Journal de Cuissons : An 3

25 janvier 2020 : cuisson 80 (propane 700 et 1000°C)

Les neiges fondent 02

  • Fuji Chamotté moyen R&B TE610CHM, biscuitée et émaillée par trempage dans de l’émail transparent Solargil PR1000. Enfumés.
  • Le trimmage intérieur des bols, non galetté, a produit à la cuisson à la sortie des grains de chamotte, durs et désagréables sous les doigts.
  • Couleur gris cendre. L’enfumage n’a pas formé de kannyu intéressant. Le kannyu de la PR1000 est très fin, hétérogène, avec quelques grandes veines  horizontales et verticales.
  • La combinaison de cette terre et de cet émail n’est pas agréable dans la paume.
  • Quelques bols simples tournés puis déformés. Un bol haut qui a un petit quelque chose. Mais le pied est trop haut. Le trimage des pieds ne me réussit pas. Peut-être tenter de les ajouter ensuite.
  • Test de la cire « spécial contact alimentaire » (à base de cire d’abeilles et de carnauba) de l’atelier Louis XIII. Pas convaincu pour cette série. Pourrait être intéressant pour des pièces non émaillées à l’extérieur.
  • Cuisson Raku partagée avec trois amis. C’est joyeux à plusieurs.

 

20 janvier 2020 : cuisson 79 (propane 1050°C)

赤青豹

  • Test d’une argile « biscuitant orange » prélevée dans la région et finement chamottée; lisse compacte, est devenue verte et a fondu à plus de 1000°
  • Test d’un grès de Noron chamotté impalpable R&B GE133IMP : retrait important au séchage (8-10%), le caractère lisse fait faux-cul pour un chawan. La surface doit avoir une profondeur. Probablement pas assez chamotté pour du raku (un bol fendu à l’ouverture du four, évidemment le plus beau).
  • Test de l’argile Fuji Chamotté moyen R&B TE610CHM : je l’ai tournée alors qu’elle était trop sèche : j’aime beaucoup cette terre. Retrait sensible (7.5%) mais sa rugosité la rend vraiment intéressante pour une mise en forme par pinçage après tournage.
  • Tentative de créer des chawan d’hiver « à la Chojirô » (formes simples asymétriques façon Gyosho, petits, lèvres fermée). Tournage d’un tube et déformation ensuite par pinçage et pressage des paumes. L’application des mains barbotinées sur un bol tourné crée des veinules et des effets d’écorces, végétaux. À la cuisson, effet chair vue par un chirurgien, « tempes en colère », ou sexe en érection. À éviter, kana :).
  • J’ai poursuivi mes tests de barbotine porcelaine + oxydes (fer rouge / jaune / noir / ocre jaune et rouge / manganèse), en appliquant cette fois des couches superposées de mélanges différents : ils ont lamentablement échoué sur la Fuji (effet sale et vert). La Noron rouge a absorbé à la cuisson les mélanges comme s’ils n’avaient pas existés . Un bol en Tpasta a bien réagi comme la cuisson 77 (effet pull nordique).
  • Comme j’aime vraiment le gel transparent 850 de Spectrum Glaze (application au pinceau agréable, uniforme, sans coulure, même sur pièce non biscuitée, vraie transparence et couleurs vives), j’ai testé une mono-cuisson en séchant les pièces auprès du poêle au préalable. Résultat concluant. Il faudrait vraiment qu’un fabricant européen propose un gel identique à un prix raisonnable.
  • Quand il fait vraiment froid près du four, que son pyromètre fait des siennes, et qu’on se réchauffe en s’activant au ménage à l’intérieur, et bien on surcuit (1050 !). Toutes les pièces en Fuji et le bol tpasta ont des reflets jaune-vert pisseux (qu’on ne voit pas sur le rouge du Noron) probablement dû à la cuisson trop haute de l’émail.
  • L’effet 赤青豹 (léopard rouge bleu) des bols Noron est chouette. J’aime les bols rouges. J’aimerai arriver à trouver la teinte chaleureuse, profonde (pas orange) que j’ai en tête.

11 janvier 2020 : cuisson 78 (propane 700°C et 1017°C)

La série ratée des paysages

  • Test de l’argile PCLI (grès à la fibre de papier, chamotte fine 30%) de www.sio-2.com : agréable à tourner et à trimmer mais rétraction très forte au séchage : ne convient pas à des formes non-linéaires rustiques. Plusieurs pièces fêlées à la cuisson : sans doute pas la meilleure des terres pour du raku et des chocs thermiques importants.
  • Tests de différents pieds de bol (triple / ume / travaillé / creux). Et tests de lèvres « ouvertes ».
  • sous-émaillage avec des barbotines de porcelaines (dans un petit pot à confiture, 2 noix de porcelaine, un tiers d’eau, 3 cuillères à café d’oxydes)  : oxyde de fer / teinte bleue et grise E-Z Stroke / porcelaine seule. Et sigilatta bleu de rakuvaria. L’effet d’abstraction de paysage de montagnes enneigées un beau jour avec nuage n’est pas concluant.
  • Emaillage avec de la CQ03 de Solargil au pistolet après un biscuit : impossible de voir si les pièces prenaient l’émail alors que pourtant le niveau dans le pistolet  baissait sensiblement. Ratage de ce dispositif. Application au pinceau pour deux pièces horribles. Seul le gel transparent canadien donne de bons résultats. Pas de bonnes craquelures à l’enfumage avec le CQ03 sensé être conçu pour les favoriser.
  • Sensation générale de déception pour une première cuisson de l’année. Seules les pièces hautes (« carrées ») seraient sauvables si elles n’avaient pas de défauts…