Courts – 46 ans

 

Trauma si cruel
avoir mis mes grosses chaussettes
avant mon caleçon

Les petites feuilles sèches
glissent sur la neige surgelée
Holiday on Ice

Mélanger trois terres
laver le sceau à l’eau froide
mains couleur coucher

La planche de la grange
la poncer pour l’étagère
rentrer au coucher

Les yeux bleus du chien
qui suivait le mauvais groupe
la couleur hors-temps

Neige dure sous grand bleu
monter sans les raquettes
émaux et piano bleu

Panettone toasté
et christmas pudding de luxe
juste de l’eau merci

Descendre la vallée
remonter avec l’ami
les patates et Bach

Les trois premières bûches
jaunes et rouges les suivantes
du feu dans la vie

L’ermite sonne sa cloche
et son gong chaque fois qu’il peut
pour leur compagnie

T’as trop bu dis-moi
t’es toute violette sur la neige
pleine lune de noël

T’es pas chic la pluie
t’es lourde comme une mauvaise blague
solstice traversé

Tu les perds enfin
tes feuilles sur la neige mouillée
momiji d’l’été

La feuille de charmille
noisette sous la poudre blanche
lui sourire des yeux

Monter sur les traces
de la biche au pas si fin
ciel bleu souffle pur

Lance une boule de neige
dans la nuit et elle devient
la lune imparfaite

Pas de la même taille
et par le vent de travers
flocons sur les pins

Peindre un déshuileur
poser un effet vieilli
sur soi pas la table

Ne pas allumer
la lumière pour remplir sa
tasse de thé kana

Couper du ‘ti bois
pour les invités deux fois
la musique du feu

La neige qui tombe
sur le toit ne réveille pas
c’est pour la surprise

T’es tout léger einh
tes doigts ne s’enfoncent pas
lièvre sur la neige

Les perles de glace
tombent sur le tokonoma
chabana d’hiver

T’es pas mort au moins
t’as l’air tout dur tout rigide
mon gros sac à buches

Le couchant émaille
la neige d’une engobe d’or
j’y pisse mon macha

Retirer la cendre
et la couver des yeux
poêle noir du potier

Sisyphe à la neige
enfile ses gants et transpire
parce qu’il aime cela

Bon sang où êtes vous
je suis bien passé par là
mes traces dans la neige

Le vent noir traverse
les murs du chalet en bois
que fait la police

Là où je t’emmène
tu ne tiendras pas longtemps
neige sur les buches

Sazanka tes feuilles
restent si neuves sous la neige
si neuves comme surprises

La vie du silence
de la neige est plus forte
que le vent d’hier

Un petit oiseau
pousse son cui cui de chignolle
au ciel gris flanelle

Le frigo ronronne
grasse matinée de la nuit
laisser le poêle froid

Jetlag dans le noir
la pluie sur les tavaillons
la gouttière chante

Allumer le poêle
avant l’aube un oolong
l’épaisseur du temps

Marcher sur la neige
mon cairn refait par d’autres
Tigrette n’est plus là

Tiens le gros lièvre
et la biche et une autre
deux loups parait-il

Parfois le tao
insiste impoliment
offre lui un thé

La neige danse tourne
lentement sur la scène
de Katsuragi

Deux fleurs blanches
sur mon ume précoce
le si vieux si vieux

Le rouge sombre
du Kongo rinji trop tard
comme un au revoir

Sakura planté
à Kurama par pépé
meurt la même année

Pourquoi les feuilles
trop belles et pas les fleurs
sont indécentes

J’ouvre la porte
et souffle waa la vache
momiji au pic

Les bottes de la dame
m’alertent qu’il pleut aujourd’hui
et sauvent le four

Le sazanka blanc
son parfum est si doux neh
plus fort que l’amour

Le dernier grillon
dans la nuit de novembre
momiji sonore

On vous l’emballe
pour que personne ne le voit
le papier toilette

Le chien qui meurt pas
pour ne pas décevoir
ses maîtres qui ont peur

Le bruit du kinton
qui tombe sur le tatami
Ko-ume les rires

La lune se lève
un peu à plus gauche
un peu plus jaune kana

Seize heure trente dong
le soleil tisse son feu
sur les momiji

Des petits oiseaux
s’enivrant au sazanka
font choir les pétales

Lever de lune hier
kaki et feuilles d’oolong
poubelle du matin

Les foules momiji
et soudain le silence
monter transpirer

Le katakana
de la prière d’Ajari
et l’odeur du feu

Une mante verte
sur mes chaussures de jardin
douze centimètres

Bols et photos de
nô à Shinyodo dimanche
un samue noir

Un jardin sec de
soba sur des tatami
Kyôto où ailleurs

Pâtisserie miteuse
aux wagashi si parfaits
sieste antigrippe

Une vieille à vélo
qui texte en pédalant
l’orange de quatre heures

La lumière épaisse
si légère des momiji
chaleureusement

Début de ballade
un kaki sur une pierre
par terre à la fin

Crountch crountch crr
j’essaie de vous éviter
feuilles à balayer

Ahh ne tombe pas
joli petit oiseau rouge
juste une feuille d’ume

Le bruit des volets
qui glissent et clanguent matin soir
macha nam coco

L’émail a coulé
j’attaque le pied au couteau
vingt petits oiseaux

Le bol de minuit
puis celui de sept heures
mes mains rêvent de thé

Il a plu beaucoup
le grillon de novembre
chante si fort ce soir

Le typhon couche
les arbres sur Hieisan
la lumière en prime

Tu ne veux pas te
lever à l’ouest pour une fois
surprends-moi la lune

Creuser sous la mousse
pour amener le courant
four dans le jardin

Deux douches au revoir
la surdité du genji
une fatigue kana

Quatre fois les mains
le vent sous la cascade
soleil dans l’arbre

Gratter le timbre
de sa voix de son souffle
l’accepter kana

Les yeux chauds si clairs
d’un ex premier ministre
peintre céramiste

Osaka la sith
plafond trop haut de l’hotel
une bougie la nuit

Le rouge et le froid
les foules françaises à Koya
mais ses wagashi

Une américaine
des ido rouges un noir
kabi allergie

Dans la mizuya
un chat entre me regarde
et sort dégoûté

Shinyodo vide
les momiji encore verts
attendre le froid

Obi de mamies
une seule larme de Kannon
sencha d’automne

Cuire des bols la nuit
à six heure avant la lune
être ému kana

La lune est si ronde
qu’elle tiendrait dans mon bol rouge
mochi au marron

T’arrêtes d’aboyer
vas donc pov’ canard miteux
un corbeau à l’autre

Craque pas ne craque pas
et garde cette couleur
premier bol rouge

Rokurobyôé
l’art perd l’un de ses plus grands
qui le sait à l’ouest

Au sanctuaire
toutes les tablettes à brûler
poncer émailler

Jidai matsuri
retirer tous les cosplay
reste ce qu’on cache

Retrouver le noh
ses masques et ses douleurs
comme un long courrier

Sieste de vingt minutes
sept restaurants vides
marcher en sueur

Oui je comprends bien
mais je n’aime pas les vis écrous
et préfère les clous

Au yakitori
un homme entre et commande
dix brochettes de peau

Le chat me regarde
je te prends quand je veux au
100m scratch

Oui les kakis oui
ils sont enfin de retour
clac fait le couteau

Tant d’arbres montrent
deux mois après le typhon
leur plante de pied

On me suit
je me retourne
c’est une feuille

Vélo et byobu
vélo et deux samue
rentrer à vélo

Vendeuses de printemps
pour un vendeur d’automne
ne plus s’endormir

Le petit lézard
s’amuse dans les feuilles d’automne
si mon cœur pouvait

Mochis aux marrons
traverser la ville pour eux
comment y’en a plus

Les fleurs du théier
sont si nombreuses et grandes
les boire des yeux

Bouddha sans tête
Shigaraki et Jomon
une seule fleur

Loveho de la vie
où l’on crie le plaisir
les poèmes kana

Les épis sont lourds
et d’un jaune vert malade
pas moi pas moi nah

Corbeau ton vol sonne
comme un cœur dans le ciel
le huit à onze heure

Le oh du prêtre
qui renferme le kami
l’ouverture parfaite

Une kannon sans pied
les larmes au cinéma
odeur du koicha

Thé de Kennnin-ji
le blanc au noir dans la nuit
と・いうわけで

Le grillon du soir
et les oiseaux du matin
le prix de l’argile

Deux onigiri
au fil de l’eau Takao
soleil dans l’arbre

Bon décidez-vous
z’êtes un rhume ou allergie
momiji coupé

T’es un oreiller
pour les yeux ce matin nah
soleil d’octobre

On t’a attendu
tout dimanche et t’es pas v’nu
typhon d’automne

Silence pré-typhon
même les oiseaux volent blancs
Nikon Z seven

Montagne si grande
et la lune si petite
un typhon arrive

Il pleut à grosses gouttes
moteur du livreur d’journaux
4h du matin

Gaijins ne sachant
ouvrir leur onigiri
sarusuberi

Dernier jour dehors
course du soir à ranger
démontagner nah

Eh sérieusement
faut que t’arrête de faire ça
taupe sous mes plantes

L’oeil pur aveugle
de femme jeune et jalouse
lune de septembre

Planter en forêt
pour indiquer le chemin
un hagoromo

Hanamizuki
nanten bakazakura
anti-tiques Tigrette

Dans la voiture
le parfum d’un sazanka
blanc forcément blanc

Le bout de ma pioche
brille d’avoir heurté le dur
fier l’enfant en moi

Cloison et pare-mur
des draps pliés par une femme
le jaune du coucher

Recouper les croutes
de la tome de chèvre
Tigrette réclame

Diner impromptu
chaleureux lune verte
vinaigre Melfor

Un vase chaleureux
parmi les tasses reblanchies
gorges du Fier neh

Tigrette ce soir
est revenue réclamer
préparer un thé

Une jeune chatte tigrée
vient inspecter le biscuit
nyaa jusqu’au bout

Descendre en ville
et remonter si vite
deux bouteilles propane

Le vent dans l’érable
doit lui dire des bêtises
il rougit rougit

Les dieux sont nos nus
nos avant le langage
patates toutes cramées

Opinel pain noir
beurre et tome de chèvre
pin rouge et ume

On aurait envie
de te manger par pitié
vieille pistache

Leur accent trop fort
ne pas oser demander
et d’où venez-vous

Sakura plantés
le trou ou l’envol
trou d’envol du capricorne

Tiens une grenouille
tiens une autre jaune à pois noirs
graviers dans le noir

Hamac sous l’arbre
hamac sous les étoiles
même pétillement

Planter le nanten
avec l’eau de pluie kana
la lumière si douce

Une écharde profonde
sous l’ongle d’un petit doigt
on aime moins le bois

Planter des bambous
offrir le thé dans son bol
l’eau pour le jardin

Pourquoi mangent-ils des glaces
deux heures de route
back to paradise

袖錦 (Sode nishiki)
紅羽衣 (beni hagoromo)
trouver deux momiji

Le céramiste accroupi
sur son tampon vert
a mal au bide

Le petit oiseau
aime mes bols qui sèchent
à en chier dedans

Baka-zakura
soldé moitié prix
sur l’un deux fleurs blanches

On me dit et le typhon
pendant que j’achète
sept sacs de tourbe

Oiseaux mouches et papillons
s’envolent à mes pieds
lumière heureuse

Une grosse vache maline
pour passer inaperçue
fait les petits yeux

Ils vomissent ce soir
de retrouver leurs bourreaux
pensées pour ces enfants-là

Si on se réincarne
pitié oh pitié
pas en champignon

T’as pas pris de douche
pendant plusieurs mois ou quoi
poussière chaude du poêle

Seul dans le blanc le froid
enfin plus de promeneurs
gassho aux vallées

Ils ont pris toutes les myrtilles
et laisser les feuilles rouges
merci oui merci

Matsukaze fait fizz
mais les troncs qui se frottent
jeunes crapauds simplets

Avant la pluie
les vaches allongées
écoutent le silence

Et pour le pipi au lit
faudrait quelle pierre
l’améthyste ça peut

T’es gentille
tristoune mais gentille
la pluie qui r’vient

T’es aussi peu centrée
que mes bols au tour
lune jaune sur le toit

Une mère qui rit
pour apaiser les enfants
chir cardiaque du petit

Pas gentilles les vaches entre elles
elles connaissent leur hiérarchie
mieux qu’une maiko

Un arrosoir puis
un autre suivi d’un suivant
le merci des feuilles

Livraison des arbres
placés avec les maçons
macha dans bol blanc

T’es impudique comme ça
toute nue sans nuages
pleine lune

L’assiette de la pluie
et le raku des enfants
merci soleil pour ton tour

Brosse à main et aimer
caresser le savon
level up kana

Matin de fin août
chaussettes fines merci pour tout
ahh ton son chausson

Croissant tarama
émailler dans le froid
le vaisseau de Thésée

Dodan tsutsuji
matsu momiji
livraison lundi

Patience du bolier
devant le pyromètre
une libellule curieuse

Après l’orage
les chauve-souris dansent
fin de l’accident kana

Vendredi frites
vendredi lessive
mardi senteur des frites

Dresser des pierres
avoir le jardin
pour feuille kana

Un grillon à la machine
en sortant
n’a pas bonne mine

Ouvrir les trois portes
de l’eau
acheter des bambous

Une deux tonnes cinq
pour poser les pierres en 心
journée bougonnage kana

Recevoir les feux
de 20h à 13h
Sayoko kana

Matins et soirs la vallée
se maquille
supertechnicolor

Frites double-bain
émaillage enfumage
le nouveau four va bien

Dégage de l’escalier
grillon tu me fais penser
à un gokiburi

C’est toi qui frappe
regarde je viens t’accueillir
orage de montagne

Une petite fille en détresse
non une buse
qui s’envole l’air de rien

Confitures maisons
dans des pots moutarde
fichu tour électrique

Plic du noyau
des mirabelles
dans le bol raté

Pas un chat mais le renard
que tu menaçais
hier petite chatte

Certes mes poubelles sentent bon
mais tu m’as foutu la trouille
renard dans la nuit

Tes mains
combien d’heures de pioche
rigoles dans la nuit

Eh jolie toile
c’est la vieillesse ou l’oiseau
qui a pris l’araignée ?

Les portes d’une vieille grange
pour leurs planches
son du vieux clou qui sort

Regarder les pins
pour voir si la pluie tombe
zip de la polaire grise

Oh les chats
arrêtez de vous battre
pluie dans le noir

Le doigt insiste
les épines à quoi servent-elles ?
ouvrir le kit couture

Accident de voiture
je n’ai rien
il fait bleu ce matin

Réinventer trois thés
ni français ni japonais
mirabelle en fleur

Hamac sous le merisier
étoiles filantes
se péter la goule deux fois

Les bols n’ont pas explosé
ils auraient peut-être dû
crétin d’oxyde de cuivre

T’es fou au sommet de l’arbre
papillon orange
coups de vent de la vallée

Les autres génisses vont bien ?
oui
mieux vaut elle que nous

Émailler
mettre trop d’eau
monter au plateau

Descendre avec le veau
dans la benne
monter des pierres

Croiser le regard d’une vache
lui parler
rentrer chez soi

Mettre ma chemise orange
en pensant à Sayoko
sa couleur préférée

Et bien tu vois
le blanc te va vraiment mieux
lune du lendemain

Tout doucement
une vache étend sa patte
il pleut

Tu m’as foutu les j’tons
toute rouge si sombre
éclipse de lune

Des boites pour l’émail
Schubert au plateau
« art is love made public »

Une vache tombe
se casse la patte
on l’achève

D me parle de goen
l’accueil par le thé
l’embrayage ciré

700 et pas plus
t’aurai pu monter plus haut
cendres qui ne fondent pas

Tête du débroussailleur
banane trop fraiche
sourire à son thé

Après une fausse couche
la vie recyclée
recycler l’argile

Installer un washlet
joint et cuivre
les vaches attendent l’orage

Double-bain de frites
une coupe de cheveux
la grêle sur les plants

Le chien sans laisse
accorder les clarines
la gourde métallique

Manger une banane
les vaches sous le balcon
émail de cendres non cuit

Le bol de Camille
sur l’alandier
conseiller Ozu

Les klaxons du tour
ses hélicoptères
laver des cendres

De douleur se réveiller
yoga de nuit
un duvet sur tatami

À  la pioche
planter des bambous
dos démis

Circulaire et perforeuse
tabouret de douche
peur des pétards

Ramasser du feldspar
filtrer les cendres
orage au soir

Un lotus dans la gouille
être heureux
ne pas savoir pourquoi

Les biches mangent les arbres
remède argile-bouse
une bouse c’est 7 litres

L’espace et la pierre
le flot du vent
de la tourbe sous les sassa

Les bols frais aussi
pique-niquent au soleil
les casser le soir

Âmes qui ne passeraient pas
au contrôle technique
du stop plus souvent

Tonneau et briques
bicarbonate de soude
qu’en dites-vous les bols

Roseaux non traçants
meuler du réfractaire
ténacité persistante

Le petit oiseau
se niche contre mon bol
et il y chie kana

Mouiller ses chaussettes
dans la cendre de pluie
banane du p’tit déj

Terre cellulosique
vider la cave
les cerises de 13 ans

Sabler la voiture
aiguiller vers Chôjirô
One punch man

T’es pas venue pluie
planter tournaser
chidori et feldspath

Terre acide aux mains
pit fire kana
des bambous tiendront-ils ?

Juste là kana
le filon d’argile
tournette face à la Tournette

Va plutôt menacer
la lune petit oiseau
glouglou du filet d’eau

J’y toucherai pas
à ton nid petit oiseau
odeur sucrée du foin

Caresser les arbres
qui ont survécu
la lune à l’est dans le V

Hublots fermés
du 747 vers Frankfurt
des cerises au chalet

Supporter avec respect
l’air conditionné
tetris putchi putchi

Impôts eutectique
formation des silex
Naan plus que roti

Pigeons moineaux corbeaux
les oiseaux qu’on mérite
1230 dix heures

Du pain et du macha
des furoshiki
la serpillère à genoux

L’uguisu couvre
la chambre des amants
copier le sutra du cœur

Masque et gants
oxydes et charbon broyé
les deux bonsai morts

Un bento-sancho
en écoutant les grenouilles
Shigaraki kama

Ranger le contenu
de sa maison
des natsume-katana

Le silence de la fatigue
et de l’attente
singe sur poisson-chat

À minuit commander
rutile vanadium ilménite
forte réplique

Trouille tremblement
guet diffus
photographier des kama

Obidome couleurs
sake et tao
cuire un biscuit

En 2D la lumière
la musique élégante
le mur de pierres

Feuilles tambour
le voisin n’entretient pas
les oiseaux aiment le voisin

La pluie de 6h
comme un robinet
silence des mauvaises herbes

Compter les je
d’une lecture
les brumes disparaissent

Ouvrir fermer le col
de la terre
revenir par surprise

Gros nuages de juin
vers Nagano
larves d’abeille

Surcasque des ouvriers
pour ne pas abîmer
fleur de marronnier

Des boites dans des boites
dans des boites
grill du marché aux poissons

Une petite fille danse
l’irrépressible envie de
chips après le nô

Larmes et plaisir
tsuyu
en caleçon dans la maison

Une maison qui ne sent
jamais la cuisine
uguisu qui revient enfin

Regarde cocotte
c’est comme ça qu’il faut faire
dit la pluie à la rosée

Love marks sur la pierre
parapluies monades
huit thés de Chine

Elle vient elle vient
demain à huit heure
mousson continuo

Le ventilo fait trembler
la peinture
clong clong

L’abricot tombé de l’ume
sent bon
calligraphier des boites

Marcher rêver
Amanohashidate
un canard ex nihilo

Trois coiffeurs
shampouinent un chien
Karinto minazuki

La gorge du guépard
un whisky à 2 heures
trois raku noirs

Se souvenir des éclairs
de la veille
thé chaud aux glaçons

Le kaolin est une kaoline
clitoridienne
bon voyage les nuages

Cliquetis des bols
grondement d’orage
propolis en spray

Si seul
à lire ses spams
l’odeur d’une allumette

« J’aime la pluie la nuit
pas celle du matin »
jour des cartons kana

Un petit garçon
me donne un bonbon
le coucou près du four

Arrête d’avoir peur
tu me fais sursauter
lézard de midi

La corbeau n’ose pas
alors son chéri lui apporte
gâteau chétif de Karatsu

T’es aussi floutée
que le voisin du train
lune allée 6 siège A

C’est donc ça
t’es une grosse luciole
la lune

Dis soleil t’as déjà
marché nu sur un tatami ?
flap lent des papillons noirs

Vélocité aléatoire
la pupille des oiseaux
se sentir seul le soir

Qu’est-ce que tu fais là
sur l’arbre
grosse lune de quatre heures ?

L’ombre des feuilles
boit la flaque
samue noir tâché de terre

Qui ouvre les fleurs
nô & loveho
coconut nam – superdry

Une maman pousse de la main
ses petits aux parapluies
90 kilos de livres

« Qui n’aurait pas lu
les trois petits cochons »
un mixer pour l’émail

Le petit chien malade
aime les kakinotane
gifler la glaise et le temps

Tu sors bien à gauche
ce matin soleil
les feuilles se protègent les yeux

Bonjour bonjour
avant le soleil
les vieux du daimonji

La pluie la nuit
que lui dit-elle
au potier manchot

Le corps d’un homme
encorde une femme
un seul oiseau au matin

Les mots
baquet d’eau du céramiste
empreinte de ficelles

Un bras de fer
avec une argile enfant
étudiante au monoï à vélo

La voisine en arrêt
devant les roses
un gros chat misanthrope

Coup de soleil et samue
le serpent écrasé
une vallée protégée

De l’eau dans le frigo
les premières grenouilles
la cascade d’après la pluie

Surgriller des pains au riz
sortie de bain
un pin sous le gris

Les konro protégés
nouveaux plocs dans le jardin
un bain chaud le matin

Un jus d’orange pour Cendrillon
les rideaux dans le train
penser aux pierres

Le lézard a grossi
la cascade blanche
cinq tofus différents

Piquer une punaise
pour son tablier
puisse Léon revenir au paon

Une grue inquiète
des grenouilles peinardes
un menuisier heureux

Un parapluie sous un torii
la nuit
les feuilles ont les jambes lourdes

Ranger jeter
donner
acheter du kaolin blanc

À diluer dans du thé
l’encre pour le bol
Genji karuta sous la pluie

Peler un biwa
le sourire d’un bouddha
la pluie le soir sur le toit

L’ombre des feuilles vertes
à midi
changer de nom pour ne plus revenir

Sayoko est morte
ses rires
le soleil éclaire la lune

Les mémés mercières
deux tomates trois oignons
les trois terres en quarantaine

Reflet d’arbres enrochés
monument aux héros
un long silence en voiture

Un hanko d’un pied
de bol brisé
un chien attaché qui a peur

Les trois terres ido
sous le chantier hlm
l’odeur d’un bol

La vie des pierres et des arbres
étranglée sur l’archipel
une lune biwa

Les arbres duvet blanc
sur l’autoroute
un bébé qui pleure

Ça lui fait comme un trou
la lune au pin
préparer sa valise

Un parent ne peut faire la moue
comme à l’ouverture du four
un chien qui ne sera bientôt plus là

La mer béton
et la rivière couleur pin
des éclairs et la grêle

Ne coucher ici
ni le sexe ni la mort
un seul oiseau chante

La pluie a laissé sur la vitre
quelques larmes
je ne l’ai pas entendue

Les chandelles se dressent
impolies sur le pin
message à la pluie kana

Les petites feuilles
clignent des cils
sous la pluie

Leur crâne aussi rond
que leur jeunesse
trente moines au daimonji

Trop de prunes
sur l’ume bonsai
amertume du thé « pollen »

Construire des ruines
qui souillent le ciel
mais des saules et des iris

Le jasmin dans le thé
puis au lac
taichi de pyjamas dorés

Militaires au loin
ah non
des pigeons qui roucoulent

Son chien luisant sort
avec l’odeur du moxa
gruau de dates et litchis

La chienne mordille la porte
la fleur plastique chante
les bouddhas dorment

Des mauvais rêves
se laver le visage
au vacarme des oiseaux

Les fruits bouillent
on parle fort
moment de thé chinois

Le moine ne comprend pas pourquoi
je coupe ce vieux bambou
trois chabana

On l’a abandonnée au temple
la petite chienne qui me gronde
infusion de kiku

Dans les théiers récoltés
des fleurs de mûres
laque noire la chienne du temple

Je ne lui parle pas
alors il ne m’aime pas
les moineaux sont tous coiffeurs

Tiens cette année
des pissenlits sur les mousses
premier bol au charbon

Dix-huit maiko dansent
une seule prend la lumière
la lumière est injuste

Le premier papillon jaune
semble saoul
mais tous les papillons boivent

La pluie en voulait à l’hiver
pour sa voix sur les feuilles
les jolies femmes à l’accent laid

Tu ne peux rien contre moi
lance le momiji au ciel gris
sous la haie les pattes d’un chat

La courbe de l’oiseau
qui ralentit pour se poser
une jeune femme en deuil

Une neige qui ne tomberait pas
sur des feuilles trop neuves
derrière la vitre de l’engawa

Les flaques que j’ai prises
ont séché
retour des gants dans la poche

Un ume sans fleurs
une vie sans ume
remettre un pull et le chauffage

Les ume même absentes
sont toujours là
bon débarras les sakura

Comme chez soi
chez un autre
première pluie des premières feuilles

Elles sont nombreuses
mais ça ne fait rien
les feuilles règnent

Les premières fourmis
semblent danser
ma main les arrose

Les oiseaux semblent heureux
de la fin du rose
leur sourire dans l’œil

Vingt taxis noirs à l’arrêt
et d’un coup au ralenti
un nuage de pétales roses

Le premier lézard
est si petit
du miel comme antitussif

Un bol sans boite ni sceau
un papillon
n’a pas besoin d’épingle

Quand tu passes de toute jaune
à toute blanche lune
comment te faire confiance

Sortir pour arroser
les petits ume
dis tu vas descendre fièvre

La lune fait une grosse
fleur au pin noir
mon nez ne se débouche pas

De plastique ou de papier
si fines ses fleurs
que les pompiers tremblent

Ils pleurent
ou suivent l’eau
les cerisiers du tao

Retirer le rose aux roses
ajouter du rouge aux blancs
et transparents de 10 à 19h

Rhume des foins continu
les arbres façon mariage
mon mouchoir ne m’aime plus

Pourquoi s’intéresser aux fleurs
quand on a eu l’ume
son de la feuille éclose

L’argile qui salit les mains
lave les mains
l’oiseau rêve d’un bol

Les sakura de carnaval
si miteux en ville
le vent s’en fiche

La nuit une chatte blessée
chasse les fantômes
Yûgen-幽玄 : transe de femme

Sieste dans le wagon
une famille glane autour
le ciel bleu ne bouge pas

Elle referme son livret
sort son mouchoir blanc plié
une grand-mère à Sakuragawa

Répétition à Kanze
dans la salle vide
toutes les âmes sensibles

Et en vieillissant tu as compris ?
que la vie n’est pas une orange
mais un kumquat

Le pin toujours vert
sait bien mais quand même
et déprime à la sortie des feuilles

Les pins calligraphiés
ne font pas de bons parapluies
la mousse à leur pied les aime

C’est rare un corbeau piteux
tout ramassé sur un cerisier rose
sans fromage juste trempé

La pluie laisse son miroir
sur le bois de l’engawa
le ciel s’y repoudre

Qui te fait du mal
pour que tu sois si méchante
pluie de nuit sur ville en fleurs

Il est enroué
ou c’est son accent peut-être
l’oiseau revenu

Pull décide-toi
tu sors ou tu restes
chant du papier de verre

Pour le soleil trop fort
des lunettes noires
rire avec l’amie qui ne mange plus

J’ai ramassé une prune d’un palais
et souri à sa presque-fleur
et toi qu’as-tu fait de ta vie ?

Le premier le seul bouton
la pluie froide le tranche
le jaune en son cœur brille

Les sakura de douze ans
morguent les ume jeunes grand-mères
qu’est-ce qu’une môme peut connaître

Sur la pierre mouillée
des pétales trempées
d’un lit la nuit

Long fleuve tranquille sud
les bourgeons plus beaux d’être rouges
qui n’aime pas les popcorns

Les saules ne sont plus nus
juste enfantins
le petit vent s’amuse

La tristesse des fleurs
est contagieuse kana
mouchoirs après mouchoirs

L’ume nait sans feuillage
en armure sur la branche
destinée des reines d’hiver

Dis vieil ume
toi la nuit
qu’attends-tu

Naître vieil ume
d’accord
mais le rester

Ogishi-王羲之 copieur
ton kaisho-楷書 c’est l’ume
dans mon cœur

Ume sur le ciel
encre sur la soie
kairagi-梅花皮 sous les doigts

Sourire heureux des voix légères
thé parfait
plusieurs heures encore sourire

Un bol au tour si beau
que l’œil salive
de l’accueil plus que du thé

Feues les flammes
une noborigama s’éteint
des enfants boivent dans ses os

Le froid parfait sous
le contre-jour parfait
ume madadayo de Tsukigase

Un couple d’oiseaux vert et jaune
se saoule sur mon ume
profitez ! profitez !

Les hanches d’un bol
les pétales d’une pivoine
un parapluie oublié

Si l’odeur de l’hôpital
était un shampoing
il faudrait changer de shampoing

Une mauvaise chanteuse
s’entraîne en dilettante
les arrêts et les reviens de la pluie

Oui mais qui est le loup
lance une petite fille
meute hurlante de bambins

Ni feuilles ni butineurs
nues en somme
ume dans le froid

Ah ben c’est malin
vous êtes sorties sans parapluie
fleurs chétives de mon ume

Un bol accueillant
qui aurait la couleur
d’un jeune pin rouge sous la pluie

Je me fiche que tu sois belle
ce mois-ci j’ai les ume
boude tant que tu veux lune

Quand elles braguent
elles énerveraient presque
ume au soleil

L’ombre de la fleur sur ses pétales
le soleil
aurait perdu un cil

Si pleine impudique
on dirait que tu traces des ketsuji
pleine lune

Il faut avoir été servi par la vie
pour vous accepter avec tendresse
pépins de mandarine

Trop haute et sans nuage
bah tu reviendras kana
pleine lune

Braves petites
ce vent qui aurait plumé les sakura
l’ume l’ignore

Le vent frappe à la fenêtre
comme un chat capricieux
je ne lui ouvre pas

La flamme qui s’éteint
exactement au son du gong
thé épais de nuit sombre

Faire un vœu
elle porte un jogging moche
la première ombrelle

La chance des enfants
à ne pas avoir à se répéter
et d’où venez-vous ?

Tout chétifs tout frippés
et d’un de ces pourpres
les pétales qu’on aime de ne pas aimer

Une grue entre deux immeubles
les effacent
pardon madame

Ton p’tit œil de fêtard
fait mal à voir
soleil

Sans connexion avec la salle
sortir triste du noh
ballon d’eau chaude vide

Sous le corset jaune
des saules qui se préparent
à masquer le cours du temps

Trouver dans la foule des fleurs
celle qui attire la lumière
la garder à contre-jour

Concours de miss prune
outrageusement maquillées
bairin-梅林 du château d’Osaka

« Ce n’est pas la peine
vous arrivez trop tard »
ume du troisième jour

Range ta chambre
a-t-on envie de dire à la forêt
feuilles d’automne en hiver

« Quel intérêt d’aller aux jonquilles ? »
quarante ans plus tard
le sourire de mon père

Un deuxième bol
percé
comme un carnet

Les pâtissières me sourient
comme à un garçon de six ans
qui saurait déjà lire

Les bonsai d’ume
déjà trop fleuris
font pitié font pitié

Aux puces un jour
un vieux marchandera
tous les objets que j’y trouve

Ajouter au monde
autant qu’un ume
rêve d’homme

Les ume volent
au cœur
flèches païennes

Si le parfum des ume
était un cri
je serai sourd

Avoir l’âme exposée à l’est
pour les levers de soleil et de lune
qui valent l’ombre de midi

Un rond orange fier
sur mes traits incertains
calligraphie des lundis

Tournée des ume du quartier
les bourgeons gonflent
on croirait sentir leur parfum

Mains de vieilles tendues au soleil
pour les réchauffer
Bairin-梅林 j-8

Quand les déesses ne se lavent pas
elles sentent
l’ume

Seuls complets
un couple de pigeons
picore

Le pubis des ume
lubrique
me toise

Dès que le soleil a tourné le dos
la neige n’hésite plus
et s’allonge

Oeufs de poulpe
en cube
Bienvenue à Gattaca

Cesser d’acheter du thé
trop c’est trop
les lanternes déposent plainte

T’es tout pâlot
t’as mangé trop de chocolats ?
ciel de 15 février

Les ume ouvrent leur col
pour être prises
en photo

Le ramen qui va fermer est plein
on se sourit
on ne dit rien

Les ume prennent leur temps
indifférentes au soleil
pas moi

Six prêtres shinto
traversent le golf
sakura pleureurs de février

Ni la forme
ni la couleur d’une carotte
nonchalamment peler un bol

La lumière aussi
réclame sa sieste
glaise sous les ongles

Les feuilles ne lui vont donc pas
Ginkakuji
mis à nu par l’hiver

Tadaima du soleil
de retour d’un long week-end
les mousses n’ont pas honte

Je vous comprends
mais vous faites trop de bruit
corbeaux sous la pluie

La peau de la mandarine froide
ses lèvres de jeune femme
écorce noire de l’ume sans bourgeon

Le son de la pluie
plus blanc que sa lumière
sofa de pré-grippe

Le soleil en face
derrière les arbres
matin de givre

Balade des crêtes
le temps s’est arrêté
dans les cascades glacées

Les ume comme les étoiles
n’ont pas froid
aux yeux

Pousse-toi
petite araignée
je fais mon lit

Écorce orangée
flow du soleil et du vent
pins annulant la ville

La fonte noire sale
des kama
pour l’eau claire

Venir avant
et leur sourire
bourgeons de Kitano

Magasin de manjou
se réchauffer les mains au charbon
camélia rouge sombre

Enlever son bonnet
le bout du nez froid
soleil de midi

Elle court comme une enfant
la jolie mamie en kimono
arrêt de bus à 20m

Ses fleurs disgracieuses
plus grandes que le soleil
parfum du rôbaï-蜡梅

Arroser son jardin en hiver
la lumière bleue
sur les doigts

Ces trois petits points blancs
sont-ils tes premières fleurs
ume du palais

À la petite araignée
près de la table de nuit
oyasumi

Un femme ouvre son manteau
pour inviter
le corps du feu

T’es toute pâlotte
tu as pris froid
ma lune

Neige sale
sur les marches du Daimonji
la forêt pleure

Les oni
qui font pleurer les enfants
ne me font pas rire

Taxi si vieux si maigre
fenêtre ouverte
seatbelt unfastened

Bâillement de jetlag
Nanzenji vide
vendredi de setsubun

Retrouver le sourire doux
des bouddhas de pierre
ume du choshoin-聴松院

Neige mouillée sur Katsura
dans l’eau un héron
dort kana

Un petit oiseau
chante à 4h13
cerise sur le jetlag

Ça va on a compris
peekaboo
éteindre la lumière

Puisses-tu ne pas être
comme mes sembei
lune de miel

La lune yoyo
mais le désir
sans éclipses

Qui la minette
longuement
la lune ?

Les trois amis de l’hiver
au soleil
ume check

Recevoir une lettre sympathique
la deuxième page blanche
under blanket moon

Largo
toucher virtuose
Kyôto

Coucou de la main
à mes cantines
un pépé fume chez le coiffeur

Une trop grande branche
d’ume trop chère
tsubaki rachtèque

Un bouton nacré
de pyjama d’hiver
lune à la tombée

Laisser dans le toko
une promesse
日向 tourne-toi vers le soleil

Se sourire
d’être sorti du
hors-gel

L’ici-bas n’est pas
murmure
bleu de fin-janvier 15h

« Tu me fais fondre »
dit la neige au soleil
hamac deux places

Le corps d’une mésange
si léger
deux claquements de doigts

Un gros flocon
en plein jour
la lune

Crunch de raquettes
trépasseurs impolis kana
neige dans la gouttière

Les nuages près du soleil
peignent à l’ombre
la mer de nuages

Deux mois plus tard
trouver le cœur d’évaluer les dégâts
des souris sur les calligraphies

Briser une deuxième scie
petit sourire fier
copeaux dans le col

Pour enlaidir la forêt
juste un janvier
poignet du non bucheron

Hamac deux places
près du fil à linge
étendre le soleil kana

Lire debout
sur la rambarde du balcon
fin janvier

Je n’ai pas osé
enterrer dans la neige
la mésange

On me siffle
je me retourne
un oiseau

Téléski du grand chamois
deux gypaètes barbus
ont faim

Biffe le soleil
mais rends-moi la lune
mauvais temps

Cuillères sur le balcon
le soleil infidèle
la slush fourbe

Flamme bleue
qui danse le tango
crêpe chantilly

Plus forte que la fonte
plus fraiche que le thé
les traces du neriko

Hier flocons pivoine
ce matin la pluie
cils silencieux

Bang des avalancheurs
avant le jour
rêve réveil

Baptême évident
pour la ramée tombée
cuillères à thé

Sur les épaules des flocons
atteindre le toit
« aux bûches disparues »

山山冬冬
La montagne c’est la montagne
l’hiver l’hiver

Sur les traces du ranger
celles du renard
Darjeeling in kuro tsutsu

Pisser sous de gros flocons
c’est doux
c’est doux

Mon œil rempli de larmes
le froid la vitesse aussi
piste du grand chamois

Répondre au sourire
de la petite théière
cinquième eau

Le bois travaille en jouant
les pannes et les chevrons
trop de neige kana

Savoir enfin
préparer le feu
nata-鉈

Recevoir d’un ami un oolong
un jour à flocons
aji-味

Pousser la neige
comme un caddie
placards vides

Le vent souffle
comme s’il avait des idées
1kg de poudreuse

Monter sur le toit
avec une pelle
creuser le ciel kana

Fumée de cheminée
du fumier brûlé
sourire penaud à la neige

Les vieux qui s’en foutent
et font des traces
logique musculaire du laid

Que portent-ils là-bas
des boucliers mauves kana
ombre de midi

Thé et traits
même sensation d’épaule
pointillés du temps

Ritualiser le miroir de son désespoir
mais l’imposer aux autres
violence du chasen

Un musicien peut-il avoir le requiem
pour seule partition ?
wabicha

Le ma-間 du thé
est-ce l’alcool ?
Jack in lentilles

Déplacer l’hellébore
du toko au soleil
envol du vous

Pourquoi laissent-elles leur thé ?
« vous aviez dit trois gorgées et demie »
mousse dans le kensui

Tracer pour le toko
comme un lièvre sur la neige
bière d’après-stage

La mort de Rikyu
celle d’Oribe
wabi levant ?

Au sommet par beau temps
frapper deux fois ses mains quatre fois
bulles de bonheur

Sourire aux feuilles invisibles
de la pépinière d’altitude
hot tub

d’une vallée à l’autre
gentillesse ou snobisme
galette chocolat

Une buse à trois mètres
méprisante
le Fuji de Koetsu avec une lèvre orange

Prendre un livre à l’envers
goûter les majuscules à la fin des mots
mille grues

Jérémie et Camille
si calmes et posés
fleur jaune de l’arnica

Au-dessus du panneau falaise
volait un gypaète barbu il y a deux ans
tire-fesse

Et tout à coup enfin
un vrai bleu d’hiver
théière neuve de 3cl

Réparer deux drones
échouer
les yeux à terre

Avoir besoin de se salir
modérément les yeux
ma-間 du beau

Bigner le land
revenir avec la pioche
pour ne pas laisser rire la glace

La chatte maigre et déterminée
marathonant au bord de la RN
où va-t-elle ?

Misérables et drôles
mon tuyau mon siphon ma terre glaise
origine de l’eau

L’art de déplacer la bûche
c’est le ma-間
calligraphier au feu

Creuser une tranchée
monter une digue
trop-plein mal fichu

Ces fermières qui haïssent la neige
son monochrome
le miroir de leur vide

À trop jouer sous l’eau
la neige a des rides
au bout des doigts

Différer encore
la préparation du petit bois
frisson blouson

Les fanfaronnades internes
quand la tempête est passée
chasen usé

Les couronnes des rois
en carton en papier
sucre sur les doigts

Les branches de pin
ont retiré leurs rouleaux de neige
et frisent

La colère du vent
le rend créatif sous les arbres
hors réseau

Humidificateur et détecteur
se défient à la laideur
déshabiller la lune

Neige couvrant la buche
ah non
cendres

S’approcher près trop près
reculer des flammes
les yeux fermés

Rappel tendre à la neige
l’excès soustrait au charme
réserver deux heures

Le nuage ordinaire
cache la super lune
lessive à la main

Quel est votre premier souhait majesté ?
à jamais bannir
les feux d’artifice

Remplacer la poule saoûle
par les chiots sous la lune
kakejiku

Il les rend toute chose
les crêtes
soleil couchant

Les heures file d’attente
avant le rien
dents de la vie

Retourne te coucher
il est trop tôt
petit oiseau

Le choucas inspecte
la neige des pique-niqueurs
encre de chine

Un chat se léchant une plaie
se cache dans la furin
décalage d’année

Comme un crachat
de la pluie sur la route
la glace

Pourquoi prendre sa place soleil ?
parce qu’elle est trop envieuse
la pluie

Petit des impatiences dans les doigts
désormais de la patience au poignet
sourire à la pierre

Inutile de recueillir la pluie
pour calligraphier avec elle
過猶不及

Pourquoi l’abîmes-tu pluie ?
parce qu’elle est trop belle
la neige

Fer à souder
pour libérer le treuil
neige sous la pluie

Acouphènes de minuit
rayonnant de la lampe
écran bleu

Descendre au lac
remonter
ne plus descendre

Le soleil masse gentiment
les lombaires
de la vallée

La beauté pique
plus que le froid
lever du jour

Reclipser la lame
sur le ranger
murs de neige

Soleil dans les paillettes perdues
chaise longue pour
le porteur de short

Faire vivre les tabourets
le comptoir
bœuf sous le toit

Blizzard au plateau
visage solidifié
peur un instant

La cuillère était trop grosse
confirma-t-il
Bruno

Voir un invité
descendre deux pots de confiture
soudain désir de Wagner

Mettre sa chapka à l’envers
et rire tout seul
minion

L’infamie des couleurs
sur la neige
meibutsugire

Une perche sous le derrière
penser au tao
contre-flow

Dire bonjour
au saisonnier du téléski
re

L’odeur du gant neuf
quand on l’a retiré
vaisselle

Les larmes
du grand beau temps
volutes d’encens

Vrai rire imaginé
d’un thé improvisé
Alan Watts

Réduire de moitié
le chashaku de l’an passé
Emma Kirkby

Le Fuji de Koetsu
ses copains l’appellent
雲海

Tamiser le thé
vers le konatsume
neige de jade

Arroser une plante
avec l’eau restante
suiteki

Le cri du choucas
sous l’écume
pas content

Entourer le pain rustique
d’un torchon neuf
matsukaze électrique

Irrésolue ou joueuse
la mer
mouiller le chasen

10m
reflux de la vague
calligraphier 雲海

À 14h
la mer monte
sortir du hamac

Demander à un bot
le prénom de sa grand-mère
merci à vous bonne journée

Dans le silence
entendre distinctement
qui sedes

Se laver les mains
après l’orange
grandir

Nourrir son poêle
comme un gros chien
amour miroir

Boule de neige
je me retourne
c’est l’arbre

Pas d’oiseau
sur la neige lourde
ah si

Sol
invictus
Sol

Le soleil
orchestre les arbres
fonte

Bénéfice des stages
dénouer
à l’aveuglette

Le citron et le pourpre
sur les moutons de
la mer à cinq heures

De la couleur
au monochrome
macha crêpe au chocolat

Tracer
ou carver
le corps calligraphe

Mer de nuages
l’intensité du bleu
one of those days

Avec un ami
comparer les messes en si
eau de vie

Visibilité 5m
Casque hifi
Toaster le panettone

Décevoir l’expectative
au piano shin-gyo-so-ïser
les ornements

Wang Xizhi
et l’humble autel
macha

Descartes
et le mandala
gong fu cha

Propolis
sur l’autre versant
les lumières

Le piano là-haut
l’écran trop neige
double-chaussettes

L’amertume
et le velouté
de l’endive

Une trace
son absence
acide lactique

Lagavulin
Rachmaninov
couper le fenouil

Une temae acquise
en une seule fois
vache les concertistes

le tatami cette partition
y faire vibrer
le ma

Pièce à thé
à la plume prise à vif
un dyson

Un chasseur fluo
croise un pianiste fluo
traces vues du balcon

Répétition
d’un concerto
sortir déneiger

1h de suée
changer de chemise
ah parfois d’âme

Orange. Check.
Pantalon de ski. Check.
Pelle à neige

Faire le lit d’un invité
vérifier
le piano

La grosse bûche
n’est plus
les souvenirs

le volet
résiste
10 cm

Pardonner
au lièvre
ses traces

Gonfler un matelas
près du feu
tempête

Le vent
prend le chalet
pour une flûte

Le soleil derrière les nuages
aussi fier qu’une lune
pleine

Soulever un peu la bûche
éteinte
trop triste

Bruit numérique
sur les pins verts
Rajouter une bûche

Faux linteau
vrai torii
San Mon

Apparier
une télécommande
l’amour

Pommettes glacées
Pointe percée
Un chocolat chaud

Contrainte du pied
dans le ski
confiture

Bang
l’avalancheur
dans sa vie

Sourire au paysage
comme à un ami
perdu

Flocons
toutes ces pages blanches
recyclées

Cuir neuf
papier de verre
commander une râpe

Extraits de pépins
toux sèche
une noix

Retour de la neige
au froid
une bise

Furin d’hiver
pour pardonner au
vent

De quarante
à trois-cent-vingt
grain dans la vie

Jalousie de la pluie
sur la neige
feuilles de mûrier

Le vent de vallée
gifle le chalet
Tamuke

La pluie
crache sur la neige
route noire

Sculpter une cuillère
près du feu
miel-citron

Un kilo de fonte
un kilo de neige
usucha

Deux bûches
pour fondre
le bleuet du jour

Duvet percé
3 images par seconde
le ciel

Méjuger
le silence de la neige
pelletées

Un mokugyo
dans la gouttière
grand beau temps

Ne descends pas si vite
demain tu remontes
neige sur le toit

Expirations
d’asthmatique
le choucas en mission

Il s’envole
avec mon volet
le merle

Dans le poêle
deux mauvaises bûches
puis d’un coup

Un choucas
aux six heures d’un autre
croûton

Dans un vieux livre
un long cheveux
me sourit

(6 décembre 2017)