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Tropiques-Japonaises.fr
Je viens de mettre en-ligne un blog spécifique qui, photos à part, concentrera l’essentiel de mon activité internet dans les mois qui viennent :
http://www.tropiques-japonaises.fr
Il s’agit d’un “vrai” blog où vous pourrez, contrairement au présent site, laisser des commentaires…
NZ

Deux îles sans affluence, sans vis-à-vis.
Pays double. Fausses jumelles où la moins belle domine la thaumaturgique.
Pas un point de passage, mais destination projetée. Ou, échouage.
Un éloignement. Mais pas une perdition. La nature y est trop profusément énergique, trop intensément plastique pour refléter le nu.
Pas le désert donc, mais mirage rémanent.
Pas un trou perdu : un plein perdu.
Un éden où l’on désire pécher originel.
Pays Téflon, où rien n’adhère. Une surface de gazon en rouleaux. Comme un ruissellement de pluie. Sacrée. Fictionnelle.
Pays de la veille paradoxale. D’une transe continue.
Une féérie sans fées. Mais à troupeaux.
Pays phénoménologique. Sans noumène. Du sound silencieux.
Pays de l’expérience documentaire de la suspension volontaire d’incrédulité.
Pays du songe hakka. Où le sublime fait violence par sa coruscation, par l’alerte, défiante, constante, des proportions granulaires, formiques, de l’humain.
Beauté tellurique qui témoigne de l’homme en sandfly - exilé permanent au titre de séjour valide mais provisoire, invariablement révisable.
Pays de l’étrange étrangèreté.
Pays de l’étirement des distances. Comme une longue caramélisation alpine en mer - et c’est la terre qui moutonne.
Et contrée de réduction géographique. Comme un parc d’attraction batave de terroirs miniatures, condensant la diversité panoramique d’un continent.
A l’échelle 1.
Sur toute sa surface.
Pays de l’overdose donc : deux heures dans un parc et tu veux détruire le parc, écraser le château de sable, maculer le beau, insulter le guide.
Pays qui interdit l’amour pour ne pas susciter la haine.
Pour supporter : ralentir le temps. Comme un shoot de netball.
Vivre en slow motion. Le bouton play sous le pouce. Et savoir que tu ne peux survivre qu’en retenant ton pouce. Sauf quand tu bungy jump. Ou quand tu plaques le sheep farmer râblé et enbièré du hameau voisin.
Tu ouvres sept jours sur sept, déjeunes à 11h30 et fermes à 5PM pour sortir du restaurant avant huit heures. Un arbitraire en vaut un autre. Comme un printemps de décembre.
Terre de violence, de brutalité contenue. Sous un vernis « God save the Queen ».
Terre de taiseux, de smalltown Nike girls en noir, de provinciaux aux pieds nus - sans parisiens - sanctifiant le BBQ comme autel.
Pays où le vrai glossaire, celui qui tackle l’âme, est belliqueusement Pacifique – et tu te sens si minable toi l’ultra-pakeha.
Une langue de belle-famille alliée par la force : île double et culture double, sans barycentre – trop de honte, trop d’envie – aux fantasmes de sécession. Un pays chimère ?
Une langue de maori corses pour un lexique de pur naturaliste.
Un verbe qui ne donne pas dans le sentiment. Pays de l’anti-Proust. Du corps qui s’électrise et se recharge au mana. Oméga 3, vitamine C, powershot dans ton smoothie.
Pays fern, pays faune. Aux successions d’oiseaux cons prédatés par des possums idiots. Sous l’œil de moutonnes dix fois surnuméraires entretenant des golfs infinis au bord de plages sans limites où paressent lions de mer, où parentent les dauphins.
Terre préadolescente d’une enfance d’adopté : sans mythes aristocratiques idéalisant l’ambition. Un pays en attente de son Socrate, de son Jésus, de son Napoléon. Où Lomu est d’outremer.
2007. La – Nouvelle - Z est qualifiée par son nom. Une jouvencelle blacks.
Si tu ne veux pas jouir de l’anesthésie revigorante d’un rêve jurassique, reviens dans trois siècles.
[Vous pouvez commander ici le livre recueil des 50 plus belles photos prises lors de notre voyage]
Gould, Rain Man, Lacan : la phobie des psys et Stripsody
Le Festival “Etonnants Voyageurs” de Saint-Malo est magique.
Dimanche matin, il pleut : vous allez au cinoche. Bilal est dans la salle. Et il partage avec vous la surprise de redécouvrir les qualités de son second film.
Dimanche après-midi, il re-pleut. Re-cinoche mais c’était prévu : le seul film sur Gould par Monsaingeon que vous n’avez pas vu.
Deux heures. La vessie tient, mais juste.
De retour des toilettes derrière l’écran [j’ai toujours aimé la géographie des toilettes de cinoche “en dessous et derrière” qui font de la salle un ventre obscur et de la toile un immense hymen de vierge Marie], alors que la salle s’est déjà vidée, elle aussi, de moitié, un homme curviligne aux montures orange descend et se propose de discuter avec ceux qui restent. Dans le film, il n’a pas de montures orange. Le flottement dure quelques secondes. Puis plus de doute : je bénis ma vessie. Grâce à elle, je me tiens à distance de contact d’un homme qui a changé ma vie. Sans Bruno Monsaingeon, je n’aurais jamais eu, à dix-huit ans, accès aux textes de Gould. Sans ses textes, sans ses interprétations, je n’aurais jamais pu jouir de la musique de Bach. Sans Bach ni Gould, la réalité, la vie seraient restées précoperniciennes : plates.
Monsaingeon parle, et je suis tout content de me trouver à proximité d’un homme qui a mis sa vie au service de la beauté abyssale, sa vie au service de la diffusion de la profondeur échappée du temps. Gould délivrant Bach, c’est le capitaine Nemo marchant sur la Lune, et vous y tenant la main.
Sauf que Gould ne vous aurait JAMAIS pris physiquement la main. Gould souffrait d’une phobie du contact. On la voit à l’écran. Toutes les interprétations de psy de base sont possibles : effet d’une hypocondrie, d’une dénégation érotomaniaque ou d’une maousse chtarberie du ciboulot.
Bruno Monsaingeon m’explique, lors de la longue conversation que nous avons après la projection devant un Saint-Honoré partagé (lui les choux, moi la chantilly), que le plus grand témoignage physique d’affection que lui exprima Glenn Gould lorsqu’ils eurent terminé le tournage des Variations Goldberg fut une longue, très longue, très très longue, effusionnante, poignée de mains de… trois secondes.
Pendant le film, je n’ai pu m’empêcher de penser au rapport à la musique de Kim Peek dont la vie inspira le scénario de Rain Man et aux récents documentaires sur Daniel Tammet, cet autiste savant avec son incroyable capacité de communication, pierre de Rosette humain du symptôme dont il souffre. Tammet ne peut pas rester plus de quelques minutes au bord d’une plage sans souffrir de la forte angoisse causée par l’incapacité d’inhiber la compulsion à compter chaque grain de sable.
Un neuroscientifique australien, Snyder, a proposé ces dernières années un modèle pour rendre compte du syndrôme “savant”. Un modèle très proche de celui de Woody & Saddler sur la nature de l’hypnose. Tout sauf un hasard dans cette similitude.
Constat : le cerveau est modulaire. Le traitement de l’information réalisé par des modules spécifiques (auditif, visuel, etc) est de bas niveau, calculatoire et rapide. Un module de synthèse centralise, organise et filtre les fils de ces sous-modules pour que la conscience, dont l’empan attentionnel est limité et la vitesse plus restreinte, n’accède qu’aux données pertinentes de haut niveau. La perturbation de ce module/filtre de synthèse serait le trait caractéristique des savants qui verraient dès lors leurs conscience saturée d’informations rapides de bas-niveau.
La “phobie” des savants ne serait qu’une tentative de contrôler le déclenchement de flux d’informations submergeants. Comme un micro ultrasensible dont on ne pourrait pas moduler le niveau d’enregistrement si ce n’est en veillant scrupuleusement à l’atténuation du bruit ambiant.
Quand on le voit, Gould fait sacrément penser à ça.
Le lendemain, lundi après-midi, lors d’une séance où j’utilisais le tapotement sur les mains pour rythmer/accompagner une séance d’EMDR avec une jeune femme malmenée par des paroles objectivantes d’hommes référents, et alors que j’étais dans les résonances de cette question du contact, je suis interpellé par un “je ne veux plus que vous me touchiez“.
J’obtempère immédiatement et recule ma chaise de plusieurs centimètres.
Et moi qui ai mis tant de temps à m’autoriser à dépasser le tabou du toucher du psy !
Un psy, ça doit pas toucher car le psychique n’est pas matériel. Le psy n’est pas un médecin qui ausculte une physique support.
Et puis, surtout, le psy, ça ne doit pas toucher parce que l’intimité d’une séance, ça peut faire flamber la libido. Celle du patient, celle du psy. Y’a eu Breuer, y’a eu Jones, y’a eu Ferenczi. Donc gaffe, méga-gaffe, archi-méga-gaffe.
Et pourtant, tous les toucheux vous le diront, tous nos cousins grands singes le confirment depuis des millions d’années, comment soigner, comment apaiser sans contact ? Un être humain sanglote et vous ne lui prenez pas la main ? Vous ne lui touchez pas l’épaule ?
Là, je ne sais plus comment, une connexion s’est faite avec Lacan au moment où je me demandais quel était le psy qui avait eu le plus d’influence sur la phobie du toucher des psys. Je ne parle pas du Lacan sénile qui tire les cheveux d’une patiente d’origine algérienne et dont la légende urbaine dit que ses amis lacano-idolâtres y liront une interprétation géniale sur “Sétif”. Je parlêtre du Lacan qui a conduit des générations de psys à voir dans la souffrance de son prochain un “texte”…
Puis je repense aux textes de Lacan. Et à Rain Man. Aux textes de Lacan. Et à Rain Man.
Et je me dis que oui. Oui oui oui. Lacan, il fait au fond vraiment penser aux savants. Lacan, un supposé savant ?
Quelques jours passent et un ami me copie le mp3 d’une interview de Gould par Tim Page lors de la sortie de l’enregistrement de 1981 des Variations Goldberg. Choc ! A nouveau Nemo me transporte vers la Lune. Et au-delà.
Ce n’est pas la clarté du propos de Gould qui m’impressionne le plus dans cet échange génial, de ceux qui redonnent confiance en l’humanité. Le plus impressionnant, c’est la musique composée par la voix de Gould. La voix de Gould vibre d’une musique aussi intense et profonde que ses interprétations de Bach. Dans le film de Bruno Monsaingeon, on retrouve cette musique, si belle, lorsque Glenn évoque, jeune, les artistes comme singes de Gibraltar ou l’esthétique désuète pour son temps de la musique de Bach.
Puis ce week-end, une amie me fait découvrir Stripsody de Cathy Berberian. Je ne la remercierai jamais assez de m’avoir permis de mettre un nom sur ce à quoi me fait penser la petite musique de la voix de Lacan. C’est pas du Bach ! Non, c’est pas du Bach :-) !
Leçon à tirer de toute cette pelotte ? Peut-être la freakitude.
Nous rêvons de génies. Mais de génies normaux. Pas des freaks. Et si le génie, c’était le freak ?
Arg.
Mais si la création, c’était la freakitude contrôlée dans l’hypnose ?
Coué ou la P’tite Philosophie du Poto

Si j’avais su qu’un jour, après m’être fadé les trois Critiques de Kant, La Phénoménologie de l’Esprit de Hegel, l’intégralité du Séminaire Les Relations d’Objets de Lacan, je conseillerais de lire Coué et le Barefoot Doctor, j’aurais bien ri. Ou pleuré en pensant qu’un traumatisme cranien m’aurait soustrait plusieurs dizaines de points de QI.
Pourtant, depuis trois ans que je découvre avec stupéfaction que la réalité humaine n’est qu’un champ vectoriel d’influences, je suis contraint de rabattre le caquet des prétentions ratiocinantes pleines de morgue de ma culture légitime, pour valider l’efficacité d’un truc a priori de crétin : l’anticipation positive marche.
Comment ? C’est là toute la subtilité. L’anticipation positive, ce n’est pas le wishful thinking, ce n’est pas la pensée magique.
Il ne s’agit pas d’ignorer le réel. Ni le présent, ni les contraintes.
Je remarque à l’instant qu’à ma connaissance et très significativement, les psys n’ont pas nommé ce qui serait l’inverse des “mécanismes de défense”. L’inverse n’est évidemment pas “l’attaque” à psychotroper par des piquouzes de testostérone mais plutôt, à la Spinoza, des processus orientant vers “l’augmentation de sa puissance d’agir”, des boosters conatiques : des processus de la joie.
L’anticipation positive, c’est un processus joyeux. Pas un doux rêve de camé. Mais l’affirmation sérieuse d’un désir authentique.
Le whishful thinking, c’est ignorer qu’il y aura un moment, celui de sa mort, où il faudra répondre à “ai-je fait de mon mieux pour réaliser ce que j’avais à faire, ce que j’avais à jouir, ce que j’avais à vivre ?”.
L’anticipation positive, c’est se préparer à répondre paisiblement à cette question.
Et pour ça, y’a pas : faut énoncer, distinctement, en remplaçant toutes les double-négations par des affirmations et en saturant de détails sensoriels, ses plus profonds désirs.
Vous rencontrez une fée : que lui demandez-vous ?
“aahahahhah…. recontrer une fée…. le con….”
Ben si.
Et ça marche comme la photo.
Cela fait quatre ans que je passe devant les mêmes poteaux. Qui ne bougent pas.
Je suis passé devant eux des dizaines de fois avec un petit appareil photo en poche. Et je n’ai jamais rien vu.
Et puis, il y a deux mois, nous nous sommes offert un bel appareil. Un réflexe numérique pour faire de “belles photos”.
C’est à ce moment-là seulement que j’ai commencé à regarder le monde en cadrant mon regard sur de “belles photos” potentielles.
Et puis là, tiens, en descendant le chemin, ces trois potos qui m’apparaissent pour la première fois comme sortis de Beaubourg et du quai Branly. Il sont désormais plusieurs dizaines.
Ces photos ne cassent pas des briques. Mais elles n’existeraient pas sans l’orientation de mon regard, sans l’anticipation positive de la photo. Elles sont des prémisses qui me conduisent à affiner mon oeil, à préciser mon désir. Non plus chercher. Mais trouver, ramasser les ready-made, le déjà-là à portée de main.
Le Suiseki, le Où Est Charlie, comme mode d’emploi du bonheur.
Appel d’offre pour la création d’un kamon Chêne Soleil
- Nous cherchons notre kamon. Un Kamon est un emblême familial japonais.
- Créé en vectoriel, aux formes épurées, il doit symboliser le chêne (ou un arbre majestueux) et le soleil, la force et le rayonnement vivant.
- Les kamons regroupés sur cette page ainsi que l’actuel logo Barbery.net peuvent servir de base d’inspiration
- Contrairement au “concours” initial : plus de date limite (sauf le fait que nous partons en septembre). Le
premier d’entre vous qui propose un kamon qui correspond à ce que nous cherchons remporte immédiatement l’appel d’offre. - Toute personne peut candidater en nous envoyant par mail (kashywa@gmail.com) autant de propositions que souhaité
- Vous pouvez être assurés d’avoir un retour personnalisé sur chacune de vos propositions pour vous aider à comprendre notre attente très précise dans l’éventualité où vous pensez pouvoir produire notre kamon.
- Un prix de 1000€ sera attribué au créateur remportant l’appel d’offre.
- Merci de diffuser l’information
Exemples de Kamon :

[source : otomiya.com]
Première sélection des meilleures propositions reçues au 1er avril 2007 :

Analyse des trois défauts qui reviennent régulièrement dans l’ensemble des propositions reçues à ce jour :
- Le kamon doit dégager immédiatement un sentiment chaleureux de vie créative, d’élan solaire. Ne proposez pas de kamon qui ne réponde pas à ce critère décisif.
- Vous tentez en général de combiner deux ou trois symboles sur une surface en 2D circulaire. Ce collage trop didactique rappelle alors les panneaux d’affichage et manque totalement la dimension spirituelle du kamon, sa simplicité profonde qui le fait être “un”. On sent immédiatement quand vous utilisez des vectoriels de bibliothèque. Faites plutôt confiance à votre dessin, même inspiré par un modèle existant.
- Eviter les effets d’ombre chinoise. Il doit y avoir un équilibre subtil entre le noir et le blanc, le fond et la forme. Tous les kamons
modèles de la page suivante (http://www.oaksun.net/index.php?title=Kamon) sont de bons exemples de cet équilibre. L’enjeu est aussi de réduire le plus possible le nombre de points (il faut qu’on ressente tout de suite qu’il s’agit de vectoriel) mais l’utilisation de lignes ou de “trous” au sein d’une forme peut être impérative pour l’aérer et lui donner sa profondeur.
- Vous vous sentez souvent trop contraints par le symbole “chêne”. Chêne est juste le symbole de l’arbre majestueux. Un arbre majestueux que rien ne désigne comme “Chêne” fait plus “Chêne” que la tentative d’insérer coûte que coûte une référence à la feuille de Chêne. Ne gardez donc en tête que la présence de “l’arbre majestueux”.
Patterns, patterns, patterns
Regarder le monde en photographe, comme un Glenn Gould :
- suikeki du temps
- “où est Charlie” infini
- l’encastrement de l’adéquat
- fine-tuning du pic de l’affect
- un permanent réglage de la balance des blancs du juste
- un OCR de la jouissance
- un ludique focus fond-forme-fond
- vivre Thésée wireless
空 [kû] ou “c’est rien, mon chéri ! Regarde je souffle et yapu bobo”
Un enfant tombe. Regarde stupéfait ses mains, son genou, sa maman, son genou. Et se met à hurler, joues rouges, grosses (a)larmes, visage étiré vers les bords.
La mère se précipite, souffle sur le genou et vaticine, commande : “regarde mon chéri, c’est rien, je souffle et yapu bobo”.
Un ami meurt. Athé. Une cérémonie funéraire est organisée : ça ne mange pas de pain et on ne sait jamais.
Un prêtre baragouine sa vaticination : “Jésus est resuscité, espérance, vie après la mort, yapa bobo”.
Il semblerait que le Hannah Shingyô [般若心経] soit le sutra récité au Japon lors des funérailles. Avec son “Shiki soku ze kû” [色即是空]. En gros, l’ontique c’est le néant, la forme c’est le vide, l’apparence c’est keutchi. Vacuité des vacuités, tout est vacuité.
Au départ c’est du sanscrit. Un papa boudha qui souffle sur le genou et vaticine : “yapa”.
Comment ça “Yapa” ? Ben si, “ya” !
En HP, “yapa” et c’est intraveineuse de neuroleptiques garantie.
Des suggestions bienveillantes, j’veux bien. Mais du pur déni qui me prend pour un con : niet.
Ya.
Blabla pour une spiritualité bright
La religion ne relie plus rien. Je sais, je sais : les attentats, le pourcentage des “croyants” à l’échelle de la planète….
Bon, mais dans les guerres de religion, il n’est pas question de religion. Et pour le pourcentage de croyants, attendez quelques lignes…
Donc, pfiout : la religion yapu.
La cosmogonie : hop, c’est pour les accélérateurs de particules et les téléscopes spatiaux.
La justice privée : hop, c’est pour les robes, c’est par l’état.
La justice publique : hop, ce devrait être la politique mais bon, il faut s’y faire : l’histoire, c’est l’histoire de la lutte des classes; nous sommes primates donc pyramidaux. Reste le rêve d’un astucieux thermostat social, une supraconductivité économique fair.
La vie après la mort, c’est plié : ya que celle-ci donc gaffe à pas gâcher chaque instant.
La prédiction du futur : faut s’y faire, on en sait rien.
Les misères du corps : hop pour les docs et les médocs.
Les traumas, les malheurs, le symbolique : hop, pour les psys et la sécu.
Reste la “spiritualité”. Bon, on peut le faire long ou court.
En court, la “spiritualité” c’est les états modifiés de conscience.
Individuels - la transe. Et collectifs - la fusion régulière avec la tribu.
C’est un besoin physiologique comme les autres, une inertie evopsy. Des primates, j’vous dis.
Une fois posé cela : deux solutions.
1) On bidouille scholastiquement dans les traditions passées pour y repêcher les bonnes inductions-suggestions qui nous arrangent. Ca fait bon fils. Mais ça complique singulièrement les choses. Et perso, j’ai pas envie de me mettre au sanscrit ou à l’araméen.
2) On assume ce besoin et on prend soin de soi en créant de bonnes inductions-suggestions, s’inspirant des techniques millénaires, mais débarrassées des représentations-aliénations non-bright.
Donc des chants, des poèmes, des mantras, des mudras, des postures, des rites, des danses, des rassemblements, des communions, des anniversaires, des marqueurs calendaires. Bright. Transe et bright.
Pfffiouuu. J’vous dis pas le programme. Au pif, c’est celui de l’humanité pour les trois prochains siècles.
Aum…..
Sentences japonologiques d’un tranche-montagne qui assume [2]
一期一会 [Ichi-go ichi-e] : un kairos qui ne serait pas stratégique mais existentiel ?
一期一会 [Ichi-go ichi-e] : faire de tout instant un kairos.
風流 [Fûryû] : une élégance qui ne serait pas Des Esseintes mais Héraclite.
風流 [Fûryû] : Non pas préciosité libertine mais orgasme de la connaissance du troisième type.
風流 [Fûryû] : un rappel continu sur le catamaran de l’univers.
風流 [Fûryû] : surf philosophique.
風流 [Fûryû] : synonyme de 囲碁 [(i)go]
風流 [Fûryû] : ou comment ça le mouche le flow de Csikszentmihalyi !
水石 [Suiseki] : ou comment ça le mouche le ready-made de Duchamp !
水石 [Suiseki] : ou comment ça la mouche la prétention occidentale, son provincialisme, sa cécité ! On est dans la caverne, gars !
水石 [Suiseki] : les kanjis sont-ils des suiseki qui s’ignorent ?

