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Questions fréquemment posées
à un psychologue



1. Qu’est-ce qu’un psychologue ?

Le titre de psychologue ne peut être utilisé que par les détenteurs d’une licence, d’une maîtrise, d’un DESS ou d’un DEA (plus stage) de psychologie, formations délivrées par l’Université. Il correspond donc à un niveau bac+5. La psychologie connaît de nombreuses spécialités : psychologie clinique, génétique, sociale, neuropsychologie, etc. La spécialisation s’opère partiellement en licence mais de façon forte en maîtrise.
Au sein de la psychologie clinique et pathologique, des partis pris théoriques et des techniques thérapeutiques très différentes peuvent être engagées. Il est donc important de connaître la spécialisation d’un psychologue et le corpus théorique et technique auquel il se réfère car les psychologues peuvent avoir des pratiques très différentes voire sans rapport (neuropsychologue, psychologue du travail, psychologue d’enfant, etc.).
Tous les psychologues sont cependant soumis à un code de déontologie consultable notamment sur le site de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie. L'inscription des psychologues sur la liste officielle Adeli2 est obligatoire. Vous pouvez leur demander leur numéro Adeli ou contacter la DRES de votre département.

2. Qu’est-ce qu’un psychanalyste ?

Le titre de psychanalyste, comme celui de psychothérapeute, n’a pas à ce jour de statut légal, ce qui est en soi problématique car cela laisse la porte ouverte aux charlatans.
Dans les faits, la majorité des psychanalystes sont soit psychiatres (les psychiatres sont des médecins spécialistes) soit psychologues car les grandes associations d’analystes exigent, dans leur formation, le contrôle des premières expériences en tant que thérapeute.
Une formation analytique dure de nombreuses années puisqu’elle comprend l’analyse personnelle du futur analyste, une connaissance poussée de la théorie acquise en général dans le cadre de séminaires et dans la production de mémoires ou d’articles et le contrôle des compétences techniques par des pairs expérimentés dans le cadre de procédures qui diffèrent selon les associations.

3. Qu’est-ce qu’un psychothérapeute ?

Depuis plusieurs années, des débats intenses ont cours pour donner un cadre légal au statut de psychothérapeute à partir d’un double contexte : harmonisation européenne et remboursement par la sécurité sociale des thérapies.
Des associations allant des plus sérieuses aux plus farfelues et formant, comme les associations de psychanalystes, de manière privée en dehors de l’Université, font pression pour faire partie du futur cadre légal de la psychothérapie.
A ce jour, la probabilité la plus grande est que ce titre ne sera délivré qu’aux psychologues et aux psychiatres.

4. Quelles sont les différentes associations psychanalytiques ?

La psychanalyse fondée par Freud à la fin du 19ième siècle comporte aujourd’hui des composantes différentes.
Pour simplifier les choses, on peut dire qu’il y a de nos jours en France deux grands types d’associations analytiques : les grandes associations membres de l’IPA (Association Internationale de Psychanalyse) ou proche et une nébuleuse d’associations « lacaniennes ».

Les grandes associations dont le sérieux de la formation est reconnu par tous sont par ordre chronologique d’apparition :
- La Société Psychanalytique de Paris
- L’Association Psychanalytique de France
- Le Quatrième Groupe

La référence principale de ces associations est l’œuvre de Freud mais sans orthodoxie, dans la prise en considération des avancées majeures des grands analystes du XXème siècle (Ferenczi, Klein, Bion, Lacan, etc) et avec un souci d’ouverture critique et d’avancée théorique. Le cadre technique de ces associations pour une cure type est en général le même : au moins trois séances hebdomadaires de 45 minutes.

Lacan a eu en France un impact considérable dans le paysage analytique français. De nombreux enjeux se sont cristallisés autour de sa pratique et de la formation de ses élèves. Après sa mort, se sont constituées une association principale, l’Ecole de la Cause Freudienne, ainsi qu’une nébuleuse de petites associations. La référence principale de ces associations est l’œuvre de Lacan centrée sur l’importance de la structure linguistique. Les séances sont généralement à durée variable et plus courtes. Les interventions de l’analyste sont rares.

Ne sont pas considérées comme psychanalytiques les associations jungiennes et adlériennes.

5. Quels sont vos domaines de spécialisation ?

Mes travaux sur Freud, Ferenczi M. Klein et actuellement sur Erickson m’ont conduit à une position théorique ouverte et à considérer la psychanalyse comme une science en perpétuel devenir, se devant d’intégrer les résultats d’autres disciplines (éthologie, neuropsychologie, anthropologie) et d'autres techniques thérapeutiques (par exemple la nouvelle hypnose), et non comme un corpus fermé, dogmatique, scolastique.
Deux sujets m'intéressent particulièrement : la psychothérapie et la psychanalyse des enfants, adolescents et jeunes adultes et la détection et le suivi d’enfants précoces.

6. Quelles sont les indications d'une consultation ?

Même si les temps changent, il est encore très fréquent que des personnes qui souffrent s’empêchent de consulter parce qu’ils pensent que les «psys c'est pour les fous » et ils ne se considèrent pas, à juste titre, comme tels.

Ces personnes, et cela est triste, se trompent car les consultations psy se sont constituées pour aider tous ceux qui, à un moment de leur vie, se sentent envahis et dépassés par des symptômes spécifiques (ex : phobies, crises d’angoisse, troubles compulsifs, troubles de la sexualité, dépendance, troubles alimentaires, psychosomatique) ou plus diffus (ex : dépression, deuil interminable) pour lesquels l’origine somatique (médicale) a été écartée. Ces personnes en détresse savent que leur souffrance est liée pour une bonne part à leur histoire, leur environnement, et à la façon dont elles s’appréhendent elles-mêmes.

A l’inverse, ma position actuelle me conduit à penser que certains types de souffrance et de symptômes psychiques ne relèvent pas directement de la psychologie même si un travail de suivi et de soutien d’inspiration analytique est envisageable et souvent souhaitable. Je pense notamment aux troubles psychotiques dont l’indication privilégiée est la médecine psychiatrique. Ces troubles sont marqués par une perte plus ou moins grande de contact avec la réalité et sont donc associés à l’image traditionnelle de la « folie » (paranoïa, schizophrénie, psychose maniaco-dépressive).

7. Comment se déroule une thérapie ?

Il est normal de ressentir de grandes résistances à prendre un premier rendez-vous car il s’agit toujours d’une blessure narcissique que de reconnaître que l’on a besoin de l’aide d’un tiers.

Il est recommandé de rencontrer au moins un autre psychothérapeute (qu’il soit psychiatre, psychologue, analyste) avant d’entamer un travail thérapeutique qui repose sur une relation de confiance profonde : il est important de déterminer si le style de l’analyste et la façon dont se déroule l’entretien préliminaire permettent l’établissement de cette relation.

Les premiers entretiens se déroulent en face à face puis, lorsque le travail est suffisamment engagé et que l’indication de la cure a été définitivement établie, les séances se passent allongées sur un divan.

Une cure consiste à interroger son histoire - notamment son enfance -, la façon dont on se perçoit, soi et son environnement, pour découvrir l’origine inconsciente de ses symptômes et de sa souffrance. La règle fondamentale de la cure est l’association libre c’est-à-dire l’engagement à verbaliser toutes les représentations mentales qui traversent l’esprit lors de la séance, y compris les plus désagréables, les plus déroutantes, les plus inconvenantes. Il faut parfois un certain temps avant de pouvoir se laisser aller à ce type de processus qui engage l’intimité la plus profonde de la personne. L’interprétation des rêves et des actes manqués, l’analyse du transfert (c’est-à-dire la relation qui s’établit entre le sujet et son analyste et où il projette des modes de relations qu’il a connu dans le passé) complètent le dispositif.

La fonction du thérapeute est d’être le réceptacle de cette parole régressive, de déchiffrer ce qui lui est dit et de proposer des interprétations permettant de mettre du sens et de prendre conscience des représentations inconscientes et des répétitions.

La psyché fonctionne en recherche permanente d’équilibre sur la base de l’inertie de positions acquises parfois traumatisantes et à l’origine de la souffrance. La souffrance témoigne d’un déséquilibre. Quelques séances ou un travail superficiel peuvent rétablir un équilibre (avec par exemple la disparition des symptômes) mais cet équilibre peut constituer un très mauvais compromis, être instable, et n’avoir rien modifié de la source du déséquilibre. Le moteur d’une cure repose donc sur l’insatisfaction provoquée par les faux équilibres et les tensions provoquées par les résistances. Un travail qui ne serait pas soutenu par cette dynamique n’avancerait pas. C’est pour cette raison, par exemple, qu’il est demandé de payer en liquide à la fin de chaque séance afin de prendre conscience du coût du travail et ainsi de ne pas laisser libre cours aux résistances qui bloquent l’accès à l’inconscient. C’est dans la même logique que les séances manquées sont dues - l’expérience montre en effet que les résistances savent toujours utiliser les situations offertes par la réalité pour freiner le travail thérapeutique - ou que, parfois, l’analyste reste silencieux.

La fin d’une analyse vise l’autonomie du sujet c’est-à-dire la capacité à ne plus subir son histoire, la capacité à vivre à la première personne. Il est donc naturel que cela prenne du temps.

8. Comment se déroule une thérapie pour enfants ?

Les enfants n’utilisent pas le langage de la même manière que les adultes pour s’exprimer. Pour les plus jeunes, c’est par le jeu, le dessin, les échanges plus informels qu’ils expriment leurs difficultés, leur souffrance, leur monde psychique interne. Un thérapeute pour enfant observe, parfois en y participant, les jeux, les dessins et les paroles d’un enfant en lui proposant des mots pour nommer ce qu’il repère. Ces mots permettent à l’enfant une prise de conscience et, ainsi, d’avancer quand une situation réelle ou des constructions imaginaires l’ont figé dans un comportement qui inquiète son entourage.
Consulter pour son enfant peut être vécu comme culpabilisant (« suis-je un bon parent ? ») et être à l’origine de résistances pour l’enfant dans son travail thérapeutique qui perçoit inconsciemment la résistance de ses parents. Le soutien et l’appui des parents est donc capital pour qu’un travail thérapeutique puisse être productif.

9. Quels sont les enjeux liés à l’enfant précoce ?

Beaucoup d’enfants précoces ne sont pas détectés comme tel et l’école qui ne peut matériellement travailler que sur la base d’un niveau médian, peut décevoir leurs attentes. Certains iront ainsi jusqu’à l’échec scolaire. Dépister la précocité permet de prendre conscience des dispositions de l’enfant et d’envisager des pistes pour répondre à sa soif de savoir. Un club d'activités et de détection a été constitué à Bayeux : Zèbres.

10. Faites-vous passer des bilans et lesquels ?

La formation de psychologue permet d’utiliser un certain nombre de tests. Il existe deux types de bilans.
- Bilan de compétences intellectuelles (appelé en général par les médias test de QI). Suivant l’âge, on utilise des outils différents : WISC, KABC, WAIS. Un test de ce type se passe en général en deux heures et nécessite une à deux heures de cotation. Il est associé à un entretien préliminaire et un entretien de restitution.
- Epreuves projectives (Patte noire, CAT, Scenotest, TAT, Rorschach) qui permettent de mieux appréhender la structure psychique (pathologique ou non) et émotionnelle. Chaque épreuve dure environ une heure mais nécessite au moins trois heures de cotation.

11. Quelle est la durée et la fréquence des séances ?

La durée des séances est fixe et de 45 minutes.
Une thérapie occupe entre deux et trois séances par semaine. Ce rythme, qui peut paraître élevé, permet un travail continu donc plus profond et, par conséquent, plus rapide.
Une thérapie pour enfants est en général de deux séances par semaine.

12. Quels sont vos tarifs ?

Ils sont variables selon les revenus et selon le nombre hebdomadaire des séances.

Ils sont compris entre 30 € (200 F) et 40 € (260 F).

La sécurité sociale ne rembourse pas encore les séances de psychologue, ce qui est socialement profondément injuste pour certaines prises en charge. Mais il est important de pointer que l'argent n'est jamais neutre en thérapie où il s'agit de "se prendre en charge" ce qui est incompatible avec une "prise en charge" fût-elle anonyme par la collectivité. Le sentiment que cela coûte conduit par ailleurs à vaincre des résistances qui cherchent la répétition des symptômes.

L’entretien préliminaire, où il s’agit de comprendre si les motifs de la consultation correspondent à une indication de suivi et de discuter les modalités de ce dernier, n’est pas payant.



Stéphane BARBERY
Psychologue diplômé de l’Université Paris VII
La Fontaine 14710 Colleville sur Mer
Tél : 02 31 92 20 24
Mail : Stephane@Barbery.net

 
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