le pouvoir d'appréhension de l'une et le pouvoir de présentation de l'autre se favorisent mutuellement.

 

 

CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER
1790

(Trad. A. Philonenko)

 

 

INTRODUCTION

 

 

- p. 36. Cette appréhension des formes dans l'imagination ne peut jamais s'effectuer, sans que la faculté de juger réfléchissante, même inintentionnellement, ne la compare, à tout le moins, avec sa faculté de rapporter des intuitions à des concepts. Si donc en cette comparaison l'imagination (comme faculté des intuitions a priori) se trouve mise en accord inintentionnellement grâce à une représentation donnée avec l'entendement, comme faculté des concepts, alors l'objet doit être regardé comme final pour la faculté de juger réfléchissante.

 

 

ANALYTIQUE DU BEAU

 

 

- p. 61. L'imagination dont procède la composition du divers de l'intuition (...).

 

- p. 73. (...) l'Idéal du beau; et quoique nous ne le possédions pas, nous tendons cependant à le produire en nous. Ce ne sera cependant qu'un Idéal de l'imagination, précisément parce qu'il ne repose pas sur des concepts, mais sur la représentation; or l'imagination est la faculté de la présentation.

 

- p. 75. Chacun a vu mille personnes adultes de sexe masculin. Veut-il porter un jugement sur la grandeur normale qui doit être appréciée comparativement; l'imagination (à mon avis) fait coïncider un grand nombre d'images (peut-être ce millier d'images) et s'il m'est permis d'user d'une analogie avec l'optique, dans l'espace où la plupart des images s'unissent et à l'intérieur du cercle, où la surface est la plus vivement illuminée par la lumière projetée, la grandeur moyenne est connaissable, grandeur qui en hauteur et en largeur est également éloignée des limites extrêmes déterminant les plus grandes et les plus petites statures. Et c'est là la stature convenant à un bel homme. (On pourrait obtenir ce même résultat en mesurant ce millier d'hommes, en additionnant entre elles les hauteurs, les largeurs (les grosseurs) et en divisant la somme par mille. Mais l'imagination fait justement cela par un effet dynamique qui résulte de l'impression multiple de ces formes sur l'organe du sens interne).

 

- p. 79. (...) un objet donné par l'intermédiaire des sens suscite l'activité de l'imagination qui en compose le divers, et (que) celle-ci à son tour suscite l'activité de l'entendement afin qu'il l'unifie dans des concepts.

 

- pp. 80-81. Si l'on tire le résultat des précédentes analyses, on trouve que tout aboutit au concept de goût : c'est une faculté de juger d'un objet en relation à la libre légalité de l'imagination. Si donc dans les jugements de goût l'imagination doit être considérée dans sa liberté, elle ne sera pas comprise en premier lieu comme reproductive, comme lorsqu'elle est soumise aux lois de l'association, mais comme productive et spontanée (en tant que créatrice de formes arbitraires d'intuitions possibles); et bien que dans la saisie d'un objet des sens donné elle soit liée à une forme déterminée de cet objet et dans cette mesure n'est pas un libre jeu (comme dans la poésie), on comprend néanmoins fort bien, que l'objet puisse justement lui fournir une forme comprenant une composition du divers telle que l'imagination, si elle était livrée à elle-même, en liberté, serait en l'état de l'esquisser en harmonie avec la légalité de l'entendement en général. Mais que l'imagination soit libre et cependant se conforme d'elle-même à une loi, c'est-à-dire qu'elle implique une autonomie, c'est là une contradiction. Seul l'entendement donne la loi. Mais si l'imagination est contrainte de procéder suivant une loi déterminée, alors son produit est déterminé, suivant la forme, en ce qu'il doit être d'après des concepts; dès lors la satisfaction, comme on l'a montré plus haut, n'est plus la satisfaction qui résulte du beau, mais celle qui résulte du bien (de la perfection, en tout cas de la perfection simplement formelle) et le jugement n'est pas un jugement par le goût. Par conséquent c'est une légalité sans loi, et un accord subjectif de l'imagination avec l'entendement sans accord objectif, puisqu'en ce dernier cas la représentation est reliée à un concept déterminé de l'objet, qui pourront seuls se concilier avec la libre légalité de l'entendement (qui a été aussi nommée finalité sans fin) et avec le caractère particulier d'un jugement de goût.

 

- p. 82. La régularité, qui conduit au concept d'un objet, est sans doute la condition indispensable (conditio sine qua non), pour saisir l'objet dans une représentation unique et déterminer le divers dans la forme de celui-ci. Au point de vue de la connaissance cette détermination est une fin; et en rapport à celle-ci elle est toujours liée à la satisfaction (qui accompagne la réalisation d'un projet, même simplement problématique). Il ne s'agit alors que de l'approbation donnée à une solution satisfaisante d'un problème, et non d'une libre occupation, sans fin déterminée, des facultés de l'esprit à ce que nous nommons beau et en laquelle l'entendement est au service de l'imagination et non l'imagination au service de celui-ci.

(...).

Toute raideur dans la régularité (qui se rapproche de la régularité mathématique) est en elle-même contraire au bon goût : c'est qu'on ne se promet point de s'occuper longuement en sa contemplation, mais qu'elle ennuie, à moins d'avoir explicitement pour but la connaissance ou une fin pratique déterminée. En revanche, ce avec quoi l'imagination peut jouer naïvement et suivant la finalité, est pour nous toujours nouveau et l'on ne se lasse point de le regarder.

 

- p. 83. Il convient encore de distinguer les belles choses des belles apparences des choses (qui souvent en raison de l'éloignement ne peuvent plus être nettement distinguées). En ce qui concerne ces dernières, le goût semble moins s'attacher à ce que l'imagination saisit en ce champ, qu'à ce qui lui procure alors l'occasion de se livrer à la poésie, c'est-à-dire aux visions proprement imaginaires <Phantasie>, auxquelles s'occupe l'esprit, tandis qu'il est continuellement tenu en éveil, par la diversité qui frappe son regard. Il en est ainsi dans la vision des changeantes figures d'un feu en une cheminée, ou d'un ruisseau qui chante doucement, car ces choses qui ne sont point des beautés, comprennent néanmoins pour l'imagination un charme, puisqu'elles en soutiennent le libre jeu.

 

 

ANALYTIQUE DU SUBLIME

 

 

A. Du sublime mathématique

 

- p. 90. Précisément parce qu'il y a en notre imagination un effort au progrès à l'infini et en notre raison une prétention à la totalité absolue comme à une Idée réelle, le fait que notre faculté d'évaluation de la grandeur des choses du monde sensible ne convienne pas à cette Idée éveille le sentiment d'une faculté supra-sensible en nous.

 

- p. 91. Il éprouve ici le sentiment de l'impuissance de son imagination pour présenter l'Idée d'un tout; en ceci l'imagination atteint son maximum et dans l'effort pour le dépasser, elle s'abîme en elle-même, et ce faisant est plongée dans une satisfaction émouvante.

 

- p. 93. L'imagination, spontanément, progresse jusqu'à l'infini dans la compréhension qui est exigible pour la représentation de la grandeur, sans que rien lui fasse obstacle; or l'entendement la guide par des concepts numériques, auxquels elle doit donner le schème;

 

- p. 96. Notre imagination, même en sa suprême tension, pour parvenir à la compréhension d'un objet donné dans un tout de l'intuition (par conséquent à la présentation d'une Idée de la raison), comme il est exigé d'elle, prouve ses bornes et son impuissance, mais en même temps aussi sa destination <qui est> la réalisation de son accord avec cette idée comme avec une loi. Ainsi le sentiment du sublime dans la nature est le respect pour notre propre destination, que par une certaine subreption (substitution du respect pour l'objet au respect pour l'Idée de l'humanité en nous comme sujets) nous témoignons à l'objet, qui nous rend pour ainsi dire intuitionnable la supériorité de la destination rationnelle de notre faculté de connaître sur le pouvoir le plus grand de la sensibilité.

Le sentiment du sublime est ainsi un sentiment de peine, suscité par l'insuffisance de l'imagination dans l'évaluation esthétique de la grandeur pour l'évaluation par la raison; et en même temps il se trouve en ceci une joie, éveillée justement par l'accord entre les Idées rationnelles et ce jugement sur l'insuffisance de la plus puissante faculté sensible, dans la mesure même où c'est pour nous une loi que l'effort de tendre vers ces Idées.

 

- p. 97. Le transcendant est pour l'imagination (qui s'y trouve poussée dans l'appréhension de l'intuition), en quelque sorte un abîme en lequel elle a peur de se perdre elle-même; mais il est conforme à la loi et non transcendant pour l'idée rationnelle du supra-sensible que de produire un tel effort de l'imagination; et c'est là ce qui, alors, est attirant dans l'exacte mesure où il avait été repoussant pour la simple sensibilité. (...). Ainsi tout de même que imagination et entendement par leur union dans le jugement sur le beau produisaient une finalité subjective, de même ici imagination et raison la produisent par leur conflit : c'est-à-dire le sentiment, que nous possédons une raison pure, indépendante, ou une faculté d'évaluation des grandeurs, dont l'éminence ne saurait être rendue par rien, hormis la déficience de la faculté même, qui est sans limites, dans la présentation des grandeurs (des objets sensibles).

(...) un mouvement subjectif de l'imagination, par lequel elle fait violence au sens interne (...).

 

B. Du sublime dynamique de la nature

 

- p. 106. La satisfaction prise au sublime de la nature n'est que négative (tandis que celle qui touche au beau est positive); il s'agit d'un sentiment en lequel l'imagination se prive elle-même de la liberté, puisqu'elle est déterminée en un sens final suivant une autre loi que celle de l'usage empirique. (...). L'imagination elle-même est d'après les principes du schématisme de la faculté de juger (par conséquent dans la mesure où elle est subordonnée à la liberté) l'instrument de la raison et de ses Idées, et en tant que telle, c'est une force qui peut affirmer notre indépendance contre l'influence qu'exerce la nature, faire déchoir dans la petitesse ce qui est grand en celle-ci et poser l'absolument grand uniquement en la destination propre du sujet.

 

- p. 113. (...); il est même incontestable, comme le soutenait Epicure, qu'en définitive, le plaisir et la douleur sont toujours corporels, qu'ils débutent par l'imagination ou même par des représentations de l'entendement, parce que la vie sans le sentiment du corps n'est que conscience de son existence, et non sentiment du bien-être ou de son contraire, c'est-à-dire de la stimulation ou de l'arrêt des forces vitales.

 

Déduction des jugements esthétiques purs

 

- pp. 121-122. La condition subjective de tous les jugements est la faculté de juger elle-même ou faculté judiciaire. L'usage de cette faculté, par rapport à une représentation par laquelle un objet est donné, requiert l'accord de deux facultés représentatives : celui de l'imagination (pour l'intuition et la composition du divers) et l'entendement (pour le concept comme représentation de l'unité de cette compréhension). Or comme aucun concept de l'objet ne se trouve ici au fondement du jugement, cet accord ne peut consister que dans la subsomption de l'imagination (dans une représentation, par laquelle un objet est donné) sous la condition selon laquelle l'entendement passe en général de l'intuition aux concepts. C'est-à-dire comme la liberté de l'imagination consiste précisément qu'elle schématise sans concepts, il faut que le jugement de goût repose sur une simple sensation de l'animation réciproque de l'imagination dans sa liberté et de l'entendement dans sa légalité, par conséquent donc sur un sentiment, qui permet de juger l'objet d'après la finalité de la représentation (par laquelle un objet est donné) en ce qui concerne l'incitation à l'activité de la faculté de connaître en son libre jeu. Le goût, en tant que faculté subjective, comprend un principe de la subsomption, non pas des intuitions sous des concepts, mais de la faculté des intuitions ou présentations (c'est-à-dire de l'imagination) sous la faculté des concepts (c'est-à-dire l'entendement), pour autant que la première en sa liberté s'accorde avec la seconde en sa légalité.

 

- p. 129. L'aptitude des hommes à se communiquer leurs pensées suppose aussi un rapport de l'imagination et de l'entendement afin d'associer aux concepts des intuitions et inversement aux intuitions des concepts, qui s'unissent dans une connaissance; mais en ce cas l'accord des deux facultés de l'âme est légal et soumis à la contrainte de concepts déterminés. Ce n'est que lorsque l'imagination en sa liberté éveille l'entendement et que celui-ci incite sans concept l'imagination à un jeu régulier, que la représentation se communique, non comme pensée, mais comme sentiment intérieur d'un état final de l'esprit.

 

- pp. 143-144. Par l'expression Idée esthétique j'entends cette représentation de l'imagination, qui donne beaucoup à penser, sans qu'aucune pensée déterminée, c'est-à-dire de concept, puisse lui être adéquate et que par conséquent aucune langue ne peut complètement exprimer et rendre intelligible. - On voit aisément qu'une telle Idée est la contrepartie (le pendant) d'une Idée de la raison, qui tout à l'inverse est un concept, auquel aucune intuition (représentation de l'imagination) ne peut être adéquate.

L'imagination (comme faculté de connaissance productive) est, en effet, très puissante pour créer une autre nature pour ainsi dire à partir de la matière que la nature réelle lui donne. (...).

On peut nommer Idées de telles représentations de l'imagination; d'une part parce qu'elles tendent pour le moins à quelque chose qui se trouve au-delà des limites de l'expérience et cherchent ainsi à s'approcher des concepts de la raison (les Idées intellectuelles), ce qui leur donne l'apparence d'une réalité objective; d'autre part et sans doute plus essentiellement parce que comme intuitions internes aucun concept ne peut leur être pleinement adéquat. (...). C'est en la poésie que la faculté des Idées esthétiques peut donner toute sa mesure.

 

- pp. 144-145. Lorsqu'on place sous un concept une représentation de l'imagination, qui appartient à sa présentation, mais qui donne par elle-même bien plus à penser que ce qui peut être compris dans un concept déterminé, et qui par conséquent élargit le concept lui-même esthétiquement d'une manière illimitée, l'imagination est alors créatrice et elle met en mouvement la faculté des Idées intellectuelles (la raison) afin de penser à l'occasion d'une représentation bien plus (ce qui est, il est vrai, le propre du concept de l'objet) que ce qui peut être saisi en elle et clairement conçu.

On nomme ces formes qui ne concernent pas la présentation elle-même d'un concept donné, mais qui expriment seulement, en tant que représentations secondaires de l'imagination, les conséquences qui s'y rattachent et la parenté de ce concept avec d'autres, les attributs (esthétiques) d'un objet dont le concept, comme Idée de la raison, ne peut jamais être présenté adéquatement. Ainsi l'aigle de Jupiter tenant la foudre dans ses serres est un attribut du puissant roi du ciel et le paon un attribut de la superbe reine du ciel. Ils ne représentent point comme les attributs logiques, quelque chose qui est compris dans nos concepts de la sublimité et de la majesté de la création, mais quelque chose d'autre, qui donne à l'imagination l'occasion de s'étendre sur une foule de représentations de même famille, qui permettent de penser bien plus que ce que l'on peut exprimer par des mots dans un concept déterminé; et ces <attributs esthétiques> donnent une Idée esthétique, qui pour cette Idée de la raison remplace une présentation logique, mais qui sert plus proprement à animer l'esprit en lui ouvrant une perspective sur un champ de représentations du même genre s'étendant à perte de vue.

 

- p. 146. L'idée esthétique est une représentation de l'imagination associée à un concept donné, et qui trouve une telle diversité de représentations partielles, dans le libre-usage de celles-ci, qu'aucune expression, désignant un concept déterminé, ne peut être trouvée pour elle, et qui donne à penser en plus d'un concept bien des choses indicibles, dont le sentiment anime la faculté de connaissance et qui inspire à la lettre du langage un esprit.

Ces facultés de l'âme donc, dont l'union (dans un certain rapport) constitue le génie, sont l'imagination et l'entendement. Il y a cette seule différence: tandis que dans l'usage de l'imagination en vue de la connaissance, l'imagination est soumise à la contrainte de l'entendement et à la limitation, qui consiste pour elle à être accordée aux concepts de l'entendement, en revanche dans une perspective esthétique elle est libre, afin de fournir, sans le chercher toutefois, par-delà cette convenance avec le concept, une matière riche et non élaborée pour l'entendement, qui n'en tenait pas compte dans ses concepts, et qui l'applique moins objectivement en vue de la connaissance que subjectivement afin d'animer les facultés de connaître, l'appliquant toutefois, ce faisant, indirectement aussi aux connaissances. Ainsi le génie consiste proprement dans un heureux rapport, qu'aucune science ne peut enseigner et qu'aucun labeur ne permet d'acquérir; ce rapport est celui en lequel d'une part on trouve les Idées se rapportant à un concept donné et d'autre part l'expression qui leur convient, et par laquelle la disposition subjective de l'âme ainsi suscitée, comme accompagnant un concept, peut être communiquée à autrui. Ce dernier talent est proprement celui que l'on nomme âme.

 

 

- p. 148. La beauté n'exige pas si nécessairement que l'on soit riche et original dans les Idées; elle exige bien plutôt la conformité de l'imagination en sa liberté à la légalité de l'entendement. Car toute la richesse de l'imagination en sa liberté sans loi ne produit rien que d'absurde; la faculté de juger est en revanche le pouvoir de l'accorder à l'entendement.

 

- p. 149. La faculté de juger qui rend sa sentence, d'après ses propres principes, dans les choses des beaux-arts permettra plutôt qu'on porte quelque préjudice à la liberté et à la richesse de l'imagination qu'à l'entendement.

 

 

DIALECTIQUE DU JUGEMENT ESTHETIQUE

 

- p. 167. Tout de même que l'imagination n'atteint jamais avec ses intuitions le concept donné par une Idée rationnelle, de même l'entendement devant une Idée esthétique n'atteint jamais par ses concepts toute l'intuition interne de l'imagination, que celle-ci lie avec une représentation donnée.

 

 

CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER TELEOLOGIQUE

 

- p. 198. Certains estiment que le taenia est donné à l'homme ou à l'animal, en lequel il habite, pour ainsi dire en compensation d'une certaine déficience de ses organes vitaux; et alors je demanderai si les rêves (dont le sommeil n'est jamais exempt, bien que l'on s'en souvienne rarement) ne pourraient être une disposition finale de la nature, puisque, lors de la détente de toutes les forces motrices corporelles, ils servent à mouvoir intérieurement les organes vitaux, grâce à l'imagination et à sa grande activité (qui dans cet état croît le plus souvent jusqu'à l'affection); de même lorsque l'estomac est trop plein, et que ce mouvement est d'autant plus nécessaire, cette activité de l'imagination s'exerce généralement dans le sommeil nocturne avec une vivacité d'autant plus grande; et par conséquent sans cette force motrice interne et ce trouble pénible, dont nous rendons nos rêves responsables (alors qu'ils sont peut-être en fait des remèdes), le sommeil, même dans un état de santé parfait, pourrait bien être une extinction complète de la vie.

 

 

 

 

A PROPOS DE L'OUVRAGE DE SOMMERING
SUR L'ORGANE DE L'AME

1796

(trad. L. Ferry)

 

 

- p. 389 (note). Par le terme esprit, on entend la faculté (animus) qui rassemble les représentations données et engendre l'unité de l'aperception empirique, pas encore la substance (anima) qui est par sa nature tout à fait différente de la matière et dont on fait par suite abstraction; par où l'on parvient à l'idée qu'en ce qui regarde le sujet pensant nous ne devons pas tomber dans la métaphysique en tant que celle-ci a affaire à la conscience pure et à son unité a priori dans la composition de représentations données (à l'entendement); mais nous n'avons affaire qu'à l'imagination et l'on doit pouvoir admettre qu'à ses intuitions, en tant qu'elles sont des représentations empiriques (même hors de la présence de leur objet), correspondent des intuitions dans le cerveau (à proprement parler, un habitus de la reproduction) qui appartiennent à un tout de l'auto-intuition interne.

 

 

 

ANTHROPOLOGIE DU POINT DE VUE PRAGMATIQUE
1798

(Trad. A. Renaut)

 

 

LIVRE I : DE LA FACULTE DE SE CONNAITRE

 

 

- p. 86. Dans la faculté de connaître, la sensibilité (la faculté des représentations dans l'intuition) contient deux éléments : le sens et l'imagination. Le premier est la faculté de l'intuition en présence de l'objet, le second même sans la présence de celui-ci.

 

- p. 100. Grâce au nouveau, dont relèvent aussi le rare et ce qui est tenu secret, l'imagination se trouve vivifiée.

 

 

De l'imagination

 

 

- p. 105. L'imagination (facultas imaginandi), comme faculté des intuitions même sans présence de l'objet, est soit productrice, c'est-à-dire faculté de présentation originelle de l'objet (exhibitio originaria), qui précède donc l'expérience; soit reproductrice, faculté de présentation dérivée (exhibitio derivativa), qui ramène à l'esprit une intuition empirique qu'on avait eue auparavant. Les intuitions pures de l'espace et du temps appartiennent à la première présentation; toutes les autres supposent l'intuition empirique, laquelle, quand elle est liée au concept de l'objet et constitue donc une connaissance empirique, s'appelle expérience. L'imagination dans la mesure où elle engendre en outre involontairement des chimères, se nomme fantaisie. Celui qui a l'habitude de tenir de telles chimères pour des expériences est un homme à fantasmes. Dans le sommeil (un état qui fait partie de la bonne santé), être le jouet involontaire de ses chimères, c'est rêver.

L'imagination est, en d'autres termes, ou bien productrice de fictions (productrice), ou bien simplement remémoratrice (reproductrice). Mais l'imagination productrice n'est cependant pas, pour autant, créatrice, c'est-à-dire qu'elle n'a pas la faculté de produire une représentation sensible qui n'ait jamais été donnée auparavant à notre faculté de sentir : en fait, on peut toujours indiquer ce qui en est la matière. (...). Le jaune et le bleu mélangés donnent le vert; mais l'imagination ne pourrait produire la moindre représentation de cette couleur si elle n'avait vu ce mélange.

De même en est-il pour chacun des cinq sens : les impressions qui en procèdent ne peuvent, dans leur composition, être produites par l'imagination, mais il leur faut être tirées originairement de la faculté de sentir.

 

- p. 107. L'imagination peut bien être une très grande artiste, et même une magicienne : pour autant, elle n'est pas créatrice, mais il lui faut emprunter aux sens la matière qui est nécessaire à la formation de ses images. Mais celles-ci, d'après ce qu'on vient de rappeler, ne sont pas aussi universellement communicables que les concepts de l'entendement.

 

- p. 111. L'originalité (production sans imitation) de l'imagination, quand elle concorde avec des concepts, se nomme le génie; quand elle n'accède pas à cette concordance, on parle d'exaltation de l'esprit.

 

- p. 113. L'imagination est naturellement portée à s'élever jusqu'aux extrêmes.

 

 

 

 

 

De la faculté d'invention sensible et de ses diverses formes

 

- p. 114. Il y a trois formes différentes de la faculté d'invention sensible. Ce sont celle qui permet de figurer l'intuition dans l'espace (imaginatio plastica), celle qui rend possible l'association dans le temps (imaginatio associans) et celle qui parvient à apparenter les représentations les unes aux autres à partir de leur communauté d'origine (affinitas).

 

- p. 115. Avant que l'artiste puisse présenter une forme corporelle (d'une façon qui soit pour ainsi dire tangible) il lui faut l'avoir élaborée dans l'imagination.

 

- p. 117. L'imagination saute souvent si vite du coq à l'âne qu'on croit avoir franchi certains maillons intermédiaires dans la chaîne des représentations, bien qu'en fait, simplement, on n'en ait pas eu conscience.

 

- p. 119. L'imagination n'est cependant pas aussi créatrice qu'on le prétend parfois. Nous ne pouvons, pour un être raisonnable, nous représenter aucune autre figuration appropriée que celle d'un homme. (...).

L'illusion que crée la force de l'imagination de l'être humain va souvent si loin qu'il croit voir et sentir hors de lui ce qu'il a simplement en tête.

 

- pp. 121-122. Parce que l'imagination est plus riche et plus féconde que les sens en représentations, elle se trouve, quand une passion survient, davantage animée par l'absence de l'objet que par sa présence, si quelque chose se produit qui rappelle à l'esprit cet objet dont la représentation semblait avoir été effacée pour un temps par des distractions.

 

- p. 122. L'imagination inventive fonde une sorte de relation avec nous-mêmes, bien que ce ne soit que sous la forme de phénomènes du sens interne, non dénués cependant d'analogie avec les phénomènes externes. (...) c'est une règle très utile, relevant de l'hygiène psychologique, que d'imposer un frein à son imagination en se couchant de bonne heure pour pouvoir se lever également très tôt.

 

- p. 123. Les errements (vitia) de l'imagination consistent en ce que ses inventions sont ou bien simplement sans frein ou bien totalement sans règle (effrenis aut perversa). (...) l'imagination sans règle voisine du délire, où la fantasmagorie réduit entièrement l'homme à être son jouet et où le malheureux n'a pas le moindre pouvoir sur le cours de ses représentations.

 

 

De la faculté de rendre le passé et l'avenir présents par l'imagination

 

- pp. 124-125. La mémoire est différente de l'imagination purement reproductrice en ceci qu'elle est capable de reproduire volontairement la représentation antérieure et que l'esprit n'en est donc pas un simple jouet. La fantasmagorie, c'est-à-dire l'imagination créatrice, ne doit pas venir s'en mêler, car, si tel était le cas, la mémoire deviendrait infidèle.

 

 

De l'invention involontaire dans un état de bonne santé, c'est-à-dire du rêve

 

- p. 134. Le rêve semble appartenir si nécessairement au sommeil que dormir et mourir seraient une seule et même chose si le rêve ne survenait comme une agitation naturelle, bien qu'involontaire, des organes vitaux internes sous l'effet de l'imagination.

 

 

 

 

De la différence spécifique entre l'ingéniosité comparative et l'ingéniosité argumentative

 

- p. 180. Le champ spécifique du génie est celui de l'imagination, parce que celle-ci est créatrice et qu'elle est moins soumise que d'autres facultés à la contrainte des règles, mais est donc d'autant plus capable d'originalité. (...). Mais tout art exige pourtant certaines règles fondamentales à caractère mécanique, comme celle de l'adéquation de la production de l'artiste à l'idée qui lui était sous-jacente, autrement dit : celle de la vérité dans la représentation de l'objet qu'on a conçu. Or, cela, c'est à travers la rigueur de l'école qu'il faut l'apprendre, et c'est au demeurant un effet de l'imitation. En revanche, libérer l'imagination de cette contrainte et laisser le talent personnel s'exalter et procéder sans règles, au point d'aller à l'encontre de la nature, ce serait permettre de s'exprimer à une folie originale peut-être, mais qui assurément ne serait point exemplaire et ne saurait donc pas non plus être mise au compte du génie.

 

 

 

IVRE II : LE SENTIMENT DE PLAISIR ET DE PEINE

 

 

- p. 187. Le plaisir sensible est présenté ou bien par les sens (le contentement) ou bien par l'imagination (le goût). Le plaisir intellectuel l'est ou bien par des concepts susceptibles d'être présentés ou bien par des Idées; et il en va de même pour le contraire, le déplaisir.

 

- p. 198. Par l'intermédiaire de l'imagination, on partage la souffrance de l'autre.

 

 

 

OPUS POSTUMUM

(Trad. F. Marty)

 

 

 

- p. 102. Intuition empirique par le sens, pure par l'imagination, expérience par l'entendement.

Le sens sent (a la sensation), l'imagination forme (fingit); si elle fait cela a priori selon un principe, on dit qu'elle forge (anticipations de la perception).

 

 

RELEVE MANUEL DES OCCURRENCES
DE " L'IMAGINATION "

 

 

Ce relevé aurait voulu être systématique. Il ne peut malheureusement prétendre à l'objectivité de l'exhaustivité pour quatre raisons.

 

La première tient à ce que ce relevé n'est réalisé qu'à partir des lectures que nous avons faites, lectures qui ne couvrent qu'une partie des oeuvres kantiennes. Nous espérons cependant que cette partie comprend la totalité des textes majeurs de Kant et des textes où l'imagination est analysée.

 

La deuxième raison découle de son origine manuelle et non mécanique. Malgré une lecture minutieuse, des occurrences ont nécessairement dû nous échapper. Il est fort probable que d'autres omissions involontaires se soient également produites, malgré tous nos efforts, lors du relevé et de la dactylographie de ce relevé. De telles omissions sont malheureusement impossibles à supprimer. Nous nous en excusons d'avance.

 

La troisième raison vient de ce que nous avons travaillé sur les traductions françaises des textes kantiens. Or un même mot peut être traduit de façon différente, ou encore un seul mot d'une langue peut valoir pour plusieurs de la langue de traduction. " Einbildungkraft ", " Phantasie ", " Imagination ", sont rendus par le français " imagination "; mais " Phantasie " peut être traduit également par " fantaisie " ou " fantasmagorie ".

 

Il nous a donc fallu faire des choix et ceci constitue la quatrième et dernière raison de la non-exhaustivité de ce relevé. Le champs lexical constitué à partir de " l'imagination " n'est pas vaste mais il l'était inutilement pour notre projet. Nous avons donc décidé de ne relever que le substantif (" imagination "), sans prendre l'adjectif " imaginaire " ni le verbe " imaginer " dont les apparitions ne sont de toute façon que de peu d'intérêt. Nous avons décidé en revanche de relever l'adjectif latin " imaginarius " qui apparaît à plusieurs reprises dans des occurrences intéressantes.

 

Nous avons donné pour chaque texte les pages correspondant à l'édition de la Pléiade qui, elle-même, donne une correspondance avec l'édition complète allemande : Kant's gesammelte Schriften, Berlin, De Gruyter (citée en abrégé A.K.). La Critique de la Raison pure est la seule exception à cette règle. Nous avons préféré donner les pages correspondant aux éditions originales des deux versions (notées A et B). Cette pagination se retrouve en effet dans la quasi-totalité des éditions.

 

De la même façon que pour le recueil, l'ordre des textes est celui, chronologique, de leur publication.

 

 

 

REVES D'UN VISIONNAIRE
EXPLIQUES PAR DES REVES METAPHYSIQUES
1766

 

 

 

 

Les pages que nous indiquons correspondent à celles de l'édition de la Pléiade, trad. B. Lortholary, t. I, pp. 705-1462, (notée Pléiade).

 

 

 

Pléiade Occurrences

- p. 530 1
- p. 553 1
- p. 554 1
- p. 557 1
- p. 558 1
- p. 560 3
- p. 561 3
- p. 562 1
- p. 563 1
- p. 573 1
- p. 576 1

Total des occurrences : 15

 

 

 

CRITIQUE DE LA RAISON PURE
1781 et 1787

 

Les pages que nous indiquons correspondent à :

 

- la traduction d'A. Tremesaygues et B. Pacaud, " Quadrige ", PUF, 1944 (notée T.P.);

- l'édition originale des versions de 1781 (A) et 1788 (B) (notée E.O.).

 

T.P. Occurrences E.O.

- p. 15 1 B VII
- p. 28 3 B XL-XLI
- p. 67 2 A 40, B 57
- p. 77 1 A 53, B 77
- p. 93 2 A 78-79, B 103-104

Première édition de la Déduction transcendantale
- p. 105 2 A 94-95
- p. 109 1 A 97
- p. 112 1 A 100
- p. 113 2 A 100-101
- p. 114 1 A 101
- p. 115 2 A 102
- p. 129 2 A 115
- p. 130 1 A 116
- p. 132 5 A 118
- p. 133 4 A 119
- p. 134 3 A 120
- p. 135 3 A 121
- p. 136 1 A 122
- p. 136 5 A 123
- p. 139 5 A 124
- p. 140 1 A 125
- p. 145 1 A 130

Deuxième édition de la Déduction transcendantale
- p. 119 1 B 141
- p. 129 4 B 151-152
- p. 130 5 B 152
- p. 131 1 B 153
- p. 132 1 B 154
- p. 133 1 B 155
- p. 140 1 B 162
- p. 142 1 B 164

Du schématisme des concepts purs de l'entendement
- p. 152 5 A 140-141, B 179-180
- p. 153 4 A 141-142, B 180-181
- p. 155 1 A 145, B 181

Système de tous les principes de l'entendement pur
- p. 160 2 A 155-156, B 194-195
- p. 161 1 A 157, B 196
- p. 162 1 A 158, B 197
- p. 165 1 A 163, B 204
- p. 166 1 A 164, B 205
- p. 170 1 A 170, B 211
- p. 182 1 B 233
- p. 183 4 A 190, B 233
- p. 189 2 A 201, B 246
- p. 190 1 A 202, B 247
- p. 195 1 B 257
- p. 203 2 A 223-224, B 271
- p. 205 1 B 275
- p. 206 3 B 276-277
- p. 207 2 B 278-279

- p. 216 1 A 237, B 296
- p. 218 1 A 239, B 298
- p. 249 2 A 291-292, B 347-349

Dialectique transcendantale
- p. 252 1 A 295, B 352
- p. 269 1 A 326, B 283
- p. 303 3 A 373-374
- p. 304 2 A 376
- p. 317 1 A 393
- p. 332 1 A 416, B 444
- p. 351 1 A 450, B 478
- p. 362 1 A 469, B 497
- p. 414 1 A 570, B 598
- p. 453 1 A 644, B 672
- p. 456 2 A 649, B 677

Théorie transcendantale de la méthode
- p. 492 1 A 710, B 738
- p. 493 1 A 713, B 741
- p. 522 1 A 766, B 794
- p. 524 2 A 770, B 798
- p. 553 1 A 822, B 850
- p. 570 1 A 853, B 881

 

Total général des occurrences : 124

 

Total des occurrences n'apparaissant que dans A : 46

Total des occurrences n'apparaissant que dans B : 27

Total des occurrences communes aux deux éditions : 51

 

Total des occurrences dans la première Déduction transcendantale : 40

Total des occurrences dans la seconde Déduction transcendantale : 15

 

 

PROLEGOMENES A TOUTE METAPHYSIQUE FUTURE
1783

 

 

Les pages indiquées correspondent à :

 

- la traduction de L. Guillermit, Vrin, 1986 (notée Vrin);

- l'édition de la Pléiade, trad. J. Rivelaygue, t. II, pp. 15-172 (notée Pléiade).

 

 

Vrin Occurrences Pléiade

- p. 16 1 20
- p. 50 1 56
- p. 88 2 93
- p. 112 1 117

 

Total des occurrences : 5

 

 

 

 

 

 

 

FONDEMENTS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS
1785

 

 

Les pages indiquées correspondent à :

 

- la traduction de V. Delbos, Delagrave, n.d. (notée Delagrave).

- l'édition de la Pléiade, trad. V. Delbos revue par F. Alquié, t. II, pp. 241- 337, (notée Pléiade).

 

 

Delagrave Occurrences Pléiade

- p. 113 1 267
- p. 132 1 282
- p. 160 1 302

Total des occurrences : 3

 

 

 

CRITIQUE DE LA RAISON PRATIQUE
1788

 

 

Les pages indiquées correspondent à :

 

- la traduction de F. Picavet, " Quadrige ", PUF, 1943 (notée Quadrige);

- l'édition de la Pléiade, trad. L. Ferry et H. Wismann, t. II, pp. 595- 804 (notée Pléiade).

 

 

Quadrige Occurrences Pléiade

- p. 52 1 670
- p. 71 3 691-692
- p. 73 1 694
- p. 130 1 755
- p. 170 1 800

Total des occurrences : 7

 

 

 

 

 

 

PREMIERE INTRODUCTION
à la Critique de la Faculté de Juger
1790

 

 

Les pages indiquées correspondent à :

 

- la traduction de A. Delamarre, " Folio essais ", Gallimard, 1985 (notée Folio);

- l'édition de la Pléiade, trad. A. Delamarre, t. II, pp. 845-912 (notée Pléiade).

La première édition reprend la seconde en format de poche.

 

 

Folio Occurrences Pléiade

- p. 25 1 851
- p. 48 4 874
- p. 51 1 877
- p. 52 1 878
- p. 53 1 879
- p. 62 1 888
- p. 63 3 889

Total des occurrences : 12

 

 

 

CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER
1790

 

 

Les pages indiquée correspondent à :

 

- la traduction d'A. Philonenko, Vrin, 1989 (notée Vrin);

- l'édition de la Pléiade, trad. J.R. Ladmiral, M.B. de Launay et J.M. Vaysse, t. II, pp. 913-1300 (notée Pléiade).

 

 

Vrin Occurrences Pléiade

- p. 36 2 946
- p. 37 1 947
- p. 38 1 948
- p. 39 1 949

Analytique du beau
- p. 49 1 957
- p. 61 2 975-976
- p. 62 3 977
- p. 69 1 988
- p. 71 1 991
- p. 73 2 994
- p. 74 1 995-996
- p. 75 3 996-997
- p. 76 1 998
- p. 79 1 1002
- p. 80 4 1005
- p. 81 2 1005
- p. 82 5 1007
- p. 83 4 1008-1009
- p. 84 1 1009
- p. 85 3 1010-1011
- p. 86 1 1012

Du sublime mathématique
- p. 87 3 1013-1014
- p. 89 1 1016
- p. 90 3 1017-1018
- p. 91 7 1019-1020
- p. 92 1 1021
- p. 93 5 1021-1022
- p. 94 3 1023-1024
- p. 95 6 1024-1025
- p. 96 4 1026-1027
- p. 97 10 1027-1028
- p. 98 4 1029

Du sublime dynamique de la nature
- p. 100 1 1032
- p. 102 1 1036
- p. 103 2 1037
- p. 105 4 1040
- p. 106 7 1041-1042
- p. 107 1 1043
- p. 109 1 1046
- p. 110 2 1047
- p. 111 2 1048-1049
- p. 113 2 1052

- p. 121 2 1063-1064
- p. 122 4 1064
- p. 125 1 1069
- p. 126 1 1071
- p. 129 3 1075

Paragraphes sur le génie (46-50)
- p. 142 1 1097
- p. 143 1 1098
- p. 144 9 1098-1099
- p. 145 3 1099-1100
- p. 146 3 1100-1101
- p. 147 4 1101-1102
- p. 148 4 1104

- p. 149 3 1104-1106
- p. 150 5 1106-1107
- p. 151 2 1108
- p. 152 2 1109
- p. 154 2 1113-1114
- p. 155 2 1114-1115
- p. 156 1 1117
- p. 157 2 1117

Dialectique du jugement esthétique
- p. 166 3 1130-1131
- p. 167 5 1132-1133
- p. 170 2 1136-1137
- p. 174 1 1142
- p. 175 1 1145
- p. 176 2 1145-1146
- p. 177 1 1146

Critique de la faculté de juger téléologique
- p. 186 1 1156
- p. 198 2 1173
- p. 240 1 1232

 

 

Total des occurrences : 198

 

 

 

ANTHROPOLOGIE DU POINT DE VUE PRAGMATIQUE
1798

 

Les pages indiquées correspondent à :

 

- la traduction d'A. Renaut, GF-Flammarion, 1993 (notée G.F.);

- l'édition de la Pléiade, trad. P. Jalabert, t. III, pp. 931-1144 (notée Pléiade).

 

 

G.F. Occurrences Pléiade

- p. 60 1 952
- p. 63 1 954
- p. 64 1 955
- p. 86 1 971
- p. 97 1 980
- p. 100 1 981

De l'imagination
- p. 105 5 985-986
- p. 106 2 986
- p. 107 4 987
- p. 108 3 987-988
- p. 111 2 990
- p. 112 3 990-991
- p. 113 3 991-992

De la faculté d'invention sensible et de ses diverses formes
- p. 114 4 992
- p. 115 3 993
- p. 117 2 994
- p. 118 2 995
- p. 119 2 996
- p. 120 1 997
- p. 121 3 997-998
- p. 122 5 998
- p. 123 4 999

- p. 124 2 1000
- p. 125 1 1000
- p. 126 1 1001
- p. 127 1 1002
- p. 128 1 1003
- p. 134 2 1007-1008
- p. 138 1 1010
- p. 140 1 1012
- p. 144 1 1015
- p. 152 2 1020-1021
- p. 157 3 1024
- p. 158 1 1025
- p. 165 1 1030
- p. 167 2 1032
- p. 168 1 1033
- p. 174 1 1037
- p. 180 1 1042
- p. 181 2 1042
- p. 182 1 1043

Livre II : le sentiment de plaisir et de déplaisir
- p. 187 1 1046
- p. 193 1 1051
- p. 198 1 1055
- p. 199 1 1055
- p. 200 1 1056
- p. 201 1 1057
- p. 202 1 1057
- p. 206 1 1061
- p. 209 4 1063

- p. 235 1 1080
- p. 248 2 1090
- p. 305 1 1130

Total des occurrences : 96

 

 

 

 





 
(c) Stéphane Barbery