49 ans

un après-midi
avec des maîtres de nô
l’écho de leurs chants

heureux résultat
revenir de l’hôpital
souriants fatigués

des enfants curieux
macha gateau chocolat
quelque chose manque

attendre le soleil
pour glisser jusqu’en forêt
miel pour la gorge

trier des cartes
de calligraphies sublimes
l’enfant ses timbres

deux pléiades décorent
le grand mur d’une librairie
lumière d’hiver d’or

quand sur les ume
seules quelques fleurs se montrent
celles qui n’ont pas peur

pruniers de balade
vos tous premiers bourgeons blancs
me touchent à la vie



chez le bouquiniste
trouver des trésors peu chers
la beauté ses modes

boire un oolong vert
dans son bol sorti du four
sourire à la feuille

s’abîmer les yeux
à trier de vieux poèmes
la beauté des traits

un gars torse nu
au daimonji sous la neige
être comme ça parfois

tourner des bols blancs
traduire des noms très anciens
une petite balade

ce qu’on ne dit pas
en poème mais qui importe
bien plus que les mots

la vie nous oxyde
et parfois cela produit
de très belles couleurs

une mémé roule
doucement en affichant
j’ai perdu mon chien



un bonnet de nuit
et des chaussettes chaudes
des cheveux trop courts

fruster le coiffeur
du script des mots vides
les cheveux au sol

sur le canapé
laisser son corps reposer
un virus kana

musarder en ville
tout comme avant le virus
insécurité

les ume précoces
sont trop rapides cette année
tout doux tout doux neh

préparer un thé
en polissant des titres
un coucher d’hiver



les doigts de bouddha
sentent bon dans la pièce à thé
qui reste vide

les camélias blancs
sous la neige ressemblent à de
super gros flocons

Premières fleurs d’ume
à Kitano les familles
marchent doucement



un vase qui se brise
parce que l’on veut faire trop vite
ce n’est pas grave



lire sur les ours
comment on les tue l’hiver
puis se promener

mozart requiem
et puis hyakunin isshu
hors-temps sylvestre

ne pas partager
sa crème brûlée caramel
jingle bell jingle



une petite fille sans
chaussettes alors qu’il fait froid
dernières feuilles soufflées

du thé fermenté
avec une cuillère de miel
hiver sous la pluie

érables fin décembre
qui gardez toutes vos feuilles rouges
merci en retour

les nouveaux bols cuits
sonnent comme des furin d’hiver
je ne les aime pas

bruit de la meuleuse
couvert par la musique
sol invictus ya

marcher mal au dos
donc revenir en taxi
du tofukuji



une bière tout seul
développant les images
de tsuchigumo



change de masque comme de
slip quoi toutes les trois semaines
tempura d’oeuf coque

descendre l’escalier
glissant sans la rambarde
la neige trop fragile

Les tombes sous la neige
c’est si beau qu’on dirait que
les morts ont chaud

mains bleues dans les poches
la pierre c’est peut-être juste
de la très vieille neige

ben oui on t’oublie
tremblement de terre de nuit
toits blancs du matin

elle tombe deux fois neh
du ciel aux branches puis au sol
la neige de nuit

des pâtes al dente
dans la bonne semaine des trois
grands petits plaisirs

attendre la neige
qui a fait sa difficile
monter au grand daï

les petites filles qui
se collent à vous comme des chiots
à l’instinct comme ça

aller dire bonjour
aux kami d’Inari neh
c’est rentrer chez soi

boire un bon whisky
avec des kaki no pi
oui faire un tout seul

de la terre trop molle
attendre vaguement renoncer
puis recommencer

vieux en kimono
tu fais claquer tes tabi
pour dire merde au monde

un ciel tout bleu
dans la fenêtre du lit
pas de plus grand luxe

comme le verre d’eau
dû après une heure d’effort
qu’on repousse un peu

la lumière blanche
dans les cheveux jais des filles
sous shimogamo

ne pas se faire voir
et rouler dans la musique
regret du six heures

une chakai ruinée
par l’esprit d’izakaya
honore le silence

skate à deux heures
ajouter du gen aux bols
podcast de jazz

rigoler avec
de petites princesses de nô
non mais quelle chance

pour la première fois
des soba chauds à midi
acheter du miel

se faire le chauffeur
et donner sourire et temps
je n’aime pas conduire

les mains dans les bols
un temps apaisé kana
mon anniversaire