Ecriture de petits textes avec des mots imposés (les mozins).
session 1
Les mozins : dalai-lama, phallus,
bouvier, spinoziste, epoisse, fluctuat, carabistouille, Everest,
Patagons, jocrisse, manege, spongieux, orthogonal, aphorisme,
jamaiquain, fondement, paragraphe, exemple, Tristam Shandy,
cantatrice.
Le dalai-lama tout songeur se demandait ce que voulait dire «
jocrisse ». « Quelle carabistouille! », pensa-t-il en
lui-même a lidee de ces Patagons de premiere qui avaient
debarque la veille au soir, a Daramsala, avec la même ardeur que
sil se fut agi descalader lEverest. Il ne
prisait guere ces aventuriers de la spiritualite qui, nimbes de
bonnes intentions et armes daphorismes douteux («
Nest pas un jocrisse qui veut », avait justement lance
lun deux en sinclinant devant lui) tenaient
plus du bouvier pretentieux que du sage spinoziste. Au moins
avaient-ils apporte a titre de present un remarquable fromage
francais, de lEpoisse affine au marc de Bourgogne, qui
empestait toute la salle de meditation mais promettait de rejouir
plus avantageusement son palais que ces sortes de biscuits
spongieux que lui avait apporte Soeur Emmanuelle une semaine
auparavant - il aurait encore prefere quelque hostie rassie. Puis
il se rasserena : son mouvement dhumeur etait sans
fondement; il setonna tout de même que son humeur fluctuat
si rapidement ces derniers temps mais il laissa cette pensee de
cote sans trop de scrupules, desormais uniquement preoccupe par
le manege etrange, digne dune cantatrice de type
jamaiquain, de la femme habillee de bleu qui venait a sa
rencontre. « Par exemple », sexclama-t-il en lui-meme, «
Qui est donc cette accorte personne? ». La femme, en
sinclinant devant lui, lui decocha un sourire eclatant. «
Je suis une psychanalyste que le bouddhisme interesse »,
dit-elle dune voix bien timbree, « et je viens chercher
ici, dans ce lieu de spiritualite et aupres de Votre Saintete,
leclairage que lOccident est incapable de
moffrir sur la douloureuse question du phallus ». Et elle
ponctuait chacun de ses mots dun bizarre rictus du visage,
celui-la meme qui lui evoquait quelque gueularde des Tropiques -
mais il comprit alors que cette mimique exprimait toute la
souffrance dune jeune psychanalyste a qui la comprehension
des mysteres du phallus se derobe. Il sourit en lui-meme, se
rappela un paragraphe de Tristam Shandy ou il est ecrit que tout
est necessaire et, sans plus de vergogne, plongea son regard dans
le decollete de la donzelle, ou ce quil entrevit
navait rien dorthogonal... M.B.
Special feignant
fluctuat nec ... quoi deja ?
nec ... phallus ?
nec ... bouvier ?
nec ... spinoziste ?
nec ... carabistouille ?
nec ... Everest ?
nec ... Patagons ?
nec ... jocrisse ?
nec ... manege ?
nec ... spongieux ?
nec ... orthogonal ?
nec ... aphorisme ?
nec ... jamaiquain ?
nec ... fondement ?
nec ... paragraphe ?
nec ... exemple ?
nec ... Tristam Shandy ?
nec ... cantatrice ?
Non ,c'est pas ca ...
La memoire du dalai-lama comme un epoisse ... J.C.V.
C'est quand Tristam Shandy (dit le Triste) a
couiné: "le fondement sent l'époisse", que j'ai senti
son éternel paragraphe sur la vertu spinoziste par l'exemple
virer à l'aphorisme spongieux version Dalaï-Lama de fin de
soirée; et paf, mon fluctuat légendaire qui se prend un coup de
mergitur. Déveine. J'avais le phallus modèle Everest, à
loucher comme un jocrisse sur la môme Bouvier, une cantatrice
jamaïquaine qui te met en trois mouvements le patagon à
l'orthogonale. Deux tours de manège plus tard,
j'expéditionnais, comme Scott et Admunsen leur igloo, sa
carabistouille chauffée au fioul domestique.
San A. - Béru chez les bourgeois J.B.
Le Dalai-Lama au phallus de bronze dressé (le
bronze, pas le phallus), offrait aux fidèles d'occasion -
quelques bouviers spongieux de trop racler la vase -
d'orthogonales prières et exemples de foi, longs aphorismes
gluants d'érudition canabilique, pour ne pas dire jamaïcaine.
Car le chanvre en suppo, direct dans le fondement, mis avant tout
ce manège, et maintenant ,liquéfié en époisse, le montait aux
Everest. Or donc, le saint homme, chauve tel la cantatrice, plus
Mergitur que Fluctuat, essayait de s'en tenir a un discours, avec
paragraphes et tout, mais empilait carabistouilles postillonnées
; pour tout dire il se faisait l'effet d'un Tristan Shandy face
à une tribu de patagons spinozistes. Heureusement, un moinillon,
un jocrisse à cet usage vint l'interrompre : le Pape, en copain,
venait d'arriver ... J.C.V
-- Le bouvier spinoziste est sans doute une
espèce rare, et pourtant, il existe !
Ainsi venait de parler le vieux dalai-lama, fort en aphorismes de
tout crin, la plupart sans fondement (la veille, il avait
employé l'exemple de cette vague carabistouille à relent
d'époisse qui n'avait guère impressionné son interlocuteur, un
jamaïcain que la lecture de Tristram Shandy aurait dû pourtant
mettre sur ses gardes !).
-- Ainsi vous prétendez, fluctuat nonobstant, que ce jocrisse
rencontré tout à l'heure, venu d'on ne sait où (en tout cas ni
de l'Everest ni des Patagons), et qui se livrait dard-dard à un
manège effréné avec son phallus, plutôt spongieux, vous en
conviendrez...
-- Certes, je ne dis pas le contraire, interrompit l'orthogonal
paysan, tout de go.
-- Mais laissez-moi terminer mon paragraphe ! Reprit de plus
belle l'orateur. Donc, disiez-vous, il faisait tout ça pour
s'attirer les charmes d'une cantatrice ??
-- Ne vous ai-je point d'abord indiqué son obédience
philosophique ? M.L.
session 2
Les mozins : caravelle, encens,
labyrinthe, miroir, caravane, saucisson, apothicaire,
réfectoire, porcherie, urgence, pendule, goret, évaporé,
déglutir, éléphantiasis, spatule, cafouillage, chorégraphie,
élyothrope, mésange, javel, chouette, mari, tapis, oesophage
Eléphantiasis
Le cirque avait planté sur les quais de Javel
Ses caravanes d'or, modernes caravelles,
Dont les odeurs d'encens, glissant vers l'oesophage,
Nous faisaient déglutir après maints cafouillages.
La pendule toquait dans le grand réfectoire,
L'abbé nettoyait son lorgnon d'apothicaire,
Les mouches et deux mésanges frôlaient le miroir,
Le bois de nos spatules heurtait les plats de terre,
Quand soudain ce silence fut évaporé :
Un meuglement de chouette, un râle de goret,
Comme un vérat qu'on saigne dans sa porcherie,
Retentit. Et ce cri : "hélas, ô mon mari !"
On sut l'après-midi que la femme girafe
Découvrit, tout souffrant et mal saucissonné
Sur un tapis persan, son mari chorégraphe,
Itou homme éléphant au cirque sus-nommé,
Comme le Minotaure dans son labyrinthe
Ou comme Elie, autre optimiste, hurlant sa plainte.
Il avait en urgence animé un ballet
Et tombant, sur sa trompe s'était empalé.
Le cirque a déserté les vieux quais de Javel
Plus une caravane, adieu les caravelles,
Mais l'éléphant blessé jusqu'en plein oesophage,
Toujours nous fera rire avec maints cafouillages.
J.B.
C'etait une representation de routine pour une
caravane croisant l'Afghanistan, trafiquant les fruits d'une
porcherie clandestine installee a la frontiere du Turkmenistan :
goret farcis aux mesanges, saucisson aux epices du Khan,
cochonaille aux fumets etranges et tout le reste a l'avenant.
Ils avaient leurs entrees dans tous les refectoires et masquaient
leur crime arrosant copieusement leur camelote blasphematoire
d'une eau d'javel de contreban.
Apres les danses de la choregraphie classique et avant celle dite
du ventre, le fakir, mari de la danseuse unique, leur fit son
numero de chantre, avalant spatules et brisures de miroirs, baton
en feu, agar-agar, tout un bric-a-brac de bazar epatant le be
douin solitaire pour un soir.
Un cafouillage quand il happa le balancier d'une pendule
comtoise, rare en ces contrees, le conduisit d'urgence, digne
fils de Mahomet, au Mollah local, fruit des meilleures Madrasses.
"Elephantiasis de l'oesophage" fit l'tabib, et pour la
premiere fois de sa vie de sahib, le fakir, pourtant dur du cuir,
eut bien du mal a deglutir.
Campe sur son tapis, il recapitulait machinalement les bonnes
recettes glanees dans "Les Meilleurs Remedes d'un
Apothicaire Persan", un venerable maroquin rafistole rachete
au cuistot d'une caravelle de passage alors qu'il etait a
Karachi, en voyage : elyothrope evapore, poudre de stibine,
decoction d'encens et de calamine, crachat de chouette, graine
d'erable... un touffu labyrinthe d'ingredients introuvables qui
dans les plus intenses moments de desespoir ne vous laissait
qu'une bien mince lueur d'espoir. P.B.
L'apothicaire d'un air grave soignait le
capitaine, geignant comme un goret, soignait donc son
éléphantiasis en lui tapotant les Kouilles enflées à la
spatule. "Tant que ce n'est pas le saucisson ...",
ajoutait-il d'un ton goguenard. Mais le maitre du navire se
lamentait, oesophage secoué, verbe dégluti, face au miroir :
"Quel cafouillage que cette nuit labyrinthe où je tringlai
hagard le mari ou je ne sais quoi encore ! J'aurais mieux fait de
me la tremper dans de la javel !"
Remontons sur le pont : Se transbordaient de caravane à
caravelle, l'encens, tapis d'orient, elyotropes à la vertu de
triques d'or chouettes devineresses et pendules astrolabes.Le
tout dans l'urgence, labeur de messanges affairées, salives
évaporées dans la chorégraphie de sous zénith. Bruissement de
porcherie. Hommes hagards, ne tenant plus que dans l'attente du
réfectoire et des liquides afférents. J.C.V.
C'est a la conjonction d'un miroir et d'une
mesange que Georges-Louis dut la decouverte de la choregraphie.
Sortant un soir d'un refectoire crasseux, plus proche de la
porcherie que du restaurant gastronomique, ou` il avait
peniblement machonne un saucisson graisseux qui laissait une
penible impression dans son oesophage, il se dirigea vers sa
chambre sans enthousiasme... La perspective d'y retrouver son
cothurne atteint d'elephantiasis, shoote a la javel (fournie par
un apothicaire vereux a la face de goret), et pour tout dire
aussi cretin qu'une spatule, le faisait deglutir d'angoisse... La
pendule sonna dix coups. Bah, apres tout il n'y avait pas
urgence... Il prefera errer dans les rues de la ville, labyrinthe
obscur et brumeux. Il revait de voyages... Ah, partir... Sur un
petit voilier, a defaut de caravelle, aller cueillir des
elyothropes exotiques... Ou bien parcourir la route de l'encens
qu'empruntaient jadis les caravanes de chameaux, vers l'Arabie
Heureuse... Perdu dans ses reves d'evasion, il apercut alors une
affiche ou` une donzelle vaguement anorexique levait la jambe
d'un air evapore. Elle avait un petit air de mesange effrontee
qui lui donna envie de s'interesser de plus pres a cet art
inconnu... Il remarqua alors, non loin de la, une salle eclairee
d'ou s'echappaient des bribes de Tchaikovsky plus ou moins
sirupeux, tandis que des creatures etherees s'agitaient devant un
miroir... Et c'est ainsi, apres un certain nombre de cafouillages
que nous detaillerons dans nos prochains episodes, que
Charles-Louis se retrouva en collant, sur un tapis elime, les
mollets perclus de courbatures, jetant des regards enamoures sur
ladite donzelle (helas pourvue d'un mari!), mais pensant
neanmoins: "Ca c'est chouette!" E.S.
Après quelque cafouillage chez ce goret
d'apothicaire, ils m'ont laissée partir. Faut dire qu'il y avait
urgence : mon mari était atteint d'éléphantiasis, jusque dans
l'oesophage. Pauvre chouette ! Il déglutissait à chaque fois
son saucisson sur le tapis. Un rapide coup d'oeil à la pendule,
un petit coup de rouge sur les joues devant mon miroir, je saute
dans mon élyothrope et me plonge dans le labyrinthe de la
circulation parisienne. Il me reste un peu d'encens,
heureusement, car même la bagnole sent la porcherie ! Quand je
pense, j'ai dû nettoyer hier sa place au réfectoire de la
chorégraphie à la spatule ! Vite, sa caravelle part dans une
heure, Ah si j'étais une mésange, on y serait ! Tiens, ce
traînard devant moi s'est évaporé, quelle idée, promener sa
caravane en pleine heure de pointe. Merde, on n'a même pas
dépassé le Quai de Javel !... M.L.
session 3
Les mozins : syphilis, aspic, pustule,
gastéropode, conchoïdal, debris, chien, plante, pied, renard,
allemand, Noel, vestiges, craquellement, apotheose, Pharaon,
Moustique, Emphysème, Médusé, Teinter, oulipo, internet,
lecher, mariage, dalmatien
Georges-Louis etait en train de repeter la variation du
Pharaon dans "La princesse d'Egypte", ballet de Marius
Petipa cree en 1897 pour le mariage morganatique du grand-duc
Andre et tombe depuis lors en desuetude, lorsque son atrabilaire
colocataire, veritable debris humain a la vivacite de gasteropode
somnolent, rentra sur la pointe des pieds dans le studio.
-"Dis, Jojo..."
Jojo, qui detestait qu'on l'appelle ainsi depuis qu'il avait 4
ans, fit la sourde oreille, et admira dans le miroir sa belle
arabesque penchee, tout en ecoutant d'une oreille melomane la
gavotte allemande qui concluait la variation.
-"Dis Jojo... Finalement ce n'est pas l'elephantiasis que
j'ai"...
-"Ah bon?", fit Georges-Louis, essayant de prendre un
air meduse' (tout en restant persuade' que tout ca etait la
consequence d'un abus de javel).
-"Eh ben non... Tu vois, je croyais que c'etait un moustique
qui me l'avait refile'e. Mais le dernier specialiste que j'ai
consulte' est formel: c'est la syphilis."
-"Pas possible...", emit Georges-Louis avec une ironie
non dissimulee, tout en s'exercant a prendre l'air tragique du
Pharaon decouvrant le cadavre de Cleopatre, un aspic sur la
poitrine. ("Voila a quoi ca mene de rencontrer des gens sur
Internet", se dit-il a part lui...)
-"Nonnonnon, ce n'est pas ce que tu crois... Tu te rappelles
le chien de la concierge, cet affreux dalmatien?"
-"Ah oui, la sale bete qui avait devore' mes beaux chaussons
en satin, ceux que je venais juste de teinter en rose, et qui a
ose' en ramener les vestiges en remuant la queue d'un air be'at
et en voulant me le'cher les pieds?"
-"Oui, c'est ca, Voyl". (La concierge aurait-elle eu un
faible pour l'oulipo?) "Eh bien, un jour que je revenais de
chez le pharmacien, il m'avait mordu la jambe..."
("Dommage qu'il ne se soit pas empoisonne', marmonna
Georges-Louis entre ses dents...).
"Et c'est la qu'est apparue la premiere pustule, puis le
craquellement cutane'..." Georges-Louis leva la jambe d'un
air majestueux, et tenta d'effectuer un mouvement conchoidal de
la pointe du pied, dans une gargouillade peu orthodoxe mais
acrobatique...
"Et juste apres j'ai eu mon premier emphyseme, tu te
rappelles... Eh bien d'apres le docteur, cette sale bestiole
serait atteinte de syphilis vulpine (la concierge m'a dit qu'il
avait ete mordu par un renard dans le Jardin des Plantes) et me
l'aurait refilee..."
"Je me disais bien que cette sale bete avait un air
malsain", grogna Georges-Louis, terminant son manege de
grands jetes en apotheose. Faudra lui acheter de la mort-aux-rats
pour Noel"...E.S.
Le Pere Noel est fatigue. Son palais est plein
du silence de son atelier deserte. Les gnomes l'ont quitte apres
12 semaines de greve, revendiquant d'obscurs avantages (un pied
de hash par gnome! le droit de se teinter la barbe en vert!) qui
le laissaient meduse et perplexe. Il y avait bien des signes de
craquellement dans le systeme mais la, ce fut l'apotheose. Les
gnomes sont partis bosser chez Jack-o-Lantern pour Halloween.
"Mieux paye et recentre sur le marche Nord Americain"
qu'ils lui ont dit en embarquant ses plantes vertes... De toute
facon, ils n'arrivaient plus a tenir face a la concurence
Coreenne...
"Tout fout l'camp!" se dit le Pere Noel. Meme son
chien, un improbable batard, resultat du mariage d'un dalmatien
et d'un berger allemand, a perdu sa superbe. Il a attrape la
syphilis en fricotant avec le renard du Pere Fouettard . Il passe
maintenant des journees entieres a se lecher les pustules qui
couvrent les vestiges de ce qui fut un fier mandrin... un
debris...
Avec la defection des gnomes, il a bien fallu qu'il automatise.
Alors il est passe sur internet (<pere_noel@pole_nord.org>)
et ne reponds plus qu'aux commandes faites par ce biais. Ca lui
evite au moins d'eplucher la montagne de cartes mievres que tous
les morveux de la terre s'obstinent a lui assener, annee apres
annee... L'inconvenient c'est la nature etrange des demandes de
la faune des internautes. Un biologiste vaseux essaya de
l'utiliser pour completer sa collection d'aspics et autres
gasteropodes en demandant un rare organisme conchoidal, symbole
du pouvoir du Pharaon pendant la premiere dynastie. Plus
recemment, un jeunot, blanc bec de l'oulipo lui commanda un
dictionnaire S+7. "Mais bougre d'emphyseme! Bulbe de
moustique! Un dictionnaire S+7 c'est un bete dictionnaire que tu
colles la premiere a la derniere page!"
Et c'est ainsi que dans son exil glace le Pere Noel se rechauffe
en lancant des flames dans le cyberspace...
Joyeux Noel! P.B.
AFP :
Les pharaons avaient tous la syphillis : c'est bien connu. Mais
ce qui l'est moins, c'est que ce sont les moustiques du lointain
pays dalmatien qui leur avaient apporté ce mal en leur piquant
la plante des pieds pendant la nuit de Noel, vient d'annoncer sur
internet le Professeur Tartemolle, sur le site
http://www.ou.li.po.a.bru.ti.com/. Médusé, il a fait cette
découverte dans les vestiges découverts par un couple de
touristes allemands qui s'apprètaient à fêter leurs cinquante
ans de mariage avec leur chien. D'après les débris retrouvés
par le Professeur Tartemolle, les renards auraient contribué
largement à la diffusion de l'épidémie, à force de lècher
les pustules des souverains. Par une savante manipulation
scientifique qui consiste à teinter les restes avant leur
observation au microscope, le Professeur Tartemolle a déterminé
que les lésions devaient ressembler au craquellement qu'on
pourrait observer sur un gastéropode conchoïdal qu'on
laisserait sécher au soleil. Il semblerait que les tentatives de
traitement, à l'époque, à base d'élixir d'aspic (et dont on
trouve mention dans certains textes antiques de l'époque
archaïque), n'aient donné aucun résultat. "Dans les
palais, ce devait être l'apothéose de l'emphysème" a
conclu le Professeur Tartemolle. M.D.
Morale élémentaire [attention au format !]
syphilis conchoïdale pustule gastéropode mariage allemand
emphysème médusé
Noël léché Pharaon léché Moustique léché
Apothéose léchée
Vestiges d'aspic vestiges de renard vestiges d'almatien
vestiges de chien
Comment teinter
l'oulipo d'internet
au craquellement
de
tous
ces
débris
Oulipo choir oulipo dologie oulipo étique
plante du pied M.L.
Ah Barbara ! Te souviens-tu de cet hiver 37 ?
Où fatigué de lécher ton renard frémissant, je me décidai à
plonger mon aspic à tête sang dans tes profondeurs, tandis que
du poste, des geulantes de Wagner en allemand envahissaient la
pièce jusqu'à l'apothéose ? Te souviens-tu, Barbara, de cette
syphilis carabinée que tu me refilas ce jour-là ? J'en pissais,
médusé, des morves gastéropodes des mois durant, teintées de
sang et pleines de débris concoïdaux. Et mon corps couvert de
pustules ? Et ma bite comme un chien gémissant, grélée comme
dalmatien, et percées de mille craquellements ? Et l'emphysème
comme ultime vestige, après le pied enflé qu'un moustique
m'infligea au sortir de tes bras ? Ah Barbara, tu peux te la
garder ta plante vorace qui m'a ainsi contraint à me terrer, tel
Pharaon en son tombeau, jouant, solitaire, à l'oulipo ou
l'internet. Quant au mariage ... J.C.L.
- Si ! Phyllis a s'pique !
- No, elle plante mes douze pieds ou lippe au crack...
- Eh ?
- Le mental, le mana, pote est aux amphés, sème pus. Tu le
lèche et :
mousse, tic interne et gaz, tes rôts, peaux d'renard, débris
d'alma !
- Si un con...
- Coït d'almas ! Ris ! Ah je... Pharaon ! Chuis investi ! Je
tinte et...
(syphilis aspic Noel plante médusé pied oulipo craquellement
allemand apotheose emphysème pustule lecher moustique internet
gastéropode renard debris dalmatien conchoïdal mariage chien
vestiges teinter) J.B.
session 4
Les mozins : Chou, tournevis, mohair,
electrique, abonder, Gravière, Sourire, Minimal, Garage,
Khéops, girouette, entrechat, jardin, fontaine, horizon,
Cochise, mercurochrome, minière, revenants, strangulation.
Sans meme un preavis, tu m'as largue mon chou.
L'avenir est obscur: Suicide au tournevis?
Empoisonnement? Etouffement au mohair?
Usage raffine d'un gadget electrique?
L'horreur n'empeche pas les idees d'abonder...
J'attend l'inspiration couche sur la graviere
J'ai laisse sur mes levres s'epanouir un sourire
Trace ultime, impossible d'un bonheur minimal
Je vois sur l'autre rive l'entree de ton garage
Comme le Sphynx au Nil garde un oeil sur Kheops
Deja l'esprit se pame, pauvre girouette
Au souvenir de tes seins, de ton entrechat
Tendre que j'appelais mon odorant jardin
Et d'une langue aimable je changeais en fontaine
Un paradis rose, c'etait mon horizon.
Mais je ne resterai blesse comme Cochise
Je vais panser mon coeur au mercurochrome
En fermer le battant a la misere miniere
Claquer sa lourde porte aux tendres revenants
Au serpent du regret une strangulation
P.B.
A l'entrechat et sourire minimal
Mon ange électrique
Mon chou, ma lumière
Ma girouette à l'horizon magique,
Revenante opale,
Ma statue de pierre.
Vêtue d'une simple lampe minière,
Au jardin, vestale,
Descends du portique,
O ma fontaine. Ton rayon vespéral
Abonde et tout l'air
Paraît un cantique.
Combien je t'aime, ô ma sculpture antique.
Des tâches (mercurochrome tragique)
Au cou virginal
Maculent ta chair.
La strangulation de rouille est fatale
Ton calcaire se pique :
Echarpe en mohair
Rouge, vieux reflet qui te rend mécanique.
Au garage, Omphale,
Le mal fatidique
Disparaitra au tournevis à pierre.
Cochise est trop pâle,
Khéops cylindrique ;
Ils iront au garage cet hiver.
J.B.
-- Tu veux aller te baigner à la Gravière ? La
girouette nous promet un ciel sans nuages...
Je lâchai mon tournevis, et offris à Sylvie mon plus
électrique sourire. Après tout, mon salaire minimal au Garage
Khéops me permettait un petit entrechat de temps en temps ! Et
Sylvie était si radieuse, dans son mohair sans épaules.
-- T'as raison mon chou, "let's go !" lançai-je,
heureux de ce divertissement inattendu.
Faisant un rapide tour d'horizon, j'aperçus Cochise au fond de
l'atelier : "Eh Coche, on s'tire ! Si jamais le patron me
demande, dis-lui que j'avais meilleure minière' ! Il
pigera !"
Sans lui laisser le temps de comprendre ce message que seul le
patron comprendrait, Sylvie et moi sautâmes dans le jardin où
les fontaines abondent. En quelques dix minutes, nous étions à
la plage, nos vêtements s'envolirent et nous sauternes dans
l'eau. Nous naja jusqu'à l'autre rive, pour tomber, à notre
grande dégoûtation, sur un cadavre en état de strangulation
avancée.
-- Merde !, éructâmes-nous, de concert.
-- Regarde ! Le cou est badigeonné de mercurochrome !
Sylvie tremblait tandis que je frissonnais, nous étions pâles
comme des revenants, et notre nudité devait être effrayante de
sincérité. Nous nous immobilisimes jusqu'à plus soif, et c'est
deux heures après que le cadavre émit un son étrangement
humain (à suivre). M.L.
Georges-Louis se demandait ce qu'il avait fait
pour se mettre dans une telle galere: se retrouver en compagnie
de son syphilitique colocataire Adolphe, plus mort que vif, dans
un jardin public a 5 heures du matin, avec un cadavre de chien en
etat de decomposition avancee sur les bras...
Tout ca parce que cet imbecile avait pris au serieux ses
commentaires de l'autre fois sur la mort-aux-rats! Et en plus, il
avait trouve moyen de degringoler dans les escaliers, ce qui
expliquait l'epaisse couche de mercurochrome qui le recouvrait et
le faisait ressembler a un descendant de Cochise recouvert de ses
peintures de guerre. Apres une vague tentative de strangulation
au moyen de collants 100% lycra, Georges-Louis avait decide de se
debarasser du cadavre du chien. "Pourquoi pas dans le
garage?", avait suggere Adolphe entre deux crachotements.
"Et tu vas creuser ca comment, tu as un marteau-piqueur
electrique sous la main?", avait rugi Georges-Louis,
exaspere de devoir renoncer a ses entrechats pour jouer les
pompes funebres.
C'est ainsi qu'il se retrouverent en pleine nuit dans le square
le plus proche, pres d'une fontaine inesthetique, d'une girouette
rouillee et de bacs a sable a l'hygiene douteuse, tels deux
revenants desoeuvres. On commencait a entrevoir une lueur
blafarde a l'horizon.
-"Passe-moi la pelle", ordonna Georges-Louis.
-"Euh, quelle pelle?"
"Celle pour planter des choux", persifla Georges-Louis.
"A ton avis, on est ici pour quoi faire, andouille?"
-"Euh voui, Voyl... Ben, euh, j'ai oublie la pelle... Mais
si tu veux, j'ai un tournevis."
Apres une deuxieme tentative de strangulation, a l'aide d'un pull
en mohair cette fois-ci, Georges-Louis se rappela qu'il se
connaissait l'entree d'une ancienne concession miniere (une
graviere) non loin de la.
Deux heures et un tas de cailloux plus tard, Georges-Louis
regardait d'un sourire satisfait le mausolee du malheureux
canide'. "Du beau travail, non?"
"Oh oui", abonda Adolphe. "Mais c'est quand meme
un peu trop sobre, trop minimal..."
"Tu ne voudrais pas qu'on aille lui reconstruire la pyramide
de Kheops, non?" E.S.
session 5
Les mozins : repasser, chaussure,
ciseler, voiture, recommandations, magistere, verdure, rouillé,
bug, Athena, sari, perruche, tenancière, fougueux, Zorro,
somnanbule, orgie, reminiscence, perforateur
La verdure poussait dans mes chaussures a force d'attendre
dans la voiture la sortie de la tenancière de "L'Athena
Niquée". J'avais bien suivi les recommandations de Tony, un
vrai magistère ... En fait, y'avais un bug : notre Zorro
n'était toujours pas passé au bercail, et ça m'inquiétait ...
Malgré la présence de mon perforateur 38.30, je me sentais
aussi fougueux qu'un somnambule ; vidé, claqué, rouillé ...
Heureusement, des réminiscences de Max, repassé par les autres
branques, la gueule délicatement ciselée au bec-de-perruche ...
Fallait se reprendre ... Dedans l'orgie battait son plein ; un
sari - incongru - parut au coin de la rue ... J.C.V.
Recommandations
La tenancière ôte ses chaussures,
Vraie perruche, somnambule rouillée.
Ton perforateur te dit "en voiture !"
Fougueux Zorro, tu vas la ciseler.
Las des fesses, nos ébats ont tari
Réminiscence des nuits d'ordure
Et des orgies aux attirails bugués.
La magie se terre dans la verdure,
Pour Athena tu pourras repasser :
La déesse n'ôte pas son sari
J.B.
<<Mon aspirateur Brandt, mon fer a
repasser,
Mon robot mixer, mon necessaire a chaussure,
Mon couteau de boucher, ma pierre a ciseler,
Jamais tout cela ne tiendra dans ma voiture.
Je suivrai neanmoins tes recommandations.>>
Et le brave etudiant quitta son magistere
Pour sa dulcinee et son ilot de verdure,
Au volant d'une Golf au pare-chocs rouille.
Au premier carrefour survint un premier bug:
Une publicite pour les slips Athena.
Un ephebe vetu d'un pagne et d'un sari
Semblait conter fleurette a sa blonde perruche.
Plus tard dans un bistrot, ce fut la tenanciere
Qui decontenanca notre etudiant fougueux
(Elle etait menacee par un ivre Zorro).
Pour s'enfuir, notre ami joua le somnambule
Et evita ainsi une sanglante orgie.
Enfin sa fiancee lui fit reminiscence:
Il avait oublie son gros perforateur!
ED.L
- Repasser ma chaussure? Mais t'es complètement
cisélé, mon pauvre ! C'est comme avec la voiture, et tes
recommandations. Un vrai magistère ! C'est de la verdure
rouillée, ton truc, un vrai bug. On dirait une Athéna en sari
qui ressemblerait à une perruche. Ou la tenancière du bistrot
avec son fougueux zorro somnanbule. Les orgies qu'ils se payent,
ceux-là, ca doit leur donner la réminiscence des plus rudes
perforateurs ! Des perforateurs ! Oui ca doit être ca, leur
réminiscence. Quelle orgie! Plus moyen d'être somnambule après
ca. Trop crevé. C'est pas un Zorro, le mec, finalement. Non, je
crois pas qu'il soit fougueux. Mais sa tenancière, c'est une
vraie perruche. Ca, oui! Manquerait plus qu'elle se mette un
sari, elle en aurait aussi les couleurs. Mais c'est pas pour ca
qu'elle ressemblerait à une Athéna. Non, elle a pas le chic
pour ça ! Ca ferait comme un vilain bug. Elle est trop rouillée
pour se déguiser comme ca. J'imagine sa verdure ! Depuis le
temps, elle a du en pratiquer, des magistères. Avec toutes les
recommandations possibles... Bon, ben, c'est pas tout ca, mais on
n'a toujours pas règlé le problème de la voiture que t'as
ciselée. Maintenant, va falloir s'acheter des bonnes chaussures.
Et pour partir en week-end, on pourra repasser ! (furieux, il
quitte la pièce en claquant la porte). M.D.
Recommandations (mini-sonnet)
Le fougueux Zorro devrait repasser
sa cape et ses gants, cirer ses chaussures,
au moins se coiffer, raser, ciseler...
Son cheval se prend pour une voiture
grinçant comme un perforateur rouillé
imitant la perruche Laverdure.
Pourquoi ? Boule de gomme et magistère.
Bug, ou réminiscence d'un sari ?
De chez Athéna, belle tenancière,
Zorro somnambule revient d'orgie !
G.E.F.
[Second épisode des aventures de Sylvie et
Sylvain]
-- Où suis-je ? Demanda faiblement notre somnambule allongé
dans la verdure, qui ne semblait pas à l'orgie !
Sylvie répondit la première.
-- Mais qui êtes-vous ?
L'homme, sans être fougueux, semblait reconstruire quelque
réminiscence.
-- Je m'appelle Frank Athena, madame, et il y a trois heures à
peu près, je repassai à la Gravière chercher une chaussure
oubliée après notre baignade...
-- Vous n'étiez donc pas seul ici, monsieur Athena ? Interrompit
Sylvie, le regard plus perforateur que Zorro.
-- C'est que, continua l'homme, qui farfouillait à présent dans
un sari chiffonné, nous étions quatre...
L'homme s'interrompit, puis, satisfait, exhiba une fiole finement
ciselée, contenant un liquide ambre.
-- Aaaahhh, mon magistère, ça me retapera.
Et il but.
-- Que vous est-il arrivé au cou ? Lui demandai-je à mon tour.
-- Eh bien voyez-vous, ma voiture est un peu rouillée, c'est une
vieille "bug" de 1955, et avant-hier, en enfonçant ma
tête dans le coffre pour retrouver ma petite perruche qui s'y
cachait, je me suis copieusement entaillé le cou, et sur les
recommandations expresses de la tenancière du café d'en face,
j'ai mis du mercurochrome... (à suivre) M.L.
session 6
Les mozins : lapin, mangeur, Bernard,
sexuel, harpie, patin, ampoule, jonquille, ciel, emeraude,
chapelle, champagne, saleté, parachute, adiabatique, blague,
démantibuler, erreur, série, accordé, paradoxe, sourire,
quatorze, contrepoint, hypallage.
[Suite et fin des aventures de Sylvain et Sylvie]
Malgré les protestations du sieur Athena, nous le transportâmes
au plus vite à l'hosto. Pavillon Claude Bernard : les grands
coupés. En franchissant le porche, on peut lire cette
inscription sur l'adiabatique : "À nous les malades
bienheureux". Je songeai tout à coup que j'avais oublié de
changer les patins de freins ET l'ampoule du plafonnier de la
bagnole à Chapelle. Saleté de boulot... Un réceptionniste en
chemisette jonquille, yeux émeraude, genre gros mangeur sexuel,
ou lapin en série, nous accueillit d'un beau sourire.
-- Eh bien, le voilà encore bien démantibulé !
-- Sans blague, vous le connaissez ? Demandai-je, tombant du
ciel.
-- Et comment que je le connais, ça fait quatorze ans qu'il fait
du commerce de parachutes, il retape des harpies quoi, lui et moi
on s'est connus en Champagne, on s'est appris des choses
mutuellement, si vous voyez ce que je veux dire... Bon, vous me
le laissez, je m'en occupe, depuis le temps qu'il se fait des
bobos, on a accordé nos violons vous savez...
Quelques instants plus tard, nous repassions le porche en sens
inverse, vers la sortie. Peut-être à cause des violons, je
pensai musique, contrepoint. Je levai encore les yeux vers
l'inscription frontale, et dis à Sylvie qui avait pris un peu
d'avance,
-- Ça c'est un paradoxe, non ?
-- Erreur Sylvain, c'est une hypallage !
Le garage me semblait plus loin que jamais... M.L.
- "Hypallage" : ...
- "Allume l'ampoule, tu verra mieux..."
- "Hypallage" : procédé par lequel on attribue à un
mot de la phrase ce qui convenait à un autre mot de la même
phrase.
- "C'est pas sexuel, alors ?" Désappointit Bernard qui
se démantibulait déjà la lance à champagne.
- "Ah non, ya erreur", répondit le lapin, tout sourire
- comme tracé au patin dans les dents. "D'ailleurs peu de
chance que ce le fut, la carte du cap'tain Paradoxe disait :
"Après le bouquet de jonquilles, creusez sous l'hypallage
et exhumez le parachute préservé de St-Ex' "".
- "C'est de la blague tout ça... Comme le manuscrit de
Richard Contrepoint et les quatorze faux monnayeurs du Pont aux
Nains ou l'émeraude de Vishnou et la harpie dans la chapelle
gothique... De la kouille en série... Accordés sur la Fontaine
aux Kons, voilà ce qu'on est."
L'humble mangeur de crudités, imperturbable, fixait le ciel...
- "Saleté de saleté (le premier larron en ostinato), puis
: "c'est quoi le prochain mot ?"
- "Adiabatique..." J.C.V.
Bernard et les musiciens.
<<Un petit sourire!>>
Bernard actionna le flash, mais les quelque quatorze musicologues
qui se partageaient la dernière bouteille de Champagne ne lui
prêtèrent pas attention. Bernard leur lança la blague du lapin
mangeur d'ours, et ne rencontra pas plus de succès. Dans le
ciel, un parachute parvint à détourner l'attention de
quelques-uns de ces messieurs. Bernard me confia que ce congrès
sur le sérialisme l'amusait beaucoup. Chacun des spécialistes
défendait sa chapelle avec une ardeur touchante. L'un d'eux
ayant tenté de réconcilier la série avec le contrepoint, son
voisin lui avait rétorqué que sa théorie négligeait le cas
d'un instrument non accordé. Là-dessus, une harpie s'était
mise à qualifier Schönberg de pervers sexuel, pour se faire
illico traiter de saleté par un inconditionnel du vieil
autrichien, qui menaça par la suite de démantibuler le violon
de l'impudente. Plus loin, deux jeunes érudits s'arrachaient les
cheveux, débattant sur le rapport entre le paradoxe du barbier
et "Les Noces de Figaro".
<<Pardonnez-moi cet hypallage, mais Bertrand Russel a
induit une erreur en vous!>>
Les exposés ne manquaient pas de charme non plus. Pour
commencer, un compositeur oumupien présenta une oeuvre inspirée
d'une célèbre comptine oulipienne:
Au pré de la jonquille, le soleil, lui aussi
Le soleil luit, auprès de l'ajonc qui oscille.
Mais le sommet du délire fut atteint lorsqu'un épigone de
Xenakis promit que le vingt-et-unième siècle serait l'ère de
l'harmonie adiabatique. Pendant cette conférence, Bernard avait
préféré visionner "La forêt d'émeraude" sur son
écran de contrôle. Plus tard, en changeant l'ampoule du
projecteur de diapositives, il me confia:
<<Le prochain congrès, c'est des sportifs. Y aura la
noire, là, qui fait du patin à glace.
-Suria Bonaly?
-Ouais, c'est ça, Suria Bonaly. Tu trouves pas qu'elle est
bonnasse?>> ED.L
session 7
Les mozins : Suze, fourniture, sphère,
harmoniser, débrancher, Maréchal, Dessouder, Reprise,
Encapsulé, Cartonné, vampire, cachet, pelure, best of,
fièrement.
-- À vous Madame Suze !
-- Consonne, voyelle, consonne, voyelle ...
La fourniture des dix lettres plongea les deux candidats dans la
haute sphère de la réflexion.
-- J'ai huit lettres, dit la dame au nom apéritif...
-- Dix lettres, rétorqua l'autre, fièrement.
-- Nous vous écoutons, Monsieur Maréchal :
-- "harmoniser"...
-- Bravo !, interjeta l'organisateur, en veste pelure d'oignon,
vous avez cartonné !
Quelques applaudissements, mais avant la reprise des jeux,
l'hôte, après avoir débranché son micro attaché à sa
cravate, s'approcha de la dame Suze, et à l'ébahissement de
tous exhiba un cachet rouge encapsulé, dont il tendit le goulot
à la Suze, qui, tendant une bouche de vampire, s'en lampa une
bonne rasade !
-- C'est pas du best of, mon gros Lou, mais ça descend bien !
Gémit-elle, en s'essuyant le bec.
-- Ah Suzon, dans mes bras ma belle, fi des caméras !
Une légère gêne se fit sentir dans le public, qui commença à
s'égayer. On raconte qu'il fallut plus d'heure à dessouder les
deux adeptes du goulot, tant leur soif était grande ! M.L.
Maréchal ! Vous voilà ! Enfin ! Et les pruskos
qui ne sont plus qu'à 10 lieues ! Eux qui ne rêvent que de vous
dessouder en 3 reprises et d'arborer fièrement vos sphères au
bout d'un étendard ! Le best of pour ces vampires de l'Est au
cortex cartonné ... Allez, enlevez moi cette pelure, débranchez
vos médailles, donnez moi votre bicorne à la con ; on a tout le
matos pour passer en Suisse, fournitures diverses et lettres de
cachet. Vous allez voir : encapsulé dans cette lampe d'Aladin,
harmonisé sur les Djinns et leurs facéties, ça va être
super-izi !Une petite Suze avant d'y aller ? J.C.V.
Sphère - cachet de jouissance
Sphère - spoutnik encapsulé dans une menace sur New-York
Sphère - orange mangée dont il ne reste que pelures
Sphère - étoiles débranchées, dessoudées
Sphère - logo stupide d'un chanteur niais en mal de best of
Sphère - fourniture nécessaire mais qui méritent l'acier
Sphère - ridicule comme la reprise d'une vieille peau
customisée exhibant fièrement sa chirurgie plastique
Sphère - comme le dernier verre du maréchal dictateur et
vampire ayant eu le mauvais goût de choisir de la Suze avant le
peloton d'exécution
Sphère - comme l'harmonie des contraires visant la totalité par
la 3D. S.B.
Le maréchal s'envoya une lampée de Suze à
dessouder un mort. Il s'essuya la bouche au revers de sa vareuse.
Quelques secondes encore et, comme de juste, vint le rot
retentissant qu'il savait si bien harmoniser avec son humeur du
moment : bref et pétant les jours d'enthousiasme, plus long et
modulé aux heures de raffinement, doux comme une sphère ou
aiguisée comme une dent de vampire, le rot du militaire
n'oubliait jamais de se mettre à la page. Il attendit encore
dans l'incertitude la plus boueuse; mais ce soir là,
décidément, méritait de figurer au best of des créations ex
nihilo de rots fabuleux. "Une reprise !", se dit le
maréchal avec gourmandise. Des profondeurs borborygmiques de son
abdomen dilaté, enfin libéré des sangles et autres fournitures
martiales dont on encombrait à l'envi les uniformes, montait une
nouvelle offrande au dieu Eole, pour l'heure encore timidement
encapsulée dans un oesophage protecteur mais qui, à n'en pas
douter, allait surgir d'un moment à l'autre au grand jour, aussi
nu et redoutable qu'un oignon sans pelures : un nouveau rot, un
petit cadet de derrières les fagots, s'annonçait gaillardement.
Le maréchal éructa donc. "Pour sur", se dit-il
fièrement, "c'est ce qui s'appelle avoir bien cartonné
!". Et, heureux de ce beau labeur accompli, il songea qu'il
était grand temps de débrancher et s'en fut au dodo. M.B.
session 8
Les mozins : Monde, Racorni, Fluidité,
Tartine, Statuette, Aspartane, Grenouillages, Attablé,
Montmorency, Stylite, popeline, tarlatane, djinn, zibeline,
etincelle, commutatif, prosopopée, éplucher, convoler,
maïzena.
PLAT DE RÉSISTANCE : VOUS ETES FRITES ! Premier
épisode.
"Et je vous propose pour terminer, une prosopopée A
CONTRARIO !"
Dans le grand amphi de la Sorbonne, par un grand principe
commutatif, tout le monde dormait. Le prof, statuette lointaine,
engoncé dans son vieux frac en tarlatane, col en popeline
légèrement racorni sur les bords, pérorait ses
grenouillages...
"Ce grand stylite -- nous l'imaginons sans peine dans sa
cape de zibeline, l'aube se levant sur Guernesey -- parlait ainsi
d'un monde qui se mourait dans la fluidité d'une maïzena qui ne
prend pas. Et voici ce qu'il écrivit, attablé à son pupitre
géant :
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles'
Il vous souvient que c'est un passage des "Djinns", et
point n'est besoin d'éplucher ce chef-d'oeuvre davantage. De nos
jours où, si l'on peut dire, la tartine a convolé avec
l'aspartane..."
Je reçus une violente bourrade dans les côtes. C'était
Jean-Luc, tout à fait réveillé, et qui m'avait saisie par le
bras :
"Viens Rochelle, on rentre à Montmorency..." M.L
Apres quelques semaines d'absence, passees a
soigner des crampes aux mollets dues a des brises-voles trop
vigoureux, et a reparer les consequences des grenouillages
crapuleux d'Adolphe, Georges-Louis etait en train de se remettre
a la danse avec enthousiasme lorsque la concierge sonna a la
porte.
-"Oui?", grogna Georges-Louis, a peu pres aussi aimable
qu'un stylite defiant les pigeons du haut de sa colonne, ou
qu'Henri de Montmorency apprenant que son frere Francois allait
convoler sous peu (a en croire Zevaco) "Keskispass? C'est
pour m'apporter le Monde?"
-"Euh non, c'etait pour savoir si vous aviez pas un peu de
Maizena... J'ai epluche un tas de pommes pour faire un gateau a
Conson mais je me suis rendue compte que je n'avais plus de
farine..."
-"On peut dire que vous le gatez, ce chien", maugrea
Georges-Louis. "Vous lui faites aussi des tartines pour le
petit dejeuner?"
-"Est-ce que je vous demande si votre grand-mere portait des
jupons en popeline ou en tarlatane sous un manteau de
zibeline?", s'enerva la concierge.
-"Bon, bon... Ca vous va ca?", fit-il en exhibant un
sachet racorni de fecule de pomme de terre a la fluidite
douteuse, et sans doute aussi fade qu'un anneau commutatif.
-"Mouais... Avec un peu d'Aspartame, ca devrait passer. Bon,
je me depeche, ce pauvre Conson doit deja etre attable et se
demander "mais qu'est-ce qu'elle fait?"", conclut
la concierge en une prosopopee douteuse avant de s'esquiver.
Georges-Louis retourna a ses gargouillades et ses attitudes,
telle une statuette pur toc d'Hermes Trimegiste: le lendemain, il
interpretait un djinn dans une version revisee de
"Scheherazade", et il fallait que ca fasse des
etincelles! E.S.
" C't' un monde quand meme ! On s'imagine
les stylites ascètiques, tous racornis, maig' à force de
repousser les djinns tentateurs et à se nourrir de sable ... Ben
padutoudutou ... Voilatipa que paplutarkière qui je vois
attablé en terrasse de la "Prosopopée" ? St Siméon
itself, s'enfilant des tartines de maïzena au saindoux et
s'épluchant des montmorency (je vous demande un peu ...). Avec
un p'tit café a l'aspartane, tant il était gras, façon
statuette d'un Boudha (bien finie l'impalpable fluidité de
l'anachorète ...). Et pas sapé comme un clodo, hein ! Pas de
vieil imper en tarlatane ou en popeline ; mais de la zibeline, ma
chère, avec des bagouzes comaques, qui jetaient des étincelles
de 14 juillet ... Et voila qu'il me raconte son prochain
convolage avec la baronne de X ou la duchesse de Y (commutatif,
le bonhomme !) ... Komdeurondflan que j'etais ... Alors, moi, je
vou'l'dis : les saints hommes, eh ben, c'est grenouillages et
compagnie !" J.C.V.
session 9
Les mozins : idiomatique, incruster, à
hue et à dia, phimosis, Marchais, martre, satin, escarboucle,
shabbat, mediterraneen, Stégausaure, Semi-remorque, Brunir,
Briqueterie, Parkinson.
PLAT DE RÉSISTANCE : VOUS ETES FRITES ! Second épisode
Nous avions juste chopé un RER à temps. La rame était quasi
vide. Devant nous, un jeune méditerranéen entonnait un vieil
air de la shabbat, et Jean-Luc avait incrusté sa tête à la
base de mon cou, alors que le train passait la briqueterie
d'Aubervilliers. Je repensais au cours sur Hugo, "tiens, sa
cape de zibeline, ce n'était pas plutôt de la martre ? (vague
souvenir des fusains de Lepage). Et puis qu'est-ce que ça
pouvait bien faire, hein ? Ça aurait pu aussi bien être du
stégosaure !" Station. Une grande affiche à moitié
déchirée laisse entrevoir une moitié de visage de Georges
Marchais. Une grande fille élancée, en chemisier de satin,
rentre dans la voiture et s'assoit à côté d'un petit vieux aux
doigts brunis par la cigarette, en diagonale par rapport à nous.
Son regard croise le mien. "Ses yeux brillent comme des
escarboucles" pensai-je aussitôt, conscient du caractère
idiomatique de cet énoncé. Jean-Pierre semblait dormir
profondément, et c'est pourtant lui qui m'avait réveillé tout
à l'heure... Un semi-remorque roulait à la même vitesse que
nous, le long du Boulevard Parkinson, frayant son chemin à hue
et à dia, tandis que je me remis à m'inquiéter pour le
phimosis de Jean-Pierre : l'opération était pour demain. (À
suivre.) M.L.
C'aurait du être une bonne journée : j'avais
la martre mutine et bien joufflue, le petit Lucien tel un
stégausaure à plaques satin ; un vrai semi-remorque à pleine
charge, raide comme le camarade Marchais face à la momie de papy
Lenine. Normalement, j'aurais du m'incruster dans la chérie à
grands coups de Parkinson, la visiter à hue et à dia in
extenso, me le brunir dans sa briqueterie odorante ; bref me
faire péter la tête et le reste à dégorger des escarboucles
par tous les orifices ... J'avais même acheté tout l'attirail
du méditerranéen moyen pour me mettre en condition : lunettes
mercurisées, chaines en or, locutions idiomatiques niveau
bassin, etc ... Et ben Macache ! Le médecin m'a diagnostiqué un
phimosis des familles à lire "Modes et Travaux"
jusqu'à la fin des temps. A défaut de bacchanales, ce sera
shabbat ... J.C.V.
Georges caressa son faux col de martre soyeuse.
Les bonnes femmes se roulent bien dans le satin, pensa-t-il avec
défi, pourquoi ne moctroierai-je pas le droit de goûter
à mes délices de Capoue à moi ? Pourquoi un homme tel que moi,
connu pour son militan tisme viril et sa femme soumise par tant
de mâle superbe, ne se caresserait pas parfois de laumône
dune petite fantaisie ? Le semi-remorque senfonçait
dans la nuit noire avec un bruit effroyable; la vieille
mécanique semblait tirer à hue et à dia, comme un cheval
réfractaire aux ordres de son maître - mais Georges nen
avait cure : il avait rendez-vous avec son destin. Le bon air
méditerranéen commençait daffluer par la vitre
grand-ouverte, qui dérangeait un peu le bel ordonnancement de sa
savante mise-en-plis. Je dois avoir lair dune juive
emperruquée un soir de shabbat, se dit-il un peu contrarié.
Mais il se rappela combien toutes ces heures à braver
latmosphère confinée de la cabine dU.V., entre
panique claustrophobe et désir de brunir, lavaient nanti
dun teint de brugnon à se permettre toutes les
négligences capillaires. Un sourire ineffable vint tendre ses
lèvres desséchées. Quand je pense que tout le monde, en
France, me croit à larticle de la mort, dans je ne sais
quel mouroir pour vieil homme public en fin de course, et que je
suis là, enfin maître de ma destinée, roulant vers un Sud
mythique qui emportera mes dernières vicissitudes ! Un
stégosaure ! Voilà comment me voyaient même mes amis les plus
chers ! Cest tout juste si on ne ma pas collé sur le
dos un Parkinson carabiné ou bien un Alzheimer de derrière les
fagots ou pire encore, un phimosis infamant qui aurait plongé ma
chère et tendre dans la frustration sexuelle la plus
éplorée.... Mais moi, je suis lescarboucle flamboyant des
périples aventureux ! Rien ne marrête ni ne me retient !
Dans toute la vigueur de lâge, me voici à lassaut
des plaisirs les plus fous ! Je suis le diamant qui scintille
dans la nuit ! Tiens, se dit-il avec satisfaction, jai du
style tout de même ! Comment appelle-t-on ça, déjà ? Une
litote ? Une métaphore ? Une expression idiomatique ? Je devrais
savoir ça, tout de même, moi qui ait ma vie durant mis ma
faconde au service du Parti... Et il partit dun grand
éclat de rire. Ah ! Ah ! Moi je vous le dis ! Après toutes ces
années à taper lincruste au Comité Central, je vais
mincruster ailleurs maintenant ! Ah ah ah ! Les murs
sombres de la briqueterie se profilaient déjà dans les
ténèbres de minuit. Il prit le petit chemin, à droite de la
bâtisse et le descendit à tombeau ouvert. Elle était là, au
bout de la route, droite et immobile dans les halos de lumière
(ça y est, je deviens poète, se rengorgea-t-il). Il descendit
promptement du camion.
« Salut, dit-il, je suis Georges Marchais ».
Suite au prochain mozin. M.B.
session 10
Les mozins : Henry IV, Liban, croissants,
nénuphars, cake, Penderie, Bichonner, Graphe, Limité,
Excalibur, mousseline, idele, talisman, cristal, teleosteen,
frites, disquettes, dactylo, calamiteux, coussinets.
PLAT DE RÉSISTANCE : VOUS ETES FRITES ! Troisième épisode
et fin
Nous nous retrouvâmes enfin dans un de ces grands
cafés-restaurants qui font toujours vis-à-vis avec l'Hôtel de
ville. À côté de celui de Montmorency (18ème siècle) se
dresse un vénérable cèdre du Liban, planté, dit-on, par
Jussieu. Mais trêve de botanique, nous avions faim ! L'endroit
semblait à la fête. Une scène avait été improvisée dans un
coin, et une troupe d'amateurs répétait une comédie ou un
vaudeville. Tout le monde riait, ce n'était pas très sérieux.
Nous apprîmes par la suite que c'était des élèves d'Henri IV
qui préparaient leur spectacle de fin d'année : "Le Bal
des voleurs" de Jean Anouilh.
-- Peut-on se restaurer ?
-- croissants ? cake ? mousseline ? S'enquit l'aubergiste.
-- Euh, c'est un peu limité, pouvez-vous nous servir un repas
complet ?
L'aubergiste reluqua Jean-Pierre, puis moi, de bas en haut (vieux
cochon ! Tu mériterais que d'Excalibur je te pourfende !)
-- Je peux bien encore vous faire une bonne fricassée de
téléostéens...
-- !...
-- !...
(de notre côté : une pause, sur la scène : un chaos croissant)
-- Je vois que vous ne connaissez pas ce petit poisson de l'Oise
qui devient très à la mode par ici. C'est un animal à
l'apparence assez calamiteuse, c'est vrai, qui se niche sous les
nénuphars avant la ponte, mais qui fournit une friture agréable
au goût. Je peux vous en bichonner une bonne poêlée, si vous
voulez...
-- Va pour les téléostéens, murmurai-je (Jean-Pierre était
maintenant absorbé par le spectacle de le répétition).
On se posa devant un vieux carafon en cristal qui datait d'une
époque où les disquettes n'existaient pas encore, tandis qu'une
dénommée "Idele" ne pouvait se débarrasser d'un
fou-rire inextinguible (comme eût dit Claudel). Jean-Pierre
avait ramassé quelques coussinets pour se faire sa couche. Lui
au moins appréciait ce qui se passait. La jeune Idele,
décidément homérique, continuait, mais cette fois le corps
plié en deux devant la penderie improvisée, de s'esclaffer.
D'ailleurs, elle n'était pas la seule.
-- C'est pas dans la copie dactylo ! Hurla un acteur plus vieux
que les autres, brandissant un revolver comme un talisman.
-- Ta gueule Graphe, t'es juste bon à jouer les vieux schnocks
de toute façon ! Rétorquaient les autres, dans un choeur
vaguement anachronique. Et ils répétaient tous en choeur la
repartie de Dupont-Dufort au Troisième Tableau, scène 1 :
"Pas de résistance, vous êtes frits !", sauf que
c'était devenu, à la faveur du bistro :
PLAT DE RÉSISTANCE : VOUS ETES FRITES !
M.L.
- "Alors tu vois, ça commence comme ça :
Y'a l'extra-terrestre de Vega qu'on dirait un croisement entre un
cornet de frites et un téléosteen qui prend l'apparence de Lee
Oswald. Y prend le flingue dans la penderie et se bichonne 2, 3
nénuphars rouges dans Kennedy alors que sa dactylo lui dressait
le croissant dans la caisse. Jackie, elle regardait ailleurs,
dans sa boule de cristal où elle voit les douilles en temps
réel. Mais elle est pas touchée grâce au talisman d'Amenophis
VII, çuila que Nostradamus a trouvé dans le cake de Marie de
Bourgogne et qui a été transmis à Henri IV quand il s'est mis
en tête de reforger Excalibur en suivant le graphe de Gilgamesh,
la découverte de Henri de Monfort dans une ancienne crypte
mazdéenne du Liban ... Tu te souviens de l'épisode ? Bon, une
fois qu'il a flingué a tout va, le Vegan se téléporte dans le
chat de la maison et s'enfuit par les toits à grands coups de
coussinets. Le pov' Oswald qu'entrave que dalle reste là, tout
calamiteux, la cervelle façon purée Mousseline, La cible mobile
parfaite pour Ruby, quoi ..." C'est le mec flic, là, je
sais plus son nom, le schyzo un peu limité, qui se rend compte
de ça en puisant dans de vieilles disquettes ..."
- "Et Idele ?"
- "Idele ?"
- "Ouais, y'avait marqué "c'était sans compter la
présence de Idele" dans "Si vous avez manqué le
début ..."
J.C.V.
session 11
Les mozin : Rasoir, Fenouil,
Saint-sulpicien, Estourbir, Monotrème, Saint-Lazare, Cou,
Bousculer, Monter, Cacochyme, Catastrophe, Jouir, Chenil,
Estafette, Lumineuse, Tatouat, Marqueur, Kilo, Graphologue,
Matin.
EXERCICE DE STYLE
En cette lumineuse matinée d'octobre, un jeune saint-sulpicien
monta dans l'estafette S (aujourd'hui 84), et se planta sur la
plate-forme arrière, animée comme un chenil le jour de la
distribution des os. Il possédait un cou démesuré (on eût dit
une tige de fenouil), qui se terminait sur un visage dont les
joues trahissaient le passage récent du rasoir, tandis que
l'ensemble était surmonté d'un drôle de chapeau entouré d'une
sorte de tresse. Derrière lui, un vieillard cacochyme semblait
jouir à le bousculer, tout en grommelant des mots sans suite.
L'homme au long cou semblait s'apprêter à l'estourbir, mais la
catastrophe fut évitée car une place se libéra, dont il
s'empara aussi sec. À la fin du même matin, devant la gare
Saint-Lazare, ne revois-je pas cette espèce de monotrème au
long col, un kilo d'asperges dans son cabas, se faisant haranguer
par une sorte de graphologue qui semblait lui fournir à la
pointe d'un épais marqueur des conseils vestimentaires autour
d'un bouton de son pardessus. J'eus encore le temps d'observer le
saint-sulpicien reculer d'un pas, de peur que l'autre ne lui
tatouât son imper. M.L.
Comme disait O'Connors : "Quand on encule
un monotreme, ben on en est jamais sûr !". Il avait bien
raison : J'y étais jusqu'au cou ... Placé comme marqueur dans
le chenil de Saint-Lazare, je m'étais fait monter par tous les
clebs peine-à-jouir. Ca suffisait bien ! Alors plutôt que
d'estourbir le gardien des lieux - un petit vieux tout cacochyme,
j'y ai fait un joli tatouat au rasoir tout autour de la pomme
d'adam ... 80 kilos de viande molle sur le plancher.
"Fenouil aux tisons, Saint-sulpicien au placard" : tel
était le mot de passe ... Pourtant on ne se bousculait pas ce
matin là dans l'estafette du graphologue itinérant - ou
prétendu tel. Quand même 2 ou 3 blaireaux ; de trop ... Il
fallait que je lui parle de la catastrophe à venir, tellement
flagrante qu'elle en devenait lumineuse ... J.C.V.
Il faisait salement froid ce soir la pres de la
gare Saint-Lazare, et Georges-Louis commencait a avoir une
serieuse envie d'estourbir son colocataire et neanmoins
souffre-douleur Adolphe, voire de lui tordre le cou. Il etait
trois heures du matin, les enseignes lumineuses clignotaient sans
grace, et il commencait a trouver tout ca tres rasoir.
-"Alors, espece de monotreme, tu crois qu'elle va vraiment
venir? Ca n'a pas l'air de se bousculer ici!"
-"Mais pourtant, elle avait dit que..."
-"Si tu te mets a avaler tout ce que te disent les gens sur
Internet, bonjour les catastrophes!"
-"Oui mais elle avait l'air si..."
-"Avec un peu de chances, tu es encore tombe un vieux
pervers cacochyme, estafette a la manque!"
-"Mais non, elle est astronome et graphologue amateur, elle
habite sur une peniche, et..."
-"Il suffit que n'importe quel abruti echappe d'un chenil
t'ecrive des mots doux, et tu te mets a prendre des airs
saint-sulpiciens! Faudrait arreter le fenouil!"
-"Oh toi, tu es toujours si..."
-"Je suis deja bien brave de t'avoir accompagne! Tu crois
que je suis ici pour jouir du paysage? A ton age, tu devrais
pouvoir te debrouiller sans chaperon, non?"
Pendant ce temps, Adolphe, le coeur battant, regardait l'etrange
creature couverte de tatouages exotiques au marquer noir qui
montait les escaliers... E.S.