Courts

 

Crountch crountch crr
j’essaie de vous éviter
feuilles à balayer

 

 

Ahh ne tombe pas
joli petit oiseau rouge
juste une feuille d’ume

 

 

Le bruit des volets
qui glissent et clanguent matin soir
macha nam coco

 

 

L’émail a coulé
j’attaque le pied au couteau
vingt petits oiseaux

 

 

Le bol de minuit
puis celui de sept heures
mes mains rêvent de thé

 

 

Il a plu beaucoup
le grillon de novembre
chante si fort ce soir

 

 

Le typhon couche
les arbres sur Hieisan
la lumière en prime

 

 

Tu ne veux pas te
lever à l’ouest pour une fois
surprends-moi la lune

 

 

Creuser sous la mousse
pour amener le courant
four dans le jardin

 

 

Deux douches au revoir
la surdité du genji
une fatigue kana

 

 

Quatre fois les mains
le vent sous la cascade
soleil dans l’arbre

 

 

Gratter le timbre
de sa voix de son souffle
l’accepter kana

 

 

Les yeux chauds si clairs
d’un ex premier ministre
peintre céramiste

 

 

Osaka la sith
plafond trop haut de l’hotel
une bougie la nuit

 

 

Le rouge et le froid
les foules françaises à Koya
mais ses wagashi

 

 

Une américaine
des ido rouges un noir
kabi allergie

 

 

Dans la mizuya
un chat entre me regarde
et sort dégoûté

 

 

Shinyodo vide
les momiji encore verts
attendre le froid

 

 

Obi de mamies
une seule larme de Kannon
sencha d’automne

 

 

Cuire des bols la nuit
à six heure avant la lune
être ému kana

 

 

La lune est si ronde
qu’elle tiendrait dans mon bol rouge
mochi au marron

 

 

T’arrêtes d’aboyer
vas donc pov’ canard miteux
un corbeau à l’autre

 

 

Craque pas ne craque pas
et garde cette couleur
premier bol rouge

 

 

Rokurobyôé
l’art perd l’un de ses plus grands
qui le sait à l’ouest

 

 

Au sanctuaire
toutes les tablettes à brûler
poncer émailler

 

 

Jidai matsuri
retirer tous les cosplay
reste ce qu’on cache

 

 

Retrouver le noh
ses masques et ses douleurs
comme un long courrier

 

 

Sieste de vingt minutes
sept restaurants vides
marcher en sueur

 

 

Oui je comprends bien
mais je n’aime pas les vis écrous
et préfère les clous

 

 

Au yakitori
un homme entre et commande
dix brochettes de peau

 

 

Le chat me regarde
je te prends quand je veux au
100m scratch

 

 

Oui les kakis oui
ils sont enfin de retour
clac fait le couteau

 

 

Tant d’arbres montrent
deux mois après le typhon
leur plante de pied

 

 

On me suit
je me retourne
c’est une feuille

 

 

Vélo et byobu
vélo et deux samue
rentrer à vélo

 

 

Vendeuses de printemps
pour un vendeur d’automne
ne plus s’endormir

 

 

Le petit lézard
s’amuse dans les feuilles d’automne
si mon cœur pouvait

 

 

Mochis aux marrons
traverser la ville pour eux
comment y’en a plus

 

 

Les fleurs du théier
sont si nombreuses et grandes
les boire des yeux

 

 

Bouddha sans tête
Shigaraki et Jomon
une seule fleur

 

 

Loveho de la vie
où l’on crie le plaisir
les poèmes kana

 

 

Les épis sont lourds
et d’un jaune vert malade
pas moi pas moi nah

 

 

Corbeau ton vol sonne
comme un cœur dans le ciel
le huit à onze heure

 

 

Le oh du prêtre
qui renferme le kami
l’ouverture parfaite

 

 

Une kannon sans pied
les larmes au cinéma
odeur du koicha

 

 

Thé de Kennnin-ji
le blanc au noir dans la nuit
と・いうわけで

 

 

Le grillon du soir
et les oiseaux du matin
le prix de l’argile

 

 

Deux onigiri
au fil de l’eau Takao
soleil dans l’arbre

 

 

Bon décidez-vous
z’êtes un rhume ou allergie
momiji coupé

 

 

T’es un oreiller
pour les yeux ce matin nah
soleil d’octobre

 

 

On t’a attendu
tout dimanche et t’es pas v’nu
typhon d’automne

 

 

Silence pré-typhon
même les oiseaux volent blancs
Nikon Z seven

 

 

Montagne si grande
et la lune si petite
un typhon arrive

 

 

Il pleut à grosses gouttes
moteur du livreur d’journaux
4h du matin

 

 

Gaijins ne sachant
ouvrir leur onigiri
sarusuberi

 

 

Dernier jour dehors
course du soir à ranger
démontagner nah

 

 

Eh sérieusement
faut que t’arrête de faire ça
taupe sous mes plantes

 

 

L’oeil pur aveugle
de femme jeune et jalouse
lune de septembre

 

 

Planter en forêt
pour indiquer le chemin
un hagoromo

 

 

Hanamizuki
nanten bakazakura
anti-tiques Tigrette

 

 

Dans la voiture
le parfum d’un sazanka
blanc forcément blanc

 

 

Le bout de ma pioche
brille d’avoir heurté le dur
fier l’enfant en moi

 

 

Cloison et pare-mur
des draps pliés par une femme
le jaune du coucher

 

 

Recouper les croutes
de la tome de chèvre
Tigrette réclame

 

 

Diner impromptu
chaleureux lune verte
vinaigre Melfor

 

 

Un vase chaleureux
parmi les tasses reblanchies
gorges du Fier neh

 

 

Tigrette ce soir
est revenue réclamer
préparer un thé

 

 

Une jeune chatte tigrée
vient inspecter le biscuit
nyaa jusqu’au bout

 

 

Descendre en ville
et remonter si vite
deux bouteilles propane

 

 

Le vent dans l’érable
doit lui dire des bêtises
il rougit rougit

 

 

Les dieux sont nos nus
nos avant le langage
patates toutes cramées

 

 

Opinel pain noir
beurre et tome de chèvre
pin rouge et ume

 

 

On aurait envie
de te manger par pitié
vieille pistache

 

 

Leur accent trop fort
ne pas oser demander
et d’où venez-vous

 

 

Sakura plantés
le trou ou l’envol
trou d’envol du capricorne

 

 

Tiens une grenouille
tiens une autre jaune à pois noirs
graviers dans le noir

 

 

Hamac sous l’arbre
hamac sous les étoiles
même pétillement

 

 

Planter le nanten
avec l’eau de pluie kana
la lumière si douce

 

 

Une écharde profonde
sous l’ongle d’un petit doigt
on aime moins le bois

 

 

Planter des bambous
offrir le thé dans son bol
l’eau pour le jardin

 

 

Pourquoi mangent-ils des glaces
deux heures de route
back to paradise

 

 

袖錦 (Sode nishiki)
紅羽衣 (beni hagoromo)
trouver deux momiji

 

 

Le céramiste accroupi
sur son tampon vert
a mal au bide

 

 

Le petit oiseau
aime mes bols qui sèchent
à en chier dedans

 

 

Baka-zakura
soldé moitié prix
sur l’un deux fleurs blanches

 

 

On me dit et le typhon
pendant que j’achète
sept sacs de tourbe

 

 

Oiseaux mouches et papillons
s’envolent à mes pieds
lumière heureuse

 

 

Une grosse vache maline
pour passer inaperçue
fait les petits yeux

 

 

Ils vomissent ce soir
de retrouver leurs bourreaux
pensées pour ces enfants-là

 

 

Si on se réincarne
pitié oh pitié
pas en champignon

 

 

T’as pas pris de douche
pendant plusieurs mois ou quoi
poussière chaude du poêle

 

 

Seul dans le blanc le froid
enfin plus de promeneurs
gassho aux vallées

 

 

Ils ont pris toutes les myrtilles
et laisser les feuilles rouges
merci oui merci

 

 

Matsukaze fait fizz
mais les troncs qui se frottent
jeunes crapauds simplets

 

 

Avant la pluie
les vaches allongées
écoutent le silence

 

 

Et pour le pipi au lit
faudrait quelle pierre
l’améthyste ça peut

 

 

T’es gentille
tristoune mais gentille
la pluie qui r’vient

 

 

T’es aussi peu centrée
que mes bols au tour
lune jaune sur le toit

 

 

Une mère qui rit
pour apaiser les enfants
chir cardiaque du petit

 

 

Pas gentilles les vaches entre elles
elles connaissent leur hiérarchie
mieux qu’une maiko

 

 

Un arrosoir puis
un autre suivi d’un suivant
le merci des feuilles

 

 

Livraison des arbres
placés avec les maçons
macha dans bol blanc

 

 

T’es impudique comme ça
toute nue sans nuages
pleine lune

 

 

L’assiette de la pluie
et le raku des enfants
merci soleil pour ton tour

 

 

Brosse à main et aimer
caresser le savon
level up kana

 

 

Matin de fin août
chaussettes fines merci pour tout
ahh ton son chausson

 

 

Croissant tarama
émailler dans le froid
le vaisseau de Thésée

 

 

Dodan tsutsuji
matsu momiji
livraison lundi

 

 

Patience du bolier
devant le pyromètre
une libellule curieuse

 

 

Après l’orage
les chauve-souris dansent
fin de l’accident kana

 

 

Vendredi frites
vendredi lessive
mardi senteur des frites

 

 

Dresser des pierres
avoir le jardin
pour feuille kana

 

 

Un grillon à la machine
en sortant
n’a pas bonne mine

 

 

Ouvrir les trois portes
de l’eau
acheter des bambous

 

 

Une deux tonnes cinq
pour poser les pierres en 心
journée bougonnage kana

 

 

Recevoir les feux
de 20h à 13h
Sayoko kana

 

 

Matins et soirs la vallée
se maquille
supertechnicolor

 

 

Frites double-bain
émaillage enfumage
le nouveau four va bien

 

 

Dégage de l’escalier
grillon tu me fais penser
à un gokiburi

 

 

C’est toi qui frappe
regarde je viens t’accueillir
orage de montagne

 

 

Une petite fille en détresse
non une buse
qui s’envole l’air de rien

 

 

Confitures maisons
dans des pots moutarde
fichu tour électrique

 

 

Plic du noyau
des mirabelles
dans le bol raté

 

 

Pas un chat mais le renard
que tu menaçais
hier petite chatte

 

 

Certes mes poubelles sentent bon
mais tu m’as foutu la trouille
renard dans la nuit

 

 

Tes mains
combien d’heures de pioche
rigoles dans la nuit

 

 

Eh jolie toile
c’est la vieillesse ou l’oiseau
qui a pris l’araignée ?

 

 

Les portes d’une vieille grange
pour leurs planches
son du vieux clou qui sort

 

 

Regarder les pins
pour voir si la pluie tombe
zip de la polaire grise

 

 

Oh les chats
arrêtez de vous battre
pluie dans le noir

 

 

Le doigt insiste
les épines à quoi servent-elles ?
ouvrir le kit couture

 

 

Accident de voiture
je n’ai rien
il fait bleu ce matin

 

 

Réinventer trois thés
ni français ni japonais
mirabelle en fleur

 

 

Hamac sous le merisier
étoiles filantes
se péter la goule deux fois

 

 

Les bols n’ont pas explosé
ils auraient peut-être dû
crétin d’oxyde de cuivre

 

 

T’es fou au sommet de l’arbre
papillon orange
coups de vent de la vallée

 

 

Les autres génisses vont bien ?
oui
mieux vaut elle que nous

 

 

Émailler
mettre trop d’eau
monter au plateau

 

 

Descendre avec le veau
dans la benne
monter des pierres

 

 

Croiser le regard d’une vache
lui parler
rentrer chez soi

 

 

Mettre ma chemise orange
en pensant à Sayoko
sa couleur préférée

 

 

Et bien tu vois
le blanc te va vraiment mieux
lune du lendemain

 

 

Tout doucement
une vache étend sa patte
il pleut

 

 

Tu m’as foutu les j’tons
toute rouge si sombre
éclipse de lune

 

 

Des boites pour l’émail
Schubert au plateau
« art is love made public »

 

 

Une vache tombe
se casse la patte
on l’achève

 

 

D me parle de goen
l’accueil par le thé
l’embrayage ciré

 

 

700 et pas plus
t’aurai pu monter plus haut
cendres qui ne fondent pas

 

 

Tête du débroussailleur
banane trop fraiche
sourire à son thé

 

 

Après une fausse couche
la vie recyclée
recycler l’argile

 

 

Installer un washlet
joint et cuivre
les vaches attendent l’orage

 

 

Double-bain de frites
une coupe de cheveux
la grêle sur les plants

 

 

Le chien sans laisse
accorder les clarines
la gourde métallique

 

 

Manger une banane
les vaches sous le balcon
émail de cendres non cuit

 

 

Le bol de Camille
sur l’alandier
conseiller Ozu

 

 

Les klaxons du tour
ses hélicoptères
laver des cendres

 

 

De douleur se réveiller
yoga de nuit
un duvet sur tatami

 

 

À  la pioche
planter des bambous
dos démis

 

 

Circulaire et perforeuse
tabouret de douche
peur des pétards

 

 

Ramasser du feldspar
filtrer les cendres
orage au soir

 

 

Un lotus dans la gouille
être heureux
ne pas savoir pourquoi

 

 

Les biches mangent les arbres
remède argile-bouse
une bouse c’est 7 litres

 

 

L’espace et la pierre
le flot du vent
de la tourbe sous les sassa

 

 

Les bols frais aussi
pique-niquent au soleil
les casser le soir

 

 

Âmes qui ne passeraient pas
au contrôle technique
du stop plus souvent

 

 

Tonneau et briques
bicarbonate de soude
qu’en dites-vous les bols

 

 

Roseaux non traçants
meuler du réfractaire
ténacité persistante

 

 

Le petit oiseau
se niche contre mon bol
et il y chie kana

 

 

Mouiller ses chaussettes
dans la cendre de pluie
banane du p’tit déj

 

 

Terre cellulosique
vider la cave
les cerises de 13 ans

 

 

Sabler la voiture
aiguiller vers Chôjirô
One punch man

 

 

T’es pas venue pluie
planter tournaser
chidori et feldspath

 

 

Terre acide aux mains
pit fire kana
des bambous tiendront-ils ?

 

 

Juste là kana
le filon d’argile
tournette face à la Tournette

 

 

Va plutôt menacer
la lune petit oiseau
glouglou du filet d’eau

 

 

J’y toucherai pas
à ton nid petit oiseau
odeur sucrée du foin

 

 

Caresser les arbres
qui ont survécu
la lune à l’est dans le V

 

 

Hublots fermés
du 747 vers Frankfurt
des cerises au chalet

 

 

Supporter avec respect
l’air conditionné
tetris putchi putchi

 

 

Impôts eutectique
formation des silex
Naan plus que roti

 

 

Pigeons moineaux corbeaux
les oiseaux qu’on mérite
1230 dix heures

 

 

Du pain et du macha
des furoshiki
la serpillère à genoux

 

 

L’uguisu couvre
la chambre des amants
copier le sutra du cœur

 

 

Masque et gants
oxydes et charbon broyé
les deux bonsai morts

 

 

Un bento-sancho
en écoutant les grenouilles
Shigaraki kama

 

 

Ranger le contenu
de sa maison
des natsume-katana

 

 

Le silence de la fatigue
et de l’attente
singe sur poisson-chat

 

 

À minuit commander
rutile vanadium ilménite
forte réplique

 

 

Trouille tremblement
guet diffus
photographier des kama

 

 

Obidome couleurs
sake et tao
cuire un biscuit

 

 

En 2D la lumière
la musique élégante
le mur de pierres

 

 

Feuilles tambour
le voisin n’entretient pas
les oiseaux aiment le voisin

 

 

La pluie de 6h
comme un robinet
silence des mauvaises herbes

 

 

Compter les je
d’une lecture
les brumes disparaissent

 

 

Ouvrir fermer le col
de la terre
revenir par surprise

 

 

Gros nuages de juin
vers Nagano
larves d’abeille

 

 

Surcasque des ouvriers
pour ne pas abîmer
fleur de marronnier

 

 

Des boites dans des boites
dans des boites
grill du marché aux poissons

 

 

Une petite fille danse
l’irrépressible envie de
chips après le nô

 

 

Larmes et plaisir
tsuyu
en caleçon dans la maison

 

 

Une maison qui ne sent
jamais la cuisine
uguisu qui revient enfin

 

 

Regarde cocotte
c’est comme ça qu’il faut faire
dit la pluie à la rosée

 

 

Love marks sur la pierre
parapluies monades
huit thés de Chine

 

 

Elle vient elle vient
demain à huit heure
mousson continuo

 

 

Le ventilo fait trembler
la peinture
clong clong

 

 

L’abricot tombé de l’ume
sent bon
calligraphier des boites

 

 

Marcher rêver
Amanohashidate
un canard ex nihilo

 

 

Trois coiffeurs
shampouinent un chien
Karinto minazuki

 

 

La gorge du guépard
un whisky à 2 heures
trois raku noirs

 

 

Se souvenir des éclairs
de la veille
thé chaud aux glaçons

 

 

Le kaolin est une kaoline
clitoridienne
bon voyage les nuages

 

 

Cliquetis des bols
grondement d’orage
propolis en spray

 

 

Si seul
à lire ses spams
l’odeur d’une allumette

 

 

« J’aime la pluie la nuit
pas celle du matin »
jour des cartons kana

 

 

Un petit garçon
me donne un bonbon
le coucou près du four

 

 

Arrête d’avoir peur
tu me fais sursauter
lézard de midi

 

 

La corbeau n’ose pas
alors son chéri lui apporte
gâteau chétif de Karatsu

 

 

T’es aussi floutée
que le voisin du train
lune allée 6 siège A

 

 

C’est donc ça
t’es une grosse luciole
la lune

 

 

Dis soleil t’as déjà
marché nu sur un tatami ?
flap lent des papillons noirs

 

 

Vélocité aléatoire
la pupille des oiseaux
se sentir seul le soir

 

 

Qu’est-ce que tu fais là
sur l’arbre
grosse lune de quatre heures ?

 

 

L’ombre des feuilles
boit la flaque
samue noir tâché de terre

 

 

Qui ouvre les fleurs
nô & loveho
coconut nam – superdry

 

 

Une maman pousse de la main
ses petits aux parapluies
90 kilos de livres

 

 

« Qui n’aurait pas lu
les trois petits cochons »
un mixer pour l’émail

 

 

Le petit chien malade
aime les kakinotane
gifler la glaise et le temps

 

 

Tu sors bien à gauche
ce matin soleil
les feuilles se protègent les yeux

 

 

Bonjour bonjour
avant le soleil
les vieux du daimonji

 

 

La pluie la nuit
que lui dit-elle
au potier manchot

 

 

Le corps d’un homme
encorde une femme
un seul oiseau au matin

 

 

Les mots
baquet d’eau du céramiste
empreinte de ficelles

 

 

Un bras de fer
avec une argile enfant
étudiante au monoï à vélo

 

 

La voisine en arrêt
devant les roses
un gros chat misanthrope

 

 

Coup de soleil et samue
le serpent écrasé
une vallée protégée

 

 

De l’eau dans le frigo
les premières grenouilles
la cascade d’après la pluie

 

 

Surgriller des pains au riz
sortie de bain
un pin sous le gris

 

 

Les konro protégés
nouveaux plocs dans le jardin
un bain chaud le matin

 

 

Un jus d’orange pour Cendrillon
les rideaux dans le train
penser aux pierres

 

 

Le lézard a grossi
la cascade blanche
cinq tofus différents

 

 

Piquer une punaise
pour son tablier
puisse Léon revenir au paon

 

 

Une grue inquiète
des grenouilles peinardes
un menuisier heureux

 

 

Un parapluie sous un torii
la nuit
les feuilles ont les jambes lourdes

 

 

Ranger, jeter
donner
acheter du kaolin blanc

 

 

À diluer dans du thé
l’encre pour le bol
Genji karuta sous la pluie

 

 

Peler un biwa
le sourire d’un bouddha
la pluie le soir sur le toit

 

 

L’ombre des feuilles vertes
à midi
changer de nom pour ne plus revenir

 

 

Sayoko est morte
ses rires
le soleil éclaire la lune

 

 

Les mémés mercières
deux tomates trois oignons
les trois terres en quarantaine

 

 

Reflet d’arbres enrochés
monument aux héros
un long silence en voiture

 

 

Un hanko d’un pied
de bol brisé
un chien attaché qui a peur

 

 

Les trois terres ido
sous le chantier hlm
l’odeur d’un bol

 

 

La vie des pierres et des arbres
étranglée sur l’archipel
une lune biwa

 

 

Les arbres duvet blanc
sur l’autoroute
un bébé qui pleure

 

 

Ça lui fait comme un trou
la lune au pin
préparer sa valise

 

 

Un parent ne peut faire la moue
comme à l’ouverture du four
un chien qui ne sera bientôt plus là

 

 

La mer béton
et la rivière couleur pin
des éclairs et la grêle

 

 

Ne coucher ici
ni le sexe ni la mort
un seul oiseau chante

 

 

La pluie a laissé sur la vitre
quelques larmes
je ne l’ai pas entendue

 

 

Les chandelles se dressent
impolies sur le pin
message à la pluie kana

 

 

Les petites feuilles
clignent des cils
sous la pluie

 

 

Leur crâne aussi rond
que leur jeunesse
trente moines au daimonji

 

 

Trop de prunes
sur l’ume bonsai
amertume du thé « pollen »

 

 

Construire des ruines
qui souillent le ciel
mais des saules et des iris

 

 

Le jasmin dans le thé
puis au lac
taichi de pyjamas dorés

 

 

Militaires au loin
ah non
des pigeons qui roucoulent

 

 

Son chien luisant sort
avec l’odeur du moxa
gruau de dates et litchis

 

 

La chienne mordille la porte
la fleur plastique chante
les bouddhas dorment

 

 

Des mauvais rêves
se laver le visage
au vacarme des oiseaux

 

 

Les fruits bouillent
on parle fort
moment de thé chinois

 

 

Le moine ne comprend pas pourquoi
je coupe ce vieux bambou
trois chabana

 

On l’a abandonnée au temple
la petite chienne qui me gronde
infusion de kiku

 

 

Dans les théiers récoltés
des fleurs de mûres
laque noire la chienne du temple

 

 

Je ne lui parle pas
alors il ne m’aime pas
les moineaux sont tous coiffeurs

 

 

Tiens cette année
des pissenlits sur les mousses
premier bol au charbon

 

 

Dix-huit maiko dansent
une seule prend la lumière
la lumière est injuste

 

 

Le premier papillon jaune
semble saoul
mais tous les papillons boivent

 

 

La pluie en voulait à l’hiver
pour sa voix sur les feuilles
les jolies femmes à l’accent laid

 

 

Tu ne peux rien contre moi
lance le momiji au ciel gris
sous la haie les pattes d’un chat

 

 

La courbe de l’oiseau
qui ralentit pour se poser
une jeune femme en deuil

 

 

Une neige qui ne tomberait pas
sur des feuilles trop neuves
derrière la vitre de l’engawa

 

 

Les flaques que j’ai prises
ont séché
retour des gants dans la poche

 

 

Un ume sans fleurs
une vie sans ume
remettre un pull et le chauffage

 

 

Les ume même absentes
sont toujours là
bon débarras les sakura

 

 

Comme chez soi
chez un autre
première pluie des premières feuilles

 

 

Elles sont nombreuses
mais ça ne fait rien
les feuilles règnent

 

 

Les premières fourmis
semblent danser
ma main les arrose

 

 

Les oiseaux semblent heureux
de la fin du rose
leur sourire dans l’œil

 

 

Vingt taxis noirs à l’arrêt
et d’un coup au ralenti
un nuage de pétales roses

 

 

Le premier lézard
est si petit
du miel comme antitussif

 

 

Un bol sans boite ni sceau
un papillon
n’a pas besoin d’épingle

 

 

Quand tu passes de toute jaune
à toute blanche lune
comment te faire confiance

 

 

Sortir pour arroser
les petits ume
dis tu vas descendre fièvre

 

 

La lune fait une grosse
fleur au pin noir
mon nez ne se débouche pas

 

 

De plastique ou de papier
si fines ses fleurs
que les pompiers tremblent

 

 

Ils pleurent
ou suivent l’eau
les cerisiers du tao

 

 

Retirer le rose aux roses
ajouter du rouge aux blancs
et transparents de 10 à 19h

 

 

Rhume des foins continu
les arbres façon mariage
mon mouchoir ne m’aime plus

 

 

Pourquoi s’intéresser aux fleurs
quand on a eu l’ume
son de la feuille éclose

 

 

L’argile qui salit les mains
lave les mains
l’oiseau rêve d’un bol

 

 

Les sakura de carnaval
si miteux en ville
le vent s’en fiche

 

 

La nuit une chatte blessée
chasse les fantômes
Yûgen-幽玄 : transe de femme

 

 

Sieste dans le wagon
une famille glane autour
le ciel bleu ne bouge pas

 

 

Elle referme son livret
sort son mouchoir blanc plié
une grand-mère à Sakuragawa

 

 

Répétition à Kanze
dans la salle vide
toutes les âmes sensibles

 

 

Et en vieillissant tu as compris ?
que la vie n’est pas une orange
mais un kumquat

 

 

Le pin toujours vert
sait bien mais quand même
et déprime à la sortie des feuilles

 

 

Les pins calligraphiés
ne font pas de bons parapluies
la mousse à leur pied les aime

 

 

C’est rare un corbeau piteux
tout ramassé sur un cerisier rose
sans fromage juste trempé

 

 

La pluie laisse son miroir
sur le bois de l’engawa
le ciel s’y repoudre

 

 

Qui te fait du mal
pour que tu sois si méchante
pluie de nuit sur ville en fleurs

 

 

Il est enroué
ou c’est son accent peut-être
l’oiseau revenu

 

 

Pull décide-toi
tu sors ou tu restes
chant du papier de verre

 

 

Pour le soleil trop fort
des lunettes noires
rire avec l’amie qui ne mange plus

 

 

J’ai ramassé une prune d’un palais
et souri à sa presque-fleur
et toi qu’as-tu fait de ta vie ?

 

 

Le premier le seul bouton
la pluie froide le tranche
le jaune en son cœur brille

 

 

Les sakura de douze ans
morguent les ume jeunes grand-mères
qu’est-ce qu’une môme peut connaître

 

 

Sur la pierre mouillée
des pétales trempées
d’un lit la nuit

 

 

Long fleuve tranquille sud
les bourgeons plus beaux d’être rouges
qui n’aime pas les popcorns

 

 

Les saules ne sont plus nus
juste enfantins
le petit vent s’amuse

 

 

La tristesse des fleurs
est contagieuse kana
mouchoirs après mouchoirs

 

 

L’ume nait sans feuillage
en armure sur la branche
destinée des reines d’hiver

 

 

Dis vieil ume
toi la nuit
qu’attends-tu

 

 

Naître vieil ume
d’accord
mais le rester

 

 

Ogishi-王羲之 copieur
ton kaisho-楷書 c’est l’ume
dans mon cœur

 

 

Ume sur le ciel
encre sur la soie
kairagi-梅花皮 sous les doigts

 

 

Sourire heureux des voix légères
thé parfait
plusieurs heures encore sourire

 

 

Un bol au tour si beau
que l’œil salive
de l’accueil plus que du thé

 

 

Feues les flammes
une noborigama s’éteint
des enfants boivent dans ses os

 

 

Le froid parfait sous
le contre-jour parfait
ume madadayo de Tsukigase

 

 

Un couple d’oiseaux vert et jaune
se saoule sur mon ume
profitez ! profitez !

 

 

Les hanches d’un bol
les pétales d’une pivoine
un parapluie oublié

 

 

Si l’odeur de l’hôpital
était un shampoing
il faudrait changer de shampoing

 

 

Une mauvaise chanteuse
s’entraîne en dilettante
les arrêts et les reviens de la pluie

 

 

Oui mais qui est le loup
lance une petite fille
meute hurlante de bambins

 

 

Ni feuilles ni butineurs
nues en somme
ume dans le froid

 

 

Ah ben c’est malin
vous êtes sorties sans parapluie
fleurs chétives de mon ume

 

 

Un bol accueillant
qui aurait la couleur
d’un jeune pin rouge sous la pluie

 

 

Je me fiche que tu sois belle
ce mois-ci j’ai les ume
boude tant que tu veux lune

 

 

Quand elles braguent
elles énerveraient presque
ume au soleil

 

 

L’ombre de la fleur sur ses pétales
le soleil
aurait perdu un cil

 

 

Si pleine, impudique
on dirait que tu traces des ketsuji
pleine lune

 

 

Il faut avoir été servi par la vie
pour vous accepter avec tendresse
pépins de mandarine

 

 

Trop haute et sans nuage
bah tu reviendras kana
pleine lune

 

 

Braves petites
ce vent qui aurait plumé les sakura
l’ume l’ignore

 

 

Le vent frappe à la fenêtre
comme un chat capricieux
je ne lui ouvre pas

 

 

La flamme qui s’éteint
exactement au son du gong
thé épais de nuit sombre

 

 

Faire un vœu
elle porte un jogging moche
la première ombrelle

 

 

La chance des enfants
à ne pas avoir à se répéter
et d’où venez-vous ?

 

 

Tout chétifs, tout frippés
et d’un de ces pourpres
les pétales qu’on aime de ne pas aimer

 

 

Une grue entre deux immeubles
les effacent
pardon madame

 

 

Ton p’tit œil de fêtard
fait mal à voir
soleil

 

 

Sans connexion avec la salle
sortir triste du noh
ballon d’eau chaude vide

 

 

Sous le corset jaune
des saules qui se préparent
à masquer le cours du temps

 

 

Trouver dans la foule des fleurs
celle qui attire la lumière
la garder à contre-jour

 

 

Concours de miss prune
outrageusement maquillées
bairin-梅林 du château d’Osaka

 

 

« Ce n’est pas la peine
vous arrivez trop tard »
ume du troisième jour

 

 

Range ta chambre
a-t-on envie de dire à la forêt
feuilles d’automne en hiver

 

 

« Quel intérêt d’aller aux jonquilles ? »
quarante ans plus tard
le sourire de mon père

 

 

Un deuxième bol
percé
comme un carnet

 

 

Les pâtissières me sourient
comme à un garçon de six ans
qui saurait déjà lire

 

 

Les bonsai d’ume
déjà trop fleuris
font pitié font pitié

 

 

Aux puces un jour
un vieux marchandera
tous les objets que j’y trouve

 

 

Ajouter au monde
autant qu’un ume
rêve d’homme

 

 

Les ume volent
au cœur
flèches païennes

 

 

Si le parfum des ume
était un cri
je serai sourd

 

 

Avoir l’âme exposée à l’est
pour les levers de soleil et de lune
qui valent l’ombre de midi

 

 

Un rond orange fier
sur mes traits incertains
calligraphie des lundis

 

 

Tournée des ume du quartier
les bourgeons gonflent
on croirait sentir leur parfum

 

 

Mains de vieilles tendues au soleil
pour les réchauffer
Bairin-梅林 j-8

 

 

Quand les déesses ne se lavent pas
elles sentent
l’ume

 

 

Seuls, complets
un couple de pigeons
picore

 

 

Le pubis des ume
lubrique
me toise

 

 

Dès que le soleil a tourné le dos
la neige n’hésite plus
et s’allonge

 

 

Oeufs de poulpe
en cube
Bienvenue à Gattaca

 

 

Cesser d’acheter du thé
trop c’est trop
les lanternes déposent plainte

 

 

T’es tout pâlot
t’as mangé trop de chocolats ?
ciel de 15 février

 

 

Les ume ouvrent leur col
pour être prises
en photo

 

 

Le ramen qui va fermer est plein
on se sourit
on ne dit rien

 

 

Les ume prennent leur temps
indifférentes au soleil
pas moi

 

 

Six prêtres shinto
traversent le golf
sakura pleureurs de février

 

 

Ni la forme
ni la couleur d’une carotte
nonchalamment peler un bol

 

 

La lumière aussi
réclame sa sieste
glaise sous les ongles

 

 

Les feuilles ne lui vont donc pas
Ginkakuji
mis à nu par l’hiver

 

 

Tadaima du soleil
de retour d’un long week-end
les mousses n’ont pas honte

 

 

Je vous comprends
mais vous faites trop de bruit
corbeaux sous la pluie

 

 

La peau de la mandarine froide
ses lèvres de jeune femme
écorce noire de l’ume sans bourgeon

 

 

Le son de la pluie
plus blanc que sa lumière
sofa de pré-grippe

 

 

Le soleil en face
derrière les arbres
matin de givre

 

 

Balade des crêtes
le temps s’est arrêté
dans les cascades glacées

 

 

Les ume comme les étoiles
n’ont pas froid
aux yeux

 

 

Pousse-toi
petite araignée
je fais mon lit

 

 

Écorce orangée
flow du soleil et du vent
pins annulant la ville

 

 

La fonte noire sale
des kama
pour l’eau claire

 

 

Venir avant
et leur sourire
bourgeons de Kitano

 

 

Magasin de manjou
se réchauffer les mains au charbon
camélia rouge sombre

 

 

Enlever son bonnet
le bout du nez froid
soleil de midi

 

 

Elle court comme une enfant
la jolie mamie en kimono
arrêt de bus à 20m

 

 

Ses fleurs disgracieuses
plus grandes que le soleil
parfum du rôbaï-蜡梅

 

 

Arroser son jardin en hiver
la lumière bleue
sur les doigts

 

 

Ces trois petits points blancs
sont-ils tes premières fleurs
ume du palais

 

 

À la petite araignée
près de la table de nuit
oyasumi

 

 

Un femme ouvre son manteau
pour inviter
le corps du feu

 

 

T’es toute pâlotte
tu as pris froid
ma lune

 

 

Neige sale
sur les marches du Daimonji
la forêt pleure

 

 

Les oni
qui font pleurer les enfants
ne me font pas rire

 

 

Taxi si vieux si maigre
fenêtre ouverte
seatbelt unfastened

 

 

Bâillement de jetlag
Nanzenji vide
vendredi de setsubun

 

 

Retrouver le sourire doux
des bouddhas de pierre
ume du choshoin-聴松院

 

 

Neige mouillée sur Katsura
dans l’eau un héron
dort kana

 

 

Un petit oiseau
chante à 4h13
cerise sur le jetlag

 

 

Ça va on a compris
peekaboo
éteindre la lumière

 

 

Puisses-tu ne pas être
comme mes sembei
lune de miel

 

 

La lune yoyo
mais le désir
sans éclipses

 

 

Qui la minette
longuement
la lune ?

 

 

Les trois amis de l’hiver
au soleil
ume check

 

 

Recevoir une lettre sympathique
la deuxième page blanche
under blanket moon

 

 

Largo
toucher virtuose
Kyôto

 

 

Coucou de la main
à mes cantines
un pépé fume chez le coiffeur

 

 

Une trop grande branche
d’ume trop chère
tsubaki rachtèque

 

 

Un bouton nacré
de pyjama d’hiver
lune à la tombée

 

 

Laisser dans le toko
une promesse
日向 tourne-toi vers le soleil

 

 

Se sourire
d’être sorti du
hors-gel

 

 

L’ici-bas n’est pas
murmure
bleu de fin-janvier 15h

 

 

« Tu me fais fondre »
dit la neige au soleil
hamac deux places

 

 

Le corps d’une mésange
si léger
deux claquements de doigts

 

 

Un gros flocon
en plein jour
la lune

 

 

Crunch de raquettes
trépasseurs impolis kana
neige dans la gouttière

 

 

Les nuages près du soleil
peignent à l’ombre
la mer de nuages

 

 

Deux mois plus tard
trouver le cœur d’évaluer les dégâts
des souris sur les calligraphies

 

 

Briser une deuxième scie
petit sourire fier
copeaux dans le col

 

 

Pour enlaidir la forêt
juste un janvier
poignet du non bucheron

 

 

Hamac deux places
près du fil à linge
étendre le soleil kana

 

 

Lire debout
sur la rambarde du balcon
fin janvier

 

 

Je n’ai pas osé
enterrer dans la neige
la mésange

 

 

On me siffle
je me retourne
un oiseau

 

 

Téléski du grand chamois
deux gypaètes barbus
ont faim

 

 

Biffe le soleil
mais rends-moi la lune
mauvais temps

 

 

Cuillères sur le balcon
le soleil infidèle
la slush fourbe

 

 

Flamme bleue
qui danse le tango
crêpe chantilly

 

 

Plus forte que la fonte
plus fraiche que le thé
les traces du neriko

 

 

Hier flocons pivoine
ce matin la pluie
cils silencieux

 

 

Bang des avalancheurs
avant le jour
rêve réveil

 

 

Baptême évident
pour la ramée tombée
cuillères à thé

 

 

Sur les épaules des flocons
atteindre le toit
« aux bûches disparues »

 

 

山山冬冬
La montagne c’est la montagne
l’hiver l’hiver

 

 

Sur les traces du ranger
celles du renard
Darjeeling in kuro tsutsu

 

 

Pisser sous de gros flocons
c’est doux
c’est doux

 

 

Mon œil rempli de larmes
le froid la vitesse aussi
piste du grand chamois

 

 

Répondre au sourire
de la petite théière
cinquième eau

 

 

Le bois travaille en jouant
les pannes et les chevrons
trop de neige kana

 

 

Savoir enfin
préparer le feu
nata-鉈

 

 

Recevoir d’un ami un oolong
un jour à flocons
aji-味

 

 

Pousser la neige
comme un caddie
placards vides

 

 

Le vent souffle
comme s’il avait des idées
1kg de poudreuse

 

 

Monter sur le toit
avec une pelle
creuser le ciel kana

 

 

Fumée de cheminée
du fumier brûlé
sourire penaud à la neige

 

 

Les vieux qui s’en foutent
et font des traces
logique musculaire du laid

 

 

Que portent-ils là-bas
des boucliers mauves kana
ombre de midi

 

 

Thé et traits
même sensation d’épaule
pointillés du temps

 

 

Ritualiser le miroir de son désespoir
mais l’imposer aux autres
violence du chasen

 

 

Un musicien peut-il avoir le requiem
pour seule partition ?
wabicha

 

 

Le ma-間 du thé
est-ce l’alcool ?
Jack in lentilles

 

 

Déplacer l’hellébore
du toko au soleil
envol du vous

 

 

Pourquoi laissent-elles leur thé ?
« vous aviez dit trois gorgées et demie »
mousse dans le kensui

 

 

Tracer pour le toko
comme un lièvre sur la neige
bière d’après-stage

 

 

La mort de Rikyu
celle d’Oribe
wabi levant ?

 

 

Au sommet par beau temps
frapper deux fois ses mains quatre fois
bulles de bonheur

 

 

Sourire aux feuilles invisibles
de la pépinière d’altitude
hot tub

 

 

d’une vallée à l’autre
gentillesse ou snobisme
galette chocolat

 

 

Une buse à trois mètres
méprisante
le Fuji de Koetsu avec une lèvre orange

 

 

Prendre un livre à l’envers
goûter les majuscules à la fin des mots
mille grues

 

 

Jérémie et Camille
si calmes et posés
fleur jaune de l’arnica

 

 

Au-dessus du panneau falaise
volait un gypaète barbu il y a deux ans
tire-fesse

 

 

Et tout à coup, enfin
un vrai bleu d’hiver
théière neuve de 3cl

 

 

Réparer deux drones
échouer
les yeux à terre

 

 

Avoir besoin de se salir
modérément les yeux
ma-間 du beau

 

 

Bigner le land
revenir avec la pioche
pour ne pas laisser rire la glace

 

 

La chatte maigre et déterminée
marathonant au bord de la RN
où va-t-elle ?

 

 

Misérables et drôles
mon tuyau, mon siphon, ma terre glaise
origine de l’eau

 

 

L’art de déplacer la bûche
c’est le ma-間
calligraphier au feu

 

 

Creuser une tranchée
monter une digue
trop-plein mal fichu

 

 

Ces fermières qui haïssent la neige
son monochrome
le miroir de leur vide

 

 

À trop jouer sous l’eau
la neige a des rides
au bout des doigts

 

 

Différer encore
la préparation du petit bois
frisson, blouson

 

 

Les fanfaronnades internes
quand la tempête est passée
chasen usé

 

 

Les couronnes des rois
en carton en papier
sucre sur les doigts

 

 

Les branches de pin
ont retiré leurs rouleaux de neige
et frisent

 

 

La colère du vent
le rend créatif sous les arbres
hors réseau

 

 

Humidificateur et détecteur
se défient à la laideur
déshabiller la lune

 

 

Neige couvrant la buche
ah non
cendres

 

 

S’approcher près, trop près
reculer des flammes
les yeux fermés

 

 

Rappel tendre à la neige
l’excès soustrait au charme
réserver deux heures

 

 

Le nuage ordinaire
cache la super lune
lessive à la main

 

 

Quel est votre premier souhait, majesté ?
à jamais bannir
les feux d’artifice

 

 

Remplacer la poule saoûle
par les chiots sous la lune
kakejiku

 

 

Il les rend toute chose
les crêtes
soleil couchant

 

 

Les heures file d’attente
avant le rien
dents de la vie

 

 

Retourne te coucher
il est trop tôt
petit oiseau

 

 

Le choucas inspecte
la neige des pique-niqueurs
encre de chine

 

Un chat se léchant une plaie
se cache dans la furin
décalage d’année

 

 

Comme un crachat
de la pluie sur la route
la glace

 

 

Pourquoi prendre sa place, soleil ?
parce qu’elle est trop envieuse
la pluie

 

 

Petit des impatiences dans les doigts
désormais de la patience au poignet
sourire à la pierre

 

 

Inutile de recueillir la pluie
pour calligraphier avec elle
過猶不及

 

 

Pourquoi l’abîmes-tu, pluie ?
parce qu’elle est trop belle
la neige

 

 

Fer à souder
pour libérer le treuil
neige sous la pluie

 

 

Acouphènes de minuit
rayonnant de la lampe
écran bleu

 

 

Descendre au lac
remonter
ne plus descendre

 

 

Le soleil masse gentiment
les lombaires
de la vallée

 

 

La beauté pique
plus que le froid
lever du jour

 

 

Reclipser la lame
sur le ranger
murs de neige

 

 

Soleil dans les paillettes perdues
chaise longue pour
le porteur de short

 

 

Faire vivre les tabourets
le comptoir
bœuf sous le toit

 

 

Blizzard au plateau
visage solidifié
peur un instant

 

 

La cuillère était trop grosse
confirma-t-il
Bruno

 

 

Voir un invité
descendre deux pots de confiture
soudain désir de Wagner

 

 

Mettre sa chapka à l’envers
et rire tout seul
minion

 

 

L’infamie des couleurs
sur la neige
meibutsugire

 

 

Une perche sous le derrière
penser au tao
contre-flow

 

 

Dire bonjour
au saisonnier du téléski
re

 

 

L’odeur du gant neuf
quand on l’a retiré
vaisselle

 

 

Les larmes
du grand beau temps
volutes d’encens

 

 

Vrai rire imaginé
d’un thé improvisé
Alan Watts

 

 

Réduire de moitié
le chashaku de l’an passé
Emma Kirkby

 

 

Le Fuji de Koetsu
ses copains l’appellent
雲海

 

 

Tamiser le thé
vers le konatsume
neige de jade

 

 

Arroser une plante
avec l’eau restante
suiteki

 

 

Le cri du choucas
sous l’écume
pas content

 

 

Entourer le pain rustique
d’un torchon neuf
matsukaze électrique

 

 

Irrésolue ou joueuse
la mer
mouiller le chasen

 

 

10m
reflux de la vague
calligraphier 雲海

 

 

À 14h
la mer monte
sortir du hamac

 

 

Demander à un bot
le prénom de sa grand-mère
merci à vous bonne journée

 

 

Dans le silence
entendre distinctement
qui sedes

 

 

Se laver les mains
après l’orange
grandir

 

 

Nourrir son poêle
comme un gros chien
amour miroir

 

 

Boule de neige
je me retourne
c’est l’arbre

 

 

Pas d’oiseau
sur la neige lourde
ah si

 

 

Sol
invictus
Sol

 

 

Le soleil
orchestre les arbres
fonte

 

 

Bénéfice des stages
dénouer
à l’aveuglette

 

 

Le citron et le pourpre
sur les moutons de
la mer à cinq heures

 

 

De la couleur
au monochrome
macha crêpe au chocolat

 

 

Tracer
ou carver
le corps calligraphe

 

 

Mer de nuages
l’intensité du bleu
one of those days

 

 

Avec un ami
comparer les messes en si
eau de vie

 

 

Visibilité 5m
Casque hifi
Toaster le panettone

 

 

Décevoir l’expectative
au piano shin-gyo-so-ïser
les ornements

 

 

Wang Xizhi
et l’humble autel
macha

 

 

Descartes
et le mandala
gong fu cha

 

 

Propolis
sur l’autre versant
les lumières

 

 

Le piano là-haut
l’écran trop neige
double-chaussettes

 

 

L’amertume
et le velouté
de l’endive

 

 

Une trace
son absence
acide lactique

 

 

Lagavulin
Rachmaninov
couper le fenouil

 

 

Une temae acquise
en une seule fois
vache les concertistes

 

 

le tatami cette partition
y faire vibrer
le ma

 

 

Pièce à thé
à la plume prise à vif
un dyson

 

 

Un chasseur fluo
croise un pianiste fluo
traces vues du balcon

 

 

Répétition
d’un concerto
sortir déneiger

 

 

1h de suée
changer de chemise
ah parfois d’âme

 

 

Orange. Check.
Pantalon de ski. Check.
Pelle à neige

 

 

Faire le lit d’un invité
vérifier
le piano

 

 

La grosse bûche
n’est plus
les souvenirs

 

 

le volet
résiste
10 cm

 

 

Pardonner
au lièvre
ses traces

 

 

Gonfler un matelas
près du feu
tempête

 

 

Le vent
prend le chalet
pour une flûte

 

 

Le soleil derrière les nuages
aussi fier qu’une lune
pleine

 

 

Soulever un peu la bûche
éteinte
trop triste

 

 

Bruit numérique
sur les pins verts
Rajouter une bûche

 

 

Faux linteau
vrai torii
San Mon

 

 

Apparier
une télécommande
l’amour

 

 

Pommettes glacées
Pointe percée
Un chocolat chaud

 

 

Contrainte du pied
dans le ski
confiture

 

 

Bang
l’avalancheur
dans sa vie

 

 

Sourire au paysage
comme à un ami
perdu

 

 

Flocons
toutes ces pages blanches
recyclées

 

 

Cuir neuf
papier de verre
commander une râpe

 

Extraits de pépins
toux sèche
une noix

 

 

Retour de la neige
au froid
une bise

 

Furin d’hiver
pour pardonner au
vent

 

De quarante
à trois-cent-vingt
grain dans la vie

 

 

Jalousie de la pluie
sur la neige
feuilles de mûrier

 

 

Le vent de vallée
gifle le chalet
Tamuke

 

 

La pluie
crache sur la neige
route noire

 

 

Sculpter une cuillère
près du feu
miel-citron

 

 

Un kilo de fonte
un kilo de neige
usucha

 

 

Deux bûches
pour fondre
le bleuet du jour

 

 

Duvet percé
3 images par seconde
le ciel

 

Méjuger
le silence de la neige
pelletées

 

Un mokugyo
dans la gouttière
grand beau temps

 

 

Ne descends pas si vite
demain tu remontes
neige sur le toit

 

 

Expirations
d’asthmatique
le choucas en mission

 

Il s’envole
avec mon volet
le merle

 

 

Dans le poêle
deux mauvaises bûches
puis d’un coup

 

 

Un choucas
aux six heures d’un autre
croûton

 

 

Dans un vieux livre
un long cheveux
me sourit

(6 décembre 2017)

 

Présages

 

 

les aboiements noirs des corbeaux
sous le frein continu de la pluie

 

 

Le regard vide des grands-pères à vélo
qu’on dépasse en marchant doucement

 

 

le petit oiseau sur mon théier
pluie d’automne

 

 

la pluie si forte au petit matin
qu’elle réveille en traçant à 50m
des pages blanches

 

 

la pluie
quand elle dactylographie fort sur le toit
puis incroyablement plus fort

 

 

Deux pluies, ensemble,
croisées comme les mains d’un homme et d’une femme
ignorant la pluie

 

 

Les gouttes
quand elles claquent sur le toit
au rythme d’une grand-mère dosant son médicament

 

 

Prendre un bain, seul.
Et entendre la pluie, seule.

 

 

les étoiles se rassemblent dans les arbres
pour fêter l’anniversaire de la nuit
Hana-akari-花明

 

 

flaques sur l’asphalte,
une petite fille traverse sous la pluie
une jolie petite fille
avec sa canne blanche

 

 

Il neige doucement au soleil
sous un ume blanc
j’ai cru sentir sur ma joue un pétale froid

 

 

Un oiseau qui ne vole pas a toujours l’air d’avoir froid
Un oiseau en hiver a toujours l’air d’un oiseau

 

 

Le son de la cuillère de confiture jetée sur la planche
après l’avoir léchée
la fermeture du pot, l’ouverture du frigo

 

 

Le soleil doux
sur la joue droite du rocher

 

 

Le chant de l’oiseau
sur l’ombre de la neige

 

 

Ciel blanc
trois corbeaux

Ciel bleu
la lune

 

 

Je n’ai pas mis de gants
pour avoir froid aux mains

 

 

 

Feuilleter le monde en 200/2.8
et les regards
en 800/16

 

 

Avoir l’âme noiseless à 6400 iso
le cœur à f0.95
dans un monde strobiste

 

 

Passant près de lui
je lui ai fait peur
arbre dans le vent

 

 

Même l’été
les nuits sont
des hivers

 

 

Mon amie la feuille morte
qui s’approche comme une chatte
de ma chaise sur le seuil

 

 

En été
après avoir travaillé seul dans sa forêt
se laver le visage à l’eau froide

 

 

Alpage sous la lune
les vaches qui rêvent
essaiment des murmures de fūrin

 

 

J’ai laissé un vase vide
je n’y mettrai pas de fleurs
sans toi

 

 

Et la fumée du soleil rouge
le soir
ce serait les nuages

 

 

Les sakura,
la nuit,
n’ont pas plus d’odeur que le jour

 

 

L’éclair tremble la lumière
derrière la vitre
où je pose mon front

 

 

La goutte de pluie, inattendue,
qui tombe au coin de l’oeil
et fait reculer la tête

 

 

Le son d’un flacon de parfum
reposé sur une étagère
en verre

 

 

Pigeon vole
dans un bruit de chiot asthmatique
en hyperventilation

 

 

Le grillon se jette
du tas de bûches
crachat de western

 

 

La pupille unique du chien
montre autant de nuits que celles de son berger
à la fixité d’ermite

 

 

Goutte de javel dans un vase
pour des roses coupées trop tôt
mes doigts ressuscitent ma grand-mère

 

 

Des montagnes Patinir
sauge, sapin
bleuet

 

 

Orage de montagne
écho du tonnerre, fade out
retour des cimes

 

 

Mettre deux cerises dans sa bouche
et s’amuser à ne pas faire souffrir ses dents
en pestant

 

 

L’odeur d’un jeune chien de troupeau
trempé
par la rosée de juillet

 

 

Les petites théières trop proches sur l’étagère
marcher près du meuble les tintinnabulent
je ne les espacerai pas

 

 

Un aveugle pressé
court
en traversant la grande rue

 

 

Au soleil invaincu
répond la nuit
qui ne meurt pas

 

 

Le regard épuisé coupable et tendu d’espoir
aux voitures qui le dépassent
chien abandonné

 

 

je n’ai pas photographié les œufs
du nid
que j’ai dû déplacer