Courts : 47 ans

 

Un nuage d’avion
t’a laissé un dessous blanc
lune montante et triste

Les chiffons de feuilles
prématurées vertes et rouges
s’envoleront rêches

Ramasser tous les
longs cheveux des souvenirs
hair donation ya

La nuit se retire
du petit mont Daimonji
comme une culotte

Le soir se lève sur
le sanmon du Nanzenji
ô ma cathédrale

C’est quoi cette chignole
ne lui en veut pas trop neh
c’est son premier chant

Sur le Daimonji
faire sonner deux fois le bol
et dire merci

J’ai deux mots à dire
à tous ceux qui t’ont planté
asebi infect

Les oranges qui portent
des tétons de cinq enfants
sont douces si douces yaa

Manger un maki
sur l’engawa au soleil
pin bambou ume

Tu te couches alors
tu joues à passer entre
les gouttes doux soleil

Faut avoir vécu
pour aimer t’éplucher neh
orange de saison

Prends-moi fort très fort
dit la pluie au vent de mars
qui aime faire plaisir

Les ume en foule
quand bien même galactiques
perdent tout intérêt

Quatre ans sable doux
quarante-sept Shigaraki
mes mains sont si douces

Des lunettes bien noires
devant le bouddha de pierre
je souris au ciel

Les premiers pétales
blancs très légèrement roses
à terre détrempés

Tu m’entends pollen
ça peut plus durer ainsi
il faut que atchaaa

Ce n’est pas l’insecte
mais l’oiseau saoul et joyeux
qui féconde l’ume

Le premier vent vient
avec le premier chant du
rossignol kana

Le soleil de mars
provoque des cracs de plaisir
que la maison aime

La pluie boude et peste
elle en veut au monde entier
un kanji d’ume

Les trois petits coups
du filtre à thé vidé à
la poubelle kana

Tous les arbres tombés
ouvrent la lumière et la vue
Daigoji macha

L’ami de lycée
fait toucher au vieil aveugle
les fleurs blanches d’ume

Le héron attend
que le corbeau vole le chat
pour rafler la mise

Ce doit être dur
taxi Tourette au Japon
je’l suis pas D’ucon

Ah tiens toi aussi
tu n’arrives pas à dormir
lune pâle de quatre heures

Pluie de printemps yah
sur ma capuche toutes les gouttes
font un ploc joyeux

Savon dans les yeux
la main suit le jet d’eau chaude
et trouve le pommeau

Le chat fait semblant
d’avoir peur en traversant
le torii rouge

Tout le monde renifle
et éternue et pleure
impôts finis seul

Se lever et dire
bonjour à l’argile au four
aux boutons d’ume

Ça pue fort le vieux
une salle de nô bien remplie
pas l’ume c’est sûr

Sur la tête du chauve
un petit bob en vieux jeans
dans la salle de nô

Du papier de verre
sur l’engawa au soleil
une nabe party

Renoncer et non
courir pour attraper le
feu vert d’Oïke

Waaa la super moon
au-dessus du Daimonji
juste après Drifters

C’est déjà trop tard
les ume sont tous en fleurs
ah la feuille d’impôts

La pluie continue
vibre comme des quindar tones
allo allo a…

S’habiller trop chaud
un jour de printemps d’hiver
baïrin d’Osaka

L’amers des nuages
une nuit froide de février
c’est la lune la lune

Renoncer kana
à étendre les housses de couette
comme une japonaise

La perle de sueur
suspendue sous le masque
ah photos de nô

Jardin botanique
les arbres aux coupes naturelles
font pitié kana

Un handicapé
ronflait si fort sous l’ume
les fleurs l’ont pris mal

Monter une première
théière moche si moche si moche
que cela fait mal

Il fait bien trop froid
pour aller vous rendre visite
ume sous la neige

Le couvercle du ciel
est gros si noir ce matin
faire chauffer de l’eau

Les corbeaux s’excitent
c’est le jour des poubelles jaunes
et des filets bleus

Arbres encore nus
le ciel leur fait des pétales
neige phoula phoula

Comme de la poussière
lentement traversée par
le soleil la neige

C’est en pyjama
le matin au froid qu’on sort
ouvrir la kama

Trois bonsai d’ume
plantés un seul a vécu
celui qu’était mort

Non même pas un chien
à serrer contre soi un
coussin noir si noir

L’odeur inquiétante
des crayons HB taillés
et leur son qui reste

Il y a des larmes
dans les fleurs d’ume de quoi
ça ne se dit pas

Se lever la nuit
la sensation d’un bizarre
la vie comme jetlag

Les pompiers ont un
nouveau casque à visière noire
même son de leur pic

Les flammes dansent et les
happy few se rapprochent
foyer des désirs

Une jeune japonaise
vide une bouteille de rouge
kamis en colère

Il n’a fallu que
trois ans pour qu’ils disparaissent
les cris d’étudiants

Je ne la vois pas
où est la femme au manteau
des dix ans passés

Le feu sèche les gouttes
sur les parapluies ouverts
minuit setsubun

Ni la fumée ni
le rouge mais les craquements
du feu dans la nuit

La canne d’un aveugle
et son sourire doux lointain
au marché aux puces

Rentrer à Kyôto
trop de gaijins dans le bus
monter des bols noirs

Sortir dans le noir
pour entendre les flocons
on dirait des bulles

Le rosier accroche
le pull la neige mes jambes
retenir kana

Rentrer le nombre juste
de bûches avant le départ
trainouiller ranger

Il a trop neigé
les animaux ne tracent pas
monter au plateau

Un couple d’oiseaux
vole contre le flot de neige
où peuvent-ils aller

La rambarde en bois
fume la neige fond le ciel bleu
pouvoir partager

Se chausser descendre
non pour aller quelque part
mais refaire la trace

Ce petit oiseau
jaune qui reste sur la branche
je n’ai rien pour lui

Un petit oiseau
fracassé contre la fenêtre
non une neige bien dure

C’est la centième bûche
kana qui me rend si triste
le vent passe les murs

Les petits flocons
qui tombent vite me demandent ben
pourquoi tu t’agites

Vite faire les photos
pour monter avant que le
soleil ne se couche

La braguette ouverte
sommet des pistes par moins dix
on le sent tout seul

Recevoir un crâne
ça rentre dans la boite aux lettres
sans recommandé

Cha-ire tournés
les mains dans un torchon sale
soleil sous la neige

Quand le bâton dans
la neige fait ce bruit de baume
qui attend le vent

Je te poserai
bien sur mon tour électrique
lune ronde si blanche naa

Sur le beau visage
d’un personnage de manhwa
tâche de chocolat

Ah non désolé
l’éclipse de lune c’était hier
tant mieux j’aime pas ça

Une bûche dans le poêle
dure et miel puis feu et cendres
le volume d’une vie

Quitter des amis
avec du bon clafoutis
englouti prompto

Rentrer d’Annecy
le coucher jaune sur le lac
la route monte et tourne

Deuxième paire de fesses
de vieille au milieu du ch’min
en quinze jours nom d’la

Pour que les chasseurs
ne me tire pas comme un lièvre
un bonnet fluo

Tiens la neige s’arrête
le coucher peint les nuages
chausser les raquettes

Gypaète barbu
quand tu voles sur mon tire-fesses
je vole avec toi

Skier au ciel bleu
puis cuire des bols à la lune
prendre une douche assis

Je cherche des outils
on a ceux-là et ceux-là
non merci kana

Tu annules le thé
son tempo te va pourtant
chute de neige épaisse

Tu vas déclencher
toutes les lumières du chalet
oui mais j’ai trop soif

Les mains si froides
rallumer le poêle kana
non y renoncer

Ranger le sceau
faire une lessive l’étendre
la moue au frigo

Le sceau près du lit
solution réhydratante
les Romains sont fous

Trois batons d’encens
n’arrivent pas à t’atteindre
fromage trop fondu

Tu me fais baisser
les yeux le cou et le front
petite neige si dure

Une plaqueuse de chant
et une affleureuse kana
les rêves aux pieds froids

De l’oxyde de fer
sur les mains qui tâche le linge
crème hydratante

Tu fais ta timide
mais on connait bien la suite
attendre la neige

Les branches mes pauvres
si blanches qu’on a mal pour vous
frrrr du four potier

Le son de la buche
qui chute quand le petit bois
a vécu sa vie

T’es givré ou quoi
oui complètement totalement
sol du jour des rois

En vouloir au cintre
insistant têtu à mettre
sa tête à l’envers

Déchirer dans le
frigo le filet d’oranges
se laver les mains

La petite tasse
fume en séchant au soleil
heure des cornichons

Soustraire de la pile
le morceau de bois trop beau
pour passer au poêle

Ouvrir le balcon
la biche s’arrête et attend
puis part doucement

Percée du soleil
de la crête son ombre peinte
au cœur des nuages

Le mouvement de glotte
de ceux qui se retrouvent seuls
après l’au-revoir

La mer de nuages
devant soi le coucher pur
du premier de l’an