Courts

 

 

Monter sur le toit
avec une pelle
creuser le ciel kana

 

 

Fumée de la cheminée
du fumier brûlé
sourire penaud à la neige

 

 

Les vieux qui s’en foutent
et font des traces
logique musculaire du laid

 

 

Que portent-ils là-bas
des boucliers mauves kana
ombre de midi

 

 

Thé et traits
même sensation d’épaule
pointillés du temps

 

 

Ritualiser le miroir de son désespoir
mais l’imposer aux autres
violence du chasen

 

 

Un musicien peut-il avoir le requiem
pour seule partition ?
wabicha

 

 

Le ma-間 du thé
est-ce l’alcool ?
Jack in lentilles

 

 

Déplacer l’hellébore
du toko au soleil
envol du vous

 

 

Pourquoi laissent-elles leur thé ?
« vous aviez dit trois gorgées et demie »
mousse dans le kensui

 

 

Tracer pour le toko
comme un lièvre sur la neige
bière d’après-stage

 

 

La mort de Rikyu
celle d’Oribe
wabi levant ?

 

 

Au sommet par beau temps
frapper deux fois ses mains quatre fois
bulles de bonheur

 

 

Sourire aux feuilles invisibles
de la pépinière d’altitude
hot tub

 

 

d’une vallée à l’autre
gentillesse ou snobisme
galette chocolat

 

 

Une buse à trois mètres
méprisante
le Fuji de Koetsu avec une lèvre orange

 

 

Prendre un livre à l’envers
goûter les majuscules à la fin des mots
mille grues

 

 

Jérémie et Camille
si calmes et posés
fleur jaune de l’arnica

 

 

Au-dessus du panneau falaise
volait un gypaète barbu il y a deux ans
tire-fesse

 

 

Et tout à coup, enfin
un vrai bleu d’hiver
théière neuve de 3cl

 

 

Réparer deux drones
échouer
les yeux à terre

 

 

Avoir besoin de se salir
modérément les yeux
ma-間 du beau

 

 

Bigner le land
revenir avec la pioche
pour ne pas laisser rire la glace

 

 

La chatte maigre et déterminée
marathonant au bord de la RN
où va-t-elle ?

 

 

Misérables et drôles
mon tuyau, mon siphon, ma terre glaise
origine de l’eau

 

 

L’art de déplacer la bûche
c’est le ma-間
calligraphier au feu

 

 

Creuser une tranchée
monter une digue
trop-plein mal fichu

 

 

Ces fermières qui haïssent la neige
son monochrome
le miroir de leur vide

 

 

À trop jouer sous l’eau
la neige a des rides
au bout des doigts

 

 

Différer encore
la préparation du petit bois
frisson, blouson

 

 

Les fanfaronnades internes
quand la tempête est passée
chasen usé

 

 

Les couronnes des rois
en carton en papier
sucre sur les doigts

 

 

Les branches de pin
ont retiré leurs rouleaux de neige
et frisent

 

 

La colère du vent
le rend créatif sous les arbres
hors réseau

 

 

Humidificateur et détecteur
se défient à la laideur
déshabiller la lune

 

 

Neige couvrant la buche
ah non
cendres

 

 

S’approcher près, trop près
reculer des flammes
les yeux fermés

 

 

Rappel tendre à la neige
l’excès soustrait au charme
réserver deux heures

 

 

Le nuage ordinaire
cache la super lune
lessive à la main

 

 

Quel est votre premier souhait, majesté ?
à jamais bannir
les feux d’artifice

 

 

Remplacer la poule saoûle
par les chiots sous la lune
kakejiku

 

 

Il les rend toute chose
les crêtes
soleil couchant

 

 

Les heures file d’attente
avant le rien
dents de la vie

 

 

Retourne te coucher
il est trop tôt
petit oiseau

 

 

Le choucas inspecte
la neige des pique-niqueurs
encre de chine

 

Un chat se léchant une plaie
se cache dans la furin
décalage d’année

 

 

Comme un crachat
de la pluie sur la route
la glace

 

 

Pourquoi prendre sa place, soleil ?
parce qu’elle est trop envieuse
la pluie

 

 

Petit des impatiences dans les doigts
désormais de la patience au poignet
sourire à la pierre

 

 

Inutile de recueillir la pluie
pour calligraphier avec elle
過猶不及

 

 

Pourquoi l’abîmes-tu, pluie ?
parce qu’elle est trop belle
la neige

 

 

Fer à souder
pour libérer le treuil
neige sous la pluie

 

 

Acouphènes de minuit
rayonnant de la lampe
écran bleu

 

 

Descendre au lac
remonter
ne plus descendre

 

 

Le soleil masse gentiment
les lombaires
de la vallée

 

 

La beauté pique
plus que le froid
lever du jour

 

 

Reclipser la lame
sur le ranger
murs de neige

 

 

Soleil dans les paillettes perdues
chaise longue pour
le porteur de short

 

 

Faire vivre les tabourets
le comptoir
bœuf sous le toit

 

 

Blizzard au plateau
visage solidifié
peur un instant

 

 

La cuillère était trop grosse
confirma-t-il
Bruno

 

 

Voir un invité
descendre deux pots de confiture
soudaine envie de Wagner

 

 

Mettre sa chapka à l’envers
et rire tout seul
minion

 

 

L’infamie des couleurs
sur la neige
meibutsugire

 

 

Une perche sous le derrière
penser au tao
contre-flow

 

 

Dire bonjour
au saisonnier du téléski
re

 

 

L’odeur du gant neuf
quand on l’a retiré
vaisselle

 

 

Les larmes
du grand beau temps
volutes d’encens

 

 

Vrai rire imaginé
d’un thé improvisé
Alan Watts

 

 

Réduire de moitié
le chashaku de l’an passé
Emma Kirkby

 

 

Le Fuji de Koetsu
ses copains l’appellent
雲海

 

 

Tamiser le thé
vers le konatsume
neige de jade

 

 

Arroser une plante
avec l’eau restante
suiteki

 

 

Le cri du choucas
sous l’écume
pas content

 

 

Entourer le pain rustique
d’un torchon neuf
matsukaze électrique

 

 

Irrésolue ou joueuse
la mer
mouiller le chasen

 

 

10m
reflux de la vague
calligraphier 雲海

 

 

À 14h
la mer monte
sortir du hamac

 

 

Demander à un bot
le prénom de sa grand-mère
merci à vous bonne journée

 

 

Dans le silence
entendre distinctement
qui sedes

 

 

Se laver les mains
après l’orange
grandir

 

 

Nourrir son poêle
comme un gros chien
amour miroir

 

 

Boule de neige
je me retourne
c’est l’arbre

 

 

Pas d’oiseau
sur la neige lourde
ah si

 

 

Sol
invictus
Sol

 

 

Le soleil
orchestre les arbres
fonte

 

 

Bénéfice des stages
dénouer
à l’aveuglette

 

 

Le citron et le pourpre
sur les moutons de
la mer à cinq heures

 

 

De la couleur
au monochrome
macha crêpe au chocolat

 

 

Tracer
ou carver
le corps calligraphe

 

 

Mer de nuages
l’intensité du bleu
one of those days

 

 

Avec un ami
comparer les messes en si
eau de vie

 

 

Visibilité 5m
Casque hifi
Toaster le panettone

 

 

Décevoir l’expectative
au piano shin-gyo-so-ïser
les ornements

 

 

Wang Xizhi
et l’humble autel
macha

 

 

Descartes
et le mandala
gong fu cha

 

 

Propolis
sur l’autre versant
les lumières

 

 

Le piano là-haut
l’écran trop neige
double-chaussettes

 

 

L’amertume
et le velouté
de l’endive

 

 

Une trace
son absence
acide lactique

 

 

Lagavulin
Rachmaninov
couper le fenouil

 

 

Une temae acquise
en une seule fois
vache les concertistes

 

 

le tatami cette partition
y faire vibrer
le ma

 

 

Pièce à thé
à la plume prise à vif
un dyson

 

 

Un chasseur fluo
croise un pianiste fluo
traces vues du balcon

 

 

Répétition
d’un concerto
sortir déneiger

 

 

1h de suée
changer de chemise
ah parfois d’âme

 

 

Orange. Check.
Pantalon de ski. Check.
Pelle à neige

 

 

Faire le lit d’un invité
vérifier
le piano

 

La grosse bûche
n’est plus
les souvenirs

 

 

le volet
résiste
10 cm

 

 

Pardonner
au lièvre
ses traces

 

 

Gonfler un matelas
près du feu
tempête

 

 

Le vent
prend le chalet
pour une flûte

 

 

Le soleil derrière les nuages
aussi fier qu’une lune
pleine

 

 

Soulever un peu la bûche
éteinte
trop triste

 

 

Bruit numérique
sur les pins verts
Rajouter une bûche

 

 

Faux linteau
vrai torii
San Mon

 

 

Apparier
une télécommande
l’amour

 

 

Pommettes glacées
Pointe percée
Un chocolat chaud

 

 

Contrainte du pied
dans le ski
confiture

 

 

Bang
l’avalancheur
dans sa vie

 

 

Sourire au paysage
comme à un ami
perdu

 

 

Flocons
toutes ces pages blanches
recyclées

 

 

Cuir neuf
papier de verre
commander une râpe

 

Extraits de pépins
toux sèche
une noix

 

 

Retour de la neige
au froid
une bise

 

Furin d’hiver
pour pardonner au
vent

 

De quarante
à trois-cent-vingt
grain dans la vie

 

 

Jalousie de la pluie
sur la neige
feuilles de mûrier

 

 

Le vent de vallée
gifle le chalet
Tamuke

 

 

La pluie
crache sur la neige
route noire

 

 

Sculpter une cuillère
près du feu
miel-citron

 

 

Un kilo de fonte
un kilo de neige
usucha

 

 

Deux bûches
pour fondre
le bleuet du jour

 

 

Duvet percé
3 images par seconde
le ciel

 

Méjuger
le silence de la neige
pelletées

 

Un mokugyo
dans la gouttière
grand beau temps

 

 

Ne descends pas si vite
demain tu remontes
neige sur le toit

 

 

Expirations
d’asthmatique
le choucas en mission

 

Il s’envole
avec mon volet
le merle

 

 

Dans le poêle
deux mauvaises bûches
puis d’un coup

 

 

Un choucas
aux six heures d’un autre
croûton

 

 

Dans un vieux livre
un long cheveux
me sourit