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9 avril 2018 : première cuisson (électrique 900°C)

Il est difficile d’acquérir des objets de thé, même à Kyôto. Soit les prix sont déraisonnables (un bol moyen commence à 800 euros et les bols intéressants coûtent au moins le double ou le triple – voire le décuple). Soit les objets que l’on trouve aux marchés aux puces ou sur les sites d’enchères sont de qualité médiocre – mais permettent de débuter.

Le tamba-yaki mizusashi trouvé aux puces qui me fit partir à la recherche d'un ido chawan puis de mes propres bols
J’ai trouvé en février 2018, au marché de Tôji-東寺 qui a lieu le premier dimanche du mois – et où il faut se rendre à 7h avant que tous les objets intéressants disparaissent – un mizusashi de Tanba d’un très beau rouge sombre. Mais aucun de mes bols ne pouvaient s’accorder avec sa force wabi.
Le toriawase-取り合わせ est une parfaite image de la raison pour laquelle certains êtres humains peuvent ou ne pourront jamais s’entendre.

Je me suis pris à imaginer pour ce récipient à eau fraîche un bol Ido. Non pas de couleur pâle, biwa, mais plus foncé.

Après des recherches en-ligne, j’ai rendu visite à deux céramistes japonais spécialisés dans ces bols d’origine coréenne. Le premier, Yasuda Michio-安田道雄, situé près de Kyôto à Wani (et cuit ses pièces dans un four électrique). Et la seconde, Maruyama Touri-丸山陶李, à Tori au nord-est de Tokyo, avec qui je ferai bientôt un court voyage d’étude en Corée. J’ai trouvé chez elle un bol, créé avec une terre coréenne, correspondant exactement à ce que je recherchais.Kim Dong Jun - Ido Chawan - 02

Mais mon projet ne s’arrêtait pas là. Quelques semaines auparavant, lors d’un atelier de thé en France, deux céramistes présents avaient évoqué leur désir de  créer leurs propres instruments. Lors de cette discussion, je me suis rendu compte à quel point, quand on n’a pas eu la chance de venir au Japon, il est difficile de se représenter, les formes, les tailles, les couleurs, les styles, les usages des objets qui font partie de la grammaire courante d’un praticien du thé japonais.
Difficile donc de présenter et promouvoir le thé sans les dôgu-道具 requis pour la cérémonie. Et s’il est difficile de les acquérir à Kyôto alors le faire de France devient presque impossible. D’où l’idée d’engranger suffisamment de connaissances pour aider des céramistes français à créer leurs outils de thé en poursuivant ce que j’avais commencé en 2014 avec ma vidéo sur les bols raku noirs.

Mon but est de créer des objets de thé qui transmettent l’accueil. Idéalement :

  • des formes « sans personnalité », les plus neutres possibles afin qu’elles n’imposent pas une relation de force avec la personnalité de l’utilisateur; mais asymétrique et organique (conçue pour l’usage).
  • une couleur chaleureuse (celle du tronc d’un pin rouge sous la pluie) non uniforme, avec un effet minéral/végétal/galactique, non artificiel (craquelures, motifs humains), et une couleur venant plus de la terre que de l’émail.
  • une texture naturelle (non vitrifiée : car effet froid, barrière et lumière uniforme), non homogène, si possible douce à la paume (à tout le moins, non rêche).

Une visite dans un atelier m’a permis de comprendre que je ne pourrai pas avancer si je n’étais maître de mon temps : un bol peut sécher rapidement et pour le sculpter après sa première mise en forme, l’idée d’avoir à se déplacer à des horaires fixes, sous le regard et dans l’atmosphère (musique, conversations) d’autres personnes, ne me semblait pas la solution adaptée à ce projet.

Bols - 01 - 02

J’ai donc exploré livres, sites et vidéos en-ligne, acquis du matériel élémentaire, différents types de glaise, et commencé à créer dans un petit espace aménagé sous une fenêtre, une trentaine de bols avec une technique simple sur une tournette :
– découper un morceau de glaise de 1kg en trois parties égales (une pour la base, et deux boudins assemblés l’un sur l’autre) pour créer une forme basique.
– attendre de quelques heures à quelques jours pour que la terre sèche suffisamment puis former le pied et retirer avec des outils tranchants (un opinel s’est avéré l’une des lames les plus joyeuses !) la glaise non désirée pour obtenir un bol de 350g.

Bols - 01 - 01
Un chawan est sensé avoir trois zones internes distinctes :
– une dépression au fond pour garder un peu de couleur à la fin mais qui à l’origine servait de zone pour sécuriser le pied du plus petit bol principal, omochawan, (en général, un tenmoku) qui était placé à l’intérieur.
– un premier étage qui dans l’idéal ne devrait pas être trop agressif pour les chasen en bambou parfois coûteux,
– une zone près du bord suffisamment lisse pour que le tissu humide avec laquelle on l’essuie ne soit pas arrêté.

Certains bols ont également 5 dépressions spécifiques au niveau du bord placées à des endroits précis (12h correspond au shômen-正面, l’avant du bol)  :Les shino des esthètes

– une dépression à 6h afin que le chasen soit stabilisé lors des déplacements
– deux dépressions vers 1h et 5h afin que le chashaku soit stabilisé
– une dépression entre 9 et 10h pour les lèvres (l’invité reçoit le bol, 12h lui faisant face, et il le tourne deux fois dans le sens des aiguilles d’une montre pour y boire).

Mon expérience de l’apprentissage de la calligraphie me permettait d’accepter facilement le délai dans la gratification et la nécessité de répéter et répéter inlassablement des formes de base ainsi que de produire, comme débutant, des objets médiocres.

Après la création d’une trentaine de bols, se posait la question de l’émaillage et de la cuisson – ces deux étapes étant liées : l’émail que l’on applique sur un bol est conçu pour une température donnée (et éventuellement une oxyréduction spécifique). Il faut donc connaître son mode de cuisson pour appliquer le bon émail. Ou inversement choisir son type de cuisson après avoir décidé de son émail.

Bols - 01 - 04Premier enjeu : une ou deux cuissons ?
Mon objectif étant des pièces cherchant à exprimer la couleur et la texture par la terre plus que par l’émail, une première cuisson de biscuit (une technique récente qui semblerait avoir été conçue pour éviter la casse dans les grosses fabriques du 19ème) n’est pas requise.

Deuxième enjeu : quelle cuisson ?
Le lieu où j’habite ne me permet pas d’installer un four.

J’ai découvert que le village de Shigaraki proposait la location de fours électriques et à gaz (gros volumes pour ces derniers donc exclus pour mon projet actuel).

Par chance, j’ai été mis en relation avec un particulier possédant un four électrique près de chez moi.

Mon premier stock à cuire est constitué de bols créés avec des glaises diverses (afin de faire le plus de tests possibles et savoir ce qui me convient). J’ai acheté dans un magasin pour céramistes à Shigaraki différents émaux conçus pour une cuisson à 1230 degrés. Mais plusieurs des glaises sont « rouges » et je souhaitais faire un test à 900 degrés (la température traditionnelle pour les raku rouges) en gardant en tête que de belles terres rouges peuvent devenir d’une couleur sombre marron sans intérêt si elles sont cuites à trop haute température alors qu’elles peuvent dégager une couleur chaleureuse à 900 degrés.

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J’ai donc décidé pour ma première cuisson de programmer le four à 900 degrés (30mn à cette température atteinte en 6h) en le remplissant à moitié de bols émaillés avec un émail « 900 degrés transparent » (dans lequel j’ai ajouté un peu de terre jaune) et pour moitié de bols non émaillés qui constitueront un stock de pièces biscuitées pour une seconde cuisson prévue à 1230.Bols - 01 - 05

 

 

Leçons apprises lors de la première cuisson :
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– la terre blanche (grise, plastique) de débutant n’a aucun intérêt pour mon projet.
– la plus grande surprise vient de la terre de Shigaraki, grise, terne, pourtant si dure à former (et qui crée donc un bol lourd que l’on ne peut pas sculpter aux lames). Après cuisson : couleur chaleureuse avec l’enduit transparent mais surtout, texture hétérogène naturelle une fois cuite. À explorer.
– la couleur de la « terracotta » n’est pas intéressante à 900 degrés.
– la terre rouge un peu rêche achetée à Shigaraki crée une couleur très proche du résultat recherché (plus même que la terre « aka raku » pourtant si agréable à travailler). C’est cette terre qu’il me faut explorer.
– trop d’émail transparent au fond crée une bille de verre verte artificielle : dans le futur, appliquer l’émail au pinceau.
– l’émaillage par trempage partiel des bols crée des lignes géométriques inadaptées pour ce projet. Enduire le bol en entier.
– L’émail transparent 900 degrés, en l’état, n’est pas beau (pour ce type de cuisson – électrique, sans enfumage pour valoriser un kanyu).
– les deux tiers des pièces sont à jeter. Leçon cruciale : ne conserver pour la cuisson uniquement les pièces que l’on pourrait offrir sans honte. Recycler avant cuisson toutes les pièces médiocres même si elles ont « un petit quelque chose là qui servira pour un test » et même si l’on a passé deux jours sur elles.
– si la couleur ou la texture d’un bol sont uniformes alors le bol n’a aucun intérêt. Les craquelures, les enfumages, le kairagi-梅花皮 (la texture perlée des bols ido), l’empilage d’épaisseurs ou d’émaux différents, les zones non recouvertes, les hasards d’une cuisson au bois, le peinturlurage au vieux macha, sont des tentatives par les céramistes pour adresser ce point capital.
– la présence de l’émail sur le pied est une opération délicate : soit il convient de laisser de l’espace autour (en général un triangle asymétrique qui ne me convient pas; peut-être envisager une forme « gyosho ») soit il faut émailler l’intérieur du pied (avec minutie pour éviter les problèmes de pièces collées lors de la cuisson).

Bols - 01 - 08 Bols - 01 - 07

J’ai découvert par hasard une association d’Osaka (sans site, fonctionnant en 2018 au fax) qui vend des fours construits dans des fûts métalliques, pour des cuissons de bol unique, soit à 900, soit à 1230. J’ai commandé un fût pour 900 degrés et prévoit de tester cette méthode sous peu.

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14 avril 2018 : deuxième cuisson (charbon 900°C)

Le premier test du four à charbon (conçu pour une cuisson à 900°C, il existe un autre modèle pour 1230°C) a apporté son lot d’enseignements précieux :

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Le magasin où j’ai acquis le petit matériel d’appoint (sceau, boites, briques, shichirin, etc) ouvrait tard et le temps d’installer l’équipement dans le lieu le plus sûr (le plus éloigné de toute matière inflammable dans toutes directions, y compris vers le ciel), il était déjà midi alors que la météo laissait présager de la pluie dans l’après-midi. La hâte, le léger stress d’un premier feu autodidacte, m’ont conduit à une erreur de débutant : ne pas faire suffisamment sécher le bol de test, non biscuité, que j’avais émaillé le matin (avec un mélange « transparent 900 », « blanc 900 » et « terre jaune »). Il a bien sûr explosé lamentablement au bout de dix minutes. Leçon : prévoir de chauffer sur le shichirin pendant suffisamment de temps (2h ?) le bol, avant la cuisson (ou avoir un dispositif dans la maison juste pour cette opération de séchage que je pensais court-circuiter en anticipant que le four monterait doucement en température).

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Impossible de remplacer la pièce par une autre qui aurait été dans un état similaire. J’ai donc décidé de recuire le bol « shigaraki » et un petit tsutsu chawan que je n’avais pas émaillés suffisamment lors de la première cuisson et que j’ai ré-enduits le matin avec la même recette (« transparent 900 » et « terre jaune »). Un autre stress contextualise ma seconde erreur : le four au charbon était promu comme « sans fumée ». Or depuis l’allumage, une fumée blanche et une odeur caractéristique trahissait mon opération et je m’attendais à voir surgir à tout instant dix camions de pompier de Kyôto, sirènes hurlantes, appelés par un voisin anxieux. J’ai placé avec précipitation le tsutsu chawan dans le four. Il semblait toucher le couvercle. Sans le moindre souci de logique, je le retournai, le couvercle ne semblait plus alors peser sur lui. Soulagement : la fumée (provoquée par les allume-feux ?) ayant disparue après vingt minutes, je n’osais pas changer le dispositif en craignant de faire chuter la température et de n’obtenir aucun résultat pour ce premier test alors que j’étais arrivé à la conclusion évidente que le bol retourné allait nécessairement coller à son support. Une heure après l’allumage, alors que la pièce apparaissait rouge-orange (un pyromètre commandé sur ebay – au Japon ils sont hors de prix – doit arriver dans dix jours), je décidais de tenter le retournement du bol. Retournement impossible. Je le sors, l’enfume, le noie, lui et sa base siamoise. Bols - 02 - 03Et insère le « shigaraki » dans le four à sa place. Pour éviter de faire du bruit et diffuser des cendres chaudes, je décidais de ne pas utilisé le souffleur qui aurait permis de  remonter le dispositif en température. J’avais retenu l’information que ce four (livré sans notice) était conçu pour qu’une fournée de charbon cuise un bol unique en deux heures. Le premier bol « collé » sorti après soixante minutes était donc sous-cuit mais l’émail avait eu le temps de fondre. Sous-cuit, l’émail « transparent 900 » produit une teinte verte sombre qui transforma l’orange clair de la première cuisson en un marron-bordeaux-gris. J’ai pu ultérieurement détacher le bol de sa base (il a perdu quelques millimètres dans l’opération) et après avoir poncé le bord, la pièce est désormais utilisable.

 

Le bol shigaraki avait chauffé sur le dessus du couvercle du four depuis l’insertion du précédent. Mais il ne restait pas suffisamment de charbon et l’ouverture du couvercle signifiait qu’atteindre les 900°C était impossible alors que le ciel devenait de plus en plus gris. L’émail a pourtant fondu partiellement, en perlant et créant un kairagi blanc, épais.
Leçon : le même émail peut produire du blanc (intéressant), du vert (trop sombre pour mon objectif), du transparent (sans intérêt). Un petit four à charbon permet de contrôler et de tester ce paramètre ce que n’autorise pas un grand four électrique qui reste fermé au moins trente heures une fois qu’on l’a lancé.

 

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22 avril 2018 : troisième cuisson (charbon 900°C)

Bols - 03 - 09Leçons :

  • c’est bien l’allume-feu qui produit la fumée. Utiliser une petite torche pour démarrer les charbons n’en produit aucune. Urban stealth !
  • ne pas tenter de cuire plus d’un bol par feu. La montée en température du premier bol se passe sans souci mais l’insertion de deux autres bols après une heure (même en préchauffant les bols et en ajoutant du charbon et donc en faisant chuter la température) a conduit à l’explosion des deux pièces (toutes les pièces du jour : terre rouge shigaraki / émail transparent-blanc-terre jaune 900 / pas de biscuit).
  • le premier bol cuit s’est fissuré à partir d’une zone plus fine du bord. L’émail « gris vert-sous-cuit » contient vraiment trop de silice et remplit la flaque du chadama. Faire un test en atteignant les 900° (le pyromètre n’est toujours pas là et je n’ai pas trouvé de cone 900) et/ou tenter de cuire le bol à l’envers.

26 avril 2018 : quatrième cuisson (électrique 1230°C)

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Leçons :

  • 3 bols craquelés faute de n’avoir été suffisamment secs. Ceci plus les risques à émailler des pièces non-biscuitées conduit à réévaluer l’intérêt des deux cuissons.
  • les différents émaux 1230 achetés au magasin de Shigaraki (blanc / beige / verts marais) ont confirmé mon absence d’intérêt pour les pièces où la terre et ses propriétés ne sont pas visibles.
  • ma tentative avec un émail « kairagi » a échoué pour ce qui concerne la technique d’application. Une seule application au pinceau produit des traces inesthétiques et le kairagi à l’intérieur du bol est déplaisant.
  • L’application de grains grossiers de feldspath à l’extérieur du bol, crée des points d’accroches pour le kairagi et une rugosité qui stimule les paumes comme une barbe de trois jours.
  • le four que j’utilise actuellement est deux fois trop grand pour cette phase nécessaire de tests.

 

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11 mai 2018 : cinquième cuisson (charbon 900 et 1230°C)

  • Les résultats intéressants du four « cantinière » (konro) à 900 m’ont conduit à commander la version capable d’atteindre 1250°C (avec 1kg de charbon).
  • pour éviter les fumées provoquées par les allume-feux, j’utilise une petite torche à gaz dont la sortie fait bien entendu un bruit de poste à soudure. Les voisins étaient dans leur jardin, je n’ai pas voulu insister, bref l’allumage a pris du temps (2h30 au lieu de 1h). La prochaine fois, se servir de la casserole trouée que l’on utilise pour démarrer les charbons d’une cérémonie du thé dans la cuisine, puis ajouter le reste du charbon ensuite.
  • j’ai placé un kensui enduit d’un émail glaise/cendres de pin dans le konro 900. Je savais qu’il serait sous-cuit et espérais un résultat inattendu : la pièce a été biscuitée mais n’a pas changé de couleur.
  • la pièce placée dans le konro 1230 n’avait pas de pied et était enduite totalement. Je l’ai donc placée sur un support à trois aiguilles afin éviter qu’elle ne colle. Pour une raison que je n’arrive pas à déterminer (la pièce n’était pas biscuitée et enduite d’un émail kairagi+kaolin), les trois aiguilles ont déformé la pièce en créant une bosse en son fond. L’esthétique de la pièce finale (couleur marron homogène et traces du pinceau d’applique du kairagi) ne me convient pas. Le mélange kairagi que j’utilise requiert vraiment plusieurs applications (ici, une seule : la pièce non biscuitée m’apparaissait trop fragile pour absorber plusieurs couches et je voulais faire un test rapidement avec elle sans avoir à attendre plusieurs jours le séchage des différentes applications).
  • les konro produisent, à leur pic de température, des flammes qui sortent un peu par les trous circulaires de leur couvercle. J’utilise ces flammes pour créer des motifs sur des pièces biscuitées et enduites que je cuirai plus tard. J’ai cassé une pièce non biscuitée dans l’opération.

 

22 mai 2018 : sixième cuisson (électrique 800°C)

  • Les bols enfournés à 350g sortent à 250g. Vraiment légers.
  • Un cinquième des pièces ne mérite pas d’être émaillé. Notamment les tasses « dé à coudre » créées à partir des chutes.
  • Emaillage immédiatement après l’ouverture, avec le kairagi de tougei.com, un céladon (snz-k.com)  et un autre céladon coréen (高麗青磁 de Shimogamo Togei) plus quelques anciens bols re-shinoïsés.Réserve de 4 bols pour des kuro au konro.
  • Sans rapport mais amusant : pour faire de la place afin de me créer un mini-atelier dans la bibliothèque, j’ai procédé à un grand rangement (断捨離) qui m’a conduit à donner de nombreux livres et des objets acquis dans des enchères en lot. Un vendeur de Tenjin San (le marché aux puces de Kitano qui a lieu le 25 de chaque mois) est venu prendre plusieurs caisses. Dans lesquelles j’avais placé quelques pièces des rejets de premières cuissons. Ce matin, à Kitano, sourire à constater qu’on vend du « Barbery yaki » à Kitano.

 

29 mai 2018 : septième cuisson (électrique 1230°C)

  • Pour les photos : voir les bols 13 à 21 de la première série de 64.
  • Les formes s’améliorent mais consternation sur les couleurs. Conséquence de la classique erreur du débutant : vouloir tester trop de terres, trop d’émaux différents sans connaître la couleur finale de chacun pour la cuisson donnée (électrique, 1230, sans réduction). Du coup l’essentiel de la série est d’une couleur hideuse « lendemain de beuverie ». Leçon : ne pas oublier son objectif et n’explorer que des variations sur la même gamme cible.
  • Autre erreur de débutant : n’avoir appliqué qu’une seule couche alors qu’il en aurait fallu 2 ou 3 pour les produits (kairagi et céladons) utilisés. L’erreur vient : de ne pas vouloir ajouter trop de matière et de poids alors qu’on a pris du temps à en retirer au tournasage. Penser qu’une seule couche permettra un effet de transparence pour révéler la terre. L’effet est au contraire celui d’un voile grossier.
  • Compréhension du fait que les émaux vendus dans le commerce (même japonais) n’ont pas de caractère comparés à ceux que l’on crée.
  • Abandonner l’inclusion de mica (tournent noirs, épais et montent en surface comme du poivre) ou de gros grain de feldspath (texture artificielle). En revanche, le sable très fin appliqué en surface extérieure au moment de la mise en forme produit un résultat ciel étoilé intéressant.
  • La terre grise vieux shigaraki se transforme décidément en une belle couleur jaune claire.
  • Les tests de porcelaine nue sont intéressants et à explorer.

2 juin 2018 : huitième cuisson (charbon 900°C)

22-23 : j'exilerai ma peur

  • Cuisson de 4 bols préalablement biscuités au four électrique. Avec plusieurs couches de couverte 900 noir raku « non brillant » (un rouge/transparent) et saupoudrés de terre jaune pour le rouge et un noir.
  • Démarrage de l’opération à 15h30. Fin à 17h. La cuisson de 4 « raku » en 1h30 est donc possible en utilisant les deux konro. Pour remédier au mauvais allumage de la dernière fois, j’ai d’abord chauffé quelques petits morceaux de charbon (au brûleur à gaz, pas sur la gazinière dont la sécurité empêchait l’opération) avant d’ajouter le restant ensuite.
  • les bols raku noirs cuisent effectivement en quelques minutes.
  • les ouvertures sur les couvercles permettent de suivre visuellement le processus de fonte de l’émail. Je me suis laissé aller à enfumer et plonger dans l’eau. Puis à réchauffer ensuite sur les couvercles des konro pour faire évaporer un peu l’eau capturée par le bol au moment de la plongée.
  • les bols ont des reflets métalliques. Pas de sensation de « verre » comme pour la première série. Je vais attendre un peu avant de les poncer un peu.
  • la cuisson au konro donne immédiatement de l’aji aux pièces.
  • le petit bol rouge « à la Chojiro » construit à partir de 700g (au lieu de 1kg) de terre initiale a des proportions que je souhaite explorer davantage (alors que j’étais parti initialement sur l’idée de bols grands et larges « à la Koetsu »).
  • après quelques jours, l’émail des bols noirs se détache : ce problème d’accroche vient-il du biscuitage, du mélange d’engobe, de la cuisson trop courte ou trop basse, du type de terre, des trois combinés ?

17 juin 2018 : neuvième cuisson (électrique 800°C)

  • Erreur de débutant : deux « gros » jizo ont explosé dans le four en cassant quelques pièces autour. Il aurait fallu les coucher pour que les trous sous leur base fassent leur office d’évacuation.
  • On ne trouve pas de terres chamottées au Japon et la chamotte calibrée est chère. Il me faut trouver une solution pour recycler les mauvais biscuits à cette fin.
  • Le nombre de pièces « à ne pas cuire » se réduit. J’ai réalisé quelques tests de mélanges de terre (et adjonction de chamotte). Aucun résultat à la couleur intéressante à 800°C.
  • Je n’ai pas encore trouvé de bonne technique pour la crête des bols (arrête interne trop vive après le trim). Le tour électrique est toujours frustrant, à chaque utilisation.
  • J’ai fait le voyage jusqu’à Matsumoto la semaine dernière pour rendre visite à Mamiko Wada dont j’admire les petits soliflores aux courbes bien plus élégantes que celles de Friberg. Elle a eu l’incroyable gentillesse de partager avec moi la source de ses émaux : la base C du livre (traduit en japonais) de Christine Constant et Steve Ogden, « The Potter’s palette » paru en 1996 : Feldspar 50 / Dolomite 20 / Kaolin 20 / Cendre d’os 10. Elle cuit au gaz à 1240° (après un biscuit à l’électrique), en utilisant l’oxydoréduction. Le livre donne vraiment envie de tester le pentoxyde de Vanadium, mais ce que je lis de sa toxicité ne rend pas le produit sympathique. Rutile, Ilménite ne semblent pas accessibles non plus.
  • Quelques jours auparavant visite-sérendipité à Hiroyuki Mitsui qui a créé son four noborigama de 20 mètres pour sa production de Bizen. L’image du pin rouge comme élément de base d’une cuisson au bois aurait été construite pendant Edo. Auparavant, les matériaux (et donc leurs effets en terme de texture et de couleurs) étaient probablement plus divers (bambous recyclés, tous bois disponibles). Aujourd’hui, le bois requis pour une unique cuisson d’un four de ce type revient à 800 000 yens ! Un coût hors d’atteinte pour les jeunes céramistes et qui explique qu’on ne cuit en général qu’une fois par an en prenant un sérieux risque quand on ne fait pas partie des quelques noms (moins de 5) capables de vendre une pièce unique à ce prix.

25 juin 2018 : dixième cuisson (électrique 1230°C)

  • Une visite au magasin de produits céramiques pour Shigaraki me conduit à découvrir une technique inédite jusqu’à présent : ajouter du charbon pillé (avec des particules de tailles diverses) à l’émail. La technique m’est recommandée pour des raku rouges. Test avec toute la série de cette cuisson.
  • À Shigaraki, visite de Ôhira Shingo, 大平新五, dont le petit four en briques réfractaires (1.5×2.2×1.6+cheminée2.5) devient source d’idées.
  • Grosse erreur dans ma préparation de la base C citée plus haut : substitution de la bentonite (effet plastique pour la glaise et suspensif pour l’émail) à la dolomite (effet mat pour l’émail). « O qui dira les torts de la rime »…
  • Sur cette base « sérendipité ou catastrophe », test des variations oxyde de chrome 0.5% et oxyde de fer 3% (avec ici encore la très subtile erreur de remplacé le chrome par du nickel !); oxyde de chrome 0.5% et dioxyde de manganèse 1% (mais le dosage du manganèse a été plus que généreux…); Rutile 7% et oxyde de chrome 0,25%.
  • Test d’un émail transparent 1230° avec adjonction de charbon et de terre jaune (riche en oxyde de fer).
  • Résultats : voir les photos des bols 24 à 26 de la première série de 64.
  • Tous les bols à « fausse base C + oxydes » sont à jeter : couleur uniforme (aucune des variations attendues; hypothèses : bentonite et ou sous-cuisson ?) laide (orange, kaki), avec des bulles provoquées par le charbon pillé.
  • La base transparente 1230 testée pour la première fois est intéressante.
  • Un seul bol digne d’intérêt : « Lascaux ». Recette : porcelaine blanche sur l’extérieur de laquelle, au moment du premier formage, la pièce encore humide, j’ai appliqué à la main de la terre jaune que le biscuit a rendu rouge. Les parties transparentes sous la couverte transparente sont devenues noires, les parties non couvertes sont restées d’un beau rouge. Technique à explorer.
  • Les bols dont l’intérieur est tournassé pour faire apparaître deux sections séparées par un léger « noeud de bambou » sont plus intéressants que les bols principalement lisses (à l’intérieur).

08 juillet 2018 : onzième cuisson (biscuit électrique + « confiturière » ??°C)

  • Compotière-kiln - 01Poursuite du projet céramique à Manigod avec l’objectif de créer des bols en n’utilisant que des ressources locales. Récupération d’une argile sur les bols du Fier (entre Alex et Annecy). Argile très plastique, acide aux mains, cuit blanc/crème en-dessous de 1000°C. Prochaine étape, trouver du Felsdspar pour l’émail.
  • Four : commande d’un four raku à gaz conçu astucieusement sur la base d’un tonneau à l’horizontal (facile à opérer seul). Il arrivera début août. En attendant, premiers tests bricolés à partir d’une confiturière, percée à trois endroits en bas, entourée de 30 briques réfractaires, et de charbon de bois.Compotière-kiln - 03
  • Test « pit fire » ou « barrel kiln » utilisant des pièces biscuitées (à l’électrique chez une amie) enveloppées dans du papier d’alu de différents matériaux (sel, bicarbonate de soude, peau de banane, granulés d’engrais, fil de cuivre, etc : un chaos élémentaire qui fait penser à la constitution de fétiches par les shamans)
  • description de la cuisson : lancée à 8h30, renouvellement du charbon 2 fois, enfournement sur le couvercle, puis à l’intérieur, de bols non cuits pour les « sécher/biscuiter », ajout d’écorces sèches sur le dessus. Four encore chaud le soir. Ouvert le lendemain matin.
  • Résultats : la tentative de remplacer le carbonate de cuivre par de l’oxyde de cuivre pour créer des rouges a évidemment échoué. Le pli initial du fil de cuivre en kanji « herbes folles » est prometteur. L’absence d’engobe (ce type de technique utilise de la terre sigillée) sur les pièces les laisse poreuses et « en attente d’une cuisson finale ». La température atteinte était vraisemblablement très basse. La terre utilisée (un restant de « raku mitsu » de Solargil) est sans intérêt.
  • cette cuisson sera « intermédiaire ». En attente d’une autre avec couverte transparente.
    Compotière-kiln / bols fétiches - 01
  • Autres tests : de la terre cellulosique, très agréable à travailler. Du grès de Saint-Amand avec grosse chamotte qui fait penser à du Shigaraki.

 

 

 

 

18 juillet 2018 : douzième cuisson (briques réfractaires, charbon : ???°C)

  • Réfraction du feldspar - 01Passage de confiturier+30 briques réfractaires à un four monté sans jointure avec 100 briques.
  • Pièces déposées sur une grille posée sur un support de briques.
  • 6 litres de charbon+cartons+papier+un peu de bois pour remplir tout le volume du four.
  • La livraison d’une commande en France, en été, est un univers différent de celui du Japon. Une commande à Céram décor le 6 juillet me sera livrée le 23. Je dois donc improviser pour l’émail.
  • Pièces faussement biscuitées lors de la précédente cuisson. Émaillées avec un mélange barbotine d’argile du Fier et « résidus » de cendres de foin lavées. Entourées dans du papier d’alu avec différents matériaux.
  • Résultat : le four est resté à trop basse température pour fondre les cendres (co-facteur : absence de souffleur). Hormis un peu le fil de cuivre (plié en sosho), aucun élément posé dans le papier d’aluminium n’a laissé de traces sur « l’émail ».
  • Test d’une terre incroyablement agréable à former à la main : Tpasta de Solargil

 

24 juillet 2018 : treizième cuisson (briques réfractaires, propane : 700°C)

  • L'installation de l'atelier - 05Test du bruleur Rhode avec du propane. Structure du four similaire à la dernière fois mais utilisation de deux plaques d’enfournement pour limiter l’espace interne à un seul niveau et placement de briques alvéolaires au-dessus de la deuxième plaque. Percement et placement sur le côté du four d’une de ses briques pour insérer un pyromètre (qui arrivait légèrement au-dessus des briques alvéolaires placées dans le four (donc pas dans la zone de feu principal).
  • Le bruleur était posé au sol à partir de l’alandier donc dans une position non optimale.
  • Montée en température rapide et efficace puis à partir de 3h, stagnation à 700°C (probablement autour de 800 près des pièces).
  • Température insuffisante pour fondre l’émail de cendres des pièces déjà cuites la dernière fois.
  • Leçon : créer un autre dispositif avec les briques pour le bruleur gaz.

27 juillet 2018 : quatorzième cuisson (briques réfractaires et alvéolaires, propane 800°C kana)

  • L'installation de l'atelier - 07Redisposition des briques pour tirer leçon de la cuisson précédente. Création d’une sole en briques et rétrécissement de l’espace de feu (double-mur) en utilisant les briques alvéolaires comme mur interne.
  • Fine-tuning car la flamme s’étouffait initialement : création d’arrivée et de sortie d’air.
  • Tests avec des bols émaillés avec des produits Spectrum et un émail base ATP + ocre jaune/rouge.
  • Et damned, bouteille de propane vide vers 800°C… Enfumage de deux pièces.
  • Un seul bol sauvable (utilisé le lendemain pour une cérémonie du thé pour l’équipe du Festival Musique à Beauregard). Trois bols à recuire.

29 juillet 2018 : quinzième cuisson (briques réfractaires et alvéolaires, propane 900°C+ kana)

  • L'installation de l'atelier - 08Impatience à retester le dispositif avec une bouteille de propane pleine (merci les distributeurs automatiques).
  • donc émaillage rapide sans donner suffisamment de temps de séchage
  • bien évidemment toutes les pièces sauf 2 ont explosé. Leçon définitivement acquise
  • le réglage de la position du bruleur a été moins simple que la dernière fois. La moindre micro-variation change l’écoulement du flux et le rendement. Ce bricolage de briques non jointes n’est pas recommandé. Le four à fibre doit arriver la semaine prochaine.
  • l’enfumage dans une poubelle galvanisé avec du foin a produit un résultat étrange. La galvanisation de la poubelle (j’ai du mal à croire que ce soit simplement le foin) s’est déplacée sur les deux pièces en leur donnant des zones métalliques miroir.
  • utilisation du dremel pour retirer au fond des deux pièces survivantes les morceaux des autres bols explosés.

04 août 2018 : seizième cuisson (briques réfractaires, fibres, propane 950°C)

  • Cuisson raku apéritive dans le four de Nadia avant le week-end cérémonie du thé au chalet
  • test de l’obvara (raku nordique « farine », ici, fermenté 1h uniquement) : peut servir pour patiner (en noir) la texture en creux d’une pièce mais sauf à peaufiner la technique, risque de goût pour un bol à thé il me semble.
  • 2 pièces acceptables : petit raku blanc et yunomi épais bleu-vert-gris (je n’aime pas sa couleur)
  • 2 pièces gâchées par une bêtise : pour l’émaillage, j’ai utilisé la fritte C4160 de Ceram décor associé avec de l’ocre rouge. Mais en déplaçant mes pots, j’ai fait tombé un peu d’oxyde de cuivre que je ne voulais pas gâcher. Je l’ai donc ajouté à l’émail et cela a produit un turquoise on ne peut plus « cartouche d’encre d’adolescente ».
  • l’enfumage en utilisant des fougères séchées crée, au contact, des motifs « kanji » intéressants incrustés dans l’émail.
  • Bols 28 à 30

06 août 2018 : dix-septième cuisson (fibres, propane 935°C)

  • Test du four raku créé par Michel Lachand au moment de la réception du mien.
  • Hormis deux pièces horriblement turquoises et un bol noir brillant trop émaillé, 4 bols dignes de ce nom et un yunomi correct.
  • La combinaison Tpasta de Solargil et les émaux de Spectrum glaze de la série 850 raku (raku blanc, Galaxie, Andromède) fonctionne.
  • L’émail FE 5518 Kurbis de Terra Color fonctionne également.
  • Bols 31 à 34

 

15 août 2018 : dix-septième cuisson (fibres, propane 960°C)

  • Premiers tests, au chalet, du four raku créé par Michel Lachand. Biscuitage en 3-4h (du début de cuisson à l’ouverture). Puis premiers « raku ».
  • Le four fonctionne parfaitement et je le recommande. Chaque élément bien pensé. La possibilité de voir l’état des pièces par la « cheminée » est vraiment chouette.
  • Erreurs de débutant à l’émaillage : vouloir tester différents émaux en utilisant un seul pinceau pour deux applications. Des traces d’un des émaux a créé des blobs cauchemardesques sur plusieurs pièces. L’argile prélevée dans le Fier, même mélangée à du sable ou de la chamotte, ne convient pas au raku (casse, les émaux coulent) mais peut être utilisé pour des assiettes.
  • J’ai désormais un poste céramique complet au chalet et peut me consacrer à la tentative de créer les pièces que j’ai en tête : des chawan chaleureux, de grands verres à eau/bière wabi, divers instruments de thé, des pièces conçues avec des matériaux locaux.
  • Emaux validé : KB231 (sable) de Ceram décor (pour les « verres »). KB233 (blanc tacheté noir).
  • Bols 35 et 36

26 août 2018 : dix-huitième cuisson (fibres, propane 800 + 1000°C)

  • 20180826-IMG_3725Deuxième séquence biscuit+honyaki dans le four raku. La montée est lente entre 100 et 600 mais ça s’emballe ensuite et on passe soudain de 800 à 1000 en quelques minutes si on ne fait pas attention.
  • Les pièces qui visaient le rouge/orange sont devenues vertes/noires. Trop de fer (ocre rouge/jaune et oxydes), trop chaud et puis surtout trop de poudre de charbon. On peut faire des kuro ainsi. Mais brillants. Les recuire au charbon ?
  • La couleur sombre est également produite par le gré rouge CT-R espagnol (Vicente Diez). Texture intéressante.
  • L’anecdote de la cuisson (réalisée avec Jérémie et Camille, 10 ans et 7 ans qui ont cuit leur bol) c’est l’assiette : j’ai laissé séché une nuit d’orage des assiettes carrées avant le biscuit. Un morceau de tesson rescapé portant traces du déluge a été émaillé et cuit : et c’est une réussite ! Argile du Fier, jaune, émail transparent vert. Taille parfaite pour une pâtisserie/sucrerie de cérémonie du thé.
  • Bols 37 et 38

06 septembre 2018 : dix-neuvième cuisson (fibres, propane 910 + 915°C)

  • Deux projets distincts : apprivoiser le tour (avec une terre à chamotte invisible blanche : Omaha) et créer des bols à caractère sans tour (avec une texture chamottée : confirmation de la Tpasta de Solargil comme terre idéale pour cela).
  • Je souhaitais tester la terre sigillée et j’ai donc créer avec du dolaflux deux solutions à partir de l’argile prélevée dans le Fier (qui cuit jaune) et des pains d’argile rouge espagnole achetée l’hiver dernier à Cultura pour tenter de colmater un début d’inondation d’eau de pluie dans le garage…
  • À acquérir : la bonne technique pour le syphonage. Cracher pendant 15mn n’est pas une option pérenne.
  • La popotte - 01L’apprentissage du tour étant longue et frustrante,on peut s’amuser avec les pièces sauvables, moches : j’ai tenté de mélanger la Sigillée avec une cuisson « à l’étuvée » dans papier d’alu, avec sulfate de cuivre, bicarbonate de soude, le bol entouré dans un papier de calligraphie à l’encre « pour support bois » encore humide. Les bols sont sortis biscuités (sous-cuisson probable) et sans caractère. Je les ai émaillé avec une fritte boro-calco-alcaline qui, à 915°, est sortie blanche (elle est prévue pour 1000+) en couvrant donc les couleurs des pièces.
  • Le plan, pour les bols tpasta, était de les couvrir de sigillées (rouge et jaune- la tpasta est blanche) puis d’une fritte que je pensais transparente (C4160). Elle est sortie également blanche, mais un peu moins opaque que la boro-calco-alcaline. Le blanc vient presque à coup sûr de la sous-cuisson.
  • Les bols en tpasta n’avaient pas été biscuités et peuvent donc être cuits en une fois si l’on fait attention à la montée de température. Des pièces plus grosses (bols à ramen) ont en revanche explosés vers 330° ce qui m’a conduit à ouvrir le four et faire le ménage pour éviter les collages de tessons.La popotte - 03
  • Je pensais, à l’enfournement, pouvoir placer une deuxième étage dans le fut : à la fermeture, des pièces sont tombées, ont fait basculer la plaque du dessus : un beau bol cassé. Ce n’est pas rien la psychologie du céramiste requis d’encaisser la disparition instantanée d’une beauté en puissance.
  • Les résultats de la voie tpasta+sigillées chaudes+fritte sont encourageants. Je compte l’explorer davantage.
  • Bols 39 à 42

 

19 septembre 2018 : vingtième cuisson (fibres, propane 900 + 1000°C)

  • Poursuite des tests autour de tpasta+sigillées chaudes+fritte : biscuitage avec une primo-réduction autour de 800° créant un belle couleur orange (3 couches de sigillées : rouge-jaune-rouge). Cuisson finale à 1000° pour éviter le blanc sous-cuit de la fritte de la cuisson précédente.  La fritte est devenue transparente mais la couleur de la sigillée a disparu. Sauf sur un vase épais sur lequel j’avais enduit un mélange fritte+sigillée oxyde de fer+ poudre fine de charbon.
  • Deux vases réussis. Pour le reste, du raku blanc enfumé de base sur des pièces plus petites (tasses à oolong et kotcha).
  • Tentative de fritte sur des petites pièces de porcelaine créées pour m’entraîner au tour. Evidemment sous-cuites, la fritte n’accroche pas et l’effet rend sale.
  • Bols 43 et 44

19 octobre 2018 : vingt-et-unième cuisson (électrique 900°C)

  • Le retour à Kyôto me permet de prendre conscience des différences entre les matériaux accessibles à un Japonais et à un Français. Les argiles vendues ici sont de bien meilleure qualité. Aucune n’est vendue avec chamotte. Impossible de trouver l’équivalent de la t-pasta (t-material). Impossible de trouver de la molochite. Et je n’ai pu mettre la main que sur un seul type de chamotte, blanche (d’argile non spécifiée), un peu trop fine à mon goût.
  • Le magasin Maruni de Shigaraki propose de petites quantités d’argile d’exception pour raku rouge. Il pourrait s’agir d’une terre de Seto désormais épuisée. Le prix fera frémir mais je souhaitais vraiment tester cette argile qui produit (dans l’exemplaire de démonstration) une couleur très proche des raku de Chôjirô : 5kg, 10 000 yens (le prix moyen est entre trois et cinq milles yens pour 15kg). Compte tenu de ce prix, j’ai bien sûr passé beaucoup plus de temps sur chaque bol et donc le nombre de pièces créées ces dernières semaines est restreint. Je n’ai pas encore trouvé la technique qui me convient pour les lèvres.
  • La terre est d’un beau jaune olive, grasse, plastique. Et comme par magie, quand on la tournasse, elle laisse apparaître des « points noirs » qui ressemblent à de la suie puisqu’ils sont gras et s’étalent, mais aussi à du métal. Les effets de marbrure produit par ces points (qui n’apparaissent pas si on ne touche pas la terre après sa mise en forme) peuvent être modulés de façon très différente suivant ce que l’on utilise pour travailler ses points :  le pouce, la paume, un couteau, des pierres polies. De façon fortuite, j’ai découvert que des pierres polies différentes qui apparaissent pourtant uniformément lisses produisent des effets différents : l’une patine l’argile sans étaler les points noirs, l’autre, probablement plus dure et plus rugueuse, étale les points en formant de longues trainées. On peut alors jouer avec le sens d’application de cette pierre pour créer des lignes horizontales, verticales, diagonales, courtes ou longues.
  • Au séchage, cette terre se rétracte moins qu’une autre argile trouvée à Shigaraki qui elle est conçue pour être magnifiée dans un four à bois. Cette argile est la A-875-451 de chez Maruni. Elle est difficile à travailler : elle sèche très rapidement et contient de gros grains (de feldspath ?) qui rendent le tournassage très délicat : elle abime les lames mais surtout les gros grains peuvent facilement créer un trou quand on en fait tomber un. Cette argile a pourtant un caractère, une texture qui sont les marques distinctives de la céramique de Shigaraki.
  • Les outils au Japon sont de bien meilleure qualité qu’en France. Les tournettes de base sont lourdes avec des roulements et une inertie qui permettent des effets de tour. Mais surtout les « kanna » non seulement sont affutées et tranchent (certaines plus que d’autres suivant les magasins), mais proposent des formes spécialement adaptées pour la création de chawan qu’on ne trouve pas en Occident. Je ne pourrai pas créer de bols sans les deux outils sur la photo suivante.
  • Mes deux objectifs principaux étant des raku rouges – et – des ido-chawan, je poursuis ma pratique (désastreuse, déprimante) du tour électrique. L’argile onéreuse pour raku rouge m’a pourtant permis de comprendre à quel point certaines terres se prêtent à certaines formes : deux bols ido se sont montés tous seuls sous mes doigts sans effort ni échec. Idem pour le tournassage. Ma tâche est donc de trouver la terre (probablement un mélange : plastique – grains – ocre) qui me permettra de retrouver cette sensation. Il est possible que j’utilise de la terre à Nabe rouge (aka-nabe-do, 赤鍋土) comme base : j’ai appris par hasard qu’elle pouvait être utilisée pour du raku japonais. Il s’agit de la terre normalement prise pour créer des nabe, de grandes marmites en terre cuite placées sur un réchaud à gaz, contenant bouillon, légumes et différents ingrédients et qui constituent le repas familial fréquent des soirs d’automne et d’hiver. Ses qualités sont liées à son utilisation.
  • Le four électrique d’un ami que j’utilisais jusqu’à présent est trop grand pour me permettre de tester de petites séries. Et mes deux mini-fours à charbon dans lesquels on ne peut cuire qu’un seul bol à la fois ne permettent pas de gérer des biscuits. Je suis donc sur le point de commander un petit four électrique suffisant pour des séries de 10 bols. Je n’ai trouvé sur aucun catalogue japonais de four « raku » (à l’occidental) propane (façon fût-fibre). Ni les pièces et produits pour en créer un.
  • Cette cuisson n’est donc qu’un biscuitage à 900°C : j’étais impatient de voir la couleur cuite de l’argile « raku rouge » (que j’ai appliquée en badigeon – ou en essuyant mes mains sales – également sur des pièces montées avec d’autres terres).
  • Les résultats en terme de couleur sont à première vue décevants : la raku rouge a perdu tous les effets de motifs des points noirs (surcuisson ?). Ne subsistent que des points blancs qui ressemblent à des grains de feldspath. Le rouge n’a pas le côté chaleureux que je recherche. Il apparaît un peu banal. Il faudra voir ce qu’il donne sous l’émail transparent que je compte appliquer. Peu de rétractation en taille à la cuisson. La terre de Shigaraki cuit totalement blanc.
  • L’absence de caractère de la couleur rouge est liée aux endroits que je n’ai pas tournassés. Pour révéler les points blancs qui donnent une texture à la pièce, il faut donc vraiment tournasser cette terre sur toute sa surface. Seuls deux bols de cette fournée ont cette chance.
  • Prochaine étape : tests en cuisson individuelle dans les mini-fours à charbon.

24 octobre 2018 : vingt-deuxième cuisson (charbon 1100°C)

  • C’est la première fois depuis le départ de cette aventure où je suis – vraiment – heureux après une cuisson. J’ai enfin sorti mon premier « rouge ».
  • Email : aka raku (émail transparent conçu pour les aka raku) de chez Maruni. Un kg de poudre blanche diluée dans un 1 litre d’eau (sans doute trop) avec 4 grosses cuillères à soupes de charbon de bois réduit en poudre. Une seule passe en trempage. Séchage : une journée.
  • Rappel : les deux mini fours à charbon, l’un est prévu pour 800°, l’autre pour 1200°. 1kg de charbon placé dans l’un et l’autre. Allumé à la torche à gaz qui fait du bruit, donc action courte pour ne pas alarmer les voisins.
  • Le 1200° monte à 1100 en 30mn. J’y ai placé un petit « ido » enduit à l’émail raku rouge. Sur les flammes qui sortent de 10cm du four, je crée un « paysage » (de fumée noire et de surcuisson) sur un bol que j’enduirai plus tard.
  • Quand les flammes ne dépassent plus du four, je sors l’Ido, l’enfume (avec des feuilles sèches d’ume et de sasa), puis le trempe. Je voulais tester ces techniques pour cet argile (l’aka raku de luxe). La terre tient bien les chocs thermiques. En revanche la couleur post-réduction enfumage est sans intérêt.
  • Le four à 800°C était long à la détente et stagnait à 360° (j’ai rapporté un pyromètre de France). J’ai sorti le bol du four 800 pour l’insérer dans le four 1200 (dont l’ouverture du couvercle et la fin de cuisson des charbons devaient avoir ramené la température à 800-900). Sortie du bol après 15mn et refroidissement à l’air sans réduction, enfumage ni trempage.
  • L’argile de luxe remplit donc vraiment son office. Le bol a une vibration de raku (japonais). La couleur qui vient de la terre et non de l’émail, la texture, les points blancs, les traces de réduction (?!) vert-de-gris, l’émail léger qui ne brille pas trop : tout fonctionne. Ceci est de bon augure.
  • Bol 45

 

27 octobre 2018 : vingt-troisième cuisson (charbon 800 et 1100°C)

  • En remplissant à bloc les deux mini-fours à charbon (un peu plus d’un kilo chacun), j’ai pu cuire 6 bols (et 2 cuissons à refaire).
  • Fascinant de constater que la même terre, le même émail, peuvent produire des résultats si différents selon la température (entre 800 et 1100) et le temps de cuisson (5-15mn).
  • De ce que je peux constater visuellement, c’est le charbon en poudre dans l’émail qui produit, autour des grains de feldspath (?) de l’argile, des post-réductions (tâches grises-vertes-bleues) au moment du refroidissement. Si la température est trop basse, l’effet n’est pas lancé.
  • les bols en attente sont préchauffés sur les couvercles des fours.
  • Un de ces 6 bols est un grand bol dont je suis fier.
  • J’ai compris pourquoi dans les documentaires sur la maison raku, on les voit cuire la nuit : l’obscurité permet de voir finement l’état de l’émail dans le four.
  • Bols 46 à 49

Cuisson du 27 octobre

31 octobre 2018 : vingt-quatrième cuisson (charbon 800 et 1100°C)

  • Confirmation de la possibilité de faire cuire 10 bols en une fournée dans les deux fours à charbon. Probablement douze si un assistant ferme le couvercle au moment de la sortie et de l’insertion des bols pour diminuer la déperdition sévère.
  • Confirmation : la terre granuleuse de shigaraki faite pour une cuisson anagama sans émail est vraiment laide avec la cuisson utilisée ici et l’émail « aka raku » : production d’un blanc « plastique » avec des tâches jaunes douteuses.
  • Sérendipité : un des bols quasi-non-cuits de la dernière fois a produit un noir très intéressant, recuit ici quelques minutes. S’il était enfûmé avec une fumée épaisse, il semble possible d’arriver au noir mat, vieil objectif ultime.
  • Les quatre « ido » émaillé avec de l’aka raku (donc sans kairagi) ont une couleur et des motifs intéressants. Cela donne envie de tester cette terre (l’aka raku de luxe) avec un bon « kairagi ».
  • Un bol monté avec une terre uniforme rouge cheap a explosé dans le four parce qu’il n’avait pas été suffisamment préchauffé (et parce que la terre n’est pas résistante aux chocs thermiques). Terre sans intérêt pour ce type de cuisson et d’émail.
  • Bols 50 à 55
  • Offert le bol 52 à Hosokawa Morihiro (lors de son exposition d’automne chez Yanagi San) pour le remercier : sans lui, je n’aurai jamais osé commencer ce chemin. Grand sourire à voir lors de son exposition quatre bols rouges utilisant le même argile, le même émail avec charbon, la même technique de cuisson et produisant le même effet de rouge tacheté de gris-bleu que celui que j’ai obtenu ces derniers jours. Prix de ses bols de ce type : 700 000 yens. Ses kuro mat souris sont à 1 000 000 – 1 300 000 yens.

11 novembre 2018 : vingt-cinquième cuisson (électrique 1000°C)

  • Je suis désormais totalement indépendant pour créer de la céramique dans la maison de Kyoto. Vendredi, sous la pluie, m’a été livré le four électrique (Shimpo dub-05, un cube de 1m3), installé sur le pallier de l’escalier du jardin. Il aura fallu avant, résoudre les problèmes de livraison et d’installation d’une prise électrique : le Japon fonctionne en 110V, le four en 200V. Ce modèle, parce qu’il reste sous la barre des 5kW ne requiert pas un abonnement électrique spécifique.
  • Pour un petit four de ce type, sept personnes étaient présentes le jour-dit : le marchand, le représentant du four, trois livreurs, l’électricien, et Nishiwaki San, mon sauveur régulier capable d’organiser efficacement ce type d’opération. Au préalable,  plusieurs pré-visites, pour « mesurer et s’assurer », de la part des différents intervenants : c’est le Japon. Tous les menuisiers sont aujourd’hui occupés par les réparations du Typhon 21 de septembre et je vais donc bricoler une solution temporaire pour l’auvent devant protéger le four.
  • Ce four permet de cuire une quinzaine de bols sur deux étages. Il me servira essentiellement pour le biscuit (et donc au moins le double de pièces si on les empile). Peut-être pour des tests à 1200-1300°. Car la première cuisson de ce jour a confirmé qu’il n’est pas adéquat pour les types de bols que je cherche actuellement : l’ouverture supérieure, l’espace dont je dispose, et les deux niveaux ne permettent pas une sortie des bols après quelques minutes de cuisson à 1000°. Le caractère homogène de la cuisson électrique et le refroidissement lent qui donne un aspect vitreux à l’émail retirent tout caractère aux pièces. Je vais recuire au charbon les quelques bols (aka raku de luxe + émail aka raku-charbon) qui sont sortis sans intérêt cet après-midi.
  • Presque tous les bols étaient collés aux plaques alors que j’avais pourtant pris soin de retirer l’émail des pieds : l’émail « aka raku » est donc super fluide à 1000° et le fait qu’il refroidisse lentement dans ce type de four le fige.
  • L’existence de ce poste céramique désormais complet est un luxe inouï que je souhaite partager. L’un des piliers de la beauté japonaise est la cérémonie du thé. La cérémonie requiert des instruments (bols, mizusachi, kensui, futaoki, furô, assiettes, cha-ire, vases). Rares hors Japon. Et difficiles d’accès même à Kyôto si l’on veut éviter le mauvais-goût et le hors de prix. Si l’on veut aider à diffuser la beauté japonaise, il faut donc que des céramistes occidentaux créent des instruments de thé pour les proposer au public non japonais. Que les céramistes puissent tester les terres, les outils, les émaux disponibles ici, en s’inspirant de pièces visibles ici. Tout céramiste visiteur qui voudrait faire quelques tests pendant son séjour à Kyôto peut me contacter pour cela. Si l’affinité est là, je serai heureux de mettre à disposition mon matériel pour aider concrètement à diffuser la beauté que j’aime et voir émerger une beauté inédite de notre temps.

13 novembre 2018 : vingt-sixième cuisson (charbon 800 et 1100°C)

  • But : recuire trois aka raku qui avaient une surépaisseur de verre mochement craquelée dans leur chadama après leur cuisson à l’électrique. Et cuire trois bols de tests, biscuités lors de la précédente cuisson, dont deux kuro (noir).
  • Le simple ajout de poudre de charbon au fond du bol pour tenter de masquer les craquelures par des effets de réduction locale ne marche pas. Dans l’un des bols qui contenait la plus grande proportion de surplus de verre, j’ai ajouté un mélange de poudre d’argile, de terre jaune et de charbon. Et lors de la sortie du bol, alors que l’émail était encore liquide, je l’ai retourné pour évacuer l’essentiel du surplus. Le bol est sauvé mais l’effet pas des plus réussi. Les deux autres sont mieux qu’avant cette troisième cuisson mais les craquelures de verre au fond n’ont pas vraiment disparues et le charbon laisse des motifs qui pourraient paraître sales à ce stade mais qui vont évoluer, c’est certain, au contact du macha.
  • J’ai voulu tester cette fois le fait de poser les bols directement sur le charbon. C’est une piste pour le four à 1000° suffisamment large. Pas pour le 800° qui contient trois pattes servant à tenir un mini support pour les pièces. Le bol touche alors ces pattes qui laissent leur empreinte. Pas de conclusion aujourd’hui sur cet aspect de la cuisson.
  • Test d’un bol avec la terre rouge à nabe dont j’espérais qu’elle puisse rivaliser en couleur avec la terre aka raku de luxe (c’était le cas dans les exemplaires de démonstration). Le bol, orange au biscuit, est devenu beige avec l’émail aka raku. Je voulais également tester la résistance au choc thermique de cette terre (non chamottée). Le refroidissement de l’émail a déformé la pièce sortie du four, l’a fendillée un peu mais elle n’a pas explosé. Cette terre m’a semblé difficile à travailler au tour. Elle devient vite comme de la pâte à pain. Elle est en revanche agréable à travailler au tour à main (sensation de sable de plage humide). Je ne sais pas trop ce que je vais en faire. Peut-être des tests avec un autre émail. Du kuro sans doute.
  • Test sur deux terres différentes (une shigaraki granuleuse et une ?) d’un mélange d’émail maison : base « noir mat raku talc » achetée chez Shimogamo Togei et terre jaune. Le but est bien sûr de produire de noirs mats à la texture douce de fourrure de souris qu’arrive à sortir Hosokawa sensei. L’un des bols sous-cuits est resté couleur gris sable. L’autre contient deux zones : l’une d’un noir brillant lisse, épais, comme celui des raku contemporains. Et une zone, sous-cuite, avec l’effet visuel d’un kuro souris mais rêche au toucher. Tests à poursuivre.