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Lipo


Réécriture de textes célèbres sans une ou plusieurs lettres de l'alphabet (à la façon de Perec dans La Disparition).

1791

Lipogramme sans s (et sans i pour les cracks)
Il sera cree et organise un etablissement general de Secours publics, pour elever les enfants abandonnes, soulager les pauvres infirmes, et fournir du travail aux pauvres valides qui n'auraient pu s'en procurer.
Il sera cree et organise une Instruction publique commune a tous les citoyens, gratuite a l'egard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes, et dont les etablissements seront distribues graduellement dans un rapport combine avec la division du Royaume.
Constitution du 3 septembre 1791, titre premier : dispositions fondamentales garanties par la constitution.


On créera et gèrera un hôtel général de Réconfort au peuple, pour élever tout enfant abandonné, mettre du baume au coeur de tout pauvre mal foutu, et donner du boulot à tout chômeur pauvre en bon état.
On créera et gèrera un Canon pour Eduquer le peuple, commun à tout un chacun, offert à l'égard du bagage de culture générale, et dont chaque auberge (du genre Château de la Découverte) aura été placée graduellement en un rapport tenant compte du découpage du Royaume.
Texte de Cohérence de l'Etat, du quatorze (modulo quarante) Floréal 1791, paragraphe numéro un : tout ce que le T.C.E. promet de façon fondamentale. G.E.F.

Imagine-toi : une baraque avec un général, un pompier et tout, l'Aide publique qu'on l'appelle, pour faire attention à toute ta bande et ceux qui vivent à la rue tout pareil. Parmi tout le monde, il y aura une foule de bigleux qui boitent, qui claudiquent, qui tombent, bref, qui vont mal, et un autre groupe qui n'a d'autre travail que celui du ventre quand il a faim et qui voudrait bien qu'on lui procure un bon boulot pour acheter du pain quotidien.
Et ça continue encore : on raconte même qu'on apprendra à chacun à lire, écrire, compter, et tout ça pour zéro franc. On dira ça: l'Ecole publique et il y en aura partout, et avec une répartition en bon ordre encore, en fonction de l'implantation de la population et du découpage départemental.
Je l'ai lu à l'affichage public daté du 4 brumaire an 2, en première page. C'était dit que la République avait garanti de le faire avec le fondement. Et là, j'ai eu un doute... J.B.

A date de ce jour :
A) La baraque d’entraide nationale
A1) Il faut y loger la marmaille orpheline
A2) Elle doit mettre du baume au coeur de l’indigent infirme
A3) Et, enfin, coller vite fait a la noria la multitude proletaire privée de travail (pourtant unique droit a icelle).

B) La comprenette pour tout citoyen, a l’oeil pour ce qui touche au minimal. Un nouvel edicule ad hoc on edifiera au rythme de la partition du royaume.
Bureaugraphie du 3 7-tembre 1791, titre premier : loggorhee principielle de ce qu’on a droit a (et garanti !). J.C.V.

Ce texte crée et gère (*) le Centre de Clémence éternel de cette gente. Le règlement prêche d'héberger et de bercer le bébé de mère enterrée, de défendre le hère gêné, crevé et dégénéré, et de repêcher le berger excédé d'être exempt de rendement. Cette dépêche déclenche et régente le Temple de l'Entendement et de l'Excellente Cervelle.
Le règlement défend de vendre le thème préféré et d'endetter cette gente. [Je rejette le prélèvement cher, et je cède même le breveté.] Engendrez tel et tel évêché lentement et nettement, en reflet de l'exemple réglé de cette terre et de ce Règne.
Le Rêve de Décembre cent-trente, décrêt d'en-tête : le véhément et le vénéré.
(*) Le terme "gère" prétend entendre "permet de gérer", en cette lettre. G.E.F.

Aspirine

Indications thérapeutiques :
Affection rhumatismales aiguës et chroniques.
Douleurs d'étiologie diverses : céphalées, migraines, névralgies, lumbagos, douleurs dentaires. Courbature fébriles, état grippal, états infectieux bénins, en complément du traitement spécifique.
Contre-indications :
Maladies ulcéreuses duodénales, accidents d'hypersensibilité antérieurs aux salicylès, toute maladie hémorragique constitutionnelle ou acquise. Risques hémoragiques. Dernier trimestre de la grossesse.


[ni e, ni i]
Trucs pour Knock :
Gros bobos du bas du dos jours sur jours.
Maux façon bazar : cap, cap-2, brandons aux bouts, l'un bago, dards a crocs.
Rognons moulus, coryza 'pouvantab', sacs a pus pas trop hards, tout ça rab du commun banal.
Pas bons : trous du colon, y'a un os connu a propos du aspro, auto-coagulants out au start ou pas. Supposant sangs. Un quart d'an avant lardon. J.C.V.

[ei]
Aspro
Cas où nous prônons l'us du calmant :
Traumas brutaux ou constants frappant tout os, ou plutôt tout arthron.
Tracas polycausaux : maux allant du front au cou, tantôt sur un flanc, tantôt partout; maux s'attaquant à un axonon ou à un sarcoplasma local; lumbagos; crocs souffrants. Corps courbatu car trop chaud, coryza, pus banal, l'aspro s'ajoutant au pharmacon opportun.
Cas où nous condamnons son us :
Lupus du côlon; coups d'ultra-pathos pour l'ortho-hydro-storax vus auparavant; tout mal s'approchant du purpura, qu'on porta toujours ou qu'on attrapa. Cas d'abandon du sang par hasard. Surtout pas d'abus durant un quart d'an avant qu'on accouchât. G.E.F.

Moi, tu sais, j'ai pas moisi dix ans à la fac, alors j'ai pas tout compris à ton machin, mais bon, on sait tous ça : quand on q mal au ciboulot faut s'offrir un aspro, point final. Bon, puis si t'as toujours un truc qui va pas, alors là tu vas voir ton toubib. Tu vas pas nous abrutir trois jours pour ça non ! N.G.

[Okapi sans EI (voyelles & consonnes alternées)]
Coca-Cola (Soma-Soda)
Bon us à soma :
Paralysa-t-on un os ? On abusa du dos ? On a bobo du col à son odorat ? On a zona local à gogo ? Luxa-t-on un abat ? On a mal à zygoma (l'os oral) ? À ça total, on a dam ? On a coryza nasal ? On a bubon à pus (a-tumoral) ? [On a jà bu du jus à Doc, OK ? On avala du Coca-Cola modulo ça !]
Cas à mal-us :
Anus à lupus, uro-canal à côlon anomal. On a coma du Coca-Cola ? Tu t'oxydas ? Ô fatal abus ! On a humoral uva pâlot ? Ô non à ça ! Maman ovula baby (futur ado) : la coda d'un an à poco soda ! G.E.F.

Boby

[lipo en M et N (dur) ou en A et O (plus dur) ou
les deux (encore plus dur) et que ça respecte le nombre de pieds
(beaucoup plus dur)][propose par Jacques]

Oui, mon doux minet, la mini,
Oui, la mini est la manie
Est la manie de Mélanie
Mélanie l'amie d'Amélie...
Amélie dont les doux nénés
doux nénés de nounou moulés
Dans de molles laines lamées
Et mêlées de lin milanais
Amélie dont les nénés doux
ont donné à l'ami Milou
(Milou le dadais de Limoux)
L'idée d'amener des minoux...
Boby Lapointe - Méli-Mélodie


[Sans M ni N, avec les pieds, les alliterations et quelques rimes...]

Oui, cara kitty, le tres court,
Oui, le tres court est l'accro truc
Est le truc de Kiki d'Harcourt
Kiki la cara de Caro
Caro qu'a de sacres roros
Roros de cocotte carres
Sous le caraco accrocheur
Et l'accroche coeur racoleur
Caro et ses roros sacres
Au cordial Eric a rapp'le
(Eric le tare de Dakar)
L'idee d'apporter des couguars...

Rob D'Arc - Accro-Lipo P.B.

[Mona (lis-ça)]
Duveteux petit félidé,
Si, jupe réduite est l'idée
L'idée fixe de Félicie
Félicie zigue de Lucie...
Lucie et ses exquis tétés
Ses tétés de pépée sculptés
De ce textile des brebis
Et de ductile tissu gris
Lucie et ce tété exquis
Qui décide Désiré d'y
(Désiré, déchu de Judée)
D'y livrer de fiers félidés...

Herbert Lepic - L'idée du lied élidé G.E.F.

[Ny miaou]
Eh, bébé bébête hébétée,
Le très bref effet est fêté :
C'est le brevet de blette Berthe,
Respectée de Zézette, certes...
Zézette et ses sphères célestes,
Pêches pressées de cette veste
De tweed tressé de serge grège
Et de légère crêpe belge;
Zézette et ses fesses de fée,
Prétexte préféré d'Hervé
(Le bel éphèbe Hervé l'Helvète)
D'héberger chez elle des bêtes...

Peter Perec, père de perles et de textes perplexes G.E.F.

[Anémone]
Si, riquiqui grizzli griffu,
Si, l'irish kilt fut l'us cucul
Fut l'us cucul d'yiddish Judith
Judith-Ruth, chic script-girl d'Iris...
Hi hi, fruit d'Iris qui surgit
Du tissu dru du fichu gris
(Surplis subtil, T-shirt pur fil),
Du pli du cuir qui fit "viril" !
Pur rubis surgi du tutu
Qui surprit l'hippy Guy-Lulu
(Guy, zig issu d'ici : Zürich)
Qui lui dit : "Subis du public !"

Ulrich Liszt, Rufus-Rififi G.E.F.

[ni M, N, et approx. pour les pieds]

Da, peluche catus, le coupé
Da, le coupé, c'est la coco,
la coco Couteuse à Colette,
Colette la pote à la Carole,
Carole qu'à des coques si suaves,
Des oeufs à teter good coulés
Avec souple poil à brebis
coupé de tissu pré-rital
Carole qu'à les coques si suaves,
Si doux, chauds, qu'au pote El Foxou
(El Foxou, coocoo of bledou)
l'oblige à apporter Catus. J.C.V.

Yes, petit griffu, les jupettes,
Si, les jupettes c'est l'épithète
C'est l'épithète du bel Elie,
Le bel Elie, celui d'Urie...

Et Urie, qu'est très équipé,
Très équipé de pecs crispés,
Pecs crispés de petit Hercule
Vêtu de cuir et puis de tulle

Et Urie qu'est équipé cuir
Et excite le Celeste Epire
(le club qui est rue d'Elzevir)
Eu l'idée d'effleurer des sbires...

Bibi Levit - Péli-Discrédit J.B.

Cantique

[sans "e" ou sans "s" ou sans "e" ni "s"]
[Elle : I, 13-14]
Mon cheri pour moi est un sachet de myrrhe : entre mes seins il passe la nuit.
Mon cheri pour moi est une grappe de henne à la vigne de la Font-au-Biquet
[Lui : IV, 5-7]
Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d'une gazelle, qui paissent parmi les lis.
D'ici que le jour respire et que les ombres soient fuyantes, je m'en irai au mont emmyrrhé et à la colline encensée.
Tu es toute belle, ma compagne ! De defauts tu n'en as pas !
Cantique des Cantiques, Traduction Oecumenique de la Bible.


[sans E, ni S]
[Gala : I, 10-20]
Mon mari, quant à moi, m'appliqua du Mir : barbouillant mon thorax il m'huila la nuit, par adoration du portrait favori ; qui à part moi ?
Mon mari tailla mon profil au Carara, mon contour à la chaux, à la Font Catalana.
[Dali : V, 8-25]
Ton poitrail : l'imitation du vif animal qui jaillit du fin fond du fouilli mordoral, duplicata d'un Bambi qui baigna parmi l'art floral vivant.
D'ici la vibration du jour, l'abandon du noir pour l'illumination, fiat lux ! j'irai au mont odorant, au champ qui parfumait tout autour.
Mon admiration pour ton grain, mon ortolan d'amour ! Toi, incarnation du virginal, du pur, ô diamant incorrompu.
Chant parmi tout Chant, Traduction pour chacun du Good Book. J.B.

[Padepadipadopadupadypadès]
La nana:
Ah! Charmant Adam, flambant Tarzan, avatar d'agar-agar fragrant à la Balthazar : va là, à flanc d'appât galbant, t'affalant à plat drap, tard.
Ah! Grand canard, galant malabar, pack à gland campagnard m'allant pâmant à l'Armagnac Flamand.
L'amant:
Ma vamp galba l'armada avant, maman d'alpaga bramant, baffrant par là, par plant - par champ à tabac blanc.
Avant l'ahan fatal gagnant l'attardant nacarat, l'avançant fard blafard cachant l'arc chamarrant, l'amant part gambadant à ta pampa (la flattant, la palpant, la tâtant), l'amant va flânant à l'attachant chat. (Ah, panard planant!)
Ma nana, carat d'apparat ! Ma fatma n'a d'agaçant mal !
(Abracadabra abracadabrant, chant d'art bath par Mahatma Blabla) G.E.F.

[La doudou: I, 13-14]
Julo à moi, lui faire jouir mon tarin autant qu'un patchouli : lui gravir chaque roploplo à Doudou la nuit durant. Julo à moi: noix d'un colorant coco du Lagon-à-Bambi.
[Julo: IV, 5-7]
Ah, doudou! ton nichon droit: un Bambi jouxtant un Bambi frangin tout kifkif, broutant au mitan d'un champ floral.
Avant l'ouf initial du jour, avant l'avant-midi clair, j'irai au mont odorant, j'irai au haut du mont qui produit un trip olfactif.
Ma doudou! oh mon joli chou! Aucun bout à ma doudou n'ira au rancart!
Chant produit, dit-on, par Çalomon, in la Torah (traduction catho-parpaillot) D.B.

[ni s, ni e]
[Fam : I, 13-14]
Mon Namour : pour moi un bocal a parfum du lointain Cipango.
Au Val-Nibard, il dort la nuit durant.
Mon Darling : un bout du truc à brunir mon poil, façon AOC Font-Au-Mini-Bouc.
[Om : IV, 5-7]
Ton poitrail duo ; il confond ton mari : pour moi, Pollux and co d'un wapiti du non-nord qui font miam-miam parmi un gazon à lilium.
Avant la mort du noir, la traction du jour, ton mari courra au fait du mont au parfum. Itou à l'oppidum fanion d'adoration.
Oh toi, colon du lit nuptial : la maxi-Bath, la Bardot du douar (Mon moi l'a trop dit) ! Nul impair, nul bug, aucun machin à bannir.
Chant Kapo, Borgia Ltd, Vatican. J.C.V

[Sans "e" ni "s"] version soft, respectant la lettre... :-|
[La madonna : I, 13-14]
Un flacon a parfum, oui, mon amour fait ca pour moi: a mon giron, il dort.
Un grapillon carmin, colorant purpurin bu au vinifiant plant grimpant du Font-au-Bouc, oui, mon amour fait ca pour moi.
[L'amant : IV, 5-7]
Ton giron adoucit, un duo fait d'un faon, un poulain broutant un vallon floral.
Avant la nuit, avant la fin du jour, j'irai au mont odorant, au roc culminant titillant mon olfaction.
Toi mon amour, total rayon Nirvanal ! Toi mon amour, ni point affaibli, ni faux trait !
Chant du Chant, Traduction portant tampon du Primat Romain.

[Sans "e"] version hard, respectant l'esprit... apres intense reinterpretation psychanalytique... ;-)
[La putain : I, 13-14]
Mon amant, un sac a jus blanc : la nuit, il jouit sur mon nichon.
Mon amant, j'ai bu son rouston mur. Vas-y ! Fous moi à la bouc !
[Gilgamish : IV, 5-7]
Ton nichon droit, cochon qui livra du lait chaud, nous mordillons son frangin qui sursauta, un vrai cabri.
Ah ma catin, avant matin j'aurai mis mon vit dans ton con odorant, joui sur ton roploplo d'amour.
Putain ! Canon la Fatma ! Pas un accroc !
Chant pour Gilgamish, Traduction John Boutroux P.B.

Cioran

[sans e]
De l'Inconvenient d'Etre Ne
[sans i]
Les dimanches de la vie
Si les apres-midi dominicales etaient prolongees pendant des mois, ou aboutiraient l'humanite, emancipee de la sueur, libre du poids de la premiere malediction ? L'experience en vaudrait la peine. Il est plus que probable que le crime deviendrait l'unique divertissement, que la debauche paraitrait candeur, le hurlement melodie et le ricanement tendresse.
Precis de Decomposition, TEL, Gallimard, p. 37.
[sans o ni a ! ni y :-)]
Modeles de style : le juron, le telegramme et l'epitaphe.
[sans u]
Sans l'assiduite au ridicule, le genre humain eut-il dure plus d'une generation ?


[sans e]
Ah, l'Attrait de la Mort pour le Vivant
[sans i]
La glande à l'état pur
Tu t'es déjà vu comme ça mon salaud : bercé dans les bras de Morflée pendant des jours et des jours, à ronfler sans en foutre une, comme un pacha se la coule en douce ; le rêve de tout honnête homme. Nu comme au début du monde, les panards en canard, à croquer des ananas avec une ou deux mousmées pas trop moches... Ca te branche pas ça, ma poule ? Et ben comme je te cause, sûr qu'avec tous les pauvres tartes à la gomme dans ton genre, à la une, à la deux, chacun se retrouve avec un sept pouces dans la pogne à s'arroser de bastos les uns les autres comme au carnaval d'OK Corral pour se la jouer à la Brando... et avec ça, perds pas de temps, les louloutes te balancent leur matos sous le nez en veux-tu en v'là, et prends ça mon gars, c'est Noël, que Sodome et Truc c'est Euro-Donald à côté. Et des meuglements de damnés qu'on chahute par les trous de nez avec des fers rouges et des gloussements de poule démentes en rût, que la douleur et la torture des enfants du monde sur le journal de la Une à l'heure du manger ressemble à Nounours et ses potes quand tu compares.
Brut de décoffrage avant les mouches, FAX, Maspero, page de couv.
[sans o ni a ! ni y :-)]
Exemples d'excellence : le "merde", le telex et le der des textes.
[sans u]
Qui n'est pas le con de son prochain ? Moi j'en ris, ça remplace la viande dans l'assiette de mes gosses. J.B.

[Sans e]
Ah la la, pas cool la traction d'utairus !
[Sans i]
La Queue du Week-end
Admettons que le jour de la messe dure tout le temps, eternellement demenage le long des 7 autres : sevres du taf et du peche d'Adam, ou vont les hommes ? Bonne hypothese : tres probablement vers le meurtre a l'heure de Drucker, le stupre en place des fleurettes, les brames plutot que Lully et tout a l'avenant ...
Comment je me mue en charogne, COME CA, Chez Gaston, p. 37
[Sans o ni a ! ni y]
Exemples d'enluminures de scripteur : Le Merdre, le 100 fils des PTT, le ci-git/RIP reunis.
[Sans u]
Sans sa propension eternellement repetee a s'attirer les sacs de honte,le premier homo-sapiens ne serait meme pas grand pere ... J.C.V.

[sans e]
Avoir pu venir au jour: pas coton!
[sans i]
Des bouts de week-ends à perpette.
Supposons que les week-ends se prolongent très longtemps, ou même carrément à perpette: peut-on songer au futur de notre espèce dépourvue pour toujours des tracas du dur labeur? C'est là une chose à tenter. Nul doute qu'on se trouve alors dans un monde où les seuls amusements sont le meurtre et autres actes comparables, où le hurlement est chanson et où le sarcasme est tendresse.
Comment se décomposer, TEL, paru chez... ah zut, je ne me rappelle plus! p. 37.
[sans o ni a ! ni y :-)]
Genres: le jurement, le pneu et le truc écrit sur les pierres des cimetières.
[sans u]
S'il n'avait été doté de cette indécrottable propension à faire l'idiot, l'homme serait-il arrivé à la génération trois (et même moins?) D.B.

[sans e]
On naquit, pas d'bol!
[sans o ni a ! ni y :-)]
Exemples de genres: l'enervement, le bref et l'encensement,
Exemples de genres: l'insulte, le pli et le texte funebre. E.S.

[sans e]
Du Tracas ou, m'Accouchant, Maman m'a Mis.
[sans i]
O les beaux jours.
Des jours dument numerotes, prenons le numero sept (sacre entre tous) et prolongeons-en les heures reservees usuellement a la promenade et au delassement, de telle sorte qu'en prosperant, on en trouve au bout du compte trente pour une, ou davantage encore. Comment dans ce cas representer l'etat de l'espece des hommes, degagee des lors de toute sueur, tout comme du fardeau du peche d'Adam et Eve. Cela certes demande que l'on s'y attarde. Ou trouver par exemple l'amusement? Dans le meurtre sans doute. Que penser de la debauche? Qu'elle est candeur. Du hurlement? Qu'on peut le prendre pour douce melopee. Du sarcasme? Que son nom est tendresse.
Atlas d'outre-tombe (ou presque), TEL, Chez Gaston, p. 37.
[sans o ni a ! ni y :-)]
Excellents exemples de genres expressifs : le cri eructe, qui heurte les prudes (du genre "merde", "espece de...", etc>), le petit billet bleu des PTT, sec et precis, qui se lit surement plus vite qu'il ne s'ecrit, enfin le texte inscrit sur les steles des cimetieres, quelques vers qui resument qui fut celui qui git ici et quelle perte il represente chez ceux qui le cherissent.
[sans u]
Si elle ne s'etait obstinee avec application a faire rire d'elle-meme, notre espece ne se serait-elle pas arretee a Cain et Abel? P.F.

[e]
L'accablant tracas frappant l'aval natal
(ou pourquoi l'avorton a du pot ;-)
[i]
Sabbats s'attardant à l'an
Supposons qu'on prolonge les jours de repos pendant des semestres, où mènera-t-on les hommes, exemptés de la sueur, déchargés de la pesanteur de l'anathème d'Allah ? Le test en vaut le coup. Plus que probablement, le meurtre sera le seul amusement, la débauche semblera de la candeur, le hurlement une chanson, et le sarcasme de la tendresse.
Manuel de Nécrose, TEL, Pauvert (*), p. 37
(*) Ne savez-vous pas que Jean-Jacques P. a racheté le commerce de Gaston G. ? On peut également tenter une forme monovocale : Préceptes de Dérèglement, TEL, Seghers, défet trente-sept
[aoy]
Exemples de genres recherchés : les scènes de mégères énervées, les lettres extrêmement brèves et les textes d'enterrement.
[u]
S'ils n'avaient pas été risibles en permanence, les hommes seraient-ils restés en vie par delà la première génération ? Gommons nos clowns, donc prononçons nos morts trop tôt. Si l'instinct primitif dit "fin" (ni lit, ni flirt, ni clin d'iris), ci-gît l'indistinct civil. G.E.F.

[sans e]
Natal Blouz

[sans i]
Poule au pot ces jours-là, tout au long du bouge-bouge

Exemple : les aprèms de ce jour rallongés de plus d un trente, où va au bout du compte le double-pède pensant, sans la coule-sudo, soulagé du Gros Affreux Débutant Sort ? Tenter le truc, allons avec effort ! Rallonge le peut-être que pour se marrer on fasse du macchabée et pas autre chose. Les foutrages hardos ? Branlette de hannetons ! Gros vacarme de gorges ? Chanson de bergeronnette ! Et les méchants ha ! ha ! Douce chose à l âme.

Net de Râgout Fouettant, MÊME, Gallopard, pet transept.

[sans o ni a ! ni y :-)]

Référents de genre : verte invective, bref intermitté et le der des vers.

[sans u]

S il n était capable de se poiler de soi-même, l homo sapiens ne se serait pas davantage d en père perpétrer.
JM.M.

Desnos

[lipo proposé par Estelle avec pour contrainte le choix de la contrainte]
Le rond et l'etoile
Pour faire une etoile a cinq branches
Ou a six ou meme davantage
Il faut d'abord faire un rond

Pour faire une etoile a cinq branches...
Un rond!
On n'a pas pris tant de precaution
Pour faire un arbre a beaucoup de branches
Arbres qui cachez les etoiles!
Arbres!
Vous etes pleins de nids et d'oiseaux chanteurs
Couverts de branches et de feuilles
Et vous montez jusqu'aux etoiles!

Robert Desnos (La Geometrie de Daniel, 1939)


[Monovocalisme en E sans accents]
Le cercle et l'estelle

L'engendrement de l'estelle de sept dents
(c'est l'exemple; les experts en greffent trente ensemble)
s'entreprend de cette semence : le cercle.

L'engendrement de l'estelle de sept lettres...
Le cercle !
Les cent membres des essences de ce verger
ne se permettent de tels empressements.
Vertes essences, recelez les estelles !
Verger !
Temple des merles et merlettes,
nef des becs et des pennes,
tes denses rejets se dressent vers les estelles !

Herbert Desnez ("Le lemme des ensembles" de Serge)

[aeiouyaeiouy... (attention funky!)]
Astre vif ou cymbale

Si l'on crut cyclable l'incongru lys : l'astre biscornu,
cyclable itou y apprendrions un styrax...
Verdis moult phyllades, dissous cyan et gris, tronc du styrax !
Et pinsons bruyants, perdrix trop fuyardes, hiboux
y cachent nids ou y chantent.
Pins, country, branches : ils vont fuyant vers
l'inconnu Styx, l'astre vif, l'or du lynx.

Albert Disnouy (Maths bénins pour psys) G.E.F.

Kant

[lipo sans e, et sans u ou sans i pour les fortiches]
La nation francaise se caractérise entre toutes les autres par le goût de la conversation, et sous ce rapport elle constitue pour le reste des peuples le modèle à imiter. Elle est courtoise, notamment vis-à-vis de l'étranger qui la visite, bien qu'il ne soit plus à la mode désormais d'avoir des manières de cour. Le Francais est courtois non par intérêt, mais par un besoin immédiat de son goût qui le pousse à communiquer avec les autres. Dans la mesure où ce goût concerne au premier chef le commerce avec les femmes du grand monde, le langage des dames est devenu la manière de parler en usage dans ce monde, et on ne saurait contester qu'une tendance de ce type exerce une influence sur la complaisance dans les services que l'on peut rendre, sur la bonne volonté à apporter son aide et, peu à peu, sur une philanthropie universelle se déployant selon des principes, - et qu'ainsi elle ne puisse que rendre un tel peuple aimable dans sa globalité.
Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique GF, pp. 298-299


[sans e ni i]
Au pays Franc, plus qu'au pays Goth, on va papotant a tout va, us qu'on clona a bon gout par amour du Franc. Un Franc va causant sympa, surtout pour l'ostrogoth qu'on balada par la alors qu'on n'a plus la facon qu'on usa avant a la cour. Un Franc nous parla cool, pas par amour du pognon, plutot par amour du cancan. On a un gout d'abord qu'on usa appatant la nana du top, d'ou la nana's tchatch qu'on parla partout, on s'amadoua, on pourvu aux attachants atours, alors on basa tout sur l'amour absolu pour l'homo, - l'homo franc va palabrant, charmant tous.
Kant, L'homo vu du pragma GF, pp. 298-299 P.B.

Kant a dit un jour un truc marrant : "Tout Français a un goût pour l'optimal baratin. Mondain, il doit toujours offrir un subtil propos à tout un chacun. Charmant, il va cavalant jupons ou cotillons. Courtisant, il conduit sa nana au plumard sans tambour ni tromblon. Gaulois, il croit qu'il a plus qu'un Anglais ou qu'un Hongrois. Fanfaron, il a toujours raison !" Plus rigolo qu'Kant, tu t'abolis ! M.L.

Antan, la "casa franca" parada dans d'accaparants blablas ; fanal à l'avant pas banal. Charmant Abraham Ravatana, Pascal Salazar, Chantal Kawabata, Babayaga Caracalla, Baal Rastafara, Artaban Lakanal, Ada d'Artagnan, Mafalda Chaptal, Gaspar Amstraad: bagad bâtard d'Alabama à Madagascar, d'Annam à Salamanca, sans falbala lacrymal, tralalas abracadabrants... L'attrayant lascar alla dans l'tas, pas par appât, ravalant sa "Kasta, ta !" ; par allant, l'as s'attacha l'astral chaland. La grand'fatma passant par là (cf. La Strada, Santa Clara, Atala, Samanta, Nana, Barbara - ah, Barbara - mascara, stars à appas balançant pas mal l'alpaga, l'astrakhan ; barmans, armagnac, nababs, transats, blancs strass, bacarats, nard, santal, grands galas à Samarkand, à Malaga...), Adam (paysan d'Allassac) l'acclama, s'adapta à l'abyssal gymkhana parlant, nanan calmant l'accablant apparat, baraka avalant l'ahan navrant - par ça, l'attrayant pays franc passa d'ara barbant, à amant.
Kant J.B.

Mallarmé

Sonnet sans i avec fautes de frappe :-)

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui s'en espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligé à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt par l'exil inutile le Cygne.


[ni i ni y]
Le récent, véhément et bel présentement
Me segmente en fessées de pennes éméchées
Cette mer décédée, en ce gel est crêché
Le blême être léger, verre d'enterrement !

Là, blanc canard d'antan, avatar fantasmant
À l'apparat, sans plan va carcan fracassant
Car s'attarda chantant dans fatal lac glaçant,
Dans l'harassant cafard l'an camard va clamant

Lors donc son long col tord son or blond d'hocco mort
Hors cosmos, mon condor-torcol confond son sort,
Non l'ô trop monobloc sol-formol dont coq dort

Flux d'un lux pur fut vu sur un tumulus nu,
Fut mû d'un cursus nul, plus qu'un stuc brut fut cru,
Pull pur bluff du lulu, but nul d'un urubu.
G.E.F.

Le pucelé, nerveux, superbe de ce jour
Lacérera probablement dans l'alcool du bout des plumes
Cette eau compacte, perdue
Que peuplent dans le gel les névés de l'envol capturé.

Ce pâle et faux canard se rappelle ce passé où son être
Sculptural s'arrache - abandonnant les rêves,
Sans même que son chant eut gravé la contrée d'un été
Lors la venue morose d'après l'automne et ses morts annoncées.

De son cou, ses muscles feront chuter le blanc et lent trépas
Que les nuées enfoncent dans ce corps de créature relapse,
Sauve - malheur - la glèbe monstrueuse retenant son duvet.

Spectre trop sémaphore hantant à demeure cet espace,
Englué ad aeternam, remémorant l'opprobre
Glaces comme capes - là dans la perte sans but du presque mort palmé.
J.C.V.

Nano-sonnet

Le net le fort le beau
Va casser de sa plume
Ce lac gelé tombeau

Un albatros s'exhume
Sans but quand le flambeau
Glacé du temps s'embrume

Son cou blanc bat la mort
Par l'éther non la boue

Spectre pur en remords
Du fugueur marabout

Phane Armé
(Queneau, Textes éventuels p. 181)
G.E.F.

Meringues

[lipo sans e]
- Cent-vingt-cinq grammes de sucre en poudre par blanc d'oeuf
- Une cuillerée à café de vinaigre.
Battre les blanc en neige très ferme. Ajouter le sucre en une fois. Tourner, *sans battre*, pendant quinze minutes. Garnir la plaque d'une feuille de papier blanc beurré. Y poser la pâte par petits tas ou cuillerées, de façon à former exactement la croûte d'une meringue. Cuire à four très doux pendant trente-cinq à quarante minutes


- Un kilo d'adoucissant pour huit blancs ovaux.
- Du vin aigri, suivant vos goûts.
Durcir vos blancs par agitation jusqu'à avoir un bon tonus. Fournir tout l'adoucissant d'un coup. Agir par rotation, *sans agitation*, durant un quart du tour d'un cadran. Garnir un four, au fond, d'un fin carton blanc gras où l'on aura mis la composition par mini tas au format choisi pour vos biscuits, suivant un contour qui survivra à la cuisson. Rôtir à four pas chaud du tout durant pas tout à fait trois quarts du tour d'un cadran. N.G.

- Cinq oz. du dulcorant flocon au ratio d'albumin.
- Chouia la saitik.
- Baston palichons commac. Vazidonc du sucrant d'un coup. puis façon gyros - mais calmos - un bon quart du cadran. Couvrir l'aplat du four par Canson au saindou du lait. Cagar zis mix par micro-tas congruants au contour d'un quasi-macaron. Rotir mollo-mollo durant grosso 2/3 du cadran. J.C.V.

[e]
Ma position pour garantir Jojo l'Asticot, mon patron ? J'ai dit qu'il m'avait dit qu'il avait fait la collation pour sa Mimi, alors qu'il s'agissait d'un trafic. Tout ça passait par la codification. Par hasard, la communication au bigo faisait du bruit, ils n'ont pas pu la fournir pour la comparaison à l'instruction. Mais ils ont tout transcrit. Il y a d'abord Jojo, puis moi tout à coup, puis Jojo jusqu'à la fin (cf. ci-avant). Plus tard, quand il a disparu, j'ai tout dit dans mon bouquin "La baraka". Paix à toi, Jojo mon copain. Sans moi, aujourd'hui, il aurait croupi à Bois d'Arcy durant dix ans au moins. Moi, j'ai plus d'illusions. Vingt-cinq ans au jus, autant pour finir... Alors voilà. Si on lit puis qu'on traduit, ça dirait ça ou quasi :
"- Tu auras vingt-cinq sacs, du brun à cinq mili par sac. Du blanc pur aussi.
- J'aurai aussi droit à mon ch'ti Nirvana, patron ? Ah, mon salaud, tu t'agitais moins avant, pas vrai du gland ? [...] Tais-toi. Tu n'auras qu'un coup, pas trois. Tu apparaîtras par ici pour voir si ça va *surtout, fous pas la baston* durant trois fois cinq minu... [...] fais la multiplication, idiot ! A la fin, tu garniras ton slip du tout. Fais pas l'abruti, t'as pas droit à la vodka ; sois clair ou sinon... Fais dans l'application, sois pas trop lourdaud, sois subtil ; la main façonnant l'avant du slip, à la façon d'un... tu vois quoi... Puis tu auras tout loisir pour partir sans courir [...] plus ou moins, mais avant trois quarts."
(dans "Tout Spaggiari" - par Patrick P. d'Arvor) J.B.

Comptons un bon kilo d'un sablon saccharin
(doux substrat du bambou dont sont faits nos bonbons)
pour huit blancs tout gluants d'ovoïdaux ballons
dont chacun aurait pu un jour finir poussin
Dosons un vin aigri dans un pot à moka
Battons l'albuminal protoplasma jusqu'à
avoir un cumulus compact pour chantilly
Puis l'amas saccharin tout d'un coup joignons-l'y
Tournons *sans coups ni chocs* durant dix milli-jours
Garnissons d'un folio un plat d'aluminium
(un blanc folio brillant du jus gras d'un yoghurt)
Plaçons-y la mixtion par tas ad libitum
du gabarit pas gros d'un pochon à bouillon
pour bâtir un profil parfait aux macarons
Rôtir durant vingt-cinq à vingt-huit milli-jours
dans un four ultra doux Puis goûtons sans discours
G.E.F.

Proust

Proposé par Muriel, lipo sans i, sans circonflexe et sans o pour les lipomestres :
A défaut d'être encore jamais de ma vie allé à Parme (ce que je désirais depuis de lointaines vacances de Pâques), en connaître la princesse, qui, je le savais, possédait le plus beau palais de cette cité unique où tout d'ailleurs devait être homogène, isolée qu'elle était du reste du monde, entre les parois polies, dans l'atmosphère étouffante comme un soir d'été sans air sur une place de petite ville italienne, de son nom compact et trop doux, cela aurait dû substituer tout d'un coup à ce que je tâchais de me figurer, ce qui existait réellement à Parme, en une sorte d'arrivée fragmentaire et sans avoir bougé; c'était, dans l'algèbre du voyage à la ville de Giorgione, comme une première équation à cette inconnue.
Marcel Proust, Le côté de Guermantes.


[ni i, ni y, ni accents/cédilles + lignes isocèles]

Sans qu'en aucun temps je me fusse rendu dans Parme (alors 
pourtant que ce projet me hanta longtemps au retour de mes 
vacances pascales), la rencontre de la duchesse, laquelle,
sans doute, occupa la plus belle demeure de cette bourgade
sans seconde dans laquelle tout a toujours paru semblable, 
exclue qu'elle fut du reste du monde, entre les reflets de
ses murs, dans une touffeur comme celle du jour se mourant 
sans un souffle sur la placette d'un bourg de la Botte, de 
son nom compact et trop doux, cela ne put comme je l'eusse 
cru remplacer tout d'un coup mes songes sans fondement par 
ce qu'est Parme pour de bon, en une sorte de survenue sans 
ensemble et sans mouvement; ce fut, dans mon calcul de ces
vacances sur les traces du grand Da Castelfranco, comme un 
commencement de structure pour ce chaos. 
Marcel Proust, La route de Guermantes. N.G.

lipo sans i, sans circonflexe et sans o
A défaut de refuser de se rendre à Parme ("et je veux y aller, je le jure, à cause de mes vacances pascales d'enfance ratées, par la faute des Guermantes, c'est entendu"), et de parler avec la presque duchesse, celle du palace ducal, cette superbe demeure (la plus belle de Parme, prétend le Duc) qu'aucun écart n'étale tant au dedans que sur ces murs du devant, cependant qu'elle est sans égale aux yeux du reste du paysage l'effleurant, et ce malgré la chaleur, la sueur de cet été tel que seuls ceux du Duché peuvent s'avérer chauds et accablants. C'est cela : je le déclare sans ambages, je veux caresser de ma présence la duchesse, et l'enlever de sa chambre dans laquelle aucune trace de Parme, qu'effleure cependant une vague anamnèse de ma part, en pensant à cette femme (une autre femme : de Parme elle n'a entendu parler que du parmesan), ne peut effacer ; embarrassé de ces pensées, je ne peux plus effectuer le déplacement jusqu'à sa chambre, et je peux en résumer la cause dans l'algèbre du déplacement vers G., car c'est là que demeure le début de cette charmante femme que je veux tant mettre au but.
Marcel P. Swann 2 / Guermantes 0 M.L.

[AE s'alternant et sans les accents (+ pas de ç)]
J'attends sans me calmer la pressante chance d'aller dans ce Parme ancestral (c'est ma demande d'an en an, vers la Pesah; ce haletant restant d'enfance date d'assez grand temps), avec l'ample plan de charmer la vestale dans ce castel d'argent -car je l'admets-, dans l'enclave transcendante rassemblant ces chalets d'aspects tant semblables, car ce camp est attenant de landes sans gens, dans de plats remparts et dans le harcelant espace sans vent d'ardents parcs, pendant le tard rencard thermal des places rappelant les bas bleds traversant les Alpes -pas les grands, et pas en Allemagne-, avec dans ce blase tant bref l'appel caressant, cela me changera, cela remplacera mes fables aberrantes par le plan exact de Parme, par des fragments advenants et sans escale, sans lent trajet; dans les maths des haltes par Grenade, la flemmarde Flamenca, c'est l'axe transversal des changeantes dans le graphe.
Marcel a de l'asthme, dans "Le flanc de Gaermantes". G.E.F.

Rousseau

[lipo sans i et sans o proposé par Muriel]
Ce recueil de reflexions et d'observations, sans ordre et presque sans suite, fut commence pour complaire a une bonne mere qui sait penser. Je n'avais d'abord projete qu'un memoire de quelques pages; mon sujet m'entrainant malgre moi, ce memoire devient insensiblement une espece d'ouvrage trop gros, sans doute, pour ce qu'il contient, mais trop petit pour la matiere qu'il traite. J'ai balance trop longtemps a le publier; et souvent il m'a fait sentir, en y travaillant, qu'il ne suffit pas d'avoir ecrit quelques brochures pour savoir composer un livre. Apres de vains efforts pour mieux faire, je crois devoir le donner tel qu'il est, jugeant qu'il importe d'attirer l'opinion publique de ce cote-la; et que, quand mes idees seraient mauvaises, si j'en fais naître de bonnes a d'autres, je n'aurai pas tout a fait perdu mon temps.
Rousseau, Emile ou de l'Education.


[ni i, ni o]
Ce pavé de pensée et d'yeux perçants, savamment dérangé et sans queue pas plus que de tête fut demarré à la demande d'une baba du Jura. Tu penses qu'au début, la paresse fut ma déesse : quelques ratures denses sur peu de pages ... Malheureusement, happé par la succube de la plume, ça fut en quelques decades une espèce de quatre-quarts sans beurre - faut mâcher avec acharnement. Malgré cela - la masse et les thunes a payer a la FNAC -, je le sus quand même léger ... Quant à l'amener chez Hachette ... Que de temps perdu ... D'autant que quelques pamphlets à la vas-y que je te meus, ne créent pas un chef du best-seller. Après sept cents amendements et patés d'encre, je le lache tel quel dans la nature : la pensée de mes frêres d'espèce a à se deplacer vers les sphères par l'auteur révélées. De plus, en cas d'erreurs flagrantes dans le texte, le sens du débat permettra aux musclées de la tête de se greffer du rab dans l'encéphale. Bref, de quelque grève que je regarde, mes heures ne furent pas perdues.
Jean-Jacques - Nenesse / La Shlague a la maternelle. J.C.V.

Ce texte, vaste assemblage de remarques jetees en vrac, presque sans queue et sans tete, est cense s'adresser a une mere tendre et affectueuse, versee dans l'art de penser. Je crus au debut m'atteler a une etude breve. Ma plume m'emmena tres au-dela et, les pages succedant aux pages, le resultat en est un pave pesant (pesant a l'exces eu egard a sa substance, et en-deca cependant de ce que le sujet appelle, tant ce sujet est dense). Pendant des annees, je ne sus en arreter l'etat, remettant sans cesse a plus tard l'examen de passage devant mes lecteurs. En en reprenant la trame sans relache, je pus egalement mesurer l'ecart entre le rassemblement de quelques pensees eparses dans un pamphlet et la tache nettement plus ardue de les transmuter en un manuel. Ne sachant plus qu'y changer, je presente l'etude telle que je la pense achevee, esperant que sa lecture permettra a chacun de se pencher sur un theme que je juge majeur. Peut-etre m'abuse-je et que ce que je suggere n'est pas valable. En ce cas, je prefere esperer que ma sueur n'aura pas ete depensee a temps perdu et que ce texte saura etre le terreau sur lequel germera, grace a d'autres, une fleur plus belle et plus juste.
Jean-Jacques, De l'art d'etre un parent acceptable. P.F.

Cet album de jugements et de remarques, sans classement et presque sans structure, fut démarré en vue d'être agréable à une excellente mère sachant penser. Au préalable, j'eus seulement le plan d'une étude de quelques pages; le sujet m'emmenant sans que j'agrée, cette étude se changea peu à peu en une espèce de pavé certes démesuré en regard de sa substance, et cependant exagérément menu en regard du thème analysé. Je fus très lent à me persuader de le mettre en presse, et je m'aperçus fréquemment, durant mes travaux, que mes quelques plaquettes passées ne furent que bagatelles devant l'assemblage d'un ample manuel. Après des recherches sans effet en vue de le parachever, je ne peux qu'accepter de le céder dans cet état, jugeant être tenu de mener la pensée générale des gens en ce sens; et même dans le cas d'erreurs de ma part, cela suggérera peut-être à d'autres des vues justes, partant ce temps n'aura pas été réellement perdu.
Jean-Jacques Bruneau, Emmanuel et la Culture.

[Antonymes sans IO]
Cette débandade de légèretés et de fables, scrupuleusement rangée et remarquablement agencée, fut achevée en me gardant de fâcher de méchants enfants écervelés. Vers le terme, j'eus une absence d'une grande masse de ramettes; les autres thèmes me rejetant grâce à ma fermeté, cette absence régressa brusquement et exactement en un abrégé pas assez léger peut-être quand au cadre, et pas assez pesant quant à l'essence exclue. J'eus de but en blanc l'audace de le brûler; et cela m'a rarement échappé, pendant mes vacances, que raturer une masse d'annales est largement plus dur que de ne pas être capable d'arracher des pages. Devant le succès de ma paresse cherchant à le saccager, j'assure ne pas être tenu de le vendre dans un autre état, admettant la jactance de chasser la candeur de chacun à l'écart de ce sujet; mes préjugés étant sûrement excellents, cela me tuera les défectueux que je cache, et le résultat sera que l'espace des autres aura été à-peu-près gagné.
Azureau, Vencent et la Rudesse.

[M+7 excluant les IO, avec le "petit Robert 1981" + changement des IO restants]
Ce récupérateur de refrènement et de pacage, sans pacage et presque sans sujet, fut craché dans le seul but de cracher sur un merlan brachycéphale scellant à perdre. Au début, je n'eus psychanalysé qu'une ménade de quelques pagres; ma sulfateuse s'entre-frappant malgré ma réserve, cette ménade dragua à jeun une esplanade de pacage très guéable, sans dracéna quant au crachat, et très pétulante quant au matraquage transcendé. Ayant banché très lugubrement à le purger, cela m'a suavement engagé à serpenter, en y trématant, que ça ne sulfate pas d'écumer quelques brus, et que cracher du L.S.D. reste dur à sceller. Après de valeureux égards dans le but de mûrement faner, je cube à le draguer et le draguer tel que ça étuve, laçant que ça jable d'augmenter le pacage puerpéral de ce crabe-là; et que, même quand mes jables étuvent des mazdéens, peut-être que j'en engage à natter de brachycéphales à l'aval, et cette tendelle n'aura pas été purement perlée.
Jéjunum-Jaguar Ru, L'emmanchement et l'effarvate. G.E.F.

Russel

Lipo sans e (et sans i...)
Imagine un village ou l'on classe les hommes en deux ensemble, selon le critere d'appartenance suivant. L'un contient les hommes qui se rasent eux-memes et l'autre ceux qui ne se rasent pas eux-memes. Imagine un barbier dont la fonction soit de raser tous ceux qui ne se rasent pas eux-memes, et exclusivement ceux-la. Question : a quel ensemble appartient ce barbier ?
(formulation tiree de J.P. Petit, Le logotron)


Voila la partition du bourg: ici amants du rasoir matinal, la-bas gogos tondus par un amical figaro...Ou classa-t-on le figaro? E.S.

Alors la, t'as l'douar qu'Allah dicotoma : Zigs barbus, mais : la raia A auto-glabrants, pis la B, cossards a qui qu'un gus doit coup'coup' poils du bas. Pis t'as l'pro du rasoir, un figaro du cru, qui n'y va d'son art qu'aux khroumirs du clan B. Alors, lui, capo di capelli, dans B ou A, il va ? J.C.V.

Postulons un campus, a Bagdad, ou nous groupons tout gars dans sa promo:
* Nous placons la-bas tous barbus s'auto-rasant, donc boycottant un gars ayant boulot a ca.
* A part, nous opposons tous barbus non auto-tondus, donc s'accommodant toujours d'un guss boulonnant pour ca.
Supposons alors un prolo rasant tout barbus non rompu au sport coupant. Concluons quant a son status: Ou placons-nous l'agacant prolo? S.S.

Vois-tu la tribu ou l'on fait division du sygma portant-phallus ? Divisons ainsi :
a) portant-phallus s'auto-rasant tout poil facial
b) portant-phallus allant voir pour ca rasoir-king
La fonction du rasoir-king suit : mouvoir moult bic sur tout poil facial du portant-phallus s'auto-rasant pas.
Quid du rasoir-king : a) ou b) ? S.B.

Racontar paradoxal d'un savant connu :
Supposons un bourg où nous classons tout garçon dans
a) un bloc comportant tout luron s'auto-rasant, ou alors
b) un tas comportant tout lascar non-auto-rasant.
Supposons un croquant, qu'un Jarry nomma Phygaro, tondant tout gars du tas b), aucun du bloc a). Sondons-nous : pour Phygaro, optons-nous pour l'amas auto-rasant ou pas ?
(Yann-Roc Courtaud formula ça dans son "Logotron") G.E.F.

Soit un pays ou chacun irait muni d'un brassard noir ou d'un brassard blanc, suivant qu'il aurait son poil facial mis a ras par lui (brassard noir, pourquoi pas?) ou par autrui (brassard blanc, donc). Soit la-bas un Figaro aux doigts d'or qui, fourbissant son rasoir tranchant, aurait pour fonction --- contraint par la loi --- d'affranchir tout quidam barbu du tracas matinal qu'un gamin n'a pas, rasant gratis mais a la condition qu'il (l'individu barbu sus-dit, ca va, on suit?) soit du clan aux brassards blancs. Quid alors du pro du rasoir? Doit-il avoir un brassard blanc ou un brassard noir?
in "<<Longo trop>>, ou <<'Go' trop long>>?" par J. Pairmonlatin. P.F.

Saint Ex

On ne connait que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaitre. Ils achetent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis.
(Le Petit Prince, XXI)


Nous connaitrons un truc si nous l'apprivoisons, dit l'intuitif goupil. L'humain n'a plus un instant pour son instruction. Il va s'offrir un machin tout fait dans un magasin. Mais puisqu'il n'y a aucun marchand d'amis, l'humain n'a plus d'amis.
("Un Mini Roi", dans "Un saint X a Paris") G.E.F.

Il n'y aurait pas savoir s'il n'y avait fusion, annonca Fox, lissant son poil roux. L'individu d'aujourd'hui pourrait savoir sans limitation, s'il posait un hola au diktat d'un Chronos tout-puissant. Mais voila, l'artisan lui fournit sa fabrication, lui polit un produit tout fait. Alors, puisqu'il n'y a pas d'artisan dont la fabrication aurait l'air d'un ami, l'individu n'a plus d'amis (a moins qu'un pantin pur bois lui soit suffisant, mais oublions Pinocchio...). P.F.

L'animal rouquin au tarin pointu (tu l'as lu, un goupil), porta haut sa voix, affirmant illico qu'on sait surtout a propos d'animaux, d'humains ou d'us qui nous sont tout a fait soumis. Nul aujourd'hui n'a l'oisir (Thanks, G.P. !!) d'agrandir son savoir. Tout un chacun va s'appropriant machins ou trucs au marchand du coin. Or un marchand, si bon fut-il, pourrait-il aussi couvrir la fonction d'un ami ? Non pas. Conclusion : aucun humain n'a plus d'amis !
(L'avorton dauphin, XXI) M.L.

L'urubu brun lut : Tu sus un truc d'un trust su^r, d'un cumul d'us purs. Nul guss fut cru sur un cursus d'Ulm; plus un but, nul futur. Sur un mur d'un club, un truc brut plut : du bluff, du stuc, zut ! Nul vulgum fut vu sur l'humus d'un club. Dur dur. Tu fus plus qu'un punk nu, tu fus nul.
("Un Duc Smurf", du guru Urmuz) G.E.F.

On connait surtout trois trucs choisis pour soi, dit goupil. La population court à fond sans un stop pour savoir plus. Ils font du troc pour du kit tout fait à Habitat. Mais il n'y a pas d'Habitat distinctif pour du troc d'amis, ainsi ils n'ont plus d'amis.
(L'Avorton Anobli, XXI) J.B.

Trucs connus : qui sont rassurants, dit du noir corbac l'admis tyran. L'humain n'a plus loisir d'assouvir son savoir. Il saisit maints trucs dans la main du capital. Mais il n'y a point d'apostolats du capital offrant ami. Il n'a donc plus d'amis.
(L'aristo liliput, XXI) M.B.

Trenet

[Lipo sans o (et sans e !)]
Glou glou glou font tous les dindons
Et la jolie cloche ding din don
Mais...
Boum
Quand notre coeur fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Et c'est l'amour qui s'eveille
Boum, il chante "Love in Bloom"
Au rythme de ce Boum
Qui redit Boum a l'oreille


Glu glu glu fait dans un tutti un faisan
Puis un ravissant airain ding din dan
Mais...
Bang
Quand, palpitant, tu fais Bang
L'azur t'imitant dit Bang
Puis l'amical plaisir va s'animant
Bang, il dit "Liking in Bud" dans un chant
Rythmant sans fin Bang puis Bang
Au canal auditif du parfait amant
(Un zinzin chantant) G.E.F.

Aïaïaaaa ! chantait la banda
Un gras tuyau rythmait la rumba
Mais... Tchaa
Quand dans l'sang ça fit Tchaa
La casbah clamant Tchaa
Y'a pas, la vie s'illumina
Tchaa, il chanta "Gusta Cha"
Au pas du cha-cha-Tchaa
Qui glissa Tchaa au tympan, na
J.B.

Guili guili guili fait un dandy
Puis un chic sans-abri dit du d'Indy
Mais...
Bradabam
Quand un mitan fait un bruit blanc
Splatch
Chacun fait l'ara puis dit Vlan
A l'instant l'amant finit sa nuit
Blurp
Chantant l'air anglais "L'ami du fruit"
Il suit pas a pas l'agacant Tic Tac
Qui gatifia Bip dans l'auditif sac
G.E.F.

Cui cui cui fait la gallinace
Et bling bleng et blang la callebasse
Mais... Sblam
Quand l'palpitant fait Sblam
Chacun dit aussi Sblam
Et au matin ses yeux brillent
Sblam, il chante "Ich liebe Zam"
Au rythme de ce Sblam
Qui murmure Sblam à la fille
J.B.

Blurp, blurp, blurp crachent les daims cedes
Et la belle retentissante ding din dam
Mais...
Bang quand le muscle vital fait bang
La galaxie avec lui dit Bang
Et c'est Venus qui s'eveille
Bang il danse "lave un blame"
Au rythme de ce bang
Qui redit Bang dans la capteuse
M.B.







 
(c) Stéphane Barbery